Sélection de la ville hôte pour les Jeux olympiques de 2008

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Sélection de la ville hôte pour les Jeux olympiques et paralympiques d'été de 2008
Logo de la candidature de Pékin aux Jeux olympiques de 2008

Logo de la candidature de Pékin aux Jeux olympiques de 2008

Détails
Comité CIO
Session du CIO (ville) 112e (Drapeau : Russie Moscou)
Villes candidates
Vainqueur (votes) Drapeau : République populaire de Chine Pékin (56 votes)
Finaliste (votes) Drapeau : Canada Toronto (22 votes)
Autres villes candidates Drapeau : France Paris
Drapeau : Turquie Istanbul
Drapeau : Japon Osaka
Dates importantes
Inscription des villes requérantes
Envoi des dossiers de candidature
Liste des villes candidates
Élection

Cinq villes ont passé les sélections pour l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2008 qui ont finalement été attribués à Pékin en Chine, le 13 juillet 2001. Les autres villes étaient Toronto au Canada, Paris en France, Istanbul en Turquie et Osaka au Japon. Le vote prit place lors de la 112e session du Comité international olympique au palais des congrès du Kremlin (en) à Moscou. Fut également décidé le 16 juillet le successeur de Juan Antonio Samaranch à la tête du CIO.

Sélection finale[modifier | modifier le code]

Au premier tour de vote, seules Pékin, Toronto, Paris, et Istanbul restaient en course ; Osaka fut éliminée après n'avoir reçu que six voix. Au second tour, Pékin a reçu assez de voix pour atteindre la majorité absolue. Les résultats du vote étaient : Pékin a engrangé 56 votes, Toronto 22, Paris 18, et İstanbul 9[1]. Même si certains ont affirmé que les candidatures de Paris et Toronto étaient techniquement supérieures, le CIO, sous la présidence de Juan Antonio Samaranch, était assez favorable voire avide de voir la Chine, pays le plus peuplé au monde, accueillir les Jeux olympiques. Même si beaucoup de pays ont approuvé cette décision, quelques groupes adverses ont rappelé que le problème des droits de l'homme en Chine la rendait inapte à recevoir ce titre. De façon à étouffer les critiques contre elle, Pékin a choisi pour slogan : « Nouveau Beijing, grandes olympiades » pour mettre l'accent sur les changements du pays vers de nouveaux idéaux.

À Toronto, beaucoup ont senti que la défaite de la ville a été un facteur important dans la victoire de Vancouver pour l'obtention des Jeux olympiques d'hiver de 2010.

Vote de la ville hôte des JO 2008
Ville Pays (CNO) 1er tour 2e tour
Pékin Drapeau de la République populaire de Chine Chine 44 56
Toronto Drapeau du Canada Canada 20 22
Paris Drapeau de la France France 15 18
Istanbul Drapeau de la Turquie Turquie 17 9
Osaka Drapeau du Japon Japon 6 -

Villes candidates[modifier | modifier le code]

Paris[modifier | modifier le code]

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Historique[modifier | modifier le code]

Premier logo
Logo final

Après le succès de la coupe du monde de football 1998, la France songea à accueillir les Jeux olympiques d'été. Le pays étant resté sur l'échec de la candidature lilloise de 2004, où Paris ne voulut pas candidater.

Sérieusement envisagé à l'été 1998[2],[3], la candidature est officiellement confirmée au CIO par Jacques Chirac le [4]. La campagne est lancée avec un clip sur Stade 2 et une présentation à l'hôtel de ville le [5].

Ce qui est déjà décrié, surtout par Libération. Les cibles sont le président du CIO Juan Antonio Samaranch, le contexte étant en effet très défavorable : les multiples affaires de corruptions qui éclatent (l'attribution polémique des olympiades de 2002), l'affaire Festina, le triomphe du lobbying, la question des droits de l'homme en Chine évacué et la prise de position de Chirac sur la candidature qui ne laisse pas le choix, tout le mouvement politique est condamné à suivre[6],[7].

Guy Drut, membre français du CIO, avec le recul critique, déclara que la candidature était une erreur, les Jeux étant promis à Pékin[8] et que l'officieuse alternance des continents est complètement défavorable à une candidature européenne, Athènes accueillant les Jeux de 2004[9]. Même contribuables associés avait mit en garde face à ce principe qui plombe les chances de la candidature[10].

Le QG est installé le , le budget est de 100 millions francs, l'association est un groupement d'intérêt public[11]. D'abord piloté par le maire de Paris Jean Tiberi et la ministre des Sports, Marie-George Buffet, le comité de candidature est piloté fin 1999 par Claude Bébéar, sa tâche est également d'attirer les sponsors qui manquent à la candidature[12]. Il remplace Philippe Bourguignon jugé peu convaincant[13].

La ville passe de ville requérante à ville candidate en 2000, devenant la seule ville européenne en lice avec l'élimination de Séville, mais allant plus loin que Lille trois ans plus tôt[14].

Une partie de la promotion eu lieu aux olympiades de Sydney en 2000[15].

Le budget est 2.6 milliards $, le chiffre de 22 milliards de francs était également cité[16]. La popularité était forte : 66 % d'opinions favorables[17], un sondage officiel donne même 89 %[18].

Paris se vante d'une bonne organisation, d'une concentration de monuments et de sites, et attaque souvent le favori Pékin sur les droits de l'homme[19].

Il y aurait eu une polémique sur l'usage de l'anglais lors des réunions du comité de candidature suscité par Jacques Legendre[20].

Le , la commission d'évaluation rend son verdict, Paris, Toronto et Pékin ont un dossier jugé excellent, ce qui officieusement exclut de la course Osaka et Istanbul[21],[22].

Finalement, lors du vote qui échoua, la déception n'est pourtant pas flagrante, dans la mesure où le résultat était attendu depuis des mois[23]. Sur place, la délégation française, composée par Bertrand Delanoë, Lionel Jospin, Jean-Paul Huchon, Zinedine Zidane et Anne Hidalgo, accusait un vote pipé par Samaranch, la prépondérance de la démographie et que les anglais et espagnols ont préféré ne pas voter Paris pour ne pas handicapé leurs candidatures pour les Jeux de 2012[24],[25],[26],[27].

Projet[modifier | modifier le code]

Le dossier de présentation sur Issuu : Volume 1 (présentation de Paris), Volume 2 (sites sportifs) : I, II, III, IV, V (Jeux paralympiques) et Volume 3 (organisation générale)

Les dates proposés pour les Jeux olympiques étaient du (avec quelques matchs de football les et ) au . Les Jeux paralympiques prenaient place du au .

La Plaine Saint-Denis serait le lieu du village olympique[28].

Quatre pôles franciliens étaient prévus. Le pôle principal serait la partie nord-est s'articulant autour du boulevard Macdonald renommé alors « boulevard des sports ».

Des projets de transports étaient prévus : le prolongement de la ligne 12 de métro jusqu'au pont de Stains, la gare évangile du RER E, le prolongement de la ligne 8 du tramway à la plaine saint denis[29].

Carte des sites prévus
Site Zone (pôle) Statut Sport olympique
Olympic rings with white rims.svg
Sport paralympique
IPC logo (2004).svg
Stade de France Saint-Denis (pôle nord-est) Existant Cérémonies
Athlétisme Athlétisme
Football (finale homme)
Superdome Boulevard des Sports[S 1] À construire Basket-ball Basket-ball en fauteuil
Gymnastique
Pavillon Basket-ball Boulevard des Sports Temporaire Basket-ball Basket-ball en fauteuil et sport adaptés
Pavillon Badminton (pôle nord-est) Boulevard des Sports Temporaire Badminton Boccia
Pavillon Handball Boulevard des Sports Temporaire Handball
Vélodrome (pôle nord-est) Aubervilliers (construit sur le fort homonyme) À construire Cyclisme sur piste Cyclisme sur piste
Allée de Longchamp Bois de Boulogne (pôle sud-ouest) Existant Cyclisme sur route (départ et arrivée) Cyclisme sur route (départ et arrivée)
Parc de Saint-Cloud (pôle sud-ouest) Existant VTT
Esplanade des Invalides (pôle centre) Existant Équitation (Saut d'obstacles et Dressage)
Pentathlon moderne
Hippodrome de Longchamp (pôle sud-ouest) Existant Concours complet[S 2]
Grand Palais (pôle centre) Existant Escrime Escrime
Judo
Champs-de-Mars Paris (pôle centre) Existant Beach-volley
Pavillon Volley-ball Parc André-Citroën (pôle sud-ouest) Temporaire Volley-ball
Pelouse de la Muette (pôle sud-ouest) Triathlon
Palais Omnisport de Paris-Bercy Existant Judo
Stade Pierre-de-Coubertin Taekwondo Goalball
Volley-ball (phases éliminatoires)
Stade Jean-Bouin (pôle sud-ouest) Existant Hockey sur gazon
Stade Roland-Garros (pôle sud-ouest) Existant Tennis
Palais des Sports Haltérophilie
Base nautique Vaires sur Marnes
Piscine olympique principale (pôle nord-est) Boulevard des Sports[S 3] À construire Natation
Plongeon
Natation synchronisée
Piscine olympique Créteil[S 4] À construire Water-polo
Parc de Bagatelle Bois de Boulogne (pôle sud-ouest) Temporaire Tir à l'arc
Stade Persing Existant Baseball
Centre de Baseball / Softball (pôle nord-est) Puiseux-en-France À construire Baseball
Softball
Base nautique de Vaires sur Marnes A rénover Aviron
Canoë-kayak
Centre de tir (pôle nord-est) Parc Georges-Valbon À construire[S 5] Tir
Parc des Princes Paris (pôle sud-ouest) Existant Football
Stade Charléty Paris Existant Football Football
Stade Félix-Bollaert Lens Existant Football
Stade Vélodrome Marseille Existant Football
Stade de Gerland Lyon Existant Football
Stade Auguste-Bonal Sochaux Existant Football
Stade de la Beaujoire Nantes Existant Football
Stade Jules-Deschaseaux Le Havre Existant Football

