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Sœurs de la charité de Saint-Louis

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Sœurs de la charité
de Saint-Louis
Institut de droit pontifical
Approbation diocésaine 24 avril 1816
par Pierre-Ferdinand de Bausset-Roquefort
Approbation pontificale 4 décembre 1840
par Grégoire XVI
Institut congrégation religieuse
But enseignement,soin des malades et des personnes âgées
Structure et histoire
Fondation
Vannes
Fondateur Mère Saint-Louis
Abréviation S.C.S.L.
Patron Marie-Louise-Élisabeth de Lamoignon
Site web site officiel
Liste des ordres religieux

Les Sœurs de la charité de Saint-Louis (en latin : Congregatio Sororum a Caritate Sancti Ludovici) forment une congrégation religieuse féminine enseignante et hospitalière de droit pontifical.

Bâtiments de la congrégation à Vannes.

En 1802, Antoine Xavier Mayneaud de Pancemont (1756-1807) est nommé évêque du diocèse de Vannes[1]. Il demande à Marie-Louise-Élisabeth de Lamoignon (1763-1825), une veuve qu'il a connu lorsqu'il était curé de Saint-Sulpice à Paris, de venir à Vannes pour s'occuper de l'enseignement des filles. Madame de Lamoignon arrive de Paris accompagnée de sa mère et de six premières compagnes[2]. Elles s'installent dans un ancien couvent connu sous le nom de « Père éternel »[3].

La fondatrice prononce ses vœux religieux le sous le nom de Mère Saint-Louis. La congrégation s'occupe d'abord des filles pauvres qui sont instruites, nourries et logées. Des classes sont ensuite ouvertes pour les filles de la ville puis un pensionnat voit le jour pour les filles de familles aisées. Trois autres établissements sont créés en Bretagne (Auray en 1807, Pléchâtel en 1816[4]et Saint-Gildas-de-Rhuys en 1824[5]).

L'institut est civilement reconnu le 21 mars 1816 par ordonnance royale[6]. Il est approuvé le 24 avril suivant par Pierre-Ferdinand de Bausset-Roquefort, évêque de Vannes. Le pape Grégoire XVI accorde l'approbation finale le . En 1853, elles ajoutent l'assistance aux malades à leurs œuvres et serviront comme infirmières dans les hôpitaux militaires pendant la Première Guerre mondiale[7].

La première maison à l’étranger est ouverte en 1898 à Minehead en Angleterre. Lors de la deuxième expulsion des congrégations, les sœurs ne peuvent plus enseigner. La congrégation s'implante au Canada en 1902 puis aux États-Unis en 1908. Elles fondent ensuite en Haïti (1945), à Madagascar (1956), au Mali (1966), au Sénégal et à la Martinique (1972), et au Mexique (2000)[8].

Le 28 avril 1967, les Sœurs de la Compassion de la Sainte-Vierge de Saint-Denis fusionnent avec elles[9]. Cette congrégation diocésaine est fondée en 1824 à Argenteuil par Marie-Anne Gaborit (1787-1870) en religion Mère Marie de la Compassion pour l'enseignement de la jeunesse. En 1829, la maison-mère est déplacée à Saint-Denis, 14 place aux Gueldres, avec pensionnat. En 1834, elles sont sollicitées par le conseil général des hospices de Paris pour soigner les femmes syphilitiques de l'hôpital de Lourcine (maintenant hôpital Broca)[10]. Elles ajoutent donc à leur œuvre le soin des malades dans les hôpitaux. La congrégation est approuvée par le gouvernement en 1844 puis ses constitutions, basées sur la règle de saint Augustin, reçoivent l'approbation définitive en 1849 de Marie Dominique Auguste Sibour, archevêque de Paris. Leur costume consistait en une robe noire d'anacoste avec une pèlerine faite de même matière et même couleur. Elles avaient une coiffe blanche avec par dessus un voile de crêpe noire et portaient une croix d'argent à leur cou et le chapelet des sept Douleurs à leur ceinture[11],[12].

