Saint-Firmin-lès-Crotoy

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Saint-Firmin-lès-Crotoy
Saint-Firmin-lès-Crotoy
L'église Saint-Firmin.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Abbeville
Intercommunalité Communauté de communes Authie-Maye
Code postal 80550
Géographie
Coordonnées 50° 13′ 00″ nord, 1° 37′ 33″ est
Altitude Min. 2 m
Max. 14 m
Élections
Départementales Rue
Historique
Commune(s) d'intégration Le Crotoy
Localisation
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Saint-Firmin-lès-Crotoy

Saint-Firmin-lès-Crotoy prononcé [sɛ̃.fiʁ.mɛ̃.le.kʁo.twa] est une ancienne commune française, devenue hameau annexe de la commune du Crotoy, située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France.

Si les habitants ne disposent pas officiellement de gentilé, le nom de Saint-Firminois est souvent évoqué.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Saint-Firmin-lès-Crotoy est un village picard qui dépend administrativement de la commune du Crotoy, il est situé dans le Marquenterre. Le village comporte un accès à la baie de Somme, près de l'embouchure de la Maye.

De nombreux écarts ou lieux-dits parsèment le territoire :

  • Mayocq, à l'abri de la Barre-Mer. L'installation de religieux serait à l'origine de l'établissement de la première ferme.
  • Bihen qui doit son nom au cours d'eau qui draine le territoire.
  • La Dune, à l'extrémité nord d'une zone de sable fin.
  • La Vigie, le Grand-Logis.
  • La Vierge, ferme près d'une chapelle qui lui est dédiée.
  • La Bassée (y compris Madagascar), près du marais communal, avec ses plans d'eau, adossée à la Barre-Mer.
  • Le Champ-Neuf, conquis par des digues ou renclôtures sur les zones où la mer menait des incursions.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Géologie, relief et hydrographie[modifier | modifier le code]

Le sol est essentiellement composé de deux parties : les Foraines et les Bas-Champs[1].

Les Foraines, de consistance plus fine, proviennent du sable éolien des dunes qui s'est enrichi d'humus au fil des siècles.

Les Bas-Champs sont issus des dépôts maritimes, plus argileux. Des renclôtures ont permis la mise en culture de ces terrains fertiles.

Un relèvement de terrain, constitué de galets et sable, appelé Barre-Mer, provient de la destruction des falaises du sud de la Baie. Il a constitué une protection pour les premières habitations de Mayoc[1].

La Maye, fleuve côtier, trace la limite avec la commune de Saint-Quentin-en-Tourmont. Dès son entrée dans la Baie de Somme, elle change de nom et devient le « Voie de Rue[Note 1] » qui mêle ses eaux avec celles de la Somme.

Une eau saumâtre peut être puisée à 6 ou 7 mètres de profondeur[1].

Les vents dominants soufflent du sud-ouest[1].

Transports en commun routiers[modifier | modifier le code]

La localité est desservie par les lignes d'autocars du réseau inter-urbain Trans'80, chaque jour de la semaine, sauf le dimanche et les jours fériés (ligne no 9, Rue - Le Crotoy - Abbeville)[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'appellation Saint-Firmin renvoie au saint du même nom, premier évêque d'Amiens, auquel est vouée l'église.

Berteaucourt semble bien être le nom précédent du village. Tous ces noms de localités se terminant par -court sont le plus souvent des hameaux ou de petits villages. L'appellatif toponymique -court (français moderne cour) est issu du gallo-roman CORTE qui signifie « domaine ». Cet appellatif est généralement précédé d'un nom de personne germanique. Ces formations toponymiques datent du Moyen Âge. Cette façon de nommer les lieux serait liée à l'apport germanique du VIe siècle[Note 2],[3]. Le premier élément Berteau- s'explique par un nom de personne germanique[4].

En 1126, il est trouvé Bétaucourt, par Jean de Nesle, comte de Ponthieu, d'après Prarond. Bertaucourt juxta Ruam par Thibaut, évêque d'Amiens en 1197. Une autre forme, Béthencourt-Saint-Firmin en 1724, Pouillé[5],[6].

