SONACA

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SONACA

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique SA
Siège social Drapeau de la Belgique Gosselies Voir et modifier les données sur Wikidata (Belgique)
Activité Aéronautique
Filiales Sonaca (Canada) (d)
Site web http://www.sonaca.com

La SONACA est une société belge active dans les domaines de construction aéronautique et aérospatiale. Elle possède des filiales au Canada, au Brésil, en Chine et en Roumanie. En 2014, les revenus opérationnels du Groupe Sonaca s'élevaient à 361 millions d'euros et le Groupe emploie actuellement 2500 personnes[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La société SONACA est l’héritière de la société belge « Avions Fairey », mais avant cela de la SEGA, Société Générale d'Entreprises Aéronautiques. Cette dernière fut créée le 25 juin 1920 devant le notaire Maillard par un groupe de notables locaux, MM. Fernand Loescher, Victor Dupuis, Alphonse et Désiré Jaumin, andré Gobbe , Marius Loiselet et Arille Carlier. La première activité développée par la SEGA sera l'école de pilotage lancée par le Commandant Fernand Jacquet, as aux sept victoires et figure marquante de l'Aéronautique Militaire dont il démissionne en Janvier 1921. En juillet 1921, Jacquet obtient un important contrat pour la formation de pilotes militaires, qui sera pendant près de dix ans la seule véritable activité de la SEGA. Par ailleurs la SEGA rachète progressivement l'ensemble des terres constituant l'embryon de ce qui est aujourd'hui l'aérodrome de Gosselies. Dans le courant des années Vingt, la SEGA effectue des réparations, produit sous licence 5 AVIA BH-21 et même les prototypes du HB-1 sur base des plans d'Henri Bulté.

En 1931 lorsque la Belgique acheta 43 Fairey Firefly IIM (en) , le contrat stipulait qu’une partie des appareils (33) devraient être fabriquée en Belgique. Devant le refus de SABCA de produire ces avions sous licence, Fairey UK (Hayes) décida de créer une filiale sous la direction d'Ernest-Oscar Tips la Société Belge des Avions Fairey, en mettant à profit l'aérodrome, les installations et le personnel qualifié de la SEGA. Avec celle-ci demeure une symbiose étroite qui traversera les années d'occupation et ne s'achèvera qu' en 1968 par l'incorporation de la SEGA dans le capital de Fairey S.A.

La société « Avions Fairey » produisit par la suite des Fairey Fox, un bombardier léger dérivé du Firefly.

La gamme d'avions légers (avion de plaisance) Tipsy fut développée et construite aux usines Fairey, sous l’impulsion de E.O.Tips.

Un autre développement des usines Fairey fut le « Fantôme », une version améliorée du Firefly. Bien que ce biplan fût reconnu pour l'élégance de ses lignes mais dépassé d'un point de vue technologique, il ne connut pas de succès commercial.

Afin de réarmer d'urgence l'aéronautique Militaire, parallèlement à la commande de Hawker Hurricane MK1 de fabrication anglaise, une commande de 80 avions à fabriquer en Belgique fut passée. Seuls deux avions purent encore être livrés avant que le conflit n'éclate. Dès l'aube du 10 mai 1940, l’usine fut sérieusement endommagée par un bombardement allemand.

Elle n’eut plus d’activité jusqu’en 1946. À cette date, recommença une activité de maintenance des avions de la Force Aérienne Belge et de quelques avions de l’administration de l’aviation civile.

À partir de 1950, l’usine commença à produire des Meteor-F8 pour les forces aérienne belges et hollandaises.

Elle produisit ensuite, de 1953 à 1958, les fuselages des Hawker Hunter de ces mêmes forces aériennes.

En 1957, elle fabriqua le Tipsy Nipper (en), monomoteur monoplace bon marché, équipé d’un moteur VW de 25 ch.

De 1957 à 1963, effectua la maintenance de F-84F de la Force aérienne belge.

Lorsque six pays européens choisirent de s’équiper de F-104G, « Avions Fairey » et SABCA, comme beaucoup d’autres entreprises en Europe, s’associèrent pour en effectuer la production. Les F-104G belges furent produits entre janvier 1962 et juin 1965. Entre 1964 et 1971, « Avions Fairey » réalisa également certains travaux de maintenance des F-104G de la Luftwaffe.

