Russes allemands

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Russes allemands
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Carte de la répartition des Russes allemands à travers la Russie en 2010.

Populations significatives par région
Russie 394 000 (2010)
RSFSR 842 000 (1989)
URSS 2 039 000 (1989)
Autres
Langues Allemand, russe, bas allemand mennonite, souabe
Religions Historiquement protestantisme et catholicisme

Le terme Russes allemands (en allemand : Russlanddeutsche, en russe : Российские немцы ou Русские немцы) désigne les « Allemands de Russie » en général, c'est-à-dire les Allemands et/ou leurs descendants vivant en Russie ou dans les anciennes républiques soviétiques. Durant la fin du XXe siècle, un grand nombre de Russes allemands a émigré vers l'Allemagne.

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est à partir de juillet 1763 que des populations germaniques principalement luthériennes, mais aussi catholiques, provenant surtout du sud-ouest de l'Allemagne, de Hesse, de Rhénanie, du Palatinat et de l'Alsace, commencèrent à s'installer en Russie, aux environs de Saratov, à l'invitation de Catherine II, qui souhaitait coloniser ces vastes zones steppiques et presque inhabitées.

Après avoir détrôné son époux Pierre III, la princesse allemande Sophie Fredericke Auguste von Anhalt-Zerbst, née à Stettin, monta sur le trône, sous le nom de Catherine II dite « la Grande ». Elle enleva à l'Empire ottoman par ses conquêtes un peu plus de 500 000 km2 de territoire (notamment vers l'actuelle Ukraine en Nouvelle Russie). Or ces terres n'étaient que peu, et lentement, colonisées par les populations russes et n'étaient donc pas assez cultivées ou habitées. En conséquence, Catherine II publia un manifeste en juillet 1763, invitant les populations d'Europe de l'Ouest, notamment ses anciens compatriotes allemands, à émigrer en Russie en échange de privilèges, tels que l'exonération d'impôts pendant trente ans, l'abolition du service militaire, la liberté de culte et la possibilité de vivre en autogestion totale — ils étaient relativement indépendants du gouvernement russe.

Après la Révolution russe, une République socialiste soviétique autonome des Allemands de la Volga (Autonome Sozialistische Sowjet-Republik der Wolga-Deutschen; Автоно́мная Сове́тская Социалисти́ческая Респу́блика Не́мцев Пово́лжья) fut créée en 1924. Elle fut révoquée en 1942 par Staline qui fit déporter toute sa population vers l'Est.

Origine du terme[modifier | modifier le code]

En URSS, chaque citoyen se voyait attribué une nationalité (Национальность) qui figurait dans tous les papiers officiels, tels que l'acte de naissance ou le passeport. Ainsi les Russes allemands voyaient figurer sur leurs papiers la mention « allemand » ou « allemande » (Немец/Немка) même après plusieurs générations nées sur territoire russe.

Démographie[modifier | modifier le code]

D'après les recensements soviétiques et russes[1],[2],[3],[4],[5] :

1926 1939 1959 1970 1979 1989 1991 2002 2010 2017
URSS 1 238 000 1 427 000 1 619 000 1 846 000 1 936 000 2 039 000
RSFSR (Russie à partir de 1991) 806 000 863 000 820 000 761 000 791 000 842 000 597 000 394 000
Allemagne 450 000 2 400 000

NB : Les données des recensements de la population en Union soviétique ne sont pas des plus fiables et l'Allemagne n'a pas mené de statistiques précises sur les immigrations de Russes allemands. Les données ci-dessus sont donc à prendre à titre indicatif.

