Séverine Chavrier
Séverine Chavrier, née le 24 novembre 1974 à Lyon, est une musicienne, comédienne et metteuse en scène.
Elle dirige le Centre Dramatique National Orléans/Centre-Val-de-Loire à partir de , puis la Comédie de Genève à partir de 2023[1].
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines et enfance
[modifier | modifier le code]Séverine Chavrier naît en 1974 à Lyon, en France[2]. Elle passe son adolescence à Annemasse, en Haute-Savoie[3].
Formation
[modifier | modifier le code]Séverine Chavrier est diplômée du Conservatoire de Genève en piano où elle a reçu une médaille d’or ainsi qu’un premier prix d’analyse musicale. Elle se forme au théâtre au cours Florent auprès de Michel Fau et à travers différents stages à la Comédie de Reims, au Nouveau théâtre d'Angers ou encore à la Comédie de Caen. Elle a également suivi des études de lettres et de philosophie[4],[5].
Carrière
[modifier | modifier le code]En 2003, Séverine Chavrier fonde avec Laurent Papot sa propre compagnie La Sérénade interrompue et collabore notamment avec Rodolphe Burger, Jean-Louis Martinelli et François Verret en tant que musicienne et comédienne[6].
En 2010, sa première pièce, Épousailles et représailles, librement inspirée de nouvelles d'Hanokh Levin, est programmée au théâtre Nanterre-Amandiers puis au Centquatre-Paris dans le cadre du Festival Impatience 2011[7].
Inspirée par l'œuvre de J. G. Ballard, elle crée Série B – Ballard J. G. dans le cadre du Festival Temps d'images en 2011, puis Plage ultime au Festival d'Avignon en 2012[8].
Entre 2014 et 2016, elle met en scène deux spectacles au Théâtre Vidy-Lausanne : Les Palmiers sauvages, d’après le roman de William Faulkner, et Nous sommes repus mais pas repentis (Déjeuner chez Wittgenstein), une adaptation de Thomas Bernhard. Ces deux pièces sont programmées ensuite au Théâtre de l'Odéon en 2016[9],[10].
En 2016 et 2017, elle crée les deux volets de Après coups, Projet Un-Femme au Théâtre de la Bastille réunissant des femmes artistes venant d'univers artistiques et de pays différents[11].
De 2017 à 2023, elle dirige le Centre Dramatique National d'Orléans[12].
Sa nouvelle création, Aria da capo, est présentée au Théâtre de la Ville au printemps 2020[13].
Elle est nommée en à la direction de la Comédie de Genève[14]. En octobre 2025, sa gouvernance est mise en cause du fait de plusieurs démissions au sein des équipes de production de la Comédie de Genève[15],[16]. Le mois suivant elle est « déchargée de ses fonctions opérationnelles », tout en conservant sa responsabilité de directrice artistique[17]. La Fondation d'art dramatique décide le qu'elle ne renouvellera pas son mandat en [18],[19].
Controverses
[modifier | modifier le code]En octobre 2025, à la suite d'enquêtes menées par la Tribune de Genève, 24 heures[20] et la Radio télévision suisse[21], il est reproché à Séverine Chavrier de mépriser les metteurs en scène, comédiens et dramaturges genevois et suisses, notamment en utilisant le sigle « PPSDM » afin de désigner les « petites productions suisses de merde[1] ». Elle n'aurait en fait pas employé ce sigle[22]. Celui-ci aurait été d'après certaines sources internes à la Comédie utilisé par un membre de l'équipe de production du temps de la précédente direction[22],[23].
Il lui est également reproché d'avoir utilisé de façon excessive les fonds de la Comédie de Genève pour financer sa propre pièce Absalon, Absalon ![1], qui aurait coûté trop cher[24]. Plus généralement, elle délaisserait son travail en tant que directrice de la Comédie au profit de son propre travail artistique, notamment à l'étranger[1].
