SOS-Racaille

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

SOS-Racaille est un site internet, hébergé par Liberty-web.net, qui pastichait celui de SOS Racisme et dont le contenu a évolué avec le temps vers un ton de plus en plus extrémiste : tenant initialement des propos durs mais non insultants sur l'insécurité, le site a ensuite publié des textes relevant de l'incitation à la haine raciale.

Lancé en 2001 puis fermé en 2003[1], le site ainsi que tout le réseau gravitant autour de Liberty-web.net auraient été administrés[évasif] par Joël Michel Sambuis, un ingénieur en informatique, né le à Saintes-Foy-Les Lyon surnommé « caméléon ». Ce dernier a été arrêté à Moscou le [2]. Malgré certains faisceaux de preuves, il a nié être le responsable de ces sites, mais a reconnu être à l'origine du site internet Lecameleon.com, spécialisé dans la contrefaçon et la fraude.

Un de ses principaux contributeurs du site sos-racaille était Denis Greslin[3].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Lors d'une perquisition en , la gendarmerie découvre chez Joël Sambuis un pistolet automatique, une mitraillette (P.M.), des munitions, du matériel radio et un scanner réglé sur la fréquence des gendarmes et il leur déclare qu'il était membre du service d'ordre du Front national et que ce matériel fut utilisé à ce titre. D'autres armes furent retrouvées chez des camarades qui faisaient des entraînements avec lui dans le Vercors ou qui collaient avec lui des affiches du Front national. Le tribunal correctionnel de Grenoble le condamne fin 1986 à 1 an de prison dont 6 mois ferme, 6 autres personnes furent condamnées pour infraction à la législation sur les armes dans cette affaire de constitution de groupe paramilitaire[4].

Entre et début 1992, Joël Sambuis a commis de multiples escroqueries à la carte bleue pour un montant total de 700 000 francs[5]. Le , le tribunal correctionnel de Grenoble déclare Joël Sambuis coupable de faux, d'escroquerie en récidive légale et de complicité d'escroquerie en récidive légale, recel d'objet volé, usage de chèque contrefait ou falsifié, violation de l'interdiction du droit de gérer une société commerciale, il a été condamné à 3 ans de prison ferme et à rembourser 700 000 de francs à répartir entre le Groupement des cartes bancaires, 16 banques et un particulier qui s'étaient constitués parties civiles pour escroquerie à la carte bancaire[6].

Il fait appel de cette condamnation ainsi que le parquet.

Il est remis en liberté en suite à retard pour statuer sur une demande de remise en liberté[7].

Il se désiste par la suite de son appel du jugement du et cette décision (3 ans de prison ferme) fut confirmée par la cour d'appel de Grenoble le [8],[9].

Il replonge pendant cette période de liberté et commet entre fin 1993 et le des escroqueries à la carte bancaire et des retraits à des distributeurs à l'aide de cartes falsifiées, des cambriolages et usage de chèque volé. Il est interpellé en flagrant délit le dans une station service de La Plaine Saint-Denis et écroué[9]. À l'audience du pour cette affaire, devant le tribunal correctionnel de Grenoble, le parquet a requis 5 ans de prison. Il est condamné à 4 ans de prison le [10],[2].

Il a été condamné à cinq ans de prison et à une amende de 100 000 francs le à Grenoble, dans le cadre d'une escroquerie à la carte bancaire, alors qu'il avait tenté de faire chanter le GIE Carte bancaire concernant certains problèmes de sécurité des cartes bleues.

Il était depuis en cavale en Russie, sous la fausse identité de Paskal Zhoel Boduin[11], où il a été arrêté pour avoir utilisé un faux passeport. Joël Michel Sambuis a depuis été libéré par la justice russe.

Il a été condamné par contumace le à 12 000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Toulon à la suite de la publication sur le site SOS Racaille d'une liste d'avocats qui « défend[ent] la racaille anti-France »[12].

Appartenance politique[modifier | modifier le code]

Il a déclaré avoir participé au service d'ordre du Front national en 1986 lors de la découverte chez lui d'armes de guerre[4]. Par la suite, Sambuis conteste sur son site internet cette appartenance et affirme : « Le seul parti politique où j'ai milité a été le RPR, Rassemblement pour la république, de 1978 à 1986 ». Selon une autre source[Laquelle ?], il aurait été, pendant cette période, responsable de l'UNI (l'Union nationale inter-universitaire) à Grenoble. [réf. nécessaire] Il se serait également rapproché d'anciens membres du SAC (le Service d'action civique).[réf. nécessaire]

Le FN n'aurait pas trouvé sa trace dans ses fichiers, de même pour l'UMP (ex-RPR). L'UNI précise de son côté ne pas le connaître, en ajoutant que la section grenobloise n'a été créée qu'en 1989[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Racisme en ligne : l'affaire Sos-racaille », sur Transfert.net.
  2. a et b Jean-Marc Manach, « Arrestation à Moscou d'un des cerveaux présumés de sos-racaille », sur Transfert.net, .
  3. Dominique Albertini et David Doucet, La Fachosphère. Comment l'extrême droite remporte la bataille d'Internet, Flammarion, (ISBN 9782081354913, lire en ligne), p. 99
  4. a et b Le Dauphiné libéré du 2 décembre 1986.
  5. Le Dauphiné libéré du 20 octobre 1992.
  6. Décision du TGI de Grenoble du 16 novembre 1992, jugement no 4874/92.
  7. Le Dauphiné libéré du 6 janvier 1993.
  8. Le Dauphiné libéré du 26 mai 1994.
  9. a et b Le Dauphiné libéré du 30 novembre 1994.
  10. Le Dauphiné libéré du 2 mars 1995.
  11. « Cameleon, le cerveau technique de Sos-racaille.org », sur Transfert.net,
  12. « Le responsable du site "SOS Racaille" condamné à 12 000 euros pour diffamation », Le Monde, 14 avril 2006.
  13. Jean-Marc Manach, « Sos-Racaille : Sambuis, le cerveau présumé, sera d’abord jugé en Russie », sur Transfert.net, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « SOS Racaille, ou les débuts de la fachosphère », dans Dominique Albertini et David Doucet, La Fachosphère : comment l'extrême droite remporte la bataille d'Internet, Paris, Flammarion, coll. « Enquête », (ISBN 978-2-0813-5490-6, notice BnF no FRBNF45124584), p. 95-128

Article connexe[modifier | modifier le code]