Sécession de Munich

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Ne doit pas être confondu avec Sécession viennoise.
Affiche de la Sécession de Munich pour l'exposition internationale de 1897
Affiche de la Sécession de Munich par Franz von Stuck pour la VIIe exposition internationale en 1897.

La Sécession de Munich (Münchener Secession en allemand) est une association d'artistes créée en 1892, en dissidence avec la Münchner Künstlergenossenschaft (MKG), pour protester contre le paternalisme et le conservatisme de l'État et se différencier d'un mouvement héritier de Franz von Lenbach et du Gründerzeit. En 1901, le groupe Phalanx (de) se sépare et devient en 1913 la Nouvelle Sécession de Munich (de).

Histoire[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, un bon nombre d'artistes de Berlin et de Vienne partent étudier et vivre à Munich. Mais l'art soutenu par l'État est conservateur, influencé par Franz von Lenbach et le Gründerzeit. La politique artistique du prince Léopold de Wittelsbach tend vers une peinture d’histoire nationaliste. Les nouveaux mouvements issus de l'impressionnisme ou l'expressionnisme, comme la peinture sur le motif ou symbolisme, sont mal accueillis.

En 1888, la Münchner Künstlergenossenschaft organise une exposition au Glaspalast, qui amène les artistes à s'endetter, suscitant la polémique. Entre eux, naît aussi un conflit artistique.

En 1892, un groupe d'artistes de l'école naturaliste crée la Sécession de Munich afin de montrer l'évolution des courants artistiques au public.

96 membres démissionnaires de la MKG fondent une association le 4 avril 1892 qui prend le nom de Sécession quelques mois plus tard afin d'ouvrir la voie au modernisme dans l'art. Parmi les membres fondateurs, il y a Max Liebermann, Franz von Stuck, Hugo von Habermann, Reinhold Lepsius, Wilhelm Trübner, Lovis Corinth, Walter Leistikow, Peter Behrens, Hans Olde, Anton von Stadler, Josef Block, Adolf Brütt. Sont élus Bruno Piglhein premier président et comme premier secrétaire Paul Hoecker (de).

L'association est encouragée et soutenue financièrement à ses débuts par Georg Hirth (de), éditeur de Jugend et collectionneur, ou le socialiste Georg von Vollmar (de).

La même année, un autre groupe se sépare de la MKG et se nomme Luitpold-Gruppe. Puis en 1899, encore un autre se forme, avec d'abord le nom de Groupe G qui devient en 1913 la Nouvelle Sécession de Munich (de).

La Sécession de Munich inspire la Sécession viennoise en 1897 et de la Berliner Secession en 1898. En 1903, elle s'organise avec la Deutscher Künstlerbund.

Pour la nouvelle association d'artistes, il est d'abord difficile de trouver un lieu d'exposition à Munich. La ville de Francfort est prête à l'accueillir et à donner 500000 marks si elle déménage. En 1893, une première exposition se fait au ULAP (de) à Berlin. L'architecte Franz von Brandl construit Prinzregentenstraße (de) un bâtiment qui accueille la première exposition dans la ville bavaroise. La même année, 297 artistes exposent 876 œuvres, l'exposition attire 4000 visiteurs le premier dimanche.

Après un accord avec Franz von Lenbach, une exposition se fait conjointement avec la MKG en 1897. Puis, en 1900, la Sécession se retrouve dans le Staatliche Antikensammlungen et la MKG, dans l'Alte Nationalmuseum et Lenbach dans sa propriété.

La Sécession de Munich regroupe des artistes établis comme Hans Thoma, Wilhelm Trübner, Fritz von Uhde, Franz von Stuck et Max Liebermann, ainsi que des avantgardistes comme Lovis Corinth, Otto Eckmann et August Endell. Elle ouvre la voie à l'Art nouveau (qui se fait appeler en Autriche Sezessionsstil). L'artiste le plus connu du mouvement est Franz von Stuck qui fait scandale avec son art symboliste érotique. Une Villa Stuck se construit en réponse à la Lenbachhaus. En 1897, elle devient le symbole de la Sécession.

Durant les années 1920, Angelo Jank en est le président.

En 1938, durant leur « purification culturelle », les nazis annoncent la dissolution de la Sécession de Munich. Après la Seconde Guerre mondiale, en 1946, les membres survivants se retrouvent avec de nouveaux artistes dans le Neue Gruppe (de) ou le Neue Münchner Künstlergenossenschaft.

En 1992, on célèbre le centenaire de la Sécession. L'année suivante, une société des amis et sympathisants de la Sécession de Munich est fondée.

Membres de la Sécession de Munich[modifier | modifier le code]

Bureau fondateur[modifier | modifier le code]

Autres membres fondateurs[modifier | modifier le code]

Benno Becker, Carl Johann Becker-Gundahl, Peter Behrens, Josef Block, Georges Bouzianis, Lovis Corinth, Paul Eduard Crodel, Friedrich Eckenfelder, Hermann Eichfeld, Otto Hierl-Deronco, Adolf Hölzel, Leopold von Kalckreuth, Christian Landenberger, Max Liebermann, Hans Olde, Rudolf Nissl, Fritz Osswald, Leo Samberger, Hermann Schlittgen, Christian Speyer, Toni Stadler, Fritz Strobentz, Wilhelm Trübner, Fritz Voellmy, Wilhelm Volz, Viktor Weisshaupt, Sion L. Wenban.

Source, notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (de) Markus Harzenetter : Zur Münchner Secession. Genese, Ursachen und Zielsetzungen dieser intentionell neuartigen Münchner Künstlervereinigung. Miscellanea Bavarica Monacensia, Band 158. Kommissionsverlag UNI-Druck, München 1992, (ISBN 3-87821-281-X). (Zugleich: Dissertation. Universität Bamberg, Bamberg 1991).
  • (en) Maria Makela: The Munich Secession. Art and Artists in Turn-Of-The-Century Munich. Princeton University Press, Princeton (NJ) 1992, (ISBN 0-691-03982-8). (Zugleich: Dissertation. Universität Stanford, Stanford CA 1987).
  • (de) Norbert Hierl-Deronco, Otto Hierl-Deronco (Ill.): Münchener Secession 1892. Otto Barone Hierl-Deronco, Maler und Mitbegründer, 1859–1935. Hierl-Deronco, Krailling vor München 1994, (ISBN 3-929884-04-6).
  • (de) Ruth Stein: Die Münchener Secession um 1900. Ausstellungskatalog. Galerie Konrad Bayer, München 1996.
  • (de) Jochen Meister (Hrsg.), Bettina Best (Textbeiträge), Andreas Strobl (Textbeiträge): Münchener Secession. Geschichte und Gegenwart. Prestel-Verlag, München 2007, (ISBN 978-3-7913-3877-4).
  • (de) Michael Buhrs (Hrsg.), Bettina Best (Text): Secession 1892–1914. Die Münchner Secession 1892–1914. Edition Minerva, Wolfratshausen 2008, (ISBN 978-3-938832-33-2). – Inhaltsverzeichnis (PDF).)