Activité et diffusion

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Les Sœurs de la charité de Saint-Louis se consacrent à l'éducation de la jeunesse, au soin des personnes âgées et des malades.

Elles sont présentes en[13]:

La maison-mère est située place Théodore Decker à Vannes.

En 2017, la congrégation comptait 540 sœurs dans 69 maisons[14].

Notes et références

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  1. Joseph-Marie Le Mené, Histoire du diocèse de Vannes, t. I, Vannes, Eugène Lafolye, , 555 p. (lire en ligne), p. 391.
  2. Ségur 1880, p. 92-102.
  3. Levé 1857, p. 44.
  4. Forget 1990, p. 377-378.
  5. Fonssagrives 1908, p. 415.
  6. Ségur 1880, p. 224.
  7. Belleville 1975, p. 363-364.
  8. « L’histoire de la congrégation des Sœurs de la Charité de Saint-Louis » (consulté le ).
  9. Molette 1974, p. 149.
  10. Jusseaume 2023, p. 76.
  11. Maillaguet 1865, t. I, p. 229.
  12. Dictionnaire des ordres religieux, vol. IV, (lire en ligne), p. 326-327.
  13. « Où sommes-nous ? » (consulté le ).
  14. Annuaire pontifical 2017, p. 1634.

Bibliographie

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  • Placide Levé, Vie de Madame Molé de Champlatreux : fondatrice des Sœurs de la charité de Saint-Louis, Paris, J-B Pélagaud, , 272 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Anatole de Ségur, Vie de Mme Molé : fondatrice de l'institut des Sœurs de la Charité de Saint-Louis, Paris, Bray et Retaux, , 365 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Alphonse Désilets, Sous le signe de Charité : les sœurs de la Charité de Saint-Louis et leurs missions en Amérique, Québec, , 199 p.
  • Thérèse D'alençon, Une éducatrice émérite : Mère St-Félix, des sœurs de la Charité-de-Saint-Louis, Québec, , 52 p.
  • Paula Hoesl, Madame Molé de Champlâtreux : Marie-Louise-Élisabeth de Lamoignon, fondatrice des Sœurs de la Charité de Saint-Louis, Spes, , 463 p.
  • Marie-Anna Allen, Les Sœurs de la Charité de Saint-Louis au service de l'éducation au Québec : 1902-1966, Université de Montréal, , 550 p.
  • Émilie Guilbeault-Cayer, Les Sœurs de la Charité de Saint-Louis en Amérique : 1902-2018, Septentrion, , 296 p. (ISBN 9782894489796)
  • Joseph Martin Maillaguet, Le miroir des ordres et instituts religieux de France, t. I : A-F, Avignon, Amédée Chaillot, (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Charles Molette, Guide des sources de l'histoire des congrégations féminines françaises de vie active, Éd. de Paris, , 477 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (it) S. Belleville, « Suore della carità di San Luigi », dans Guerrino Pelliccia e Giancarlo Rocca, Dizionario degli Istituti di Perfezione (DIP), vol. II, Milan, Edizioni paoline, , p. 363-364. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Y. Forget, « Saint-Louis (sœur) Molé Madame, née Lamoignon Marie-Louise-Élisabeth de », dans Michel Lagrée (dir.), La Bretagne, Beauchesne, coll. « Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine », (ISBN 9782868220349), p. 377-378. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (it) Annuaire pontifical, Vatican, Librairie éditrice vaticane, , 2329 p. (ISBN 978-88-209-9975-9 et 88-209-9975-7), p. 1634. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Anne Jusseaume, Le soin des pauvres : Vocations féminines dans le Paris du xixe siècle, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 396 p. (ISBN 978-2-7535-9277-3, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Joseph Fonssagrives, Saint Gildas de Ruis et la société bretonne au VIe siècle (493-570), Paris, Poussielgue, , 420 p. (lire en ligne)