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Sacré-Cœur (film)

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Sacré-Cœur
Description de l'image Sacré-Cœur (film) logo.png.
Réalisation Sabrina et Steven Gunnell
Scénario Sabrina et Steven Gunnell
Acteurs principaux Abbé Louis Bardon
Julie Budria
Sociétés de production Krea Film-Makers
Pays de production Drapeau de la France France
Genre docufiction
Durée 95 minutes
Sortie 2025

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Sacré-Cœur, sous-titré Son règne n'a pas de fin, est une docufiction réalisée par les époux Sabrina et Steven Gunnell et sortie en 2025.

La sortie du film donne lieu à quelques polémiques, mais il obtient un certain succès, en partie grâce à son relais dans les milieux catholiques et par l'effet Streisand provoqué par sa publicité refusée à la SNCF et la RATP.

Le film met en scène les révélations privées que la religieuse visitandine Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690) dit avoir reçues de 1673 à 1675 et qui sont à l'origine de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. En contrepoint, plusieurs prêtres commentent dans le film cette spiritualité et une dizaine de témoins relatent leur propre expérience à cet égard, notamment au sanctuaire de Paray-le-Monial et au sein de la communauté de l'Emmanuel[1],[2].

Fiche technique

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Distribution

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Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques présentes dans la section « Liens externes ».Comédiens

Intervenants

  • Clémentine Beauvais, parente de Marguerite-Marie Alacoque
  • Père Joël Guibert, auteur du livre Rendre amour pour amour : une spiritualité du Cœur de Jésus
  • Père Étienne Kern, recteur du Sanctuaire de Paray-le-Monial
  • Maximilien Ambroselli, docteur en Histoire de l'Art
  • Père Olivier Barnay, directeur de la Garde d'honneur du Sacré-Cœur
  • Père Édouard Marot, missionnaire du Sacré-Cœur
  • Vinz Le Mariachi, musicien missionnaire (intégré au groupe Les Guetteurs)
  • Zoé Müller, ancienne footballeuse professionnelle
  • Alicia Beauvisage, missionnaire
  • Louis Bouffard, auteur du livre Une Lueur dans les Tranchées
  • Arnaud Bouthéon, cofondateur du Congrès Mission et engagé aux Chevaliers de Colomb
  • Abbé Louis Bardon
  • Abbé Matthieu Raffray, philosophe et théologien
  • Père François Potez, frère de Saint-Jean et accompagnateur de couples
  • Père Martin Pradère, prêtre missionnaire de la communauté de l'Emmanuel et auteur du livre Jésus doux et humble de cœur
  • Rodrigue Tandu, ancien trafiquant converti à Paray-le-Monial
  • Jean-Marc et Sylvie Laniesse
  • Mère Marie-Jean
  • Sœur Laetitia Trémolet de Villiers
  • Et divers congrégations et ordres religieux du Sacré-Cœur

Le film obtient un certain succès dans les salles, en réalisant près de 300 000 entrées en un mois. Les polémiques venant essentiellement de la gauche, entourant sa diffusion, mises en évidence notamment par des médias du groupe Bolloré qui soutiennent le film[3],[4], peuvent en partie expliquer ces scores[5],[6],[7]. Le film est aussi activement relayé dans les paroisses[1].

À la veille de la sortie du film en salles, Mediatransports, la régie publicitaire de la SNCF et de la RATP, interdit la campagne d’affichage prévue dans les métros et les gares, en invoquant le « caractère confessionnel et prosélyte » du projet, « incompatible avec le principe de neutralité du service public »[8].

Le , une association subventionnée du département du Gers, Ciné 32, adresse un courriel aux cinémas du département pour leur demander de ne pas diffuser le film, qu'elle qualifie de « film ouvertement d'extrême droite »[9].

Le , une heure avant la projection du film, la mairie de Marseille annule la séance prévue au château de la Buzine au nom de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, et de « l’application absolue de la loi et des jurisprudences constantes en la matière qui s’imposent à tous les lieux gérés par les collectivités publiques en France ». Stéphane Ravier, sénateur soutient du RN des Bouches-du-Rhône, et les réalisateurs du film saisissent le tribunal administratif de Marseille[10] qui ordonne le la reprogrammation du film dans un cinéma municipal[11].

Lors de sa sortie le , le film est projeté dans 149 salles et fait 47 000 entrées lors de sa première semaine. Au cours de la quatrième semaine, il dépasse les 278 000 entrées et est projeté dans 350 salles[1]. Au 20 novembre 2025, il totalise 434 000 entrées selon Allociné[12].

Michel Guerrin, rédacteur en chef au Monde, tente de tirer des leçons de cet épisode : il remarque comme d'autres l'effet Streisand dont bénéficie le film, déplore une confusion entre l’œuvre et son écosystème politique, et une certaine impasse dans la gauche culturelle qui en tentant de « résister », peut exhiber une géométrie variable selon les sujets tout en fournissant des armes à ses adversaires[13]. Pour le politologue Olivier Roy, « la polémique s’inscrit dans un débat qui dure depuis 30 ans, voire plus, sur la visibilité du religieux dans l’espace public. ». Elle traduit une « polarisation toujours plus grande de la société française, où ce sont les extrêmes qui occupent l’espace médiatique. »[14].

Notes et références

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  1. a b et c France Info avec AFP, « Entre le bouche-à-oreille et les polémiques, le film "Sacré Cœur" est un succès inattendu », France Info,‎ (lire en ligne)
  2. Yohan Haddad, « “Sacré Cœur”, l’inattendu succès d’un film chrétien soutenu par la sphère Bolloré », Télérama,‎ (lire en ligne)
  3. Guillaume Loison, « Sacré Cœur, ce film catholique qui veut vous convertir avec le soutien d’enfer des médias Bolloré », Le Nouvel Obs,‎ (lire en ligne).
  4. Laurent Telo, « « Sacré-Cœur », un film chrétien devenu objet politique », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. Sixtine Chartier, « « Sacré Cœur » : pourquoi ce film chrétien cartonne en salles », La Vie,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. Théo Ribeton, « “Sacré Cœur” ou quand l’effet Streisand fait des miracles », Les Inrockuptibles, (consulté le ).
  7. Brice Le Borgne, « Que sait-on de «Sacré Cœur», le film chrétien propulsé par les médias du groupe Bolloré ? », Libération,‎ (lire en ligne).
  8. Aldric Meeschaert, « Jugée trop «confessionnelle et prosélyte», la campagne d’affichage du film «Sacré-Cœur» interdite par la SNCF et la RATP », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. « Sacré Cœur : une association met la pression aux cinémas du Gers pour censurer le film », sur Le Journal du dimanche, (consulté le )
  10. Mathilde Ceilles, « Déprogrammation de Sacré-Cœur à Marseille : les réalisateurs et Stéphane Ravier saisissent la justice », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. « La justice demande à Benoît Payan de maintenir la diffusion de "Sacré-Cœur" », sur Valeurs actuelles, (consulté le )
  12. Fiche du film sur Allociné
  13. Michel Guerrin, « La gauche culturelle ne comprend pas qu’en voulant tuer le film catholique “Sacré-Cœur” elle le soutient », sur Le Monde, (consulté le )
  14. Raphaël Zbinden, « «Le film Sacré-Cœur s’inscrit dans une offensive de la droite catholique» », Cath.ch,‎ (lire en ligne)

Liens externes

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