Émigration de masse des années 1990[modifier | modifier le code]

L'article 116 GG de la Loi fondamentale de la République fédérale d'Allemagne certifie que toute personne pouvant prouver qu'elle a un ascendant allemand a droit à la nationalité allemande[6]. Jusqu'en 1996 les règles d'obtention de naturalisation sont encore très souples et ce sont ainsi en moyenne 200 000[7] Russes allemands qui rejoignirent chaque année l'Allemagne depuis la Russie et les anciennes républiques soviétiques durant les années 1990[7],[8]. L'émigration de Russes allemands vers l'Allemagne continue depuis, bien qu'en quantité moins élevée, entre autres à cause des durcissements de la loi en 1996 et 2005[7].

Ré-émigration des années 2000[modifier | modifier le code]

Parmi les Russes allemands arrivés en Allemagne depuis la Russie, un certain nombre ont choisi de retourner vivre dans leur pays de départ. Les problèmes financiers, la confrontation avec des cultures non européennes et avec des religions non chrétiennes, le mal du pays et le jeu des médias russes (dénigrement de l'Europe, embellissement de la Russie) ont poussé environ plus de 15 000 Russes allemands à retourner en Russie[9]. De plus, la langue allemande n'étant pour beaucoup de ces immigrés plus la langue maternelle, l'intégration est pour beaucoup plus que difficile[9].

Situation contemporaine en Russie[modifier | modifier le code]

Après la chute de l'URSS plusieurs entités administratives allemandes ont été réaménagées ou créées. Parmi elles figurent le raion d'Halbstadt (Kraï de l'Altaï), le raion d'Asovo (Oblast de Tomsk). Dans l'Oblast de Novossibirsk et le Kraï de l'Altaï les Russes allemands représentent la plus grande minorité ethnique[4].

Alors que les Russes allemands étaient le sixième groupe ethnique de la République socialiste fédérative soviétique de Russie en 1939[4] et le huitième en 1989[4], ils représentent aujourd’hui moins de 1 % de la population suite à l'émigration de masse depuis les années 1990. La majeure partie d'entre eux se trouve en Sibérie, où Staline les avait fait déporter.

Wilhelm Withöft, admiral de l'Empire russe, russe allemand.
Wilhelm Withöft, admiral de l'Empire russe, russe allemand.
Max Vasmer, linguiste, russe allemand.
Helene Fischer, chanteuse, russe allemande.
Helene Fischer, chanteuse, russe allemande.
Heinrich Schmidtgal, footballer kazakh, russe allemand.
Heinrich Schmidtgal, footballer kazakh, russe allemand.
Alexander Schmorell, résistant allemand, russe allemand.
Alexander Schmorell, résistant allemand, russe allemand.

Russes allemands célèbres[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (ru) НП ИнфоРост, « ГПИБ | Всесоюзная перепись населения 17 декабря 1926 г. : краткие сводки. - М, 1927-1929. », sur elib.shpl.ru (consulté le 6 novembre 2017)
  2. (ru) « Демоскоп Weekly - Приложение. Справочник статистических показателей. », sur www.demoscope.ru (consulté le 6 novembre 2017)
  3. (ru) « Базы данных :: Портал география - Электронная Земля - Eearth », sur www.webgeo.ru (consulté le 6 novembre 2017)
  4. a, b, c et d (de) Sputnik, « Volkszählungen in Russland (1939 bis 2010) », sur de.sputniknews.com (consulté le 5 novembre 2017)
  5. (de) Bundeszentrale für politische Bildung, « Geschichte der Russlanddeutschen ab Mitte der 1980er Jahre | bpb », sur www.bpb.de (consulté le 6 novembre 2017)
  6. « Art 116 GG », sur www.gesetze-im-internet.de (consulté le 5 novembre 2017)
  7. a, b et c Nathalie Versieux, « Russes allemands, éternels étrangers », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  8. (de) Bundeszentrale für politische Bildung, « Wer sind die Russlanddeutschen? | bpb », sur www.bpb.de (consulté le 6 novembre 2017)
  9. a et b (de) « Wollen wirklich eine halbe Million Russlanddeutsche nach Russland? », RusDeutsch,‎ (lire en ligne)