S.O.S. Météores

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S.O.S. Météores
8e album de la série Blake et Mortimer
Auteur Edgar P. Jacobs
Genre(s) Aventure
Policier
Science-fiction

Personnages principaux Francis Blake
Philip Mortimer
Olrik
Lieu de l’action Paris et ses environs (France)
Époque de l’action Années 1950

Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Langue originale Français
Éditeur Les Éditions du Lombard
Première publication Du au dans Le Journal de Tintin
Nb. de pages 62 planches

Adaptations S.O.S. Météores
(feuilleton radio, 1962)
S.O.S. Météores
(dessin animé, 1997)
Albums de la série Blake et Mortimer
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S.O.S. Météores est la cinquième aventure et le huitième album de la série de bande dessinée Blake et Mortimer, scénarisée et dessinée par Edgar P. Jacobs.

Elle est publiée en planches hebdomadaires dans Le Journal de Tintin du au . Elle est ensuite éditée en album en aux Éditions du Lombard avec le sous-titre Mortimer à Paris, puis rééditée en aux Éditions Blake et Mortimer. L'histoire a été traduite dans près d'une dizaine de langues, et a été adaptée en feuilleton radiophonique et en dessin animé.

C'est la première fois qu'Edgar P. Jacobs situe une aventure de Blake et Mortimer en France. Son intrigue relève de la science-fiction sur fond de guerre froide avec le thème de la manipulation du climat par un savant fou.

La bande dessinée raconte l'aventure du professeur Philip Mortimer qui se rend en France à l'invitation de son ami le professeur Labrousse pour discuter des cataclysmes météorologiques qui touchent l'Europe de l'Ouest depuis plusieurs mois. Il se retrouve alors à enquêter sur la disparition de son chauffeur de taxi. Pendant ce temps, le capitaine Francis Blake du MI5 est lui-aussi en France pour aider le commissaire divisionnaire Pradier de la DST à démanteler un réseau d'espion implanté dans le pays.

Résumé[modifier | modifier le code]

Alors que l'Europe de l'Ouest est victime depuis plusieurs mois de cataclysmes météorologiques, le professeur Philip Mortimer arrive à Paris pour rencontrer son ami météorologiste français le professeur Labrousse. Dans un taxi qui l'emmène gare des Invalides, Mortimer et le chauffeur sont témoins d'un grave accident de la route provoqué par une Ford Custom bleue. À la gare de Versailles - Rive Gauche, un taxi envoyé par Labrousse et conduit par un certain Ernest attend Mortimer pour l'emmener à la maison du professeur à Jouy-en-Josas. Mais sur le chemin, les essuie-glaces puis les phares du taxi flanchent alors qu'il fait nuit noire sous une pluie battante. Un postier nommé Louis propose à Ernest de le suivre, mais de dernier finit par confondre les feux arrière du fourgon postal avec ceux de la Custom bleue qui se trouve inopinément sur la même route. Le taxi tente de suivre la Custom qui accélère et finit sa course dans un étang. Alors qu'Ernest essaie de trouver du secours, Mortimer glisse dans l'eau et échappe de peu à la noyade. Ayant atteint la terre ferme, il fait de l'auto-stop et arrive enfin à destination. Après avoir raconté ses mésaventures à Labrousse, les deux scientifiques discutent des derniers évènements météorologiques. Mortimer explique à Labrousse que, seule l'Europe occidentale étant touchée par ces catastrophes, il se demande si elles ne seraient pas l'œuvre de l'Homme et non de la nature.

Le lendemain, les deux hommes apprennent de la police que le taxi a été retrouvé aux étangs de la Geneste et qu'Ernest est introuvable. Mortimer et Labrousse se rendent alors sur les lieux, où Mortimer reconnaît la Custom bleue de Paris semblant appartenir à de mystérieux individus. Une brève enquête convainc Mortimer que l'accident n'a pas eu lieu aux étangs de la Geneste : on donc a cherché à déplacer le lieu de l'accident. Il découvre finalement que le taxi est entré dans le parc du château de Troussalet. Le soir venu, il s'introduit dans le parc et reconnaît l'étang de l'accident, avant d'être gazé par des hommes masqués.

Le lendemain à Paris, au siège de la DST, le capitaine Francis Blake, chef du MI5, aide le commissaire divisionnaire Pradier à lutter contre un réseau d'espions étrangers implantés en France. Alors qu'il examine le courrier de la firme suédoise Scandinavia dont le siège parisien est dirigé par un certain Per Henrik Quarnström, il découvre une impression micropoint cachée dans l'en-tête. Le professeur Labrousse, qui vient de les rejoindre, en traduit le code : le message n'est autre qu'un bulletin météorologique qui prévoit d'importantes perturbations pour les prochaines heures. Tout cela conforte la théorie de Mortimer. Mais si Labrousse est venu, c'est pour parler à Blake de la mystérieuse disparition de Mortimer.

