Saint-Eutrope (Charente)

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Saint-Eutrope
Saint-Eutrope (Charente)
La mairie annexe de Saint-Eutrope.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Charente
Arrondissement Angoulême
Canton Tude-et-Lavalette
Intercommunalité Communauté de communes Lavalette Tude Dronne
Commune Montmoreau
Maire délégué Jean-Paul Laporte
2017-2020
Code postal 16190
Code commune 16314
Démographie
Population 172 hab. (2014 en augmentation de 1.18 % par rapport à 2009)
Densité 64 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 25′ 08″ nord, 0° 06′ 44″ est
Altitude Min. 114 m
Max. 186 m
Superficie 2,67 km2
Localisation

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Saint-Eutrope

Saint-Eutrope est une ancienne commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine).

Depuis le , elle est devenue une commune déléguée de la commune nouvelle de Montmoreau[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La RD 10 au centre du bourg.

Localisation et accès[modifier | modifier le code]

Saint-Eutrope est une commune du Sud Charente située à 2,5 km au nord-ouest de Montmoreau et 26 km au sud d'Angoulême.

C'est une commune petite en surface (moins de 3 km2), et au territoire allongé (3,5 km de long sur 0,5 km de large).

Le bourg est aussi à 9 km au sud-est de Blanzac[2].

La commune est traversée par deux routes départementales. La principale est la D 10, route de Montmoreau à Blanzac et Châteauneuf, qui traverse le bourg en restant sur la crête. L'autre est la D 74 qui rejoint la route d'Angoulême à Libourne (D 674) par Saint-Cybard et part du bourg. C'est aussi la route de Nonac au nord-ouest[3].

La gare la plus proche est celle de Montmoreau, desservie par des TER à destination d'Angoulême et de Bordeaux.

Hameaux et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Le bourg est assez important, et les hameaux de la commune sont petits et ne sont que des fermes : Bel-Air, les Grosses Pierres, le Maine Blanchard, chez Galais, Perry. Le château de Chabreville, situé non loin du bourg, est sur la commune de Courgeac.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Saint-Eutrope
Pérignac
Nonac Saint-Eutrope Montmoreau-Saint-Cybard
(Montmoreau)
Courgeac Saint-Laurent-de-Belzagot
(Montmoreau)

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Le terrain est calcaire crétacé (crayeux), mais les sommets sont recouverts de dépôt tertiaire sableux et argileux, et les bois (ou landes) comportent châtaigniers et pins maritimes, espèces calcifuges.

L'argile de son terrain a fait que Saint-Eutrope a été un lieu renommé de fabrication de poteries solides, jusqu'au XXe siècle[4],[5],[6].

À Grand Perry il y avait aussi une mine de fer.

Article connexe : Géologie de la Charente.

Situé dans les coteaux du Montmorélien, le territoire communal est assez vallonné et boisé. Son point culminant est à une altitude de 186 m, situé au bourg. Le point le plus bas est à 114 m, situé à l'extrémité sud-ouest (Font Désirade)[3].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est située dans le bassin versant de la Dordogne. Située sur un sommet, quelques petits ruisseaux y prennent naissance : au nord, la Grande Fontaine coule vers le nord-ouest et alimente indirectement la Tude, affluent de la Dronne passant à Montmoreau et Chalais. Au sud, le ruisseau de la Font Désirade se dirige vers le sud-ouest et alimente aussi la Tude en aval de Montmoreau[3].

Climat[modifier | modifier le code]

Comme dans les trois quarts sud et ouest du département, le climat est océanique aquitain.

Article connexe : Climat de la Charente.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La première mention du lieu apparaît en 1523 : Sanctus Eutropius de Landa[7].

Saint Eutrope a été le premier évêque de Saintes, et ses reliques ont fait l'objet de pèlerinages au Moyen Âge[8].

Pendant la Révolution, Saint-Eutrope s'est appelé La Poterie, puis Utrope[9].

Dialectes[modifier | modifier le code]

Même si la limite dialectale est à 10 km à l'est, la commune a aussi la particularité d'être une petite enclave occitane (dialecte limousin) en langue d'oïl[10],[11].

Article connexe : Langues de la Charente.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au début du XVIe siècle, Saint-Eutrope de la Lande était un prieuré[7]. Son église romane du XIIe siècle témoigne de son ancienneté.

Saint-Eutrope était dans la châtellenie de Montmoreau dépendant de l'Angoumois, et, à la suite des guerres de religion, François Ier y a installé des familles catholiques persécutées, ainsi qu'à Saint-Laurent-de-Belzagot[12].

