Saepta Julia

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Saepta Julia
Image illustrative de l'article Saepta Julia
Reconstitution des Saepta Iulia en haut de l'image, sur la maquette d'Italo Gismondi.

Lieu de construction Champ de Mars
Date de construction Fin du Ier siècle av. J.-C.
Ordonné par César puis Auguste
Type de bâtiment Espace de vote des comices
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome2b.png
Saepta Julia
Localisation des Saepta Iulia dans la Rome antique (en rouge)

Coordonnées 41° 53′ 54″ N 12° 28′ 41″ E / 41.898292, 12.47795841° 53′ 54″ Nord 12° 28′ 41″ Est / 41.898292, 12.477958
Liste des monuments de la Rome antique
Situation des vestiges du portique des Argonautes, section nord-ouest des Saepta, juste sur le côté gauche de la rotonde du Panthéon.

Les Saepta Julia (en latin : Saepta Iulia, Porticus saeptorum[a 1], Saepta Agrippiana[a 2] ou simplement Saepta ou Ovilia[a 3]) forment un grand complexe composé de portiques et d'une vaste esplanade centrale, situé immédiatement à l'est du Panthéon, sur le Champ de Mars, à Rome.

Localisation[modifier | modifier le code]

Les Saepta Iulia occupent une zone rectangulaire juste à l'est du Panthéon et des thermes d'Agrippa, à l'ouest du temple d'Isis et du Sérapéum. Au sud, le Diribitorium forme une extension des Saepta[1].

Fonction[modifier | modifier le code]

À l'origine, les Saepta Iulia adoptent la même fonction que les Saepta républicains (ou Ovilia) qui sont associés à la Villa Publica. Les citoyens s'y rassemblent en diverses occasions comme lorsqu'ils votent au sein des comices centuriates et des comices tributes, à l'occasion du census ou encore lors des levées militaires[2]. Après l'avènement du principat sous Auguste, les comices tombent en désuétude et les Saepta perdent leur fonction première. Les premiers empereurs, dont Auguste[a 4],[a 5], Caligula[a 6] et Claude[a 7], les utilisent pour organiser des combats de gladiateurs et des naumachies[a 8]. Néron y organise des compétitions de gymnastique. Le Sénat y est convoqué une seule fois, en 17 av. J.-C. lors des Ludi Saeculares, et c'est dans les Saepta que Tibère s'adresse au peuple après son retour de campagne en Illyrie[a 9],[a 10]. Par la suite, les Saepta servent essentiellement de marché d'antiquités et d'œuvres d'art très fréquenté[a 11],[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Saepta républicains[modifier | modifier le code]

Les Saepta ou Ovilia prennent la forme d'une zone nettement délimitée sur le Champ de Mars, un carré de 300 mètres de côté environ qui borde à l'est la Via Flaminia, utilisée par les comices centuriates pour l'organisation d'élections sous la République[4]. D'après Servius, cette zone tire son nom (Ovilia) du fait que cet espace était utilisé auparavant par les pasteurs pour faire paître des ovins[a 12]. En fait, il semble que ce nom ait été donné à cette zone pour souligner la ressemblance entre les rassemblements de citoyens et l'activité d'une bergerie, les Saepta formant le « pré » associé à la Villa Publica qui prend l'allure de la bergerie proprement dite[5]. Les premiers Saepta sont bâtis sur un espace inauguré (templum)[4].

Les nouveaux Saepta[modifier | modifier le code]

Vers le milieu du Ier siècle av. J.-C., peut-être dès 54 av. J.-C., Jules César projette de remplacer les antiques Saepta ou Ovilia par un complexe plus vaste et plus monumental recouvert de marbre qu'il imagine bordé par un portique long de 1 500 mètres (un mille romain)[a 13] peut-être pour concurrencer le portique que Pompée a fait construire dans le prolongement de son théâtre. Le portique imaginé par César, si le mille de longueur annoncé est compris comme un périmètre, aurait enclos une zone près de six fois plus grande[6]. Il n'est pas certain que la construction débute à l'époque de César. Elle est partiellement supervisée par Lépide et s'achève en 26 av. J.-C., date à laquelle les nouveaux Saepta sont dédiés et inaugurés par Marcus Vipsanius Agrippa[3]. Le complexe est décoré de nombreux reliefs et peintures[1].

Le complexe est endommagé lors de l'incendie de 80[a 14] mais est rapidement restauré puisqu'il est décrit comme fonctionnel sous le règne de Domitien. Il est de nouveau restauré sous Hadrien. Les Saepta sont mentionnés jusqu'à l'époque constantinienne[7].

