SMT Goupil

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Ordinateur Goupil 2, commercialisé en 1981, exposé au Musée de l'Informatique.

SMT Goupil (SMT pour Société de micro-informatique et télécommunication) était une entreprise française spécialisée dans l'informatique, créée en 1979 par Claude Perdrillat, précédemment cadre supérieur à la direction générale des Télécommunications.

Durant les années 1980, la société Goupil a produit de nombreux micro-ordinateurs, essentiellement à destination des administrations françaises. Ce marché, largement assuré à la société par le carnet d'adresses de son fondateur, s'écroule à la fin des années 1980 avec l'apparition de restrictions budgétaires drastiques dans le secteur public français et de rivaux technologiques plus compétitifs et agressifs. Ses principaux concurrents de l'époque sont IBM, Apple et Olivetti.

En 1985 l'entreprise entre en bourse sans cotation en affirmant détenir 15 % du marché du micro-ordinateur en France, et ce malgré un endettement important de 40 millions de francs[1].

En 1986, la direction de l'entreprise procède à un rachat d'entreprise par ses salariés (RES), par lequel elle cède les parts de l'entreprise à ses salariés. Ces derniers détiennent 51 % de la société holding.

En janvier 1990, Goupil affirme détenir 18 % du marché des micro-ordinateurs professionnels en France. La société déclare un chiffre d'affaires de 1,2 milliard de francs. En février 1991 l'entreprise renforce son activité de maintenance informatique et rachète à Métrologie International la société Métroservice, avec le soutien du Crédit Lyonnais dont Goupil venait de prendre 22 % des parts de Tasq, sa filiale de maintenance[2].

Mais la société dépose le bilan en juin 1991[3] ; les livres de compte trahissent un endettement de 700 millions de francs, camouflé par les dirigeants, et un chiffre d'affaires réel de 830 millions de francs en 1990, artificiellement majoré[4].

Face à un tel endettement, des constructeurs européens tels Olivetti et Siemens renoncent à reprendre l'entreprise. Le 11 juillet, la société est mise en liquidation. Elle comptait à ce moment 750 salariés.

Produits fabriqués[modifier | modifier le code]

Les premiers ordinateurs Goupil G1 et G2 offraient une architecture prometteuse, avec l'intégration du processeur Motorola 6808 couplé au système d'exploitation propriétaire Flex. Les machines affichaient un design sobre et intégré aux couleurs particulières, bleu ardoise et rouge. Le G3 étendra le domaine de compatibilité, pour conquérir des marchés étrangers, en accueillant trois choix de processeur, les très courants Motorola 6809, Zilog Z80 et Intel 8088. Outre les systèmes d'exploitation Goupil Flex9 et Uniflex, la machine pouvait donc tourner sous MS-DOS, CP/M et UCSD Pascal. Le boîtier gris foncé, dessiné par le designer Roger Tallon, intégrait sous forme modulaire un écran monochrome de 12 pouces, deux lecteurs de disquette, et une baie d'accueil pour 7 cartes d'extensions au format Goupil. Les machines suivantes chercheront la compatibilité avec le système IBM, acteur principal dans l'équipement des administrations.


Références[modifier | modifier le code]

  1. Science & vie Économie, no 7, juin 1985, p. 87
  2. Danielle Chasport, « Le Lyonnais et SMT-Goupil rachètent Métroservice », in Les Échos, 4 février 1991, consulter l'article.
  3. Obsolete Tears, « SMT Goupil, La chute », in Obsolete-tears.com, consulter l'article.
  4. Jean-Baptiste Jacquin, « La COB transmet le dossier SMT Goupil à la justice », in Les Échos, 25 juillet 1991, consulter l'article.