SIVA

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SIVA (titre original : VALIS) est un roman de science-fiction écrit par Philip K. Dick, publié en 1980.

Premier tome de La Trilogie divine, il est suivi de L'Invasion divine (The Divine Invasion, 1981), La Transmigration de Timothy Archer (The Transmigration of Timothy Archer, 1982) et Radio libre Albemuth (Radio Free Albemuth, 1985, écrit avant SIVA).

SIVA est l'acronyme de « Système Intelligent Vivant et Agissant » (en anglais : Vast Active Living Intelligence System).

Résumé[modifier | modifier le code]

Horselover Fat[modifier | modifier le code]

Le personnage principal de SIVA est Horselover Fat, un hétéronyme de Philip K. Dick. Horselover est la traduction anglaise du mot grec philippos signifiant amoureux des chevaux ; « Fat » est la traduction de l'allemand « Dick ».

Bien que le livre soit écrit à la première personne telle une autobiographie, Dick traite lui-même et Fat comme deux personnages distincts ; il décrit des conversations et des oppositions avec Fat, et critique vigoureusement ses opinions et écrits. Le thème principal de ces dialogues est la spiritualité, à cause de l'obsession maladive de Dick/Fat pour les religions et les philosophies, tels le christianisme, le taoïsme, le gnosticisme ou les analyses de Jung afin de le guérir d'une malédiction pour ce qu'il croit être simultanément une blessure cosmique et personnelle. Vers l'approche de la fin du livre la vision du Messie, incarnée par un enfant appelé Sophia (nom lié à la sagesse), le guérit temporairement de sa schizophrénie, et le narrateur décrit sa surprise de voir Horselover Fat disparaître.

Selon Sophia, Dick aurait créé son double pour ne pas avoir à affronter la mort de Gloria.

Philip K. Dick[modifier | modifier le code]

Dick, en tant que narrateur, conçoit rapidement dans le livre que la création du personnage de Horselover Fat lui permet d'avoir une plus grande objectivité. Ce travail de narration est également le moyen pour lui d'être un personnage calme, un contre-point pragmatique à la lente désintégration de Horselover.

L'Exégèse de Philip K. Dick[modifier | modifier le code]

Article détaillé : L'Exégèse de Philip K. Dick.

SIVA est décrit comme un satellite non artificiel originaire de l'étoile Sirius dans la constellation du Grand Chien. Selon Dick, ce satellite devenu terrestre utilise un « faisceau laser rose » pour transférer des informations et projeter des hologrammes sur Terre pour faciliter la communication entre une espèce extraterrestre et l'humanité. Dick déclare que VALIS utilise un « stimuli désinhibant » pour communiquer, se servant de symboles pour déclencher une reconstitution de la mémoire génétique, savoir intrinsèque, grâce à l'anamnèse, c'est-à-dire la perte de l'amnésie. Se basant sur le platonisme et le gnosticisme, Dick écrit dans son Exégèse : « Il semblerait que nous ayons une mémoire collective, inscrite dans notre ADN, comme un ordinateur capable de penser. Bien que nous ayons correctement enregistré et emmagasiné des milliers d'années d'informations expérimentales, chacun de nous possède quelque chose de différent de toutes les autres formes de vie, qui fait qu'un dysfonctionnement intervient pour reconstituer cette mémoire et en extraire les données. »

À ce moment, Dick déclare être en transe avec SIVA, quand il l'a informé que son enfant était en danger de mort d'une maladie non identifiée. Des examens de contrôle n'ont pas montré de souci ou de maladie. Cependant, Dick a insisté pour que des tests plus poussés soient effectués sur son fils. Le médecin s'y est conformé en dépit du fait de n'avoir vu aucun symptôme apparent. Pendant ses examens, le docteur a découvert une hernie inguinale, qui aurait tué l'enfant si une opération n'avait pas été rapidement effectuée. Son fils a survécu grâce à l'opération, que Dick a attribué à « l'intervention » de SIVA.

Un autre évènement étrange est intervenu. La femme de Dick l'aurait entendu parler dans une langue étrangère et aurait découvert qu'il s'agissait de la koinè grecque, la langue parlée durant les années helléniques (du IIIe siècle av. J.-C. au IVe siècle ap. J.-C.) et père du grec actuel, qu'il n'a jamais étudié. Comme Dick l'a découvert plus tard, le koinè a été utilisé pour écrire le Nouveau Testament et la Septante. Cependant, ce n'était pas la première fois que Dick a expérimenté la xénoglossie. Une dizaine d'années plus tôt, Dick a déclaré qu'il était capable de parler, penser et lire couramment Latin sous l'influence du LSD des laboratoires Sandoz.

