Aller au contenu

SOS Racaille

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis SOS-Racaille)

SOS-Racaille est un site web, hébergé par Liberty-web.net, pastichant celui de SOS Racisme et dont le contenu a évolué avec le temps vers un ton de plus en plus extrémiste : tenant initialement des propos durs mais non insultants sur l'insécurité, le site a ensuite publié des textes relevant de l'incitation à la haine raciale.

Lancé en puis fermé en [1], le site ainsi que tout le réseau gravitant autour de Liberty-web.net auraient été administrés[évasif] par Joël Michel Sambuis, ingénieur en informatique, né le à Sainte-Foy-lès-Lyon et surnommé « Caméléon ». Ce dernier a été arrêté à Moscou le [2]. Malgré certains faisceaux de preuves, il a nié être le responsable de ces sites, mais a reconnu être à l'origine du site internet Lecameleon.com, spécialisé dans la contrefaçon et la fraude.

Un de ses principaux contributeurs était Denis Greslin[3].

Affaires judiciaires

[modifier | modifier le code]

Lors d'une perquisition en , la gendarmerie découvre chez Joël Sambuis un pistolet automatique, un pistolet-mitrailleur, des munitions, du matériel radio et un scanner réglé sur la fréquence des gendarmes. Il leur déclare qu'il est membre du service d'ordre du Front national et que ce matériel est utilisé à ce titre. D'autres armes sont retrouvées chez des camarades avec qui il s'entraîne dans le Vercors et colle des affiches du Front national. Le tribunal correctionnel de Grenoble le condamne fin à 1 an de prison dont 6 mois ferme. 6 autres personnes sont condamnées pour infraction à la législation sur les armes dans cette affaire de constitution de groupe paramilitaire[4].

Entre et début , Joël Sambuis commet de multiples escroqueries à la carte bleue pour un montant total de 700 000 francs[5]. Le , le tribunal correctionnel de Grenoble déclare Joël Sambuis coupable de faux, d'escroquerie en récidive légale et de complicité d'escroquerie en récidive légale, recel d'objet volé, usage de chèque contrefait ou falsifié, violation de l'interdiction du droit de gérer une société commerciale. Il est condamné à 3 ans de prison ferme et à rembourser 700 000 francs à répartir entre le Groupement des cartes bancaires, 16 banques et un particulier qui se sont constitués parties civiles pour escroquerie à la carte bancaire[6].

Il fait appel de cette condamnation ainsi que le parquet.

Il est remis en liberté en suite à retard pour statuer sur une demande de remise en liberté[7].

Il se désiste par la suite de son appel du jugement du et cette décision (3 ans de prison ferme) est confirmée par la cour d'appel de Grenoble le [8],[9].

Il replonge pendant cette période de liberté et commet entre fin et le des escroqueries à la carte bancaire et des retraits à des distributeurs à l'aide de cartes falsifiées, des cambriolages et usage de chèque volé. Il est interpellé en flagrant délit le dans une station-service de La Plaine Saint-Denis et écroué[9]. À l'audience du pour cette affaire, devant le tribunal correctionnel de Grenoble, le parquet requiert 5 ans de prison. Il est condamné à 4 ans de prison le [10],[2].

Il est condamné à cinq ans de prison et à une amende de 100 000 francs le à Grenoble, dans le cadre d'une escroquerie à la carte bancaire, alors qu'il avait tenté de faire chanter le GIE Carte bancaire concernant certains problèmes de sécurité des cartes bleues.

Il fuit en Russie sous la fausse identité de Paskal Zhoel Boduin[11], où il est arrêté pour avoir utilisé un faux passeport. Joël Michel Sambuis est ensuite libéré par la justice russe.

Il est condamné par contumace pour diffamation le à 12 000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Toulon à la suite de la publication sur le site SOS Racaille d'une liste d'avocats qui « défend[ent] la racaille anti-France »[12].

Appartenance politique

[modifier | modifier le code]

Il déclare avoir participé au service d'ordre du Front national (FN) en lors de la découverte chez lui d'armes de guerre[4].

Néanmoins, le FN n'aurait pas trouvé sa trace dans ses fichiers, de même pour l'UMP. L'UNI précise de son côté ne pas le connaître, en ajoutant que la section grenobloise n'a été créée qu'en [13].

Affaires suivantes

[modifier | modifier le code]

En , Joël Michel Sambuis est soupçonné par la presse d'être derrière l'administration d'un nouveau site d'extrême droite, EuroCalifat/Réseau libre, qui fait à son tour la Une, cette fois-ci pour des appels aux meurtres de personnalités[14].

Références

[modifier | modifier le code]
  1. « Racisme en ligne : l'affaire Sos-racaille », sur Transfert.net.
  2. a et b Jean-Marc Manach, « Arrestation à Moscou d'un des cerveaux présumés de sos-racaille », sur Transfert.net, .
  3. Albertini et Doucet 2016, p. 99.
  4. a et b Le Dauphiné libéré du .
  5. Le Dauphiné libéré du .
  6. Décision du TGI de Grenoble du , jugement no 4874/92.
  7. Le Dauphiné libéré du .
  8. Le Dauphiné libéré du .
  9. a et b Le Dauphiné libéré du .
  10. Le Dauphiné libéré du .
  11. Jean-Marc Manach, « Cameleon, le cerveau technique de Sos-racaille.org », sur Transfert.net, .
  12. AFP, « Le responsable du site "SOS Racaille" condamné à 12 000 euros pour diffamation », Le Monde, .
  13. Jean-Marc Manach, « Sos-Racaille : Sambuis, le cerveau présumé, sera d’abord jugé en Russie », sur Transfert.net, .
  14. Matthieu Suc et Marine Turchi, « Révélations sur des «patriotes» qui projetaient des attentats islamophobes », sur Mediapart , (consulté le ).

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Article connexe

[modifier | modifier le code]