Saint-Henri (Montréal)

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Saint-Henri
Deux édifices de la Place Saint-Henri
Deux édifices de la Place Saint-Henri
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Statut municipal Quartier
Arrondissements Sud-Ouest
Géographie
Coordonnées 45° 28′ 38″ N 73° 35′ 11″ O / 45.47716, -73.5865145° 28′ 38″ Nord 73° 35′ 11″ Ouest / 45.47716, -73.58651
Divers
Site(s) touristique(s) Canada Maltage
canal de Lachine
marché Atwater
Langue(s) Français
Localisation

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Saint-Henri

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Saint-Henri

Saint-Henri est un quartier de l'arrondissement du Sud-Ouest de la ville de Montréal (au Québec, Canada). Le quartier Saint-Henri est délimité à l'est par l'avenue Atwater, au sud par le canal de Lachine, à l'ouest par l'autoroute 15 et au nord par les quartiers de Notre-Dame-de-Grâce et la ville de Westmount.

Le quartier est desservi par deux stations de métro (Place-Saint-Henri et Lionel-Groulx), deux autoroutes (15 et 720), un réseau de chemin de fer (Canadien National), le canal de Lachine (rouvert à la navigation de plaisance en 2002) ainsi que plusieurs voies cyclables, notamment le long du canal et sur le tracé de l'ancien chemin de fer du Grand Tronc. L'Échangeur Turcot se situe à l'intérieur des limites de ce quartier.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières tanneries (1685 à 1813)[modifier | modifier le code]

Dès 1685, suite aux travaux de recensement de l'intendant Jean Talon, une première tannerie s'installe aux abords de la décharge de la rivière Saint-Pierre, près du lac à la Loutre. Elle sera exploitée par Charles De Launay, un marchand de cuir. Son emplacement est stratégique, servant de relais pour la traite des fourrures sur la route reliant Lachine à Ville-Marie, tout en étant suffisamment éloigné de la ville pour restreindre l'impact des fortes odeurs émises par les activités de tannage des peaux[1].

En 1713, Gabriel Lenoir dit Rolland devient apprenti de De Launay, puis rapidement son associé. Au cours du XVIIIe siècle, ses fils poursuivent ses activités de travail du cuir au point où le hameau deviendra bientôt connu sous le nom de « Tanneries des Rolland ». En 1781, onze familles y sont installées dont sept dites de Lenoir-Rolland. On y trouve alors une demi-douzaine de tanneries[2].

Le village de Saint-Henri-des-Tanneries (1813 à 1867)[modifier | modifier le code]

Le village de Saint-Henri-des-Tanneries le long du chemin de Lachine (aujourd'hui rue Saint-Jacques), en 1859.

En 1811, une première chapelle est construite par les Sulpiciens au cœur du village (à l'intersection des rues Saint-Jacques et de Courcelles)[3], qui compte maintenant auberges, boulangers et bouchers[1]. Vers 1813, le village devient désormais connu sous le nom de Saint-Henri-des-Tanneries[2]. Il aurait été nommé ainsi en l'honneur de Henri II du Saint-Empire, dernier souverain ottonien, ainsi que de l'abbé Jean-Henri-Auguste Roux, supérieur du séminaire des Sulpiciens. Au cours des années 1820, une école paroissiale est aménagée dans le sous-sol de la chapelle et compte trente élèves[1]. En 1825, le recensement dénombre 470 habitants dans le village, dont 147 travailleurs: de ce nombre, 102 y travaillent le cuir[4].

Le premier canal de Lachine, d'une longueur de 14 kilomètres, est inauguré la même année mais n'aura à ses débuts que peu d'impact sur la croissance du village. Il faut attendre le passage de la voie ferrée Montréal & Lachine Railroad en 1847, premier chemin de fer desservant Montréal, les élargissements successifs du canal entre 1843-1848 et 1873-1885 puis le passage du réseau du Grand Tronc (aujourd'hui intégrée au Canadien National), pour que Saint-Henri devienne, au milieu du XIXe siècle, l'un des plus importants centres industriels du Canada.