Blake et Labrousse partent pour Jouy-en-Josas en passant d'abord par l'appartement du professeur situé rue de Vaugirard. Ils rencontrent alors le voisin suédois de Labrousse, monsieur Henri, très gêné quand il apprend que Labrousse a cru voir sa Custom près des étangs de la Geneste. Arrivé à Jouy, Blake découvre que le téléphone et leur voiture ont été sabotés, qu'une Custom bleue est garée dans la rue, et que monsieur Henri s'appelle Per Henrik Quarnström. Il comprend alors que monsieur Henri est le chef du réseau d'espions et que les occupants de la Custom vont tout faire pour les empêcher de rejoindre Paris. Il tente de rejoindre la gare de Jouy mais se fait repérer par les deux malfrats, Sharkey et Freddy. Il vole le fourgon postal de Louis et une formidable course poursuite s'engage entre la Ford et la Peugeot à laquelle participe la gendarmerie. Finalement, Blake prend au vol un train pour Massy-Palaiseau d'où il prend le métro pour Paris et parvient à semer ses poursuivants. Se faufilant dans l'appartement de monsieur Henri, il découvre que ce dernier n'est autre que le colonel Olrik. Pris au piège par Sharkey et Freddy, Blake doit son salut à l'arrivée de Pradier et ses hommes. Les trois brigands parviennent à s'échapper par les toits grâce aux importantes perturbations prédites par le code. De retour à la DST, Blake, Pradier et Labrousse analysent un nouveau message codé : un important brouillard s'étendra sur toute l'Europe de l'Ouest dans deux jours, le 13, soit un temps idéal pour une invasion.

Pendant ce temps, au château de Troussalet, Mortimer est présenté au professeur Miloch Georgevitch qui lui montre le centre de commande d'une station météorologique du réseau Cirrus. Miloch lui révèle alors que cette station et toutes celles du réseau Cirrus décident de la pluie et du beau temps sur l'Europe de l'Ouest depuis des mois et lui en explique le procédé. Puis, Mortimer est ramené à sa cellule où il doit attendre son transfert vers la puissance étrangère qui se cache derrière tout ce plan.

Deux jours plus tard, le 13, Blake trouve finalement que le centre du réseau est le château de Troussalet, un lieu stratégique situé à quelques encablures de plusieurs centres militaires et scientifiques. Sur le chemin, Blake, Pradier et ses hommes découvrent qu'un épais brouillard toxique recouvre le pays. Équipés de masques à gaz, ils se dirigent vers le château et atteignent le camp de Satory, où ils sont rejoints par des soldats, protégés eux aussi. Pendant ce temps, Mortimer retrouve Ernest qui a également été capturé. Ensemble, ils s'évadent et enclenchent par accident l'auto-destruction de la base. Ils parviennent à quitter le château à temps et retrouvent Blake et Pradier. La station du château de Troussalet étant la station centrale du réseau Cirrus, le brouillard disparaît et l'Europe occidentale est sauvée. Olrik et ses sbires sont capturés mais le professeur Miloch manque à l'appel.

Lieux et personnages[modifier | modifier le code]

Personnages[modifier | modifier le code]

S.O.S. Météores met en scène les trois personnages principaux de la série : les deux héros, le capitaine Francis Blake et le professeur Philip Mortimer, et le principal antagoniste, le colonel Olrik. D'autres personnages récurrents de la série font partie de l'histoire : Sharkey — qui fait sa deuxième apparition —et le professeur Labrousse, le commissaire divisionnaire Pradier et le professeur Miloch Georgevitch — qui font tous les trois leur première apparition.

Lieux[modifier | modifier le code]

Opéra Garnier à Paris, qui apparait dans la seconde case de l'album.

L'aventure se déroule pour la première fois en France, à l'ouest de Paris, dans les anciens départements de Seine et de Seine-et-Oise. Les lieux de l'action font aujourd'hui partis des départements d'Essonne, de Paris et des Yvelines.

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Historique[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Style graphique[modifier | modifier le code]

Inspirations[modifier | modifier le code]

Rédigé durant la guerre froide, le scénario de S.O.S. Météores fait clairement allusion à la situation internationale de l'époque. Bien que la nature exacte de l'organisation à laquelle appartient Olrik ne soit jamais révélée, de nombreux détails indiquent que la conjuration est pilotée par l'Union soviétique (URSS). Le physique du général, responsable de la base, est inspiré de celui de l'homme politique soviétique Anastase Mikoyan. Le professeur Miloch a les traits du dramaturge américain Arthur Miller qui faisait figure, dans les années 1950, de symbole de l'intellectuel sympathisant du communisme[1].

Jacobs utilise dans son scénario une technique de stéganographie utilisée par les espions : le micropoint (de Zapp).

Dans l'album, les professeurs Labrousse et Mortimer apprennent qu'une foudre en boule aurait été vue à Villeneuve-Minervois dans l'Aude. Il s'agit du village où Edgard P. Jacobs a passé quelques mois avec son unité pendant l'exode de 1940 en France de mai à [2].

Publications[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

S.O.S. Météores est publié dans l'hebdomadaire belge Le Journal de Tintin du (no 2/58) au (no 16/59)[3],[4].

