Saint-Antoine-de-Tilly

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Saint-Antoine-de-Tilly
Manoir de Tilly
Manoir de Tilly
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Région Chaudière-Appalaches
Subdivision régionale Lotbinière
Statut municipal Municipalité
Maire
Mandat
Christian Richard
2013-2017
Constitution
Démographie
Population 1 598 hab.[1] (2016)
Densité 27 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 40′ 00″ nord, 71° 35′ 00″ ouest
Superficie 5 952 ha = 59,52 km2
Divers
Code géographique 33095
Localisation
Localisation de Saint-Antoine-de-Tilly dans Lotbinière
Localisation de Saint-Antoine-de-Tilly dans Lotbinière

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Liens
Site web Site officiel

Saint-Antoine-de-Tilly est une municipalité du Québec située dans la MRC de Lotbinière dans la Chaudière-Appalaches[2].

Saint-Antoine-de-Tilly est à 25 kilomètres de Québec, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, route 132, en direction ouest. Cette municipalité qui fait partie de l'Association des plus beaux villages du Québec a fêté son 300e anniversaire en 2002.

Toponyme[modifier | modifier le code]

La Commission de toponymie du Québec écrit à son propos : « Voisine de Saint-Nicolas, à l'est, et de Sainte-Croix, à l'ouest, cette municipalité de la région de Lotbinière a connu des heures troublées lors du siège de Québec en 1759, alors que les Anglais s'y sont retranchés. L'année suivante, les citoyens prêtaient serment de neutralité après avoir rendu leurs armes à l'envahisseur. Considérée comme l'une des anciennes paroisses de la Rive-Sud, Saint-Antoine-de-Tilly était érigée canoniquement en 1702. La municipalité de paroisse, dont Saint-Apollinaire sera détachée, fut créée d'abord en 1845, abolie en 1847, puis rétablie en 1855 sous l'appellation Saint-Antoine-de-Pade (de Tilly), laquelle figure déjà dans l'Arrêt du Conseil d'État de 1722 et dans le Code municipal de 1871. Elle verra son statut modifié pour celui de municipalité le 4 mars 1995. Son nom, tout comme celui du bureau de poste de Saint-Antoine (1831), qui célèbre saint Antoine de Padoue, a pour auteur lointain le père Honoré Hurette, récollet qui dessert la mission de 1700 à 1705 et qui lui donne ce nom. Le constituant Tilly fait allusion à la seigneurie de Villieu ou Tilly, concédée en 1672 à Pierre de Villieu, lieutenant au régiment de Carignan-Salières. Elle sera vendue en 1700 à Pierre-Noël Legardeur de Tilly (1652-1720). Militaire de carrière, Legardeur de Tilly a exercé entre autres fonctions celles de capitaine des troupes de la Marine (1700) et de membre du Conseil souverain. Anciennement, on identifiait cet endroit sous le nom de Villieu, lequel évoque le premier seigneur. Dans la banlieue lointaine de Québec, Saint-Antoine-de-Tilly est une municipalité agricole spécialisée dans les cultures maraîchères et la production de fromage[3]. »

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 31 août 1700, Claude-Sébastien de Villieu fils vend à Pierre-Noël Le Gardeur, sieur de Tilly, pour trois mille livres, avec tous ses droits, la seigneurie de Villieu qui prit dès lors le nom de Tilly. Le nouveau seigneur s'y installe la même année, en compagnie de sa seconde épouse, Madeleine Boucher, fille de Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières.

Dès 1702, le seigneur de Tilly fait construire une chapelle en bois, où ont lieu les premiers offices célébrés par le missionnaire desservant, le Père Honoré Huret, récollet, qui met le nouveau temple sous le vocable de saint Antoine de Padoue[4]. En l'absence de l'évêque de Québec Mgr de Saint-Vallier, cette ouverture des registres de l'état civil en 1702 marque le début de la paroisse de Saint-Antoine-de-Tilly, dont les limites canoniques seront établies le 3 mars 1722 par un Arrêt du Conseil d'État du Roi.

