Saint-Avit-Sénieur

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Saint-Avit-Sénieur
Saint-Avit-Sénieur
Vue nocturne du village et l'église en arrière-plan.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Dordogne
Arrondissement Bergerac
Canton Lalinde
Intercommunalité Communauté de communes des Bastides Dordogne-Périgord
Maire
Mandat
Alain Delayre
2014-2020
Code postal 24440
Code commune 24379
Démographie
Gentilé Saint-Avitois
Population
municipale
474 hab. (2015 en augmentation de 5,1 % par rapport à 2010)
Densité 20 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 46′ 32″ nord, 0° 49′ 02″ est
Altitude Min. 61 m
Max. 195 m
Superficie 23,40 km2
Localisation

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Liens
Site web www.saint-avit-senieur.fr

Saint-Avit-Sénieur est une commune française située dans le sud du département de la Dordogne, en région Nouvelle-Aquitaine.

Sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle qui part de Vézelay, son église a été classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village, vu du sud-est.

D'une superficie de 2 340 hectares, la commune est essentiellement agricole (céréales, tabac, élevage) et touristique (résidences secondaires). Sa caractéristique la plus remarquable est la présence d'une église massive, partiellement fortifiée, jouxtant les vestiges d'une abbaye de chanoines réguliers de saint Augustin.

Situé à proximité de la vallée de la Couze, le village est situé sur une hauteur, à l'extrémité d'un plateau, limité par deux vallées sèches, sur un site offrant des facilités défensives à l'ouest et au sud.

Climat[modifier | modifier le code]

Les données suivantes sont issues des relevés effectués à la station météorologique la plus proche, celle de Gourdon (Lot).

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 1 1,9 3,1 5,4 8,6 11,4 13,6 13,3 11,3 8,5 4,2 1,6 7
Température moyenne (°C) 4,5 5,9 7,8 10,5 14 17,2 19,9 19,3 17,1 13,3 8 5 11,9
Température maximale moyenne (°C) 8 9,9 12,5 15,6 19,4 23 26,3 25,3 22,9 18,2 11,8 8,4 16,8
Record de froid (°C) −19 −13,9 −12,8 −4,3 −1,4 1,8 5,7 3,8 0,6 −3,9 −8,2 −13,2 −19
Record de chaleur (°C) 17,6 25,2 27,5 27,7 31,3 35,8 39,2 39,3 34,1 31,7 23,2 18,6 39,3
Précipitations (mm) 32,2 75,3 72,5 78,7 92,6 77,4 58,7 68,9 70 78,1 74,5 77,9 897,7
Source : Le climat à Bergerac (en °C et mm, moyennes mensuelles et records 1962/1990)[1]


Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Saint-Avit-Sénieur est limitrophe de six autres communes.

Communes limitrophes de Saint-Avit-Sénieur
Bourniquel Molières Le Buisson-de-Cadouin
Beaumontois en Périgord Saint-Avit-Sénieur Montferrand-du-Périgord
Sainte-Croix

Toponymie[modifier | modifier le code]

Autrefois, l'endroit était appelé « mont Dauriac », avant d'être rebaptisé du nom du saint qui y vécut.

L'église massive a été édifiée aux XIe et XIIe siècles en l'honneur de saint Avit (ou « Avitus »), un ermite mort en 570, qui a donné son nom au village (le mot sénieur vient du latin senior, l'ancien).

La commune a été créée sous le nom de Montavis en 1790, et a été orthographiée Saint-Avit-Senieur en 1801[2].

En occitan, la commune porte le nom de Sench Avit Senhor[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Combe-Capelle.

Dans la vallée de la Couze, à la limite de la commune de Montferrand-du-Périgord, le site de Combe-Capelle a été occupé pendant une partie du Paléolithique supérieur.

Sur ce site ont été retrouvés en 1908 par O. Hauser les vestiges d'un sapiens sapiens avec des caractères archaïques, dit « homme de Combe-Capelle ». Sa nature exacte est discutée. Certains ont vu en lui le résultat d'une évolution sur place de l'homme de Néandertal[4].