Pékin[modifier | modifier le code]

Osaka[modifier | modifier le code]

Osaka

Les sites proposés étaient sur deux îles artificielles, Maishima et Yumeshima. La candidature de la ville japonaise souffrit de son déficit énorme, d'une congestion importante dans le trafic routier et du dossier de la commission d'évaluation qui ne la classe pas dans le trio de tête[30].

Toronto[modifier | modifier le code]

Toronto

Considéré comme abouti, avec peu d'infrastructures à construire, un plan concentré, la ville doit faire face à la plaisanterie raciste de son maire Mel Lastman[31].

Istambul[modifier | modifier le code]

Istambul

La troisième candidature de la ville est plombée par une crise économique sans précédent (en)[32].

Autres villes[modifier | modifier le code]

N'ayant pas été pré-sélectionnées[modifier | modifier le code]

Villes ayant eu l'intention d'être candidates[modifier | modifier le code]

Controverse[modifier | modifier le code]

En octobre 2009, Yuan Weimin, ancien ministre chinois des Sports, révèle un accord secret entre les représentants chinois et Jacques Rogge, président actuel du CIO, pour assurer l'attribution des Jeux de Pékin[33]. Cette information a été révélée par le quotidien britannique The Times qui s'est procuré le livre de Yuan Weimin[34].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Beijing élection », www.olympic.org (consulté le 18 mars 2008).
  2. « Paris candidat aux Jeux d'été ? », sur Libération,
  3. « Paris voit loin », sur Libération,
  4. « Paris postule aux JO de 2008 », sur Libération,
  5. « Paris s'invite au bal des JO », sur Libération,
  6. « Faites vos Jeux et gagnez à tous les coups », sur Libération,
  7. « Cynisme », sur Libération,
  8. « "Je suis plus optimiste que les dernières fois" », sur FrancsJeux,
  9. « Guy Drut à la ramasse », sur Libération,
  10. « Paris prend l'eau et Séville se mouille », sur Libération,
  11. « Paris veut les JO 2008 », sur Libération,
  12. « Bébéar à la tête de la candidature Paris 2008 », sur Libération,
  13. « Comment Paris s'est pris aux Jeux », sur Libération,
  14. « Paris retenu », sur Libération,
  15. « Coup d'envoi de la promo pour 2008 »
  16. « Avant d'avoir les JO 2008, Paris a le budget »
  17. « Candidature de Pékin aux JO 2008 », p. 14
  18. « Les Français plébiscitent les JO 2008 à Paris », sur Libération,
  19. « Le lobbying, discipline olympique », sur Libération,
  20. « Usage du français lors des réunions du comité de candidature "Paris 2008" aux jeux Olympiques », sur Sénat,
  21. « JO 2008 : Paris, Pékin et Toronto en tête », sur L'Obs / AP,
  22. « Rapport impec pour Pékin », sur Libération
  23. « À Paris, y croyait-on vraiment ? », sur Libération,
  24. « 20 heures le journal » [vidéo], sur INA / YouTube,
  25. « Les jeux tout de go en Chine », sur Libération,
  26. « Delanoë et Bébéar échaudés », sur Libération,
  27. « Pékin tient la corde dans la course aux J.O. 2008 »,
  28. « La Plaine-Saint-Denis en piste pour le village olympique », sur Libération,
  29. « Jeux Olympiques 2008 : la candidature de Paris retenue par le CIO », sur Les Échos,
  30. « Osaka minée par l'indifférence japonaise », sur Libération,
  31. « Toronto plébiscité par les athlètes », sur Libération,
  32. « Istanbul sans grandes illusions », sur Libération,
  33. Rue 89 : Le deal secret qui a permis à Pékin de chiper les JO à Paris.
  34. Times : Olympic chief in secret China deal.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]