Saint-Chef

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Saint-Chef
Vue générale de Saint-Chef au début du XXe siècle.
Vue générale de Saint-Chef au début du XXe siècle.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement La Tour-du-Pin
Canton Bourgoin-Jallieu
Intercommunalité Communauté de communes Les Balcons du Dauphiné
Maire
Mandat
Noël Rolland
2014-2020
Code postal 38890
Code commune 38374
Démographie
Gentilé Saint-Cheffois, Saint-Cheffoises
Population
municipale
3 608 hab. (2014)
Densité 133 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 38′ 05″ nord, 5° 21′ 59″ est
Altitude Min. 218 m
Max. 440 m
Superficie 27,16 km2
Localisation

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Liens
Site web Saint-chef.fr

Saint-Chef est une commune française située dans le nord du département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Saint-Chef est aujourd'hui le chef-lieu d'une commune comptant plus de 3 000 habitants répartis sur 2 716 hectares, dans le nord-ouest de l'Isère. Le relief tourmenté de ce vaste territoire culmine à 308 mètres d'altitude.
Le bourg s'est développé autour d'un monastère fondé au VIe siècle, dans un vallon jadis appelé le val Rupian, et de nos jours la vallée Rupéenne. Cette communauté religieuse fut une des plus puissantes de France avant de connaître le déclin, puis sa translation en 1774.

Ce village a accueilli quelques personnes célèbres comme Louis Seigner (Section Spéciale ; La Race Des "Seigneurs" ; Le Président) qui y est né et y a passé son enfance ou Frédéric Dard (toutes les aventures du commissaire San Antonio ; Le Cahier D'Absence), né à Jallieu (ville aujourd'hui raccrochée à Bourgoin), qui a passé une partie de sa vie ici car sa grand-mère y habitait. En hommage à Louis Seigner, on a construit, il y a quelques années, en bas de St Chef, à droite du nouveau collège, un groupe scolaire portant son nom.

Frédéric Dard, enfant du pays, a écrit : « Saint-Chef [...] somnole comme une bête heureuse à l'ombre de son abbaye. [...] C'est le lieu du recueillement, de la méditation, de la sérénité. »

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est située au nord-est de Bourgoin-Jallieu (à l'est de Lyon), en bordure de l'Isle Crémieu, pays du calcaire, un vallon composé de bois de châtaigniers, d'étangs et de plateaux propices à la vigne.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La commune doit son nom à saint Theudère du Dauphiné, né dans le proche hameau de Arcisse, et mort en 575 à la recluserie de Vienne en Dauphiné. Il fonda au VIe siècle, sur le site de l'actuel Saint-Chef, un monastère dont subsistent de nombreux vestiges. Le village s'est développé autour de cette communauté religieuse et portait le nom de Sanctus Theudérium.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Theudère en 1887.

L'abbaye se développe au fil du temps. L'église abbatiale est datée des Xe et XIe siècles. Un premier château est construit sur la colline nord. Il sera suivi par deux autres, plus tardifs, toujours sur cette même colline mais plus à l'ouest. Après la Révolution française, l'abbaye est démantelée et ses bâtiments ré-utilisés pour la plupart, ou détruits pour certains autres. On peut s'y souvenir des pas des moines bénédictins dans le centre historique du village, résonnants au détour des ruelles, aux abords des maisons à tourelles et bâtiments du XVIe siècle. Daft y est passé.

Entre 1790 et 1794, Saint-Chef absorbe les communes éphémères d'Arcisses, Chamont, Crucilleux, Laval-de-Saint-Chef, Montcarra, Trieux et Vercin.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Saint-Chef Blason Écartelé au 1) et 4) au soleil d’argent rayonnant d’or, au 2) et 3) de gueules aux clés passées en sautoir surmontées d’une tiare le tout d’argent.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1953 2001 Pierre Grataloup DVD Notaire
Conseiller général du Canton de Bourgoin-Jallieu (1958-1976)
mars 2001 2008 René Fanget ... ...
mars 2008 en cours Noël Rolland UMP-LR Cadre
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[1]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[2],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 3 608 habitants, en augmentation de 4,61 % par rapport à 2009 (Isère : 3,74 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 582 2 229 2 954 2 998 3 397 3 298 3 411 3 558 3 650
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 556 3 550 3 339 3 162 3 060 2 926 2 995 2 950 2 859
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 768 2 737 2 080 1 774 1 716 1 636 1 583 1 413 1 308
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1 327 1 335 1 487 1 798 2 309 2 892 3 197 3 449 3 608
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2006[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Barthélémy de Chamont. Située à trois kilomètres du corps principal du village, dans le hameau de Chamont, cette église fut érigée en 1879. En 1982, elle devint désaffectée mais, en 2001, une association proche du prieuré lyonnais de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X racheta le bâtiment. Depuis, elle est desservie par ses prêtres y officiant selon la forme tridentine du rite romain.
  • Dans le village existent de nombreux bâtiments liés à l'abbaye avec ses maisons de chanoines.
  • La tour du Poulet, des XIV, XVe et XVIIIe siècles, est le dernier vestige de l'ancien château fort de Montcarra, bâti par le chevalier Bertrand Carra en 1309. Le château fut incendié par l'archevêque de Vienne en 1402, car la famille des Torchefelon, qui en était propriétaire, se refusa de lui rendre hommage. Ensuite le château fut de la famille des Alleman[8],[9].
  • Le château Teyssier de Savy, ou le Grand château[10], est un manoir des XVe – XVIe siècle, remanié au XVIIIe siècle, cité depuis le XIVe siècle. La petite bourgade qui s'est développée à partir du milieu du Moyen Âge, autour du monastère fondé au VIe siècle était protégé par une muraille et un château, détruit en 1576. L'édifice actuel a été reconstruit à la fin du XVIe siècle après les guerres de religion. Il est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 6 juillet 2000[11].
  • La Maison Minsac, labellisé Patrimoine en Isère[12].
  • La maison forte de Marchil, de la fin du XVe siècle[8].