Enfin, sa gouvernance de la Comédie de Genève est mise en cause du fait de 8 démissions au sein du personnel de la Comédie de Genève[16] sur les 80 employés que compte l'institution[1]. L'équipe de production aurait démissionné dans son intégralité, ainsi qu'une partie de l'équipe de communication[25]. Séverine Chavrier aurait notamment des difficultés à communiquer avec ses employés[26]. Selon l'adjoint au maire d’Orléans William Chancerelle, des problèmes similaires seraient survenus lorsqu'elle dirigeait le Centre dramatique national à Orléans (CDNO). Néanmoins, l'équipe du CDNO a exprimé quant à elle son soutien à Séverine Chavrier en publiant un communiqué[27].
L'intéressée nie la véracité des critiques qui lui sont reprochées et affirme être victime d'une cabale, de misogynie et de "haine anti-Français"[20].
En réaction à ces critiques, l'Union démocratique du centre (UDC)[28] et le Mouvement citoyen genevois (MCG)[29] réclament sa démission, tout comme le metteur en scène José Lillo[30]. Christian Zaugg (Ensemble à gauche), président de la commission des arts et de la culture de la Ville de Genève, estime nécessaire la tenue d'un audit managérial et financier[28], tandis que Les Verts demandent davantage de transparence et que le conseiller municipal vert libéral Yves Herren demande son audition par la commission des arts et de la culture[29].
Lors de la séance plénière du Conseil municipal de la Ville de Genève du 28 octobre 2025, la conseillère administrative en charge de la culture Joëlle Bertossa défend le bilan de Séverine Chavrier tout en annonçant la saisine de la Cour des comptes pour effectuer un audit de la gouvernance de l'institution[31],[32]. Fin novembre 2025, la Fondation d'art dramatique (FAD), organe supervisant la Comédie de Genève, met à l'écart Séverine Chavrier de la gestion administrative, financière et technique de l'institution et diligente une enquête supplémentaire portant sur le climat de travail[33].
Théâtre
[modifier | modifier le code]- 2010 : Épousailles et Représailles de Hanoch Levin, théâtre des Amandiers.
- 2011 : Série J. G. Ballard, 104.
- 2012 : Plage ultime, théâtre des Amandiers, Festival d'Avignon.
- 2014 : Les Palmiers sauvages d'après William Faulkner, théâtre de l'Odéon - théâtre de Vidy-Lausanne.
- 2016 : Nous sommes repus mais pas repentis d'après Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard, théâtre de l'Odéon, théâtre de la Ville, théâtre de Vidy-Lausanne.
- 2016 : Après coups, Projet Un-Femme no 1, Théâtre de la Bastille.
- 2017 : Après coups, Projet Un-Femme no 2, Théâtre de la Bastille.
- 2019 : Aria da capo, CDN d'Orléans.
- 2022 : Ils nous ont oubliés, d'après le roman La Plâtrière de Thomas Bernhard, théâtre de l'Odéon, CND d'Orléans, Comédie de Genève.
- 2024 : Absalon, Absalon !, d'après le roman de Faulkner, Festival d'Avignon, Comédie de Genève.
