Ruth Bader Ginsburg

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Ruth Bader Ginsburg
Illustration.
Fonctions
Juge à la Cour suprême des États-Unis
En fonction depuis le
(25 ans, 2 mois et 6 jours)
Président William H. Rehnquist
John G. Roberts, Jr.
Prédécesseur Byron White
Juge à la cour d'appel des États-Unis pour le circuit du district de Columbia

(13 ans, 1 mois et 11 jours)
Prédécesseur Harold Leventhal
Successeur David S. Tatel
Biographie
Nom de naissance Joan Ruth Bader
Date de naissance (85 ans)
Lieu de naissance Brooklyn, New York (État de New York, États-Unis)
Nationalité Américaine
Conjoint Martin D. Ginsburg (en)
Enfants Jane Ginsburg (en)
James Steven Ginsburg (en)
Diplômé de Université Cornell
Faculté de droit de Harvard
Columbia Law School
Profession Avocate

Signature de Ruth Bader Ginsburg

Ruth Bader Ginsburg
Membres de la Cour suprême des États-Unis

'Ruth Bader Ginsburg, née Joan Ruth Bader le à Brooklyn (New York), est une avocate, juriste et juge américaine, membre de la Cour suprême des États-Unis depuis 1993.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Née à Brooklyn, New York, Ruth Bader Ginsburg est la deuxième fille de Nathan et Célia Bader, immigrants Juifs russes, qui vivent dans le quartier de Flatbush[1]. La fille aînée des Bader, appelée Marylin, décède d'une méningite à l'âge de six ans. Ruth a alors 14 mois[2]. La famille de Ruth l'appelle « Kiki », surnom que lui avait donné Marylin en parlant de "kicky baby". Lorsque "Kiki" arrive à l'école, sa mère découvre que plusieurs filles de la classe se nomment déjà "Joan" (ou encore "Jeanne"), donc elle suggère à l'enseignant d'appeler sa fille "Ruth", pour éviter toute confusion[2]. Bien que non-croyante, la famille Bader appartenait à l'Est de la Midwood Juifs Centre, où Ruth a appris les principes de la foi Juive et s'est familiarisée avec la langue hébraïque. À 13 ans, Ruth participe à un programme d'été Juif au Camp de Che-Na-Wah (New York)[3].

La mère de Ruth, Célia, s'est fortement impliquée dans l'éducation de sa fille, notamment en l'emmenant très souvent à la bibliothèque[3]. Célia avait été une bonne élève durant sa jeunesse. Elle a été diplômée de l'école secondaire à 15 ans, mais n'a pas pu continuer ses études car sa famille a privilégié celles de son frère. C'est en partie pour cela, qu'elle incite Ruth a continuer ses études supérieures. Elle voit bien sa fille professeure d'Histoire[4]. Ruth assiste à des cours de la James Madison High School (en). Une salle d'audience de l'école de droit portera le nom de "Ruth Bader Ginsburg", en son honneur. Célia a lutté contre le cancer durant toutes les années de lycée de sa fille. Elle décède la veille de l'obtention du diplôme secondaire de Ruth[3].

Bader continue ses études à l'université Cornell à Ithaca, New York. Elle est diplômée d'un baccalauréat universitaire après des études de government, le 23 juin 1954. Durant ces années universitaires, elle est membre de la sororité Alpha Epsilon Phi (en)[5] et du club Phi Beta Kappa. C'est également durant cette période qu'elle rencontre Martin Ginsburg (en) (elle a alors 17 ans). Un mois après avoir obtenu son diplôme, Ruth épouse Martin et le suit à Fort Sill, en Oklahoma, où il était en poste à la Reserve Officers' Training Corps[6]. À 21 ans, elle travaille pour l'Administration de la sécurité sociale de l'Oklahoma dans laquelle elle a été rétrogradée lorsqu'elle tombe enceinte de son premier enfant. Elle donne naissance à une petite fille en 1955[7].

À l'automne 1956, Ginsburg intègre l'École de droit de Harvard. Elle est l'une des neufs femmes dans une promotion comptant plus de 500 hommes[8],[9]. Le doyen de l'École de Droit aurait demandé aux jeunes femmes - dont Ginsburg - "Comment justifiez-vous de prendre la place d'un homme compétent ?"[10].

Quand son mari trouve un emploi à New York, Ginsburg étudie à la Columbia Law School et devient la première femme à travailler sur deux revues juridiques majeures : la Harvard Law Review et la Columbia Law Review. En 1959, elle obtient son baccalauréat en droit à Columbia en étant première de sa classe (à égalité avec un autre camarade)[3],[11].

Plaidoyers[modifier | modifier le code]

En 1970, elle co-fonde le Women's Rights Law Reporter (en). Il s'agit du premier journal américain qui se concentre exclusivement sur les droits des femmes[12]. En 1972, Ginsburg co-fonde le "Women's Rights Project" dans les locaux d'une association appelée Union américaine pour les libertés civiles[9]. Le Women's Rights Project travaille sur plus de 300 cas de discriminations sexistes. Ruth fait valoir six cas de discrimination devant la Cour suprême entre 1973 et 1976. Elle remporte cinq victoires[13].

