Sédentarité (santé)

La sédentarité est le faible niveau d'activité physique d'une personne affectant sa santé, notamment en raison de l'utilisation des moyens de transport motorisés, de la mécanisation du travail et de la forte augmentation du temps d'écran. L'activité physique de la vie quotidienne diminue ainsi en raison du progrès technologique mais, dans le cas d'un mode de vie sédentaire, n'est pas remplacée par d'autres activités plus physiques, dont l'activité sportive; mais au contraire par un temps en position assise ou allongée augmenté. Cette situation devient alors préjudiciable pour la santé physique (facteur aggravant de l'obésité, de l'hypertension, des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et de la fatigue chronique, carence en vitamine D, etc.) et pour la santé mentale (dépression, trouble du comportement alimentaire, etc.).
Dans le domaine des loisirs, le jeu pathologique, un fort temps d'écran et la dépendance au jeu vidéo qui est la conjugaison des deux, sont des facteurs importants de sédentarité. L'augmentation du temps consacré aux activités de loisirs sédentaires est ainsi la première cause de l'obésité infantile[1].
Prévalence
[modifier | modifier le code]Une étude de l'ANSES en 2020 révèle que « 95 % de la population française adulte est exposée à un risque de détérioration de la santé par manque d'activité physique ou un temps trop long passé assis »[2]. Les femmes sont plus exposées que les hommes à un manque d'activité physique[2]. Plus d'un tiers des adultes français cumule un haut niveau de sédentarité et une activité physique insuffisante.
Impact sur la santé
[modifier | modifier le code]Les personnes ayant un mode de vie sédentaire sont plus exposés au risque d'hypertension ou d'obésité et ont un taux de mortalité et de morbidité plus élevés causés par des maladies cardiovasculaires et certains cancers[2].
Stratégies de lutte contre la sédentarité et ses effets
[modifier | modifier le code]La lutte contre la sédentarité constitue est, depuis la fin du XXe siècle une priorité croissante des politiques de santé publique à l'échelle mondiale, face à l'urbanisation, la numérisation des modes de vie, la motorisation des déplacements et la transformation des environnements professionnels qui contribuent à une réduction significative du niveau d'activité physique dans la population générale. Dès les années 2000, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte sur les conséquences sanitaires de l'inactivité physique, identifiée comme l'un des principaux facteurs de risque de maladies non transmissibles. Elle s'appuie souvent sur un encouragement aux activités physique et sportives et de mobilité non motorisée.
En France
[modifier | modifier le code]Il existe dans ce pays une stratégie nationale sport-santé, mise à jour pour une seconde période (2025-2030), qui promeut l'activité physique comme levier de santé publique[3]. Présentée le à Valenciennes par les ministres Marie Barsacq (Sports), Yannick Neuder (Santé) et Valérie Létard (Logement), elle succède à la première SNSS (2019-2024) avec un budget annoncé qui pourrait atteindre 200 millions d'euros sur 5 ans (apporté par l'État et ses opérateurs), et se voulant simplifiée et plus lisible que la précédente ; articulée autour de 12 actions de transformation des habitudes de vie, renforçant la santé physique et mentale, et réduisant les inégalités sociales et territoriales. Elle cible toute la population, tout en identifiant des publics prioritaires : adolescents (dont 79 % n'atteignent pas les recommandations d'activité physique), femmes, personnes âgées dépendantes et individus atteints de maladies chroniques[3]. Parmi les mesures figurent :
- la création d'un « mois de l'activité physique et sportive » annuel dès , coordonné par les ARS, Drajes et collectivités[3] ;
- l'optimisation de l'usage des équipements sportifs, avec conditionnement des financements de l'Agence nationale du sport (ANS) à leur ouverture aux activités sport-santé[3] ;
- le renforcement des 550 maisons sport-santé (MSS), avec un objectif de doublement du nombre de bénéficiaires, une pluri-annualisation des financements et un maillage territorial accru[3].
Concernant les jeunes, la stratégie prévoit :
- la généralisation des 30 minutes d'activité physique quotidienne à l'école primaire et dans les établissements médico-sociaux[3] ;
- le développement de formats alternatifs à l'EPS pour les collégiens et lycéens, notamment en REP et REP+, avec expérimentation du programme Icaps dès 2026 ;
Pour les personnes âgées, l'activité physique devient une priorité de la Conférence nationale de l'autonomie. Pour les malades chroniques, l'activité physique adaptée (APA) sera intégrée aux parcours de soins, avec une prise en charge envisagée par l'Assurance maladie. Des formations spécifiques seront créées pour les médecins, les professionnels réalisant les bilans de prévention et les éducateurs sportifs[3].
La gouvernance de la SNSS repose sur[3] :
- un comité stratégique national réunissant les directions de la santé, des sports et de l'enseignement scolaire ;
- une déclinaison régionale pilotée par les Drajes et les ARS ;
- un rôle d'appui pour les collectivités territoriales, notamment en matière d'équipements et de politiques locales.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Santélog - Sédentarité, pourquoi l'écran est le premier facteur d'obésité chez l'enfant : « Regarder la télévision et utiliser les écrans est le facteur de mode de vie le plus fortement associé à l'obésité chez l'Enfant, alerte cette équipe de l'Institut de Barcelone pour la santé mondiale (ISGlobal) qui a passé en revue le poids de 5 habitudes de vie dans le développement du surpoids et de l'obésité infantile. »
- « Manque d'activité physique et excès de sédentarité : une priorité de santé publique », sur ANSES, (consulté le ).
- « Une nouvelle stratégie nationale du sport-santé pour une France de plus en plus sédentaire », sur banquedesterritoires.fr, (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- J. Henson, T. Yates, S. J. H. Biddle, C. L. Edwardson, K. Khunti, E. G. Wilmot, L. J. Gray, T. Gorely, M. A. Nimmo, M. J. Davies ; Associations of objectively measured sedentary behaviour and physical activity with markers of cardiometabolic health ; Diabetologia ; , volume 56, chap. 5 (résumé).
- (en) « Systematic review of sedentary behaviour and health indicators in school-aged children and youth », International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, (lire en ligne).
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressources relatives à la santé :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :