Saint-Germain-en-Montagne

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Saint-Germain-en-Montagne
L'église de Saint-Germain-en-Montagne au centre du village
L'église de Saint-Germain-en-Montagne au centre du village
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Jura
Arrondissement Lons-le-Saunier
Canton Champagnole
Intercommunalité Communauté de communes Champagnole Porte du Haut-Jura
Maire
Mandat
Jean-Pierre Pidoux
2014-2020
Code postal 39300
Code commune 39481
Démographie
Gentilé Cacmacas
Population
municipale
454 hab. (2014)
Densité 85 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 46′ 41″ nord, 5° 56′ 26″ est
Altitude Min. 588 m
Max. 850 m
Superficie 5,35 km2
Localisation

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Saint-Germain-en-Montagne

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Saint-Germain-en-Montagne
La nouvelle école inaugurée en Février 2016

Saint-Germain-en-Montagne est une commune française située dans le département du Jura en région Bourgogne-Franche-Comté. Elle fait partie de la Communauté de communes Champagnole Porte du Haut-Jura.

À ne pas confondre avec Saint-Germain-la-Montagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint Germain-en-Montagne est à 5 km de Champagnole, 24 km de Poligny, 24 km d'Arbois et 39 km de Lons-le-Saunier, à une altitude de 588 m à 850 m.

Le territoire est limité au nord par Le Moutoux, au sud par Vannoz et Équevillon, à l'est par Les Nans, et à l'ouest par Le Pasquier et Vannoz. Il est traversé par le chemin de grande communication N°21, de Poligny à Nozeroy.

Économie[modifier | modifier le code]

La commune est le siège de l'entreprise JeuJura, un symbole d'une certaine industrie associée aux espaces de moyenne montagne en France. Contrairement à la plasturgie, JeuJura, qui produit des jouets en bois, semble moins sensible à la crise. Le public des jouets en bois est en effet sociologiquement différent de celui du jouet en plastique. Le jouet en bois peut à la fois se prévaloir de la tradition, du label « Fabriqué en France » et d'une certaine image environnementale à laquelle le consommateur est de plus en plus sensible[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Saint-Germain est bâti à l'emplacement d'une ville romaine. Cette ville[C'est-à-dire ?] avait succédé elle-même à une bourgade celtique, bâtie au pied de l'oppidum qui couronnait le sommet du Mont Rivel. Elle porta le nom de Sanctus-Germanus.

Saint-Germain forma une seigneurie particulière, démembrée de celle de Montrivel, et relevant cependant directement de celle de Salins. Gaucher II de Commercy, sire de Château-Vilain et de Montrivel, en fit hommage à Jean de Chalon, sire d'Arlay, en 1286[Lequel ?], et la transmit à Guillemette, sa fille, épouse de Guillaume de Sainte-Croix, chevalier, sire de Longe-Pierre. Cette dame la vendit en 1315, à Jean Ier de Chalon-Arlay. Jean II de Chalon-Arlay, furieux des atteintes que portait chaque jour Eudes IV, duc et comte de Bourgogne, aux privilèges féodaux de la province, et sur le point de lui déclarer la guerre, fit hommage de la seigneurie de Saint-Germain et de Montrivel, à Humbert II, dauphin du Viennois. Il s'exposait par là à la confiscation de ses fiefs, mais il se croyait assez puissant pour pouvoir lutter avec son suzerain. Depuis l'acquisition de 1315, cette terre ne cessa d’être un membre de la baronnie de Montrivel et n'eut point d'autres seigneurs que ceux de ce dernier lieu.

Guillaume de Sainte-Croix et Marguerite de Commercy, accordèrent une charte de franchises à leurs sujets de Saint-Germain, par un acte daté de l'an 1294 leur permettant d'instituer deux prud'hommes pour l'administration de leur communauté, les affranchissant de la mainmorte, de toutes exactions et tailles arbitraires, et leur accordèrent des droits d'usage importants dans la forêt de la Fresse, leur permettant de couper tous bois vifs et morts, pour leur chauffage et la construction de leurs maisons, et d'y mener parcourir leur bétail.