De 1972 à 1980, elle enseigne à l'université Columbia, où elle devient la première femme avec un poste titulaire. Elle est co-auteure du premier ouvrage de références concernant les discriminations sexistes[14]. De 1977 à 1978, elle est chercheuse au Centre pour les études avancées en sciences du comportement (en) à l'université Stanford[15].

Cour d'appel des États-Unis[modifier | modifier le code]

Le 14 avril 1980, le président Jimmy Carter nomme Ginsburg à la Cour d'appel des États-Unis pour le circuit du district de Columbia afin de remplacer Harold Leventhal (en)[16], juge récemment décédé. Elle reste à la Cour d'appel durant 13 ans[17], avant de rejoindre la Cour suprême.

Nomination à la Cour suprême[modifier | modifier le code]

Ruth Ginsburg en 2000.

Nommée par le président Bill Clinton à la Cour suprême, elle a occupé, avant de la rejoindre, le poste de professeur aux facultés de droit de l'université Rutgers à Newark et de l'université Columbia à New York. Elle est avocate pour l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) et juge fédérale à la Cour d'appel du district de Columbia. Pendant la majeure partie de sa vie, elle fut active dans le mouvement pour les droits des femmes et est considérée aujourd'hui comme un membre progressiste (liberal) de la Cour suprême.

En 1999, elle subit une chimiothérapie réussie pour lutter contre un cancer du côlon tout en continuant à travailler à la cour. Le 5 février 2009, elle est opérée avec succès d'un cancer du pancréas (stade 1) et reprend sa place le 23 février au sein de la Cour suprême, soit moins de trois semaines après l'opération. Elle est victime d'un malaise et brièvement hospitalisée le 24 septembre 2009[18].

Elle est placée 31e au classement 2010 des « 100 femmes les plus influentes dans le monde » publié chaque année par le magazine Forbes. En 2004, elle est 7e. Inscrite au National Women's Hall of Fame, elle est par ailleurs connue pour ses virulentes critiques de Donald Trump, qu'elle qualifie d'« imposteur » en 2016.

En 2018, Julie Cohen et Betsy West réalisent un documentaire RBG, qui retrace le parcours de Ruth Bader Ginsburg[19].

Avortement[modifier | modifier le code]

En 2009, elle donne son point de vue concernant les droits à l'avortement et à l'égalité des sexes, dans une interview du New York Times. Elle déclare ainsi à propos de l'avortement que « le gouvernement n'a pas à faire ce choix pour une femme »[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Book Discussion on Sisters in Law" Presenter: Linda Hirshman, author. Politics and Prose Bookstore. BookTV, Washington. September 3, 2015. 27 minutes in; retrieved September 12, 2015 C-Span website Archived March 5, 2016, at the Wayback Machine.
  2. a et b Ginsburg, Ruth Bader, et Williams, Wendy (Writer on law),, My own words (ISBN 9781501145247, OCLC 946693458, lire en ligne)
  3. a, b, c et d (en-US) « Ruth Bader Ginsburg », sur Oyez (consulté le 28 janvier 2018)
  4. (en) « Ruth Bader Ginsburg », sur NYT,
  5. (en) Scanlon, Jennifer, Significant contemporary American feminists: a biographical sourcebook, Greenwood Press, (ISBN 978-0313301254), p. 118
  6. (en) « A conversation with Ruth Bader Ginsburg at HLS », sur Youtube,
  7. (en-US) David Margolick, « Trial by Adversity Shapes Jurist's Outlook », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  8. http://www.law.harvard.edu/students/orgs/jlg/vol27/bader-ginsburg.pdf
  9. a et b (en) Thomas R. Hensley, Kathleen Hale et Carl Snook, The Rehnquist Court: Justices, Rulings, and Legacy, ABC-CLIO, (ISBN 9781576072004, lire en ligne)
  10. (en-US) Philip Galanes, « Ruth Bader Ginsburg and Gloria Steinem on the Unending Fight for Women’s Rights », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  11. (en) « The Nine (book) », Wikipedia,‎ (lire en ligne)
  12. « Women’s Rights Law Reporter - Home », (consulté le 30 janvier 2018)
  13. (en-US) Neil a Lewis, « THE SUPREME COURT: Woman in the News; Rejected as a Clerk, Chosen as a Justice: Ruth Joan Bader Ginsburg », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  14. (en) Jeffrey Toobin, « Heavyweight », The New Yorker,‎ (ISSN 0028-792X, lire en ligne)
  15. (en) Stanford Law School, « At the U.S. Supreme Court: A Conversation with Justice Ruth Bader Ginsburg | Stanford Law School », Stanford Law School,‎ (lire en ligne)
  16. « Historical Society of the District of Columbia Circuit », sur dcchs.org (consulté le 30 janvier 2018)
  17. (en-US) SAM FULWOOD III, « Ginsburg Confirmed as 2nd Woman on Supreme Court », Los Angeles Times,‎ (ISSN 0458-3035, lire en ligne)
  18. (en) Justice Ginsburg released, Politico, 25 septembre 2009.
  19. Louise Hermant, « “Notorious RBG” : Comment une juge de 85 ans a changé la condition des femmes aux Etats-Unis », Les Inrocks,‎ (lire en ligne)
  20. (en-US) Emily Bazelon, « The Place of Women on the Court », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • RBG (2018), film de Betsy Ouest et Julie Cohen.

Liens externes[modifier | modifier le code]