De paroisse à cité de Saint-Henri (1867 à 1905)[modifier | modifier le code]

Livreurs de glace à Saint-Henri, en 1928.

La paroisse Saint-Henri est érigée canoniquement le 2 juillet 1867, puis devient municipalité le 23 février 1875. Cette paroisse est détachée de la paroisse Notre-Dame-de-Montréal: elle comprenait alors le village Delisle (Sainte-Cunégonde) et les fiefs de Saint-Augustin et Saint-Gabriel. Saint-Henri est aussi la paroisse-mère des paroisses Sainte-Cunégonde (1875), Sainte-Élisabeth-du-Portugal (1894), Saint-Irénée (1908), Saint-Zotique (1909) et Sainte-Clotilde (1909); depuis 2001, toutes ces paroisses sont réunies dans celle de la Bienheureuse Marie-Anne-Blondin. Du côté anglophone, Saint Thomas Aquinas (1908) a fusionné à Saint Anthony of Padua en 1990.

La place Saint-Henri, en 1945.

L'annexion à Montréal: le quartier Saint-Henri (1905 à aujourd'hui)[modifier | modifier le code]

La ville de Saint-Henri est constituée le 28 décembre 1876 et devient cité le 8 janvier 1894. Elle est annexée à Montréal le 30 octobre 1905, devenant dès lors le quartier Saint-Henri. Ce quartier fait partie de l'arrondissement Le Sud-Ouest depuis le 1er janvier 2002.

On y trouvait notamment l'usine de RCA Victor, où il y avait d'importants studios d'enregistrement où ont œuvré les plus grands noms du jazz et où on construisit secrètement le premier satellite artificiel canadien, Alouette 1. Émile Berliner (1851-1929), inventeur allemand du gramophone, vient à Montréal en 1899 pour établir la Berliner Gramophone Co. Il déménage son usine sur la rue Saint-Antoine en 1908. La Victor Talking Machine achète Berliner en 1924, puis fusionne avec RCA en 1929 pour devenir la RCA Victor. La compagnie connait son apogée pendant et après la deuxième guerre mondiale. Les principales activités de la compagnie déménagent aux États-Unis pendant la décennie 1970. Le musée Berliner ouvre ses portes en 1996.

L'usine de la compagnie Imperial Tobacco est présente sur la rue Saint-Antoine depuis 1908.

Le quartier dans la littérature et à l'écran[modifier | modifier le code]

Gabrielle_Roy en 1945, entourée de gamins de Saint-Henri.

Livres

L'essentiel de l'histoire du célèbre roman de Gabrielle Roy, Bonheur d'occasion, a lieu à Saint-Henri entre février et mai 1940, au cours de la Seconde Guerre mondiale, alors que le Québec souffre encore des conséquences de la Grande Dépression. Ce roman a inspiré en 1983 le film du même nom.

Films

Lieux d'intérêt[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c John Hare, Joseph Lenoir - Oeuvres, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal,‎
  2. a et b « Quartier Saint-Henri, son histoire », sur Montréal en quartiers - Héritage Montréal (consulté le 17 mars 2016)
  3. É.-Z. Massicotte, « Quelques rues et faubourgs du vieux Montréal », Les Cahiers des Dix, no 1,‎ , p. 148
  4. Claude Perrault, Montréal en 1825. Dénombrement du comté de Montréal fait par MM. Louis Guy et Jacques Viger., Montréal, Groupe d'études gen-histo,‎ 1977.
  5. « Parc Saint-Henri - Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal », sur patrimoine.ville.montreal.qc.ca (consulté le 17 mars 2016)
  6. Gilles Beaudry, « St-Henri », sur Mes Quartiers (consulté le 17 mars 2016)