Ryūnosuke Akutagawa

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Ryūnosuke Akutagawa
芥川龍之介
Description de cette image, également commentée ci-après
Ryūnosuke Akutagawa en 1927
Naissance
Tokyo, Drapeau du Japon Japon
Décès (à 35 ans)
Tokyo, Drapeau du Japon Japon
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Japonais
Genres

Œuvres principales

Photographie de 1919. Le deuxième à gauche est Ryūnosuke Akutagawa. Tout à gauche se trouve Kan Kikuchi.

Ryūnosuke Akutagawa (芥川龍之介, Akutagawa Ryūnosuke?), né le à Tokyo et mort le à Tokyo, est un écrivain japonais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Akutagawa naît à Tokyo, fils de laitier (Toshizoo Niihara). Sa mère (Fuku Niihara) étant atteinte de folie[1], il est adopté et élevé par son oncle maternel, dont il prend le nom de famille. Il commence à écrire en entrant à l'université impériale de Tokyo en 1913, où il étudie la littérature anglaise. Il subvient alors à ses besoins en enseignant l'anglais et en participant à la rédaction d'un journal. C'est à cette époque qu'il publie la nouvelle Rashōmon (1915), qui lui permet d'obtenir la reconnaissance et les encouragements de Natsume Sōseki. Il entame peu après Le Nez, qui ne sera achevé que quelques années plus tard. C'est également pendant cette période qu'il commence à écrire des haiku sous le pseudonyme de Gaki. Encore étudiant, il fait sa proposition de mariage à une amie d'enfance, Yayoi Yoshida, mais sa famille adoptive n'approuve pas cette union. En 1916, il se fiance avec Fumi Tsukamoto, avec qui il se marie deux ans plus tard. Ils auront trois enfants, Hiroshi (1920), Takashi (1922) et Yasushi (1925).

En 1921, au sommet de sa popularité, Akutagawa interrompt sa carrière d'écrivain pour passer quatre mois en Chine, en tant que reporter pour le journal Ōsaka Mainichi Shimbun. Le voyage est difficile et angoissant. Akutagawa souffre de plusieurs maladies, desquelles il ne se remettra jamais. Peu de temps après, il publie l'une de ses plus célèbres nouvelles, Dans le fourré (1922), le récit du meurtre d'un aristocrate par trois personnages différents, dont le cadavre lui-même, chacun réclamant la paternité du crime. Cette nouvelle puissante et baroque est la source d'inspiration principale du film de Kurosawa Rashōmon (1950).

Jusqu'à la fin de sa vie, il souffre d'hallucinations. En 1927, il attente à sa vie, avec un ami de sa femme Fumi, mais échoue. Il parvient finalement à réussir son suicide par ingestion de véronal le , laissant derrière lui seulement deux mots : Bon'yaritoshita fuan (ぼんやりとした不安?, signifiant « vague inquiétude »). En 1935, son ami de longue date Kikuchi Kan crée en son honneur le prix Akutagawa, qui devient le prix littéraire japonais le plus prestigieux.

Style littéraire[modifier | modifier le code]

Akutagawa était un homme très cultivé, qui connaissait bien les cultures classiques japonaise et chinoise, mais également les auteurs occidentaux, dont Baudelaire, Mérimée et Anatole France[2]. Même s’il ne connaît que très indirectement Freud et Pirandello, Claude Roy note une convergence historique entre le style précis d’Akutagawa et ces deux auteurs.

Pendant sa carrière littéraire, Akutagawa n'a jamais rédigé de longs romans, mais un grand nombre de courtes nouvelles, souvent inspirées de contes anciens[3]. Pendant sa courte vie, il publie plus de cent cinquante nouvelles, qui abordent des genres aussi variés que la littérature policière (Dans le fourré, 1922), le fantastique (Le Fil de l'araignée, 1918) ou la satire sociale (Kappa, 1927).

Les écrits d’Akutagawa sont empreints, comme son testament l’atteste une dernière fois, de la difficulté d’être japonais[1], à une époque où de riches cultures qui s’étaient longtemps ignorées entrent brutalement en contact : l’ère Meiji, qui voit le Japon se moderniser sur le modèle occidental. On trouve ainsi constamment chez Akutagawa une référence à la tradition, qui vise à restaurer son identité vacillante[4] sans que cette référence soit du passéisme : il adapte ainsi de très nombreux contes (monogatari) du Moyen Âge japonais.