La prévôté de ce village était inféodée à une famille noble très distinguée dans la province. On voit en 1155, Savaric de Saint-Germain figurer, parmi les témoins d'une donation faite à l'église de Saint-Paul de Besançon, par Gaucher de Salins, et en 1133, dans une autre donation faite par le même prince aux chanoines de Montbenoît. Il paraît que ce Savaric était un des chevaliers attachés à la cour brillante des sires de Salins. Conrad de Saint-Germain, probablement fils du précédent, prévôt de l'église de Spire, accompagnait ordinairement Otton, comte de Bourgogne, et figura comme premier témoin dans une donation faite par ce souverain, en 1199, à l'abbaye de Balerne. Jean de Saint-Germain, chevalier, possédait une partie du fief de Rabeur en 1327.

Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Plaisance[2].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Saint-Germain-en-Montagne Blason Parti: au 1er de sinople à saint Germain évêque de carnation, habillé d'argent paré d'or, au 2e d'argent au sapin au naturel; le tout sommé d'un chef d'or chargé de l'inscription de sable « St GERMAIN-en-MONTAGNE » posée en arc de cercle.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La place centrale de Saint-Germain-en-Montagne
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
    Claude Marie Lambert    
    Joseph Appolinaire Lambert    
    Lupicin Pernot    
    Constant Bugnet    
    Léon Langue    
    Miche Kieffer    
    Elie Pidoux    
    Léon Langue    
1919 1959 Joseph Chevalet    
1959   Ulysse Pidoux    
    Charles Capelli    
1989 1995 Claude Bougnon    
1995 2014 Yves Salvi    
2014 en cours Jean-Pierre Pidoux    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[4],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 454 habitants, en augmentation de 10,46 % par rapport à 2009 (Jura : -0,23 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
307 291 345 377 372 413 423 436 439
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
407 362 374 325 339 292 270 226 203
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
194 189 161 144 146 145 151 147 173
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2012 2014
193 226 302 366 361 389 401 442 454
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Pierre-Lite

La Pierre-Lite est un menhir.

Les débris épars de la ville gallo-romaine qui s'appelait Placentia, si l'on en croit une vieille tradition, couvrent un terrain d'une grande étendue. On a trouvé sur son emplacement une Minerve en bronze, un vase d'airain, des sépultures, des médailles qui commencent au type de la colonie de Nîmes, et se terminent à Trajan-Dèce, des fondations d'édifices, une multitude de tuileaux à rebords, de la poterie, une tête de statuette de femme, des pierres de composition, des voûtes d'une habitation enfouie, un autel en granit feldspathique des montagnes de l'Auvergne, et une meule des terrains volcaniques du même pays, appelée pierre de Valvic, la moitié d'une flûte tibicinienne en ivoire, de grandes épingles aussi en ivoire, destinées à la coiffure des cheveux, un instrument de chirurgie, qui servait à la pratique des saignées, des débris d'armilles, un fragment de globe, en verre doré, des tests de vases en verre sur l'un desquels on lisait : Campaniodius, un reste d’urne en bois avec reliefs, une anse en bronze, parfaitement ciselée, et une foule de menus objets antiques. Les points qui restituent le plus de débris, se trouvent dans la plaine de Sérilly, entre le village actuel et le pont de Grateroche et aux Hermettes. Ce territoire était du reste traversé par une voie romaine, qui descendait de Pontarlier à Champagnole. La ville de Placentia, comme la plupart des villes romaines, se divisait en deux parties : la ville haute occupait le sommet du Mont Rivel, et la ville basse s'étendait dans la plaine au pied de cette montagne. On perd les traces de son existence depuis sa ruine jusqu'au commencement du XIIe siècle.