Pour Mayoc, l'appellation renvoie au bras de la Maye qui venait de Rue et au lieu abrité de la Barre-Mer (un hoc) : d'où Maye-hoc[1].

Bihen est cité comme cours d'eau affluent de la Maye. En 1757, 1764, 1836, l'orthographe ne varie pas, dépendance du Crotoy de 49 habitants en 1899[7],[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Regnacaire, chef franc, uni à Clovis, au Ve siècle, avait une « maison de campagne » à Mayoc, dans une position délicieuse, abritée de la mer[a 1].

Le récit de la vie de saint Josse nous apprend qu'un duc dénommé Haymon résidait dans un château à Mayoc, au début du VIIe siècle. Le saint était chargé de desservir la chapelle. Saint Fursy, de passage à Mayoc, fit renaître à la vie le fils de ce même Haymon[8].

La seigneurie de Mayoc et Crotoy remonte au moins au temps de saint Angilbert et Charlemagne, elle figure au dénombrement de 831[9].

Il y avait à Mayoc un monastère (comme à Forest-Montiers et à Saint-Riquier) où les malheureux pouvaient trouver un abri et un asile contre les persécutions[a 2].

En 1197, Mayoc primait Le Crotoy qui ne faisait que naître[10].

Robert de Mayoc, prêtre, est présent lors de la signature de la charte de Ponthoile, en 1201[Note 3].

En 1290, le comte du Ponthieu, Édouard Ier, roi d'Angleterre, acheta de la commune du Crotoy-Maiocq-Berteaucourt une rente dont le capital fut appliqué aux besoins de cette commune[11].

Dès 1455, 101 journaux de molières conquises sur la mer sont affermées aux habitants. Ces molières tenaient d'un côté à la rivière Maye, et de l'autre au chemin qui mène de Rue au Crotoy[a 3].

Le curé de Saint-Firmin de Bertaucourt-lès-Rue est signataire, entre autres, de la coutume locale de Rue pour 1506, sous le règne de Louis XII[a 4].

En 1577, aveu de l'église de Saint-Firmin Béthencourt à la seigneurie de Mayoc[12].

On constate en 1599 que la grange au sel de Mayoc est brûlée. La « ville » de Mayoc n'est plus que la banlieue du Crotoy[12].

Au milieu du XVIIe siècle, le père Ignace[13] signale qu'existent encore, sur la butte de Mayoc, les fondations d'une tour qui a servi à éclairer et prévenir les navigateurs[a 5].

En 1781, s'ouvre un procès pour « expliquer » les droits du roi, des seigneurs (en particulier le comte d'Artois, apanagiste) et des communautés sur les terres gagnées sur la mer. Le procès ne fut jamais mené à son terme, la Révolution arrivant brutalement. Les communautés s'emparèrent des marais et des terres en litige et les conservèrent[a 6].

En 1910 (et seulement depuis 1849), la population masculine majeure peut aller voter grâce à l'instauration du suffrage universel. Voici la répartition (en nombre) de quelques-uns des patronymes des 154 électeurs de la section électorale de Saint-Firmin[14],[15] :

Belpaume Carpentier Courtois Danel Fournier Horville Lebrun Loye Manier Ménétrier Mékilsen Thiébault Vacossin
2 6 5 2 3 2 6 6 5 3 6 3 3

Pendant la Première Guerre mondiale, des habitants passent la nuit dans un bois près du marais communal, par crainte de bombardements. Un dépôt de munitions explose à Mayocq, plusieurs dizaines de militaires sont tués[16].

La Deuxième Guerre mondiale est marquée de drames : une fillette meurt électrocutée par une clôture allemande, des hénonniers (ramasseurs de coques) trouvent la mort à la suite du mitraillage, par méprise, par un avion anglais...

Le , un dépôt de munitions explose dans le marais[17]. Un nuage de gaz moutarde (ypérite) impose l'évacuation d'une partie des habitants pendant plusieurs jours[16].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Jusqu'à peu de temps, cette entité était dotée d'un adjoint spécial et d'une école. Saint-Firmin a été rattaché au Crotoy entre 1790 et 1794[18].