La société Rhipidon[modifier | modifier le code]

Les amis de Dick (et également auteurs de SF) K.W. Jeter (Kevin) et Tim Powers (David), personnages masqués dans ce roman, font aussi partie de la « société Rhipidon » au slogan « Les poissons ne peuvent pas porter d'armes ! ». Il est également dit que James P. Blaylock apparait dans le livre.

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

  • Phil : narrateur, auteur de livres de science-fiction
  • Horselover Fat : narrateur
  • Gloria Knudson : amie suicidée de Fat
  • Kevin : ami de Fat, sceptique (basé sur la vie réelle de l'écrivain K.W. Jeter)
  • Sherri Solvig : amie de Fat, morte d'un cancer lymphatique
  • David : ami catholique de Fat
  • Zebra : énergie pure, désincarnée, le Logos, information vivante, le Plasme, Dieu ; communique avec Fat
  • SIVA : titre d'un film américain de science-fiction, apparait comme le satellite. Il contrôle la réalité, synonyme de Zebra (voir The Man Who Fell to Earth). Essentiellement une mise en abîmes. C'est aussi l'histoire principale de Radio libre Albemuth, Dick rejette la version originale de SIVA (mais publié de manière posthume).
  • Eric Lampton : rock star, réalisateur, acteur, alias « Mother Goose », David Bowie[réf. nécessaire]
  • Linda Lampton : actrice
  • Sophia : l'enfant-messie, incarnation de SIVA
  • Brent Mini : compositeur de musique électronique (basé sur le musicien de musique électronique et d'ambiance Brian Eno)[réf. nécessaire]

Références philosophiques et culturelles[modifier | modifier le code]

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La théologie et la philosophie, plus spécialement la métaphysique, jouent un rôle important dans SIVA, ne présentant pas uniquement la propre vision de Dick (et/ou Horselover Fat) mais aussi son interprétation de nombreuses religions et philosophies du passé. La religion prééminente est le gnosticisme de Valentin, la Rose Cross Brotherhood, le zoroastrisme et le bouddhisme, aussi bien que les écrits bibliques comme le Livre de Daniel et le Nouveau Testament. De nombreux anciens philosophes grecs sont mentionnés, dont les Présocratiques : Pythagore, Xenophane, Héraclite, Empédocle et Parménide ou Platon et Aristote. Des penseurs plus récents sont mentionnés comme les philosophes Blaise Pascal et Arthur Schopenhauer, le chrétien mystique Jakob Böhme, l'alchimiste Paracelse, le psychologue Carl Jung et l'écrivain Robert Anton Wilson. Dans l'autobiographie de Wilson, Gachette cosmique (publiée une dizaine d'années avant SIVA), Wilson décrit des méditations similaires concernant la « connexion avec Sirius », embrassant l'idée que les entités aliens nous envoient des vagues d'informations que nous pouvons capter.

L'action de SIVA se situe dans une culture américaine résolument actuelle et populaire, avec des références à Grateful Dead, Frank Zappa et Linda Ronstadt ou les musiciens imaginaires Eric Lampton et Brent Mini. Cependant, le roman contient aussi de nombreuses références à la haute culture tels les poètes Henry Vaughan, William Wordsworth et Goethe, les musiciens Haendel et Richard Wagner. Le roman contient de nombreuses discussions sur l'opéra métaphysique de Wagner Parsifal.

Black Iron Prison[modifier | modifier le code]

La Prison de Fer Noir est un concept de tous les systèmes omniprésents de contrôle social postulés dans Tractates Cryptica Scriptura, un résumé de l'exégèse gnostique non publiée incluse dans SIVA.

« Un jour, dans un livre de science-fiction bon marché, Fat a rencontré une description parfaite de la Prison de Fer Noir, mais dans un lointain futur. Alors, si tu superposes le passé (la Rome antique) sur le présent (la Californie du vingtième siècle) et superpose un monde futuriste lointain d'Androïdes pleurant sur l'ensemble, tu obtiens l'Empire, comme une constante supra- ou trans-temporelle. Tout homme ayant déjà vécu était littéralement entouré par des murs de prison en fer ; ils sont tous à l'intérieur et personne ne le sait. »

— Philip K. Dick, SIVA

La Prison de Fer Noir trouve son origine dans la philosophie Discordianiste[réf. nécessaire].

Une idée similaire se trouve dans un développement fameux de Max Weber parlant de la cage d'acier de la rationalisation dans laquelle s'enferme l'homme, ou plutôt le sujet, à l'époque de la modernité[1] traduit par la "désenchantement du monde". S'entourant d'objet, le sujet moderne rationnel s'isole et s'objective lui-même (par les nouvelles sciences du sujet que sont la psychologie et la sociologie) c'est-à-dire se transforme en objet, se déshumanise, s'aliène.

Édition[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Max Weber (1/4) : la cage d’acier du capitalisme », sur www.franculture.fr, (consulté le 8 juin 2017)