Le prieuré de Saint-Germain, dit dans les Bois, s'élevait entre la montagne de la Fresse et Vannoz. Il remontait probablement au Ve siècle, et dut être établi dans le but de dissiper les pratiques idolâtriques qui se perpétuaient autour de la Pierre -Lite. Il était occupé par des religieux de l'ordre de Saint-Benoît et fut uni, au XIVe siècle, à l'office de prévôt de l'église collégiale de Neufchâtel en Suisse.

Façade de l'église saint Germain

Le premier titre qui mentionne l’église est la charte par laquelle Ansenic, archevêque de Besançon, donna en 1132, à la cathédrale Saint-Jean, certaines redevances qui lui étaient dues par cette église et celle de Mièges. Le patronage en appartenait au prieur. L'édifice tel qu’il existait au milieu du XIXe siècle, reconstruit en 1770, porte le nom de saint Germain, dont on célèbre la fête le 24 juillet. Il est orienté et se compose d'un clocher, d'une nef, de deux chapelles, d'un chœur, d'un sanctuaire et d'une sacristie. Le clocher, reconstruit en 1790, est couronné par une flèche quadrangulaire couverte en tuiles ; la nef et les chapelles sont voûtées à plein-cintre; les voûtes sont décorées d'arêtes se coupant diagonalement, et d'arcs-doubleaux reposant sur des consoles ; le chœur est plus bas et plus étroit que la nef, et voûté en ogive peu prononcée. Cette église possède des reliques de Saint Germain et un fragment de la vraie Croix. La chapelle dédiée à sainte Philomène est l'objet d'un pèlerinage. On assure que neuf personnes étant mortes dans une seule semaine à la suite d'une fièvre maligne, les habitants se mirent sous la protection de cette sainte, et que l'épidémie cessa immédiatement. On remarque dans l'intérieur du monument un bel ostensoir en vermeil, trois beaux lustres et plusieurs tableaux, qui ne sont pas dépourvus de mérite. Le 3 octobre 1772, la princesse de Neufchâtel envoya à M. le curé Denisot, un ornement complet de toutes couleurs, avec dalmatiques, à condition que cet ecclésiastique s'en serve la nuit de Noël et qu'il prie pour elle quand il en ferait usage.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Ce village a donné naissance à :

  • Simon Marescot (1761-1837), le bienfaiteur de la paroisse. Il a fondé le bureau de bienfaisance, a racheté l'ancien presbytère, pour le donner à la commune[Informations douteuses] [?][6], a fait des legs considérables
  • Joseph Chevalet qui fut maire de 1919 à 1959 date de son décès. Pendant la dernière guerre il a fourni de nombreux faux papiers à des inconnus afin qu’ils puissent passer la ligne de démarcation. Il fut décoré de la Légion d’Honneur en 1950.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alphonse Rousset, Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de Franche-Comté et des hameaux qui en dépendent - Département du Jura, 1853-1858

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu du « Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté et des hameaux qui en dépendent, classés par département » d'Alphonse Rousset, le texte étant dans le domaine public puisque l'auteur, français, est mort depuis plus de 70 ans (voir aussi la page de discussion).
  1. Eva Rodríguez, « Noël : les jouets en bois jurassiens ne connaissent pas la crise », Le Progrès de Lyon, 27 octobre 2010.
  2. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  6. Cette allégation est fausse, car d'après le registre des délibérations du conseil municipal du Moutoux de 1815 à 1850, le presbytère a été acheté par les communes de Saint- Germain et du Moutoux (voir les délibérations du 10 janvier 1827, du 14 mai 1829 ordonnance royale du 25 avril 1830, du 18 août 1832, du 2 novembre 1832 et du 28 novembre 1833). Les communes de Saint-Germain et du Moutoux ont fait acquisition du presbytère auprès de Rosalie Jeantet épouse de Simon Maillot (Rosalie Jeantet étant héritière de Denisot Claude Etienne ancien curé de Saint-Germain) à la date du 30 juin 1828 pour la somme de 8000 fr.