Massif du Saint-Gothard

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Massif du Saint-Gothard
Switzerland relief location map.jpg
Massif du Saint-Gothard
Massif du Saint-Gothard
Localisation du massif du Saint-Gothard en Suisse.
Géographie
Altitude 3 630 m, Dammastock
Massif Alpes uranaises et lépontines
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Cantons Valais, Tessin, Uri, Grisons
Géologie
Roches Roches métamorphiques
Rampe nord du col routier dans la descente vers Göschenen.
Pont du Diable, 2e et 3e pont
Passage du pont du Diable sur la route du Gothard par William Turner
Rampe sud du col
Hospice et musée au col du Gothard
Premier tunnel ferroviaire du Gothard
Tunnel de base ferroviaire

Le Saint-Gothard est un massif montagneux situé dans la chaîne des Alpes en Suisse, à la frontière de quatre cantons suisses : le Valais, le Tessin, Uri et les Grisons. Ce massif donne son nom à un col permettant de le franchir. Au cours de l'histoire, le col du Saint-Gothard a longtemps revêtu une importance stratégique. Son contrôle est à l'origine du soulèvement des premiers cantons suisses contre les Habsbourg, engendrant la naissance de la Suisse.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Il doit son nom à l'évêque d'Hildesheim, qui propagea la réforme clunisienne à travers le Saint Empire. Pour désigner le Saint-Gothard il existe plusieurs dénominations : en Suisse romande, on parle souvent du Gotthard encore écrit Gothard ; au Tessin, on parle du Saint-Gothard (San Gottardo en italien) et en Suisse alémanique Sankt-Gotthard (St. Gotthard).

Le Saint-Gothard est un important axe de transport en Europe pour les automobilistes et le transport des marchandises (via le rail) se rendant du nord au sud de l'Europe et vice-versa. Pour traverser le Saint-Gothard, il est possible de prendre la route du col, ou d'emprunter les tunnels.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le massif du Saint-Gothard est situé dans les Alpes au centre de la Suisse. Les plus hauts sommets s'y trouvant sont le Dammastock (3 630 m) dans le nord-ouest, le Pizzo Rotondo (3 192 m) dans le sud-ouest, l'Oberalpstock (3 328 m) dans le nord-est. Il est à noter qu'aucun sommet ne porte le nom de Saint-Gothard.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hydrologie de la Suisse.

De nombreux cours d'eau prennent leur source dans le massif du Saint-Gothard. Il est surnommé le « château d'eau de l'Europe » de par sa proximité avec les glaciers des Alpes valaisannes, uranaises, tessinoises et grisonnes. De ces glaciers naissent notamment le Rhône, le Rhin, l'Aar et le Tessin. Ainsi les lignes de partage des eaux entre la mer Méditerranée, la mer Adriatique et la mer du Nord se rejoignent dans ce massif.

Franchissement du massif[modifier | modifier le code]

Col routier du Saint-Gothard[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Col du Saint-Gothard.

Le col du Saint-Gothard (San Gottardo en italien, Gotthardpass en allemand) est un col alpin (2 108 m), long de 26 kilomètres, qui relie Andermatt dans le canton d'Uri à Airolo au Tessin.

Lieu de passage depuis de nombreux siècles, il n'est pas étranger à la constitution d'une première confédération de cantons à la fin du XIIIe siècle. Les paysans qui habitaient cette région tiraient des revenus du passage du col, et décidèrent de s'émanciper de la tutelle des Habsbourg.

Tunnels[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, un premier tunnel ferroviaire (15 km) a été percé à travers le massif, sous la direction du genevois Louis Favre. Il a été achevé en 1882. Ce tunnel relie Airolo dans le canton du Tessin à Göschenen dans le canton d'Uri.

Plus récemment, un tunnel routier est venu compléter le dispositif de cet important passage des Alpes, inauguré en 1980.

Article détaillé : Tunnel routier du Saint-Gothard.

Dans l'optique de l'amélioration des transports entre le Nord et le Sud de l'Europe et pour limiter la pollution, le réseau routier sur le col et dans l'axe autoroutier passant par le tunnel étant souvent fort saturés[réf. nécessaire], le tunnel de base bitube du Gothard ferroviaires a été construit. Achevé en 2016, il est, avec ses 57 kilomètres d'Erstfeld à Bodio, le plus long tunnel du monde. Les coûts ont dépassé dix milliards de francs suisses. Ce tunnel servira principalement à transporter de la marchandise par le biais du rail, ce qui réduira le passage pour la route et le transport routier sera donc plus fluide.

Le projet de construction, au milieu du tunnel ferroviaire, d'une gare souterraine nommée Porta Alpina est abandonné ou du moins repoussé. Un ascenseur de 800 mètres de hauteur devait permettre de rejoindre la surface à Sedrun.

Ce perçage a été possible grâce à quatre tunneliers qui mesurent 450 mètres chacun, ce qui représente plus de quatre terrains de football. Ils avancaient à une vitesse de 20 m par jour. Ce qui dépasse largement le dynamitage (8-9 m par jour). En octobre 2010 le dernier mètre de roche a été avalé.

Article détaillé : Tunnel de base du Saint-Gothard.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Alpes ont longtemps été une frontière naturelle entre le nord et le sud de l'Europe. De nombreux vieux ponts existent toujours sur le chemin du col du Saint-Gothard. Le plus célèbre d'entre eux est le pont du Diable.

L'armée suisse en a fait un des piliers de sa protection avec des centaines de kilomètres de galeries et la présence de fort d'artillerie. Ces ouvrages militaires sont aujourd'hui en grande partie désaffectés (Voir : Réduit national et Fortifications du Gothard (de))

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Le Saint-Gothard est un lieu mythique, tout à la fois berceau de la confédération (c'est la région des premiers cantons unis par le pacte fédéral de 1291), centre des Alpes, voie de passage des peuples, source des grands fleuves européens, carrefour des cultures de la Suisse, lieu de résistance contre les Habsbourg, promu ultime bastion dans la défense du réduit national pendant la Seconde Guerre mondiale, donc symbole de l’indépendance, de la cohésion et de l’identité du pays. Pour l’écrivain Peter von Matt, le Saint-Gothard peut être considéré comme une sorte de « mont Sinaï helvétique » qui a servi à « l’autoglorification de la Suisse »[1].

Au XVIIIe siècle, cette « montagne sacrée » fascine des voyageurs tels que Johann Wolfgang von Goethe, Friedrich von Schiller ou Alphonse de Lamartine, qui écrit « son spectacle écrase et terrifie »[2].

Jusqu'au XVIIIe siècle, le Saint-Gothard était considéré comme la plus haute montagne des Alpes[1].

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Luigi Jorio, Huit choses à savoir sur le Saint-Gothard, Swiss Info, 31 mai 2016
  2. Isabelle Eichenberger, Plus qu’un col, le Gothard est un symbole national, Swiss Info, 10 septembre 2010

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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