Sûreté de l'État (Tchécoslovaquie)

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La Sûreté de l'État (Státní bezpečnost en tchèque, Štátna bezpečnosť en slovaque), plus connue sous ses initiales de StB, est un service de renseignements tchécoslovaque. Créée en 1945, elle est devenue le service de sécurité du régime communiste tchécoslovaque et a servi principalement de courroie de transmission au KGB soviétique.

Structure et normes[modifier | modifier le code]

Les droits et devoirs de la StB étaient définis dans la loi no 149/1947 Sb.
La loi sur la défense nationale 286/1948 Sb. a encore étendu ses pouvoirs.

Activités[modifier | modifier le code]

Un système de la StB pour ouvrir les lettres

Ses activités étaient les suivantes :

  • recueil et analyse d’informations politiques et économiques concernant la sécurité du pays ;
  • contre-espionnage ;
  • lutte contre la dissidence anticommuniste.

Dans les années 1950, les agents de la StB conduisaient également des actions illégales à l'étranger. Ils enlevèrent par exemple en 1953 l'émigré Bohumil Laušman en Autriche et le ramenèrent en Tchécoslovaquie ; ils organisèrent en 1957 un attentat à Strasbourg, qui coûta la vie à l'épouse du préfet français André-Marie Trémeaud[1].

Les documents déclassifiés des archives tchèques ont dévoilé que Mehdi Ben Barka, homme politique marocain, un des principaux opposants socialistes au roi Hassan II et le chef de file du mouvement tiers-mondiste et panafricaniste, avait été un collaborateur de premier plan de la StB de 1961 jusqu'à son enlèvement[2],[3],[4],[5].

Fin de la StB[modifier | modifier le code]

En 1994, elle a été dissoute et remplacée par la Bezpečnostní informační služba.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le tribunal de Prague a suspendu les poursuites de deux ex-agents de la StB accusés de meurtre », Radio Prague, 24 octobre 2006.
  2. (en) Jan Koura, A prominent spy: Mehdi Ben Barka, Czechoslovak intelligence, and Eastern Bloc Espionage in the Third World during the Cold War, Intelligence and National Security, 36(2): p.1-22, 6 novembre 2020
  3. Sonia Devilliers, « Un espion communiste au "Canard Enchaîné" ! », sur France Inter, (consulté le ).
  4. Les liaisons entre Ben Barka et la StB à nouveau au centre d’une controverse, radio.cz, 4 janvier 2022
  5. (en) Jason Burke, Moroccan opposition leader Mehdi ben Barka was a spy, cold war files suggest, theguardian.com, 26 décembre 2021

Articles connexes[modifier | modifier le code]