Liste des adjoints spéciaux[modifier | modifier le code]

La section électorale élit trois conseillers. Un adjoint spécial est désigné parmi ces trois élus qui siègeront au sein du conseil municipal du Crotoy. L'adjoint spécial est délégué pour les actes d'état-civil de Saint-Firmin depuis 1886.

Liste des adjoints spéciaux successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1929 1965 Paul Cathelain    
1965   Lucien Morel    
    Francis Carpentier    
    Paul Laîné    
    Jean-Claude Morel    
1983 2001[19] Georges Doudoux[Note 4]    

Population et société[modifier | modifier le code]

École[modifier | modifier le code]

En 1899, elle compte 82 garçons et filles[20].

Jusqu'à trois classes accueilleront les élèves du village.

En 2011, les élèves doivent se rendre au Crotoy. Certains se dirigent vers Rue.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Année de recensement Saint-Firmin avec Madagascar La Bassée Bihen Mayoc La Vierge La Vigie et Le Grand Logis Le Champ Neuf
1881[21],[22] 244 22 55 21 12 9 6

Économie[modifier | modifier le code]

L'extraction de matériaux dans les carrières de Saint-Firmin-lès-Crotoy (pratiquement centenaire mais toujours en activité) a conduit au creusement d'un vaste plan d'eau, étendu du Crotoy aux limites communales avec la ville de Rue.

Une base nautique y a été active de 1984 à 1999, mais est désormais fermée, faute d'exploitant associatif ou privé.

Deux étangs de pêche y sont à disposition des passionnés et s'ajoutent à celui creusé dans le marais communal depuis la création de la route panoramique Le Crotoy-Noyelles-sur-Mer.

Si le ramassage des coques (hénons en appellation locale) perdure, les verotiers qui fournissaient les arénicoles pour la pêche ne sont plus d'actualité. La cueillette des salicornes et asters maritimes ou oreilles de cochon est devenue l'activité de la saison touristique pour les pêcheurs à pied.

La mytiliculture a pris son essor. La production de moules de bouchots a rapidement trouvé ses débouchés.

Le tourisme, relativement saisonnier, fournit de l'emploi aux restaurateurs, gérants de camping, centre équestre ou loueurs de gîtes.

L'agriculture et l'élevage se sont concentrés.

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Base nautique[modifier | modifier le code]

La base nautique de Saint-Firmin a été l'une des plus grandes attractions économiques de Saint-Firmin, rayonnant jusqu'au Crotoy. En passant dans la ville, il est encore aujourd'hui possible de lire l'enseigne du bâtiment jouxtant le plan d'eau A.N.C.R. (acronyme de Activités Nautiques CRotelloises). Le plan d'eau a été exploité de 1984 à 1999 par une association mais a fermé ses portes faute de repreneur.


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Firmin : le clocher et le chœur sont en grès alors que la nef est appareillée en brique. Fortement remaniée fin XIXe, les vitraux dateraient des années 1870[Note 5].
  • Le cimetière comporte le monument aux morts des victimes civiles et militaires des deux guerres mondiales. Inauguré le , c'est un obélisque de pierre grise réalisé par les établissements Dulermez. Il est gravé d'une croix de guerre et d'un coq poussant son cri de gloire, perché sur un casque[23].
  • Chapelle de la Vierge, près de la ferme du même nom, restaurée en 2013.
  • Chapelle à la Bassée.
  • Résultat de l'extraction des galets sur la digue naturelle dite de barre-mer, le plan d'eau artificiel ainsi créé est le plus grand d'Europe.

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Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Réserve naturelle de la Baie de Somme[modifier | modifier le code]

La Baie de Somme

Le marais communal[modifier | modifier le code]

Principalement vouée à la chasse à la hutte et à la chasse sociétaire devant soi, cette zone est classée Natura 2000. Quelques chevaux et des bovins rustiques (Highland cattle) profitent du maigre pâturage entre les argousiers, les mares à hutte et les étangs.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Plusieurs scènes du téléfilm « Le vagabond de la Baie de Somme » ont été tournées sur le parking de la Maye[24].