En , les Éditions du Lombard publient l'histoire en album dans la Collection du Lombard avec le sous-titre Mortimer à Paris[5]. Par la suite, l'album est réédité et réimprimé près d'une dizaine de fois entre 1959 à 1986 aux Éditions du Lombard en Belgique et aux éditions Dargaud en France[6].

En , les Éditions Blake et Mortimer rééditent l'histoire avec des couleurs et un lettrage nouveaux. Depuis, l'album a été réédité et réimprimé plus d'une dizaine de fois. En , l'éditeur publie S.O.S. Météores tel que publié dans Le Journal de Tintin dans un tirage limité à 5 000 exemplaires. L'album est accompagné d'un cahier de 16 pages comprenant des croquis de recherche issus des archives Jacobs[7].

Traductions[modifier | modifier le code]

L'aventure a été traduite dans plusieurs langues.

Accueil et postérité[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Sur SensCritique, S.O.S. Météores est notée 7,1/10 sur une base d'environ 1 200 votes d'internautes[15]. Sur Babelio, l'album obtient une note moyenne de 3,9/5 basée sur 164 notes[16].

Pastiche[modifier | modifier le code]

La bande dessinée S.O.S. Météo, qui paraît fin 2014, est le troisième album de la série de bande dessinée française Les Aventures de Philip et Francis, scénarisée par Pierre Veys, dessinée par Nicolas Barral et mise en couleurs par Philippe de la Fuente, dont chaque album est un pastiche officiel humoristique d'un des albums de la série d'Edgar P. Jacobs. S.O.S. Météo pastiche naturellement S.O.S. Météores[17].

Adaptations[modifier | modifier le code]

S.O.S. Météores est adapté en un feuilleton radiophonique de 26 épisodes d'une dizaine de minutes par Nicole Strauss et Jacques Langeais. Diffusé de mars à sur France II, il est repris par la suite en vinyle, en cassette audio et en CD. Maurice Teynac et Jacques Morel donnent leur voix à Blake et Mortimer tandis que Jean Ozenne joue Labrousse, Robert Chandeau le commissaire Pradier et Maurice Nasil le colonel Olrik[18],[19].

En 1997, l'aventure est adaptée en dessin animé par Éric Rondeaux comme épisode de la série d'animation Blake et Mortimer. L'épisode est diffusé le avec Michel Papineschi doublant le professeur Mortimer, Robert Guilmard le capitaine Blake et Mario Santini le colonel Olrik[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Nouailhat, Jacobs, la marque du fantastique : mythologie, politique et religion dans la bande dessinée Blake et Mortimer, Saint-Egrève, Mosquito/Scéren, , 182 p. (ISBN 2-908551-61-6, notice BnF no FRBNF39118102), p. 151.
  2. Edgar P. Jacobs, Un Opéra de Papier : les mémoires de Blake et Mortimer, Paris, Éditions Gallimard, , 190 p. (notice BnF no FRBNF34671215), p. 60-63.
  3. « Composition des numéros du Journal de Tintin en 1958 », sur bdoubliees.com (consulté le 4 janvier 2017).
  4. « Composition des numéros du Journal de Tintin en 1959 », sur bdoubliees.com (consulté le 4 janvier 2017).
  5. « Collection du Lombard », sur bdcouvertes.com (consulté le 30 décembre 2016).
  6. « S.O.S. Météores (Éd. Lombard) », sur bedetheque.com (consulté le 4 janvier 2017).
  7. « S.O.S. Météores (Éd. Blake et Mortimer) », sur bedetheque.com (consulté le 4 janvier 2017).
  8. (de) « Blake & Mortimer 4 - SOS Meteore », sur carlsen.de (consulté le 4 janvier 2017).
  9. (en) « S.O.S. Meteors », sur cinebook.co.uk (consulté le 4 janvier 2017).
  10. (da) « Blake og Mortimer 4: SOS meteor », sur pegasus.dk (consulté le 4 janvier 2017).
  11. (es) « Blake y Mortimer 5. S.O.S. Meteoros », sur normaeditorial.com (consulté le 4 janvier 2017).
  12. (fi) « Blaken ja Mortimerin seikkailuja », sur sarjakuvat.eurocomics.info (consulté le 4 janvier 2017).
  13. (it) « S.O.S Meteore », sur alessandroeditore.it (consulté le 4 janvier 2017).
  14. (nl) « Blake en Mortimer 8 - S.O.S. Meteoren », sur akim.nl (consulté le 4 janvier 2017).
  15. « S.O.S. Météores », sur SensCritique (consulté le 4 janvier 2017).
  16. « Blake et Mortimer, tome 8 : S.O.S. Météores », sur Babelio (consulté le 4 janvier 2017).
  17. « S.O.S. Météo », sur bedetheque.com (consulté le 4 janvier 2017).
  18. « CD - S.O.S. Météores », sur centaurclub.com, (consulté le 4 janvier 2017).
  19. « Blake et Mortimer : S.O.S Météores », sur le site de l'INA, (consulté le 4 janvier 2017).
  20. (en) S.O.S. Météores sur l’Internet Movie Database.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]