Légende d'Avitus[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Avit du Périgord.

Un récit hagiographique rédigé par une personne liée à l'abbaye Saint-Martial de Limoges au XIe siècle raconte la vie d'Avitus[5].

Ce jeune aristocrate de Lanquais est enrôlé contre son gré dans l’armée des Wisigoths pour affronter l’armée franque de Clovis, déterminé à conquérir le Sud Ouest.

À la bataille de Vouillé en 507, Avitus, prisonnier des Francs, se convertit au christianisme. Libéré, une vision lui aurait ordonné de se rendre en Périgord, au mont Dauriac, afin de détruire un temple païen où étaient vénérées, dit-on, des milliers d'idoles. Le temple se serait effondré d'une simple prière du saint.

Devenu par la suite thaumaturge et guérisseur, il mène une vie de réclusion, construit une chapelle ("Notre-Dame-du-Val") et meurt en 570.

« Notre-Dame-du-Val » a subsisté jusqu'au IXe ou Xe siècle, probablement détruite par les Normands. Le bénitier actuel de l'abbatiale, daté du IXe siècle, pourrait avoir été l'autel de cette église.

Les restes de saint Avit ont dû être transférés, à l'occasion des incursions normandes, dans une église (aujourd'hui disparue) située au hameau de Saint-Cernin (commune actuelle de Labouquerie) : une épitaphe lapidaire retrouvée dans les ruines de cette église au XIXe siècle mentionne le nom d' "Avit, confesseur du Christ".

Une inscription découverte en 1978 sur le pilier nord-est de l'avant-chœur de l'église actuelle relate le transfert du corps de saint Avit en 1118 : "L'an mille cent trois fois six sur ce mont a été transféré le corps de saint Avit" [6].

Prospérité du prieuré (XIe – XIVe siècles)[modifier | modifier le code]

Une première église romane est édifiée au XIe siècle sur l'emplacement de l'église actuelle[7].

Une bulle pontificale de 1096 mentionne que Saint-Avit relève de Saint-Sernin de Toulouse qui est à la tête de la réforme grégorienne dans le Sud-Ouest.

Le village connait une affluence de pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle en raison de sa situation sur le chemin qui part de Vézelay et de la notoriété de saint Avit. Le passage des pèlerins est attesté par des objets (coquilles Saint-Jacques par exemple) retrouvés lors des fouilles du cloître durant les années 1960. Une deuxième église romane, plus vaste, est donc construite fin XIe - début XIIe siècle : il s'agit de l'église actuelle.

En 1120, le cartulaire de l'abbaye cistercienne de Cadouin rapporte que sept chanoines vivaient à Saint-Avit.

Aux XIIe et XIIIe siècles, le village a probablement connu des destructions comme l'indiquent les traces d'incendie visibles sur une grande partie des murs (aspect rubéfié des murs du cloître et du mur sud de l'église). Cet incendie est antérieur à 1525, date de construction du renfort extérieur de la pile sud-ouest de l'avant-chœur : ce renfort date en effet de 1525 et est indemne de traces d'incendie.

En 1214, la tradition orale rapporte que les albigeois auraient saccagé l'abbaye. L'influence cathare a atteint la vallée de la Dordogne comme en atteste le passé du château de Castelnaud. Le ou les incendies seraient-ils plutôt dus au passage de troupes anglaises et françaises pendant le conflit franco-anglais ? La frontière fluctuait en Périgord et dans l'Agenais, selon que les seigneurs locaux étaient vassaux de l'un ou l'autre souverain, et les querelles ne devaient pas manquer pour récupérer tel ou tel fief.En 1277 et 1280, peut-être à la suite de l'incendie, le roi de France Philippe III le Hardi ordonne la fortification du bourg.

En 1295, un texte affirme que 27 personnes vivaient au monastère[8]. D'après une bulle pontificale de 1312, le prieuré étendait ses propriétés et percevait des redevances sur au moins 13 paroisses.