Personnalités liées à la commune-annexe[modifier | modifier le code]

  • Paul Cathelain (1886-1974), adjoint spécial de Saint-Firmin de 1929 à 1965 (36 années consécutives), chevalier de la Légion d'honneur, médaillé militaire.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Florentin Lefils parle du « Vau de Rue » dans Histoire civile, politique et religieuse de la ville de Rue..., 1860.
  2. Proposition émise en 1976, par Maurice Lebègue, professeur de français à l'École Normale d'Amiens, à la suite d'un travail réalisé sur l'origine des noms des communes de la Somme.
  3. Lire la charte sur le site de la commune.
  4. La rue principale et la salle communale portent son nom
  5. L'un d'entre eux est donné par le maire, Vasseur-Delong, maire en 1870 (Inscription en bas du vitrail).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Notice géographique et historique réalisée par l'instituteur du Crotoy, M. Magrit, Archives départementales de la Somme, 1899
  2. « Trans80, Abbeville », sur trans80.hautsdefrance.fr (consulté le 28 avril 2019).
  3. Jacques Chaurand et Maurice Lebègue, Noms de lieux de Picardie, éditions Bonneton, 232 p., novembre 2000, p. 71 à p. 80, (ISBN 978-2-862-53265-3)
  4. Ernest Nègre, op. cit.
  5. Dictionnaire topographique du département de la Somme, Tome 1, p. 113, Archives départementales, Amiens
  6. a et b « Le Dictionnaire topographique sur le site des archives départementales ».
  7. Dictionnaire topographique du département de la Somme, Jacques Garnier, Tome 1, p. 125, Archives départementales, Amiens
  8. Histoire d'Abbeville et du comté du Ponthieu, François-César Louandre, tome 1, p.19, Le Livre d'histoire, Paris, Monographies des villes et villages de France, 439 p., 1998.
  9. Abbé Jules Hénocque, Histoire de l'abbaye et de la ville de Saint-Riquier, T.3, p.335, édit. 1880-1888/Gallica
  10. Abbé Jules Hénocque, Histoire de l'abbaye et de la ville de Saint-Riquier, T.3, p.336, édit. 1880-1888/Gallica
  11. Ernest Prarond, Cartulaire du Ponthieu, tome 2, p. 531
  12. a et b Abbé Jules Hénocque, Histoire de l'abbaye et de la ville de Saint-Riquier, T.3, p.343, édit. 1880-1888/Gallica.
  13. Ignace Joseph de Jésus Maria, Jacques Sanson (1596-1665)
  14. Liste électorale de Saint-Firmin, Archives Départementales de la Somme, Amiens, 1910
  15. Lire en ligne.
  16. a et b Mémoire des anciens
  17. Claude Jeanson, La face cachée des dunes, Le domaine du Marquenterre, souvenirs et documents 1923-1993... avec l'étonnante aventure du Parc ornithologique racontée par ses fondateurs, édit. Marcanterra, Sarl domaine du Marquenterre, 48, chemin des garennes, Saint-Quentin-en-Tourmont, décembre 1999, (ASIN B0063RV7J2).
  18. Liste des anciennes communes de la Somme
  19. Bulletin municipal du Crotoy, .
  20. http://archives.somme.fr/ark:/58483/a011261413542z9rMjw/1/1
  21. Archives départementales, Amiens
  22. http://archives.somme.fr/ark:/58483/a011291151201JiGO2T/1/1
  23. Dominique et Jean-Étienne Guerrini, le Courrier picard, , édition d'Amiens, p. 21.
  24. Téléfilm diffusé le samedi 6 juin 2015 à 20 h 50 sur FR3, tiré du roman homonyme de Léo Lapointe (Le Vagabond de la Baie de Somme, Ravet-Anceau, coll. « Polars en Nord », no 1 (2005) (ISBN 978-2-914-65708-2).)

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Florentin Lefils, Histoire civile, politique et religieuse de la ville de Rue et du pays du Marquenterre, R. Housse, Abbeville/Gallica, , 442 p.
  1. p. 30
  2. p. 30
  3. p. 231
  4. p. 249
  5. p. 47
  6. p. 325

Autres[modifier | modifier le code]