Liens externes
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- Ressource relative à plusieurs domaines :
Notes et références
[modifier | modifier le code]- « La directrice de la Comédie de Genève mise en cause par ses employés pour «comportements abusifs» », sur Tribune de Genève, (consulté le )
- ↑ « Séverine Chavrier », sur Théâtre de la ville de Paris (consulté le )
- ↑ Alexandre Demidoff, « Le souffle sur les planches », Le Temps - Spécial Forum des 100, (consulté le ), p. 16
- ↑ « CDNO », sur www.cdn-orleans.com (consulté le )
- ↑ « Séverine Chavrier : biographie, actualités et émissions France Culture », sur France Culture (consulté le )
- ↑ « Séverine Chavrier : "Préparer la matière pour la performer au plus proche d’une prière, d'une émotion." », sur radiofrance.fr
- ↑ Sophie Joubert, « « Epousailles et représailles » de Hanokh Levin, mis en scène par Séverine Chavrier au Cent Quatre », sur France Culture (consulté le )
- ↑ René Solis, « Sous la «Plage ultime», les pavés », sur Libération.fr, (consulté le )
- ↑ Fabienne Darge, « Théâtre : Séverine Chavrier et Thomas Bernhard cassent la baraque », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Philippe Chevilley, « Chavirés par Séverine Chavrier », sur m.lesechos.fr (consulté le )
- ↑ Marie-José Sirach, « Chorégraphie. Elles dansent au féminin pluriel et singulier », sur L'Humanité, (consulté le )
- ↑ « Séverine Chavrier : portrait », sur cdn-orleans.com
- ↑ « Aria da capo », sur Théâtre de la ville de Paris (consulté le )
- ↑ Katia Berger, « Une Annemassienne reprend les rênes de la Comédie », sur Tribune de Genève,
- ↑ Charlotte Frossard & Miguel Hernandez. Une vague de démissions questionne le management à la Comédie de Genève. RTS, 22 octobre 2025.
- « Joëlle Bertossa: "La plupart des allégations concernant Séverine Chavrier sont fausses" | RTS », sur rts.ch, (consulté le )
- ↑ La directrice de la Comédie de Genève Séverine Chavrier déchargée de ses fonctions opérationnelles. RTS, 25 novembre 2005.
- ↑ Alexandre Demidoff, « Séverine Chavrier, pas de second bail à la Comédie », Le Temps, , p. 8 (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « En pleine tourmente, Séverine Chavrier ne sera pas reconduite à la tête de la Comédie de Genève », sur www.telerama.fr, (consulté le )
- « Accusée d’être “toxique” en dirigeante de la Comédie de Genève, Séverine Chavrier se dit “victime d’une cabale” », sur www.telerama.fr, (consulté le )
- ↑ « Comédie de Genève: les chiffres de la conseillère administrative Joëlle Bertossa sont-ils exacts? | RTS », sur rts.ch, (consulté le )
- « Séverine Chavrier n’a jamais parlé de "petites productions suisses de merde" | RTS », sur rts.ch, (consulté le )
- ↑ « Scandale de la Comédie de Genève: une petite rumeur suisse de merde? | Commentaire », sur watson.ch/fr (consulté le )
- ↑ « «Scandalisé», le milieu théâtral réagit aux propos de Séverine Chavrier », sur 24 heures, (consulté le )
- ↑ Luisa Gambaro, « Genève: La directrice de la Comédie ferait fuir ses employés », sur Blick, (consulté le )
- ↑ « Directrice de la Comédie de Genève, Séverine Chavrier répond aux critiques: «Je suis victime d’une cabale, on veut ma tête» - Le Temps », www.letemps.ch, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le dernier mandat de Séverine Chavrier marqué par de l’«agressivité» et «des tensions» », sur Tribune de Genève, (consulté le )
- « La crise à la Comédie de Genève fait réagir le monde politique genevois | RTS », sur rts.ch, (consulté le )
- www lemanbleu ch, Léman Bleu Télévision, « Après les «PPSDM», la situation à la Comédie choque acteurs culturels et politiques », sur www.lemanbleu.ch (consulté le )
- ↑ Charlotte Frossard & Miguel Hernandez. Une vague de démissions questionne le management à la Comédie de Genève. RTS, 22 octobre 2025.
- ↑ www lemanbleu ch, Léman Bleu Télévision, « Joëlle Bertossa saisit la Cour des comptes pour auditer la Comédie », sur www.lemanbleu.ch (consulté le )
- ↑ « Joëlle Bertossa demande un audit sur la Comédie mais défend Séverine Chavrier », sur Tribune de Genève, (consulté le )
- ↑ « Directrice de la Comédie de Genève, Séverine Chavrier est désormais persona non grata dans son théâtre - Le Temps », www.letemps.ch, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )