Ryūzō Sejima

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Ryūzō Sejima
瀬島 龍三
Ryūzō Sejima

Naissance
Drapeau du Japon Toyama, Toyama
Décès (à 95 ans)
Drapeau du Japon Chōfu, Tokyo
Allégeance Drapeau de l'Empire du Japon Empire du Japon
Grade Lieutenant-colonel
Années de service 1932-1945
Commandement Drapeau de l'armée impériale japonaise Armée impériale japonaise
Distinctions Ordre du Trésor sacré

Ryūzō Sejima (瀬島 龍三, Sejima Ryūzō?) ( - ) est un colonel de l'armée impériale japonaise. Après la Seconde Guerre mondiale, il passe 11 ans en captivité en Sibérie avant de rentrer au Japon où il devint président d'une grande entreprise et conseiller de nombreux Premiers ministres du Japon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Sejima est le fils de Ryūtarō Sejima, un officier de l'armée qui participa la guerre russo-japonaise et devint maire du village de Matsuzawa dans la préfecture de Toyama[1]. Sejima sort diplômé de l'école militaire impériale du Japon en 1938. Durant la guerre du Pacifique, il est officier d'État-major au quartier-général impérial. Il est chargé de la stratégie de reconquête de Guadalcanal, de la stratégie en Nouvelle-Guinée, et en juillet 1945, il est transféré à l'armée japonaise du Guandong en tant qu'officier d'État-major et négocie le cessez-le-feu avec le général soviétique Alexandre Vassilievski.

Après la reddition du Japon le , il est fait prisonnier de guerre en même temps que le général Otozō Yamada et est détenu 11 ans en Sibérie. Il est brièvement transporté de Vladivostok à Tokyo en 1946 pour témoigner au tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient. Il passe la majeure partie de sa captivité dans une prison à Khabarovsk. Des années plus tard, il fera installer une stèle commémorative au parc de la Paix de la ville[2].

Retour au Japon[modifier | modifier le code]

De retour au Japon, Sejima entre dans l'entreprise C. Itoh & Co. (actuelle Itochu) en 1958 où il est d'abord engagé pour la négociation d'avions. Il devient directeur en 1962, à peine quatre ans après avoir rejoint la compagnie[3]. Il dirige l'équipe de planification de l'entreprise et met en œuvre des méthodes de rapports hiérarchiques de style militaire et forme un groupe de disciples au sein de la société connu sous le nom de « machine Sejima[4] ». Il prend en charge l'expansion d'Itoh dans l'industrie pétrolière et organise une alliance entre General Motors et Isuzu en 1971[3]. Il est aussi l'un des trois hommes clés de l'entrée d'Itoh en République populaire de Chine en 1972, ce qui en fait l'une des premières entreprises japonaises à faire des affaires avec ce pays[5]. Sejima participe également à la fusion d'Itoh et de Ataka & Co. (en)[1]. Il est promu vice-président en 1972, vice-PDG en 1977 et PDG en 1978. Il quitte la tête de l'entreprise en 1981 mais reste conseiller exécutif de la compagnie jusqu'en 2000[1].

Dans les années 1980, il sert comme membre de la commission ad hoc sur la réforme administrative et conseiller du Premier ministre Yasuhiro Nakasone. À ce titre, il assiste le président du conseil Toshiwo Doko (en) dans la privatisation de NTT et de la société des chemins de fer nationaux. Sejima est conseiller des Premiers ministres Keizō Obuchi, Kiichi Miyazawa et Ryūtarō Hashimoto[3]. Il est directeur de NTT de 1986 à 1999[6]. En 1998, il est nommé à la tête d'un groupe spécial chargé d'examiner la réforme du ministère des Finances[7]. Il est également président du conseil de l'université Asie (en) et du cimetière national de Chidorigafuchi.

Sejima développe des relations étroites avec les dirigeants militaires de Corée du Sud dans les années 1980. Lee Byung-chul, le fondateur de Samsung, invite Sejima en Corée en 1980 afin de conseiller Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo « en tant que compagnon d'armée[8] ». Sejima sert comme intermédiaire pour le Premier ministre Yasuhiro Nakasone en organisant une rencontre historique avec Chun en 1983[3].

Un comité dirigé par Sejima décide d'ériger un monument au sanctuaire Yasukuni pour le juge indien Radhabinod Pal en 1997. Celui-ci est le seul juge qui considéra que tous les accusés n'étaient pas coupables au tribunal international militaire pour l'Extrême-Orient[9].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Le roman Fumō Chitai (en), qui est adapté au cinéma et à la télévision, serait basé sur la vie de Sejima, bien que l'auteure ait déclaré qu'elle s'en est seulement inspiré pour la progression du personnage principal (de l'armée à un camp de prisonniers, puis au monde des entreprises d'après-guerre)[10].

Le rôle de Sejima dans les relations entre la Corée du Sud et le Japon dans les années 1980 est représenté dans la série TV sud-coréenne 5e république (en).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « 瀬島龍三 系図 » (consulté le 9 juin 2015)
  2. (en) « 遠くシベリアの地に眠る 国家に見捨てられたひとびとの墓 [橘玲の世界投資見聞録] », Shukan Diamond,‎ (lire en ligne)
  3. a, b, c et d (en) Kyodo, « Itochu chief Sejima, ex-war strategist, dead at 95 », The Japan Times,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Robert A. Guth, « Japanese Silk and Steel Broker, Itochu, Turns to Tech to Survive », The Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  5. (en) « 「脱・中国はありえない」 藤野中国研究所代表(元伊藤忠商事常務) 藤野文晤氏 民主主義を考える », Nihon Keizai Shimbun,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Kyodo News, « Sejima to step down as NTT director », sur The Free Library, (consulté le 9 juin 2015)
  7. (en) Kozo Mizoguchi, AP, « Japan Ministry To Punish Officials », AP News Archive,‎ (lire en ligne)
  8. (en) Sungdong Han, « Perpetrators of the same feather », The Hankyoreh,‎ (lire en ligne)
  9. (en) Takeshi Nakajima, « The Tokyo Tribunal, Justice Pal and the Revisionist Distortion of History », The Asia-Pacific Journal: Japan Focus, vol. 9, no 44.3,‎ (lire en ligne)
  10. (en) « 山崎豊子さんが明かす瀬島龍三「不毛地帯」の真実 », ZAKZAK,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]