Fouilles archéologiques[modifier | modifier le code]

La localisation des Saepta n'est connue que depuis 1937 et les études de Gatti sur les fragments de la Forma Urbis.

Description[modifier | modifier le code]

Les dimensions des Saepta inaugurés par Agrippa sont bien inférieures au premier projet de César, avec un périmètre près de deux fois moins long[6], mais atteignent tout de même 310 × 120 mètres selon un axe nord-sud. Les deux longs côtés de l'esplanade centrale sont bordés de portiques qui semblent indépendants et qui sont cités à part dans les Régionnaires de Rome : le Porticus Meleagri à l'est et le Porticus Argonautarum à l'ouest[1].

L'entrée principale des Saepta est supposée se trouver au nord, même si cette disposition paraît peu naturelle. On accède à un grand hall avant de sortir sur l'esplanade centrale par une des huit portes. L'édifice est bordé sur son côté méridional par le Diribitorium, espace où sont comptés les votes par les diribitores et les custodes. Les deux édifices communiquent par une série d'ouvertures le long d'une galerie. La disposition du Diribitorium par rapport aux Saepta fait penser à une extension de ces derniers mais il semble toujours désigner comme une édifice particulier[8].

Le portique des Argonautes[modifier | modifier le code]

Ce portique tire sans doute son nom d'un relief ou d'une peinture représentant Jason et ses compagnons exposée dans le portique ou à proximité immédiate[9]. Les vestiges d'un mur de briques en opus latericium avec une série de niches rectangulaires, datant de l'époque d'Hadrien, ont été identifiés à ce portique et sont encore visibles sur le côté gauche du Panthéon[10]. Les briques étaient alors recouvertes de marbre[8]. Sa proximité avec le Panthéon d'Hadrien indique qu'il devait servir de corridor pour les passants souhaitant atteindre la place du Panthéon depuis les Saepta[9].

Le portique de Méléagre[modifier | modifier le code]

Le portique est identifié grâce à trois fragments de la Forma Urbis où apparaît la mention PORTICVS M-LEAGRI. Il est également mentionné dans les Régionnaires de Rome. Il a été construit en même temps que les autres monuments de la zone, entre 25 et 7 av. J.-C., et ferme les Saepta Iulia à l'ouest. Il doit probablement son nom à une œuvre d'art, peinture ou sculpture, mettant en scène le mythe de Méléagre[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Sources modernes :
  1. a, b et c Richardson 1992, p. 340.
  2. Richardson 1992, p. 278.1.
  3. a et b Platner et Ashby 1929, p. 460.
  4. a et b Platner et Ashby 1929, p. 373.
  5. Richardson 1992, p. 278.2.
  6. a et b Jacobs et Conlin 2015, p. 128.
  7. Platner et Ashby 1929, p. 460-461.
  8. a et b Richardson 1992, p. 341.
  9. a, b et c Jacobs et Conlin 2015, p. 129.
  10. Jacobs et Conlin 2015, p. 129 n82.
  • Sources antiques :
  1. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XVI, 201
  2. Histoire Auguste, Vie de Sévère Alexandre, 26
  3. Tite-Live, Histoire romaine, XXVI, 22
  4. Suétone, Vie des douze Césars, Auguste, 43
  5. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LV, 8
  6. Suétone, Vie des douze Césars, Caligula, 18
  7. Suétone, Vie des douze Césars, Claude, 21
  8. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LV, 10
  9. Suétone, Vie des douze Césars, Tibère, 17
  10. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LVI, 1
  11. Sénèque, De Ira, II, 8, 1
  12. Servius, Commentaires des Bucoliques de Virgile, I, 33
  13. Cicéron, Ad Atticus, IV, 16, 14
  14. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LXVI, 24

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Filippo Coarelli, Guide archéologique de Rome, Paris,‎
  • (en) Samuel Ball Platner et Thomas Ashby, A topographical dictionary of Ancient Rome, Londres, Oxford University Press,‎ , 608 p.
  • (en) Lawrence Richardson, A New Topographical Dictionary of Ancient Rome, Johns Hopkins University Press,‎ , 488 p. (ISBN 0801843006)
  • (en) Paul W. Jacobs et Diane Atnally Conlin, Campus Martius : The Field of Mars in the Life of Ancient Rome, Cambridge University Press,‎ , 268 p. (ISBN 9781107664920)
Plan intemporel du Champ de Mars central