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

  • La Maison du patrimoine, située dans une ancienne maison de chanoine du XVIe siècle, présente de manière moderne et ludique la commue de Saint-Chef, riche de près de 15 siècles d'histoire : de l'origine de la construction du monastère bénédictin à l'interprétation des plus belles fresques de l'église abbatiale, symbole du paradis céleste, en passant par la présentation des traditions locales toujours aussi présentes et des enfants du pays tels Frédéric Dard, Louis Seigner…

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la commune repose sur l'agriculture, la viticulture (« vin de pays des balmes dauphinoises » et le tourisme. Auparavant, il y existait une activité textile et métallurgique[13].

Événements[modifier | modifier le code]

Chaque année, la commune de Saint-Chef organise une riche palette d'animations :

  • La fête vigneronne de la Saint-Valentin (en février), accompagnée d’une foire aux vins et produits régionaux.
  • Les Musées en Fête (les 3es weekends de mai) et de nombreuses activités en lien avec l'enfant du pays Frédéric Dard, dont la célèbre enquête policière à la San-Antonio dans le centre historique du village.
  • La Fête de la musique (en juin) sur le parvis de l’église et la place de la Mairie, pour une soirée sous le signe des musiques du monde.
  • Les Journées européennes du patrimoine (les 3es weekends de septembre), qui permettent de découvrir gratuitement le musée et les fresques de Saint-Chef.
  • Le festival Gospel (en octobre) spectacle de chant avec de très belles voix de jeunes et de moins jeunes gens.
  • le concours les 3 glorieuses de la boule rupéenne (en octobre) concours contenant en tout 12 compétitions allant du double au simple toutes divisions en passant par le mixte et le junior.

International[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville est jumelée avec :

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Personnages historiques[modifier | modifier le code]

  • Thibaut de Vienne (927-1001), né au château de Tolvon (Dauphiné), élevé à la cour royale de Bourgogne, instruit à l'abbaye Saint-Theudère de Saint-Chef, archevêque de Vienne de 957 à 1001, grand rassembleur, battant monnaie (le denier argent Thibaud), canonisé par le peuple dauphinois, dont le culte fut approuvé par Pie X en 1902 et inscrit au diocèse de Grenoble. Il fut, aux Xe et XIe siècles, l'un des promoteurs de l'abbatiale romane Saint-Theudère participant à la réalisation de ses fresques qui font de nos jours la renommée mondiale de la commune. Thibaut de Vienne eut dans sa lignée un autre saint, l'un de ses arrière-petits-neveux, dont il prophétisa la haute destinée : Thibaut de Provins (1039-1066). Les deux Thibaut appartiennent au lignage célèbre des Bosonides, puissants et violents féodaux de l'époque.
  • Antoine Pécaudy de Contrecœur (1596-1688), capitaine du régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France. Premier seigneur de la seigneurie de Contrecœur, devenue Ville de Contrecœur (Québec). Cette ville fut jumelée à celle de Saint-Chef (1972).
  • Theudère du Dauphiné (VIe siècle), moine et saint catholique, enfant du pays et fondateur du monastère autour duquel s'est développé le village.
  • Hugues de Saint-Cher ou saint Chef, cardinal en 1245.
  • Charles Legros, né à Saint-Chef en 1834, physiologiste et médecin, professeur d'anatomie à Paris, décédé en 1874.
  • Marius Riollet (1880-1962), historien, satirique et dramaturge.
  • Louis Seigner (1903-1991), acteur et sociétaire de la Comédie-Française, y est né.
  • Frédéric Dard (1921-2000), écrivain célèbre pour sa série des San-Antonio. Il est enterré dans le cimetière du village. Dans les années 1930, il a vécu une partie de son enfance dans une maison de la famille de sa mère, Joséphine-Anna Cadet.

Personnages de fiction[modifier | modifier le code]

  • L'inspecteur Alexandre-Benoît Bérurier et sa nièce Marie-Marie, deux personnages de la série de romans San-Antonio, habitent à Saint-Chef que l'on peut retrouver sous le nom de Saint-Locdu le Vieux dans les San-Antonio.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  2. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  5. Orgue de tribune, et partie instrumentale de l'orgue
  6. « Eglise Saint-Theudère », notice no PA00117249, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. Notice no PM38000259, base Palissy, ministère français de la Culture.
  8. a et b Eric Tasset, Châteaux forts de l'Isère : Grenoble et le Nord de son arrondissement, Grenoble, éditions de Belledonne, (ISBN 2911148665), p. 696
  9. Rayonnement militaire. La guerre contre les Torchefelon, Chroniques de Saint-Chef en Dauphiné, accès le 9 octobre 2016.
  10. Sandrine Anselmetti, « Le château Teyssier de Savy », sur Isère Magazine, (consulté le 27 décembre 2015).
  11. « Château de Saint-Chef », notice no PA38000011, base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. « Les labels patrimoine en Isère », sur isere-patrimoine.fr, Conseil Général de l'Isère (consulté le 4 août 2014).
  13. Généralités, Chroniques de Saint-Chef en Dauphiné
  14. a et b Annuaire des Villes Jumelées > Pays : _ > Région : RHONE-ALPES > Collectivité : ISERE, sur le site de l'AFCCRE, consulté le 15 novembre 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Barbara Franzé, La Pierre et l'image. L'église de Saint-Chef-en-Dauphiné, Paris, Picard, 2011, 284 p., 273 ill. (ISBN 978-2-7084-0877-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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