En 1972, la société anglaise « Fairey Aviation » racheta la société Britten-Norman, en virtuelle faillite malgré son intéressant bimoteur rustique BN-2 Islander. L'idée était d'en relancer les ventes et la production à l'usine de Gosselies , manquant cruellement alors de plan de charge. Dans un premier temps, les Islander fabriqués alors en Roumanie furent parachevés à Gosselies, ensuite les avions y furent entièrement produits, y compris le développement Trislander. L’armée belge acquit 12 Islanders en 1976.

Dans l'intervalle, sur base des instructions du gouvernement britannique souhaitant rationaliser son industrie aéronautique, Fairey UK s'était pour ses activités propres complètement dégagée du secteur. Elle connut de graves difficultés financières se propageant à sa filiale belge.

Or, la Belgique avait choisi le F-16 comme avion multirôle et la construction des exemplaires belges devait être réalisée par une entreprise belge. Aussi, le gouvernement belge décida de racheter l’entreprise pour assurer la pérennité du contrat.

C’est ainsi que « Avions Fairey » devient « SONACA » le 1er juin 1978.

SONACA[modifier | modifier le code]

Entre 1979 et 1991, la SONACA a produit 160 F-16 pour la Belgique et 60 pour le Danemark.

Dans le cadre du programme F-16, la SONACA est un fournisseur de Lockheed Martin (qui a racheté la division aéronautique de General Dynamics) pour les dernières versions du F-16. Au total plus de 1 350 fuselages arrière ont été livrés et plus de 220 structures complètes ont été intégrées.

Dans le domaine militaire la SONACA participe aux projets suivants

  • A400M développement et production
    • des bords d´attaque des ailes et leur système de dégivrage associé
    • des portes du train d´atterrissage principal
    • des carénages moteurs.
  • B-Hunter (drones IAI en service dans l’armée belge)

Dans le domaine civil la SONACA participe aux projets suivants

  • Airbus
    • Tous les bords d’attaque mobiles et leurs rails, de tous les Airbus sont produits par la SONACA
    • A380 : parties de fuselage
  • Embraer
    • ERJ 135/140/145 et Legacy
      • Parties centrales et arrière des fuselages avec leurs portes
      • Pylônes de fixation des moteurs
      • Les bords d´attaque des ailes et le système de dégivrage associé (développement, certification et production).
    • Embraer 170/190
      • Parties mobiles des bords d´attaque des ailes et leurs actuateurs et dégivrage
      • Des éléments de fuselage central
  • Falcon 7X et Falcon 8X de Dassault Aviation
    • Bord d’attaques

Le 19 juin 2017 la SONACA procède au premier vol d'essai du Sonaca 200, un prototype d'avion biplace d'écolage dont la mise en production est prévue à l'automne. Il s'agit du premier avion de fabrication belge depuis le Tipsy Nipper[2].

Dans le domaine spatial la SONACA a participé aux projets suivants : Hermès, ARD, GSTP, FESTIP, CRV, X38, Spot5, Columbus, Mars Beagle 2, Aladin, Corot, Pléiades et CSO.

Sites d'activité[modifier | modifier le code]

  • Belgique :
    • Sonaca HQ : maison-mère du groupe Sonaca ayant pour activité le développement, la fabrication et l’assemblage de structures avancées pour les marchés civils, militaires et spatiaux.
    • Sonaca Aircraft : Fabrication d'avions légers
  • Brésil :
    • Sobraer : Assemblage et finition pour Embraer et Airbus
    • Sopeçaero : Fabrication pièces tôlées
    • Pesola : usinage
  • Canada
    • Sonaca Montréal : usinage et formage de panneaux d'ailes
  • Chine
    • Sinelson : assemblage des bords d’attaque des Airbus A320 assemblés sur la ligne d'assemblage final (FALC) d'Airbus à Tianjin.
  • Roumanie
    • Sonaca Transylvania présente à Cluj-Napoca : fabrication de pièces composite et assemblage

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Taquet, « De la SEGA et Fairey à SONACA, 100 ans de passion aéronautique à Charleroi », dans Charleroi 1666-2016 : 350 ans d'histoire des hommes, des techniques et des idées (Actes de colloque, Charleroi, 23 et 24 septembre 2016), Bruxelles, Académie royale de Belgique, coll. « Mémoires de la Classe des Lettres », , 416 p. (ISBN 978-2-8031-0573-1), p. 177-196.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]