Safran (couleur)

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Riz coloré au safran.

Safran est un nom de couleur en usage dans l'habillement et la décoration, désignant une teinte jaune orangé d'après celle de l'épice safran.

Pigment de safran[modifier | modifier le code]

Le safran, épice fort colorante, mais chère, a été employé en teinture, mais fut rapidement concurrencé par d'autres produits naturels comme le curcuma[1]. À l'état de poudre sèche, le safran est rouge écarlate ; soluble dans l'alcool et dans les alcalis, elle donne une couleur jaune[2]

Il fut utilisé en enluminure, où les commanditaires en payaient le prix. Employé pur, lié au blanc d'œuf, il donnait un jaune transparent, vif et pur[3]. Cependant, au XVIIe siècle, Théodore de Mayerne appelle safran un rouge de Mars[4].

C'est donc l'usage culinaire du safran qui donne la référence pour la couleur safran.

Couleur safran[modifier | modifier le code]

Dauthenay donne en 1905 le Jaune de cadmium foncé et le Jaune de cadmium orange du marchand de couleurs Bourgeois pour synonymes des quatre tons de Jaune safran, qu'il place entre le Jaune de cadmium et le Jaune Coq-de-Roche[5]

Robe safran[modifier | modifier le code]

La robe de moine bouddhiste est souvent décrite comme de couleur safran[6] ; le nom de couleur est attesté à la même époque dans le domaine de la mode[7].

Cependant, pour de nombreux courants religieux, l'état de moine est un renoncement, et ceux qui s'y engagent s'abstiennent des couleurs vives, au profit de teintes ternes et de nuance indéterminée[8], ce qui s'oppose aux safran de la mode, qui sont le plus souvent des jaunes-orangé assez vifs, car sinon on parlerait de jaune moutarde.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Viel, « Colorants naturels et teintures du XVIIe siècle à la naissance des colorants de synthèse », Revue d'Histoire de la Pharmacie, no 347,‎ , p. 327-348 (lire en ligne).
  2. Pierre Bastiou, Monographie du safran : thèse présentée et soutenue à l'école supérieure de pharmacie de Paris le samedi 3 février 1872, (lire en ligne), p. 27.
  3. Philip Ball (trad. Jacques Bonnet), Histoire vivante des couleurs : 5000 ans de peinture racontée par les pigments [« Bright Earth: The Invention of Colour »], Paris, Hazan, , p. 152.
  4. Ball 2010, p. 204.
  5. Henri Dauthenay, Répertoire de couleurs pour aider à la détermination des couleurs des fleurs, des feuillages et des fruits : publié par la Société française des chrysanthémistes et René Oberthür ; avec la collaboration principale de Henri Dauthenay, et celle de MM. Julien Mouillefert, C. Harman Payne, Max Leichtlin, N. Severi et Miguel Cortès, vol. 1, Paris, Librairie horticole, (lire en ligne), p. 48.
  6. Attesté « L'Époque ou Les Soirées européennes », .
  7. « La Mode », .
  8. « souvenirs de Lanau » (consulté le 21 décembre 2019).