Sîq

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La façade de grès rose du « Khazneh », à l'embouchure du Sîq.

Le Sîq, (de l'arabe السيق al-Siq, « le fossé »), est un défilé long de 1 200 m environ, orienté approximativement Est-Ouest, étroit et sinueux qui forme l'entrée de la ville antique de Pétra en Jordanie.

La largeur du Sîq ne dépassant pas une dizaine de mètres[1] (et moins de 3 m par endroit), avec des parois de plusieurs dizaines de mètres de hauteur, cela en faisait un endroit facile à défendre[1].

C'est le cours d'eau Wadi Mousa qui a creusé le canyon dans les grès du Paléozoïque, il y coulait jusqu’à Gaia, bordé par des lauriers roses[1]. Comme il était sujet à des crues épisodiques, les Nabatéens avaient détourné le Wadi Musa par un barrage et un tunnel.

C'est ce tunnel situé juste avant l'entrée du Sîq qui a été restauré pour éviter les crues saisonnières meurtrières comme celle de 1964 qui fit 24 victimes. Le Sîq avait aussi une fonction irrigatrice grâce aux deux aqueducs creusés dans ses parois qui assuraient l'apport essentiel de l'eau à la cité de Pétra[2].

C'est un peu avant l'entrée du Sîq que se trouvent quelques-unes des plus anciennes tombes monolithiques taillées dans des grès blancs[3].

L'entrée du Sîq était surmontée d'une grande arche dont il ne reste aujourd'hui que des traces sur un côté du canyon, à cause des ravages de l'érosion, des tremblements de terre et des crues[4]. Tout au long des murs on trouve des petites niches votives contenant des sculptures de dieux[5].

Juste avant la sortie vers la ville sur la paroi de gauche, on devine les vestiges d'une sculpture très abîmée qui représentait un dromadaire et des chameliers arrivant à leur destination; la grande ville caravanière et capitale des Nabatéens.

La pénombre et l'étrangeté du lieu donnent l'impression d'une voie processionnaire importante.

À l'extrémité de la gorge, après une demi-heure de marche[1], se trouve la Khazneh, l'un des plus beaux monuments de Pétra, à la façade taillée directement dans la roche.

Ce passage est protégé, car depuis le , le site de Pétra est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Archéologie », (réimpr. 2001, 2004, 2006), 96 p. (ISBN 2-07-053428-6)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, Gallimard, 1999.
  2. Jean Nicod, Problèmes d'environnement dans quelques cités antiques d'Asie mineure et du Proche-Orient : in Méditerranée, vol. 99, , 117-119 p. (lire en ligne).
  3. Michel Mouton, Les plus anciens monuments funéraires de Pétra:Une tradition de l'Arabie préislamique : in Topoi, vol. 14, , 79-119 p. (lire en ligne).
  4. Laborde nous laissa l'une des seules traces de cette arche sur l'un de ses croquis.
  5. (en) « The Siq », nabataea.net

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