Saëb Salam

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Saëb Salam et Kamal Joumblatt (Source: Syrianhistory).

Saëb Salam (19052000[1]) (en arabe : صائب سلام) est un homme politique libanais, qui a occupé quatre fois le poste de Premier ministre entre 1952 et 1973.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’une importante famille sunnite de Beyrouth, sa carrière politique a commencé en 1941 luttant contre le mandat français au Liban, aux côtés du leader tripolitain Abdel Hamid Karamé. En 1943, Salam est élu député sunnite de Beyrouth. Il est nommé ministre de l’Intérieur en 1946. Le 14 septembre 1952 il est désigné Premier ministre, mais son gouvernement ne dura que quatre jours, à cause de la démission du Président de la république Béchara el-Khoury sous la pression des grèves et des manifestations. Le 1er mai 1953, le nouveau Président Camille Chamoun le nomme pour former le gouvernement, qui durera jusqu’au 16 août de la même année.

Il occupa en 1956 le poste de ministre du Pétrole dans le gouvernement d’Abdallah al-Yafi. Mais il démissionna avec al-Yafi en protestation à la position pro-occidentale de Camille Chamoun lors de la crise du canal de Suez. Il perdit son siège de député lors des élections de 1957, tout comme al-Yafi, Rachid Karamé et Kamal Joumblatt, lors d’un scrutin contesté. Une révolte armée éclata alors en 1958 contre la politique pro-américaine du président Chamoun. Celle-ci touchera à sa fin avec l’élection de Fouad Chéhab à la Présidence de la république.

Saëb Salam redevint Premier ministre entre le 2 août 1960 et le 31 octobre 1961, avant de s’embrouiller avec Chéhab, qu’il accuse de mettre en place un État policier au Liban. Son opposition au chéhabisme continuera avec l’élection du dauphin de Chéhab, Charles Helou en 1964. En 1970 il mena la campagne pour l’élection de Soleimane Frangié à la Présidence, qui sera alors élu par une voix d’écart face à Elias Sarkis, candidat chéhabiste. Frangié nommera Salam Premier ministre le 13 octobre 1970. Il démissionnera le 25 avril 1973 suite à l’attaque menée par un commando israélien à Beyrouth contre des activistes palestiniens. Il déclara alors qu’il n’acceptera plus le poste de Premier ministre. Cependant il conservera son influence. En 1982, avec l’invasion israélienne, il jouera les médiateurs entre l’envoyé américain et l’OLP de Yasser Arafat pour assurer le retrait des milices palestiniennes du Liban. Il s’est opposé à l’élection de Bachir Gemayel en 1982 mais s’est réconcilié avec lui après le scrutin. Après l’assassinat de Gemayel, il soutiendra l’élection de son frère, Amine Gemayel à la Présidence et convaincra la majorité des députés musulmans à faire de même.

En 1985, Salam s’exila en Suisse, après avoir survécu à deux tentatives d’assassinat. Ses positions modérées exprimées lors des conférences des paix de Genève et de Lausanne lui seront reprochées par la Syrie et les musulmans radicaux. Depuis la Suisse, il jouera un rôle clé dans les négociations des accords de Taëf de 1989. Entre 1957 et 1982, Saëb Salam a dirigé la fondation Makassed. Son fils Tammam Salam lui succèdera. Il décèdera d’une crise cardiaque le 21 janvier 2000.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) [1]