SUD Éducation

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SUD Éducation
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Fédération de syndicats
But Défense des intérêts professionnels et économiques et des droits matériels et moraux des salariés de tous les établissements publics dépendant de l’Éducation nationale, de la Recherche publique et de la Culture
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation 1995 (1998 pour la fédération)
Origine Grèves de 1995 en France
Identité
Siège 17 boulevard de la Libération
93200 Saint-Denis
Structure Fédération
Affiliation Union syndicale Solidaires
Méthode Syndicalisme de lutte
Financement Cotisations des syndicats membres, dons, legs et subventions
Représentativité 0 élu au Comité technique ministériel
Site web www.sudeducation.org

SUD (Solidaires, Unitaires, et Démocratiques) Éducation est une fédération syndicale française, rassemblant tous les personnels de l'éducation « de la maternelle à l’université[1] ». Se revendiquant un syndicat « intercatégoriel[2] », SUD Éducation a vocation à regrouper les enseignants tous corps de la fonction publique confondus, les personnels administratifs, sociaux et de santé, assistants d'éducation… que les personnels jouissent du statut de fonctionnaire ou soient des contractuels de droit public ou privé.

Historique[modifier | modifier le code]

  • Sud Éducation a été créée à la suite du mouvement social de novembre-décembre 1995 à Paris et Toulouse.
  • SUD Éducation est fédérée en juin 1998[3].

Organisation et implantation[modifier | modifier le code]

Elle regroupe actuellement 67 syndicats locaux (eux-mêmes divisés en sections).

Structurée en fédération nationale, cette organisation est membre de l'Union syndicale Solidaires qui organise des salariés du public et du privé.

Ce syndicat de lutte s'illustre dans l'éducation en dénonçant le fonctionnement de l'éducation nationale favorisant selon lui les corporatismes (multiples commissions administratives paritaires en fonction du statut des personnels), cette organisation minoritaire progresse à chaque élection aux CAPN depuis ses premières élections en 1996.

Cette organisation dénonce la multiplication du recours à du personnel qu'elle qualifie de précaire dans l'éducation nationale. Elle en revendique la titularisation sans condition de concours ni de nationalité. L'organisation conteste aussi les suppressions de postes dans l'éducation nationale qui selon elle défavorisent les personnes qui sont déjà les moins favorisées, dans ce contexte elle a vivement critiqué la réforme du dispositif ZEP mise en place début 2006.

L'organisation s'oppose au processus de décentralisation qui est selon elle l'antichambre de la privatisation[4].

S'inscrivant dans une perspective de transformation sociale, la fédération des syndicats Sud Éducation ne limite pas son champ d'intervention aux questions étroitement professionnelles.

L'organisation, afin de ne pas mettre en place de hiérarchie entre ses membres, refuse des temps de décharge supérieurs à un mi-temps. Ses statuts imposent également une rotation des mandats et des responsabilités.

Polémique[modifier | modifier le code]

Le 19 octobre 2017, le syndicat SUD Éducation 93 annonce un stage de formation syndicale intitulée Au croisement des oppressions – Où en est-on de l’antiracisme à l’école ?. Ce stage qui a lieu les 18 et 19 décembre 2017, entend faire une « analyse du racisme d'État dans la société et en particulier dans l’Éducation nationale ». Ouvert à tous les travailleurs de l'éducation du département, il comporte deux « ateliers en non-mixité »[5] c'est-à-dire « réservés aux personnes racisées » pour empêcher que « la parole des concernés [ne] s'exprime moins librement sous le regard de personnes qui n'appartiennent pas à leurs groupes »[6].

Ce stage et ces ateliers, à partir du 18 novembre 2017, sont largement commentés d'abord par ce que ce syndicat nomme la « fachosphère » (fdesouche, Riposte laïque...) puis par la classe politique et la presse qui les décrivent comme des « ateliers en non-mixité raciale »[7]. SUD Éducation 93 publie alors un communiqué qui affirme que ce stage ne fait pas de « tri des origines »[8].