Déclin (XIVe – XVIIIe siècles)[modifier | modifier le code]

En 1442, la traduction rapporte que les Anglais, au cours de la guerre de Cent Ans, auraient détruit le monastère et le village. Ceci est plausible : lors des fouilles du puits du cloître, on a en effet retrouvé des boulets de pierre similaires à celles utilisées pour les machines de siège. Ces boulets datent nécessairement d'avant 1450 puisqu'on utilisait des boulets en fonte par la suite.

En 1577, au cours des guerres de religion, le seigneur de Commarque pénètre dans le monastère et, avec l'aide des protestants, tue ou emprisonne les chanoines, démolit le clocher nord-ouest, le chevet, le fort, et les murs sud-est du monastère afin de mettre l'abbaye hors d'état de se défendre. Le seigneur de Commarque était connu des moines qui lui ont ouvert les portes sans méfiance. Il venait en fait pour se faire rembourser une dette sur le conseil du futur Henri IV[9].

Malgré des travaux de réfection (chevet), le prieuré ne se remettra jamais de ces destructions : en 1695, le chapitre des chanoines est supprimé.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Le village est affecté par l'exode rural : de 1856 à 1990, sa population passe de 1480 à 365 habitants, puis remonte légèrement depuis cette date (456 habitants en 2011).

  • Restaurations de l'église

L’église est classée au titre des monuments historiques en 1862. À la fin du XIXe siècle, l'église est restaurée par l'architecte des monuments historiques, Henri Rapine, parfois avec excès (crénelage sous la toiture)[7].

Des fouilles archéologiques menées par Paul Fitte (cf. infra, personnalités) dans les années 1960 ont mis au jour des tuiles canal comme en employaient les Romains et qui pourraient être celles du temple gallo-romain de la légende.

La fragilisation des voûtes de l'église a nécessité la pose d'échafaudages de soutien en 1979 et la fermeture de l'accès à la nef. Une importante campagne de restauration a été menée dans les années 1990 (sous la direction des architectes Y-M. Froideveaux, B. Fonquernie et Ph. Oudin) qui a permis la réouverture de l'église. Elle a également révélé la présence de peintures murales (dont un saint Christophe) et, sur la voûte et une partie des murs, d'un motif décoratif constitué d'entrelacs rouges sur fond jaune.

À la suite de cette campagne de restauration, l'église a été classée au patrimoine mondial par l'UNESCO en 1998 au titre de sa situation sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

  • Travaux de réaménagement du bourg

Précédé de travaux portant sur l'assainissement (réseau de collecte et unité de traitement des eaux usées) et d'un transfert de la mairie de l'hospice vers la place Léo Testut, un réaménagement de la voirie, des espaces verts et de l'éclairage du bourg intervient en 2013-2014, en vue d'une mise en valeur touristique.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

Dès 1790, la commune de Saint-Avit-Sénieur a été rattachée au canton de Beaumont qui dépendait du district de Belvès jusqu'en 1795, date de suppression des districts. En 1801, le canton est rattaché à l'arrondissement de Bergerac[10].

Dans le cadre de la réforme de 2014 définie par le décret du 21 février 2014, ce canton disparaît aux élections départementales de mars 2015[11]. La commune est alors rattachée au canton de Lalinde.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune a été membre de la communauté de communes du Pays beaumontois depuis sa création en 1995 jusqu'en 2012, date de sa dissolution. Depuis le 1er janvier 2013, elle est membre de la communauté de communes des bastides Dordogne-Périgord, dont le siège social est situé à Lalinde. Elle dispose d'un siège au conseil communautaire.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La mairie, place Léo Testut.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
         
1983 1988 Fernand Fauchier    
         
mars 2001 (réélu en mars 2014) en cours
(au 30 avril 2014)
Alain Delayre   Agriculteur

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Les habitants de Saint-Avit-Sénieur se nomment les Saint-Avitois.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[13].