Liste des œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Rashômon et autres contes, quinze contes traduits par Arimasa Mori, Gallimard (Collection "Connaissance de l'Orient"), 1965 (rééditions 1986 et 1994) ; Le Livre de poche, 1969. Ce recueil comprend :
    • Figures infernales
    • Le Nez
    • Rashômon
    • Dans le fourré
    • Gruau d'ignames
    • Les Vieux jours du vénérable Susanoo
    • Le Fil d'araignée
    • Le Martyr
    • Le Rapport d'Ogata Ryôsai
    • Ogin
    • L'Illumination créatrice
    • Chasteté d'Otomi
    • Villa Genkaku
    • Le Mouchoir
    • Les Kappa
  • La Vie d'un idiot et autres nouvelles, neuf nouvelles traduites par Edwige de Chavanes, Gallimard (Collection "Connaissance de l'Orient"), 1987. Ce recueil comprend :
    • L'Eau du fleuve
    • Un jour, Oishi Kuranosuke
    • Lande morte
    • Les Mandarines
    • Le Bal
    • Extraits du carnet de notes de Yasukichi
    • Bord de mer
    • Engrenage
    • La Vie d'un idiot
  • La Magicienne, cinq nouvelles traduites par Elisabeth Suetsugu, Editions Philippe Picquier, 1999 ; Picquier poche, 2003. Ce recueil comprend :
    • Les Poupées
    • Un crime moderne
    • Un mari moderne
    • La Magicienne
    • Automne
  • Rashômon et autres contes, quatre contes traduits par Arimasa Mori, Gallimard (collection "Folio"), 2003. Ce recueil comprend :
    • Rashômon
    • Figures infernales
    • Dans le fourré
    • Gruau d'ignames
  • Une vague inquiétude, trois nouvelles traduites par Silvain Chupin, Editions du Rocher, 2005. Ce recueil comprend :
    • Le Masque
    • Un doute
    • Le Wagonnet
  • La Vie d'un idiot précédé de Engrenage, deux nouvelles traduites par Edwige de Chavanes, Gallimard (collection "Folio"), 2011.
  • Jambes de cheval, dix-sept nouvelles traduites par Catherine Ancelot, Editions Les Belles Lettres, 2013.
    • Volupté
    • La Dame de Rokunomiya
    • La Fortune
    • Le Sourire des dieux
    • Le Tabac et le diable
    • La Vierge en noir
    • Jambes de cheval
    • Magie
    • L'Enfant abandonné
    • Histoire de la tête qui se décrocha
    • Momotarô
    • Le Combat entre le singe et le crabe
    • Le Général Kim
    • Le Billet de dix yens
    • Ecriture
    • Mensura Zoïli
    • Ababababa

Nouvelles parues dans des revues et des anthologies[modifier | modifier le code]

A noter que certaines nouvelles présentes dans les recueils cités plus haut ont été éditées auparavant dans certaines revues et anthologies, parfois dans des traductions différentes (c'est le cas, par exemple, de Les Poupées, Le Nez ou encore de Rashômon). Cependant seules figurent ci-dessous les nouvelles indisponibles dans ces recueils :

  • La Bécassine, dans Japon et Extrême-Orient n°7-8 (p. 1-12), nouvelle traduite par Nico Daigaku Horiguchi, juillet-août 1924.
  • Les Trois trésors, dans Le Nez et autres contes (p. 51-83), nouvelle traduite par Juntaro Maruyama, Hakusuisha, 1927.
  • Le Christ de Nankin, dans France-Japon n°26 (p. 68-71), nouvelle traduite par Kuni Matsuo, février 1938.
  • Les Portes de l'enfer (Kesa et Morito) et Le Tableau d'une montagne à la saison d'automne, dans Les Portes de l'enfer, nouvelles traduites par Ivan Morris en collaboration avec Arlette Rosenblum et Maurice Beerblock, Editions Stock, 1957. Le Tableau d'une montagne à la saison d'automne est repris dans L'Iris fou, suivi de Odieuse vieillesse, Le Maître, Le Tableau d'une montagne, L'Artiste, Le Crime de Han, Editions Stock (collection « La Bibliothèque cosmopolite »), 1997.
  • A mi-chemin de la vie de Shinsuke Daidôji, dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines (Tome I), nouvelle traduite par Edwige de Chavanes, Gallimard, 1986.
  • La Foi de Wei Cheng, dans Les Noix La Mouche Le Citron et dix autres récits de l'époque Taishô, nouvelle traduite par Edwige de Chavanes, Le Calligraphe / Picquier, 1986 ; Anthologie de nouvelles japonaises Tome I - 1910-1926 Les Noix La Mouche Le Citron, Picquier Poche, 1999.
  • La Fille au chapeau rouge dans Le Secret de la petite chambre, suivi de La Fille au chapeau rouge, nouvelle traduite par Jacques Lalloz, Editions Philippe Picquier, 1994 ; Picquier poche, 1997 (Note : cette nouvelle est attribuée, sans aucune certitude, à Akutagawa.)
  • Notes éparses sur le grand tremblement de terre, dans Ebisu n°21 (p. 55-62), texte traduit par Isabelle Fouquart, 1999.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]