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale et ancien recteur de l'académie de Créteil, condamne le 21 novembre 2017 sous les applaudissement de presque toute l'assemblée nationale l'intention de ce syndicat « d'organiser ces ateliers qualifiés, j'ouvre les guillemets [...] de [...] non racialisés et de racialisés aussi, je ferme les guillemets » ainsi que l'utilisation selon lui des « mots les plus épouvantables du vocabulaire politique [...] au nom soi-disant de l'anti-racisme »  car « ils véhiculent évidement un racisme ». Il annonce son intention de porter plainte pour « diffamation à l'encontre de SUD Éducation 93... puisque ce syndicat a décidé de parler de racisme d'État »[9],[10],[11].

La militante féministe et anti-raciste Mélusine publie dans le journal Libération une tribune intitulée « “ Blanchité ”, racisé ”, “ racisme d'État ” : M. Blanquer, ces concepts sont légitimes dans le débat public »[12] à laquelle répond dans le journal Le Figaro le militant laïc et féministe Naëm Bestandji pour qui cet évènement est le symptôme de « l'invasion des thèses néoracistes, véhiculées par les Indigènes de la République, dans les universités françaises et défendues dans les colonnes de Libération »[13]. La LICRA critique également l'évènement[14].

SUD Éducation 93 reçoit le soutien de l'union syndicale Solidaires de la Fédération SUD Éducation, du syndicat CGT Educ'action, de la CNT, de la FNEC-FP-FO, de Sud-PTT, de la Fondation Copernic[8]. Une tribune signée par des intellectuels, militants et enseignants exige que « toutes les poursuites à l’égard de SUD Éducation 93 soient immédiatement abandonnées » et interroge au sujet des mots « racisme d'État » : « faudra-t-il demain bannir des écrits et travaux de Michel Foucault, Pierre Bourdieu ou d’autres les pages qui l'évoquent ? »[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sud Éducation, « SUD Éducation - 5 bonnes raisons d'adhérer à SUD Éducation », sur www.sudeducation.org (consulté le 26 novembre 2017)
  2. Sud Éducation, « SUD Éducation - Statuts de la Fédération des syndicats SUD Education », sur www.sudeducation.org (consulté le 26 novembre 2017)
  3. SUD Education, naissance d’une fédération
  4. Présentation de la fédération SUD Education dans le numéro 2 du journal de l'Union syndicale Solidaires - Fonction publique et assimilés
  5. Voir [1] la plaquette de ce stage sur le site du syndicat SUD Éducation 93
  6. Article de RTL du 22/11/2017 : sur leur site
  7. Les ateliers « en non-mixité raciale » du syndicat SUD Éducation 93 créent une polémique, lemonde.fr, 21 novembre 2017
  8. a et b Réponse du syndicat sur son site
  9. Youen Tanguy, VIDÉO - "Racisme d'Etat" : Blanquer va plainte pour diffamation contre Sud Education 93, LCI
  10. Hadrien Mathoux, Les participants au stage "non-mixte" de Sud-Education 93 seront payés par l'Education nationale, marianne.net, 21 novembre 2017
  11. Formation d'enseignants "en non-mixité": Blanquer va porter plainte contre un syndicat, ladepeche.fr, 21 novembre 2017
  12. Mélusine , militante féministe et antiraciste, «Blanchité», «racisé», «racisme d'Etat» : M. Blanquer, ces concepts sont légitimes dans le débat public, liberation.fr, 23 novembre 2017 à 14:55
  13. Naëm Bestandji, « "Blanchité", "racisé", "racisme d'État" : ces concepts qui légitiment le néoracisme », lefigaro.fr, 27 novembre 2017.
  14. Marie-Estelle Pech, « Quand un antiracisme dévoyé s'immisce dans l'éducation », Le Figaro, samedi 25 / dimanche 26 novembre 2017, page 11.
  15. « Au croisement des répressions » : en soutien à SUD Éducation 93, soutiensudeduc93.wordpress.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]