En 2015, la commune comptait 474 habitants[Note 1], en augmentation de 5,1 % par rapport à 2010 (Dordogne : +0,31 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1211 0321 1221 1971 2071 2031 3741 4501 475
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 4801 4561 3451 2721 2251 2121 1341 0811 009
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
951870853721706645634586518
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
506464394385365403432436440
2013 2015 - - - - - - -
465474-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique
Remarques[modifier | modifier le code]

Le maximum de la population a été atteint en 1856 avec 1 480 habitants. La population a diminué jusque dans les années 1980 en raison de l'exode rural et augmente à nouveau depuis les années 1990, probablement sous l'effet du phénomène de rurbanisation : installation d'actifs travaillant localement dans le secteur du tourisme ou des services, arrivée de retraités (notamment des ressortissants britanniques, grâce aux liaisons aériennes directes entre Bergerac et le Royaume-Uni).

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (34,5 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (30,4 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,5 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 49,5 % d’hommes (0 à 14 ans = 12,8 %, 15 à 29 ans = 12,4 %, 30 à 44 ans = 15,6 %, 45 à 59 ans = 26,6 %, plus de 60 ans = 32,5 %) ;
  • 50,5 % de femmes (0 à 14 ans = 12,6 %, 15 à 29 ans = 9 %, 30 à 44 ans = 16,7 %, 45 à 59 ans = 25,2 %, plus de 60 ans = 36,5 %).
Pyramide des âges à Saint-Avit-Sénieur en 2007 en pourcentage[15]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,0 
90  ans ou +
0,5 
12,8 
75 à 89 ans
14,4 
19,7 
60 à 74 ans
21,6 
26,6 
45 à 59 ans
25,2 
15,6 
30 à 44 ans
16,7 
12,4 
15 à 29 ans
9,0 
12,8 
0 à 14 ans
12,6 
Pyramide des âges du département de la Dordogne en 2007 en pourcentage[16]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,6 
90  ans ou +
1,7 
9,7 
75 à 89 ans
13,5 
17,4 
60 à 74 ans
17,7 
22,6 
45 à 59 ans
21,6 
18,8 
30 à 44 ans
18,1 
14,7 
15 à 29 ans
13,1 
16,2 
0 à 14 ans
14,3 

Enseignement[modifier | modifier le code]

Saint-Avit-Sénieur et Montferrand-du-Périgord sont organisées en regroupement pédagogique intercommunal (RPI) au niveau des classes de maternelle et de primaire.

Santé[modifier | modifier le code]

Médecins généralistes à Beaumont-du-Périgord (5 km). Hôpital à Bergerac (32 km).

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Fête des battages et des traditions rurales les années impaires, le deuxième dimanche d'août (démonstration de machines agricoles anciennes notamment).
  • Fête votive le dernier week-end de septembre.

Économie[modifier | modifier le code]

Parmi les productions agricoles de la commune, on peut citer les céréales, le tabac (nombreux séchoirs à tabac), le maïs, l'élevage.

La commune bénéficie également du développement du tourisme dans le département. Les centres d'intérêt touristiques sont proches : vallée de la Dordogne (à 10 km), bastides de Beaumont-du-Périgord et de Monpazier. La commune est à mi-chemin du Périgord pourpre (Bergerac, à 33 km) et du Périgord noir (Sarlat, à 45 km). L'offre d'hébergement s'est développée depuis les années 1980. La commune propose des activités touristiques durant l'été : fête des battages, brocantes, marchés, ateliers d'art, expositions. Nombreuses résidences secondaires (91 sur 320 logements au recensement 2007[17]).

Sur le plan des transports, les gares les plus proches sont situées à Lalinde (10 km) et Le Buisson-de-Cadouin (15 km). La commune bénéficie également, comme l'ensemble de l'arrondissement, des retombées économiques de l'aéroport de Bergerac (liaisons low-cost avec le Royaume-Uni, la Belgique et les Pays-Bas).