Saint-Eutrope a longtemps été réputé pour ses poteries. Au XVIIIe siècle, pas moins de 30 familles y travaillaient, avec 25 fours[5]. Saint-Eutrope était spécialisé dans la fabrication des grosses pièces : charniers, ponnes et buires, ainsi que des « faïences cailloux » à glaçure jaune caractéristiques de certains ateliers de la localité. Cet artisanat a atteint son apogée en 1841 avec 140 potiers. Au lendemain de la guerre de 1914-18, ils n'étaient plus qu'une dizaine[6],[4].

L'argile a ensuite été exploitée brièvement comme matériau de construction (tuilerie à Bel-Air, arrêtée en 1986)[13].

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1999 2014 Claude Fortin SE Éducateur retraité
2014 décembre 2016 Jean-Paul Laporte    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[15],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 172 habitants, en augmentation de 1,18 % par rapport à 2009 (Charente : 0,65 %, France hors Mayotte : 2,49 %).

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1841 1846 1851 1856
282228274279297292306306258
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
262242201194196200210202195
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
202192174187159146142173157
1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014 -
137164164192169158176172-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Saint-Eutrope en 2007 en pourcentage[18].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,0 
90  ans ou +
2,4 
6,6 
75 à 89 ans
17,1 
14,5 
60 à 74 ans
17,1 
25,0 
45 à 59 ans
20,7 
17,1 
30 à 44 ans
22,0 
17,1 
15 à 29 ans
12,2 
19,7 
0 à 14 ans
8,5 
Pyramide des âges du département de la 'Charente en 2007 en pourcentage[19].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
90  ans ou +
1,6 
8,2 
75 à 89 ans
11,8 
15,2 
60 à 74 ans
15,8 
22,3 
45 à 59 ans
21,5 
20,0 
30 à 44 ans
19,2 
16,7 
15 à 29 ans
14,7 
17,1 
0 à 14 ans
15,4 

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

La viticulture occupe une partie de l'activité agricole. La commune est classée dans les Fins Bois, dans la zone d'appellation d'origine contrôlée du cognac[20].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale Saint-Eutrope de la Lande était un ancien prieuré. De style roman, elle est remarquable par son ancienneté et son architecture est primitive[21]. Sa cloche principale en bronze pesant 365 kg et bénie en 1890 est inscrite monument historique au titre objet depuis 2004[22].

Église Saint-Eutrope

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Commune de Montmoreau (16230) », sur https://www.insee.fr/ (consulté en avril 2018)
  2. Distances orthodromiques prises sous ACME Mapper
  3. a b et c Carte IGN sous Géoportail
  4. a et b Jules Martin-Buchey, Géographie historique et communale de la Charente, édité par l'auteur, Châteauneuf, 1914-1917 (réimpr. Bruno Sépulchre, Paris, 1984), 422 p., p. 327
  5. a et b Descriptions des arts et métiers, vol.8, 1777, p. 301
  6. a et b [PDF] BRGM, « Notice de la feuille de Montmoreau », sur Infoterre, (consulté le 2 décembre 2011)
  7. a et b Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, Volume 35, (par Société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, 1905), p. 44
  8. Joël Guitton et al., Les chemins de Saint-Jacques en Charente, éditions Sud Ouest, , 254 p. (ISBN 978-2-8177-0053-3, présentation en ligne)
  9. Jacques Baudet et Jacques Chauveaud, Bulletins et mémoires, Société archéologique et historique de la Charente, , « Toponymie révolutionnaire en Charente », p. 272-278 [lire sur le site d'André J.Balout (page consultée le 19 juillet 2012)] [PDF]
  10. La langue occitane, Pierre Bec, Que sais-je, p. 11 : « Le village de St-Eutrope enfin (départ. Charente, entre Ribérac et Angoulême) forme une enclave limousine en domaine français. »
  11. Une colonie limousine en Saintonge, Saint-Eutrope, par Anatole Boucherie (éd. Maisonneuve, 1876)
  12. Jean-Hippolyte Michon, Statistique monumentale de la Charente, Paris, Derache (réimprimé en 1980 par Bruno Sépulchre, Paris), , 334 p. (lire en ligne), p. 30
  13. « Tuilerie de Bel-Air », notice no IA00066379, base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  18. « Evolution et structure de la population à Saint-Eutrope en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er août 2010)
  19. « Résultats du recensement de la population de la Charente en 2007 » [archive du ], sur le site de l'Insee (consulté le 1er août 2010)
  20. [PDF] Union générale des viticulteurs pour l'AOC Cognac, « Crus du cognac par communes », (consulté le 6 décembre 2015)
  21. Jean-Hippolyte Michon, Statistique monumentale de la Charente, Paris, Derache (réimprimé en 1980 par Bruno Sépulchre, Paris), , 334 p. (lire en ligne), p. 269
  22. « Cloche de l'église », notice no PM16000643, base Palissy, ministère français de la Culture