Le 30 juin 1712, le seigneur de Tilly et son épouse donnent à la Fabrique paroissiale un arpent de terre de front pour y bâtir l'église et le presbytère. Une plaque armoriée atteste que le 26 juillet 1712 est posée la première pierre de cette église construite à quelques pieds au nord de l'église actuelle.

En 1759, durant le siège de Québec, plus de 1 000 soldats anglais débarquent à Saint-Antoine-de-Tilly.

  • 14 août : « Nous venons d'apprendre que les ennemis ont incendié la paroisse de St. Antoine, ainsi qu'une partie de St.Nicolas; ils ont cependant épargné les églises et s'y retranchent. Ils installent des batteries de canons sur trois monticules encore visibles à mi-hauteur de la falaise dans les Fonds de Saint-Antoine. »
  • 26 août : « Les ennemis avoient levé le camp qu'il avoient à St Antoine, et qu'il tentoient plus haut; nous avons entendu beaucoup de canonnade du costé de la Pointe aux tremble; nous ne sçavons point encore ce qu'il y a de nouveau. »
  • 27 août : « Nous venons d'apprendre qu'une trentaine de sauvages et trois françois avoient chassé avant hyer les anglois qui étoient à St. Antoine ; ils s'embarquèrent avec beaucoup de précipitation à bord de leurs vaisseaux[5]. »
  • 23 juillet 1760 : « Les habitants du lieu, qui s'étaient d'abord retirés dans la deuxième concession, remettent leurs armes aux Anglais et prêtent le serment de neutralité : « nous ne prendrons pas les armes contre George II, roi de Grande-Bretagne » ».
Église Saint-Antoine-de-Tilly

En 1786, le seigneur entreprend, sur un lot de terre acheté des Lambert, la construction du manoir conservé jusqu'à ce jour et devenu l'hôtel Manoir de Tilly. On commence peu après la construction de l'église actuelle, qui fut bénie le 24 septembre 1788 par le curé Jean-Baptiste Noël. La décoration intérieure de cette église fut enrichie par la suite de boiseries sculptées, conçues entre autres par Thomas Baillargé, puis par de grandes peintures européennes de la collection Desjardins achetées par la Fabrique vers 1817-1818 à la suggestion du curé Louis Raby. D'une magnifique architecture, l'église est classée monument historique par le ministère des Affaires culturelles en 1963. La place de l'église, bornée par des bâtiments patrimoniaux, maisons centenaires et magasins généraux bien conservés, donne accès au cimetière, à un belvédère et à une côte d'accès au fleuve.

En 1821, la municipalité de Saint-Antoine-de-Tilly, qui comptait 1 897 habitants, puis environ 2 000 habitants au milieu du XIXe siècle, fut démembrée successivement par la fondation de Saint-Apollinaire vers 1855, par celle d'Issoudun, puis par l'annexion du troisième rang où 20 familles passent à Saint-Apollinaire en 1920.

En 1855, la municipalité civile fut fondée. Elle se glorifie de posséder un blason d'origine et une devise tirée aussi du verset 8 du Psaume 72, à la suite de celle du Canada : « Et a flumine usque ad terminos terrae ! (Et du fleuve jusqu'à la fin des terres ![6])

Administration[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1996 2001 2006 2011 2016
1 381 1 417 1 449 1 604 1 598

Le recensement de 2011 y dénombre 1604 habitants, soit 10,7 % de plus qu'en 2006[7],[8].

Archives[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Recensement du Canada, 2016
  2. Répertoire des municipalités
  3. Commission de toponymie du Québec
  4. Toponymie : Saint-Antoine-de-Tilly
  5. André Bédard réf. "Journal du siège de Québec 10 mai au 18 septembre 1759"
  6. Alonzo Leblanc, historien
  7. Recensement 2001
  8. Recensement 2006
  9. Fonds Seigneurie de Tilly (P255) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Donnacona, Fleuve Saint-Laurent Neuville,
Fleuve Saint-Laurent
Rose des vents
Sainte-Croix N Lévis
O    Saint-Antoine-de-Tilly    E
S
Notre-Dame-du-Sacré-Cœur-d'Issoudun Saint-Apollinaire