La commune souffre toutefois d'un relatif éloignement des centres économiques du département (Bergerac 33 km, Périgueux 65 km) ou de la région (Bordeaux 137 km).

Emploi[modifier | modifier le code]

En 2012[18], parmi la population communale comprise entre 15 et 64 ans, les actifs représentent 185 personnes, soit 40,2 % de la population municipale. Le nombre de chômeurs (vingt-six) a augmenté par rapport à 2007 (seize) et le taux de chômage de cette population active s'établit à 13,9 %.

Établissements[modifier | modifier le code]

Au 31 décembre 2013, la commune compte cinquante-cinq établissements[19], dont vingt-deux au niveau des commerces, transports ou services, dix-sept dans l'agriculture, la sylviculture ou la pêche, sept dans la construction, six dans l'industrie, et trois relatifs au secteur administratif, à l'enseignement, à la santé ou à l'action sociale[20].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église[modifier | modifier le code]

Église de Saint-Avit-Sénieur - façade ouest.
Article détaillé : Église de Saint-Avit-Sénieur.

Sur le site de l'église actuelle, une première église, probablement construite par des moines bénédictins, a existé jusqu'au milieu du XIe siècle. Son seul vestige est une partie de son mur sud, qui a été intégrée dans le mur de l'église actuelle[7].

L'église actuelle a été élevée à l'époque romane, fin XIe - début XIIe siècle. Début XIIe siècle, le corps de saint Avit y a été transféré comme l'atteste une inscription lapidaire sur le pilier nord-est de l'avant-chœur.

La construction de cette deuxième église a été effectuée par des chanoines augustiniens. La taille de l'église (51 m x 23 m) s'explique essentiellement par la notoriété du saint et la situation du village sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle qui part de Vézelay. L'église a été classée à ce titre au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1998.

Extérieur[modifier | modifier le code]

  • Façade ouest

L'entrée est surmontée d'un crénelage et de deux clochers datant du XIIIe siècle. Le clocher nord a été partiellement détruit au cours des guerres de religion.

  • Mur sud

Ce mur est accolé aux ruines du cloître. Il présente de façon nette des traces rouges d'un incendie. Deux traditions orales attribuent cet incendie soit aux albigeois en 1214, soit aux Anglais en 1442, pendant la guerre de Cent Ans (cf. supra, section Histoire).

  • Abside est

Au pied de l'abside se trouvent quelques tombes vides de moines ou d'aristocrates.

Intérieur[modifier | modifier le code]

L'intérieur de l'église.

Le plan intérieur est formé de trois travées carrées délimitées par des piliers massifs qui étaient probablement prévus pour soutenir des coupoles[7].

À leur place se dresse une voûte sur croisée d'ogives de type angevin. Elle ne présente pas les marques rouges caractéristiques de l'incendie du XIIIe siècle qui a détruit la première voûte, au contraire des murs et des piliers de soutien.

Le bâtiment a donc pu être, à ses débuts et jusqu'à l'incendie du XIIIe siècle qui l'a partiellement détruit, recouvert de coupoles, à l'instar de l'église Saint-Étienne-de-la-Cité de Périgueux ou de la cathédrale Saint-Étienne de Cahors. À cause de l'utilisation du bois pour les échafaudages, ces coupoles étaient peut-être en cours de construction quand l'incendie s'est déclaré.

L'incendie a abîmé les sculptures en bas-relief romanes, visibles en particulier dans l'avant-chœur.

Les trois clés de voûte représentent, d'ouest en est, une main bénissant, un personnage debout et un agneau pascal.

Sur l'ensemble des murs et des voûtes a été peint au XIIIe ou au début du XIVe siècle un décor gothique (entrelacs rouges sur fond jaune). Sur le mur sud de la deuxième travée s'observent des peintures du XIVe siècle qui s'inspirent apparemment de motifs de tissus orientaux. Sur la pile entre la première et la deuxième travée est peint un Saint-Christophe portant le Christ sur ses épaules.

Le bénitier à l'entrée est daté du IXe siècle. Il peut s'agir d'un vestige de l'église Notre-Dame-du-Val. L'autel doré est contemporain (fin XXe siècle). Adossé à un chevet plat postérieur aux guerres de religion se dresse un retable baroque (XVIIIe siècle).

Ruines de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Salle capitulaire (rez-de-chaussée, à droite) et ancien dortoir des moines (étage, à gauche).
  • Du cloître augustinien accolé au mur sud de l'église, il ne reste que les murs extérieurs (sur lesquels on remarque les emplacements pour les poutres de la charpente du cloître), la base d'un muret intérieur ainsi que le puits. Le cloître a servi de cimetière de 1659 à 1923.
  • La salle capitulaire subsiste. Dans celle-ci est installé un petit musée archéologique présentant des éléments du cloître découverts lors de fouilles effectuées dans les années 1960, notamment des bordures de piliers ou de chapiteaux, des blocs représentant les signes astrologiques, les cavaliers et les vieillards de l'Apocalypse. Le style de ces sculptures montre l'influence du Quercy (Moissac notamment) et du Toulousain.
  • Subsistent également le porche d'entrée est, la sacristie (à côté de l'église) et une partie du dortoir des moines (au-dessus de la sacristie). Celui-ci présente les collections d'un petit musée géologique (legs de Jean Capelle).
  • Au sud se dresse un ancien presbytère du XVIIe siècle servant de lieu d'expositions temporaires. L'étage supérieur s'élève sur un rez-de-chaussée probablement plus ancien.
  • Près du mur sud du cloître se trouvent les fondations des pièces qui ont pu être, si on se réfère au plan traditionnel des abbayes, les cuisines (restes d'un four à pain), le réfectoire, un scriptorium, le cellier (aujourd'hui couvert d'une halle). Des vestiges de murs de fortifications entourent le presbytère. À l'ouest du presbytère se trouvent encore d'autres fondations qui ont pu être celles d'habitations.

Place du fort[modifier | modifier le code]

Place du fort : maison au cadran solaire.

Située au nord de l'église, cette place présente des maisons anciennes à fenêtres gothiques ou Renaissance, un cadran solaire sur le mur d'une maison, ainsi qu'un fragment du mur d'enceinte du XIVe siècle. La maison située à gauche du rempart porte l'inscription « Chanoine Fadelpech 1628 ».

Hospice[modifier | modifier le code]

À l'ouest de l'abbaye, à gauche de la mairie, se trouve un ancien hospice (sp|XII|e|ou|XIII|e) pour les pèlerins, dont ne subsistaient au début du XXe siècle que les murs ouest et nord (fenêtres à meneaux).

L'hospice donne sur une esplanade offrant une vue sur la vallée et sur la grotte (cachée derrière les feuillages à flanc de falaise, en face) où Avitus a peut-être vécu. On aperçoit également un lavoir alimenté par une source où l'ermite aurait pu, autrefois, s'abreuver.

À l'ouest et au sud de l'esplanade, des jardins en terrasse, soutenus par des murets régulièrement rénovés, ont pu être cultivés par les chanoines.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Léo Testut (1849-1925), né à Saint-Avit-Sénieur, médecin (études à Bordeaux), auteur d'un Traité d'anatomie humaine illustré en 4 volumes qui fit référence. Son buste se dresse sur la place du même nom.
  • Jean Capelle (1909-1983), normalien, agrégé de mathématiques, recteur d'académie et député de la Dordogne en 1968. Il a contribué à la création des collèges d'enseignement général en 1963 et fut à ce titre nommé Commandeur de la Légion d'Honneur en 1976. Il fut maire de la commune de Saint-Avit-Sénieur de 1965 jusqu'à sa mort. Une plaque commémorative lui est dédiée sur l'esplanade en contrebas de la mairie.
  • Paul Fitte (1917-1997), géologue et archéologue, a mené les fouilles du cloître durant les années 1960.

Culture et loisirs[modifier | modifier le code]

  • Musées géologique et archéologique
  • Court de tennis, stade de football
  • Sentiers de randonnée aux alentours
  • Salle polyvalente

Les principaux loisirs sportifs praticables dans la commune sont le football (club communal), la chasse (deux associations), la pétanque, la randonnée, l'équitation, le tennis…

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Secret, Saint-Avit-Sénieur, dans Dictionnaire des églises de France, 3-b, 1967, p. 157-159.
  • J. Banchereau, Saint-Avit-Senieur, dans Congrès archéologique de France. 90e session. Périgueux. 1927, p. 166-175, Société française d'archéologie, Paris, 1928 (lire en ligne)
  • Pierre Dubourg-Noves, Saint-Avit-Sénieur, p. 179–199, dans Congrès archéologique de France. 137e session. Périgord Noir. 1979 - Société française d'archéologie - Paris - 1982.
  • Paul Fitte, L'église et l'abbaye de Saint-Avit-Sénieur dans Vieilles églises en Périgord sous la direction de Dominique Audrerie, collection Centaurée, PLB éditeur, 1991.
  • Roger Tréneule, Saint-Avit-Sénieur, Histoire des fermes à travers les âges, collection Centaurée, PLB éditeur, 2014.
  • Roger Tréneule, Histoire de Saint-Avit-Sénieur, de la Préhistoire à nos jours, collection Fleur de Lys, PLB éditeur, 2014

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Infoclimat
  2. « Saint-Avit-Sénieur », sur base Cassini de l'Ehess (consulté le 24 décembre 2010)
  3. Le nom occitan des communes du Périgord sur le site du Conseil général de la Dordogne, consulté le 22 mars 2014.
  4. Pour tout le paragraphe :
    • André Leroi-Gourhan : Combe-Capelle, dans Dictionnaire de la préhistoire, PUF, 1988
    • Sous la direction de Denis Vialou : Combe-Capelle, dans La préhistoire, histoire et dictionnaire, Robert Laffont, 2004.
  5. Dom Jean Béquet, O.S.B., Saint-Avit-Sénieur dans l'histoire canoniale de l'Aquitaine aux XIe et XIIe siècles
  6. Pour les deux paragraphes précédents, Paul Fitte, L'église et l'abbaye de Saint-Avit-Sénieur dans Vieilles églises en Périgord sous la direction de Dominique Audrerie, collection Centaurée, PLB éditeur, 1991.
  7. a, b, c et d Pierre Dubourg-Noves, Saint-Avit-Sénieur, p. 179-199, dans Congrès archéologique de France. 137e session. Périgord Noir. 1979 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1982
  8. J-M. Maubourguet Le Périgord méridional des origines à 1370, thèse de doctorat présentée à la faculté des lettres de Bordeaux, 1926
  9. Jean Tarde, La chronique de Jean Tarde, chanoine théologal et vicaire général de Sarlat, Paris, 1887, p. 84.
  10. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Légifrance, « Décret no 2014-218 du 21 février 2014 portant délimitation des cantons dans le département de la Dordogne », sur http://www.legifrance.gouv.fr/ (consulté le 10 juin 2015).
  12. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  15. « Évolution et structure de la population à Saint-Avit-Sénieur en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 24 décembre 2010)
  16. « Résultats du recensement de la population de la Dordogne en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 24 décembre 2010)
  17. « résultats du recensement INSEE 2007, logement », sur site de l'Insee (consulté le 24 décembre 2010)
  18. Chiffres-clés - Emploi - Population active - tableaux EMP T2 et EMP T4 sur le site de l'Insee, consulté le 23 novembre 2015.
  19. « Établissement - Définition », sur Insee (consulté le 23 novembre 2015).
  20. Chiffres clés - Établissements actifs par secteur d'activité - tableau CEN T1 sur le site de l'Insee, consulté le 23 novembre 2015.