Rugby (mouvement symphonique)

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Rugby
H. 67
Mouvement symphonique n° 2
Image illustrative de l’article Rugby (mouvement symphonique)
Le rugbyman Dave Gallaher en 1905. L'œuvre d'Arthur Honegger magnifie en musique le rythme « sauvage, brusque, désordonné » de ce sport.

Nb. de mouvements 1
Musique Arthur Honegger
Durée approximative 8 à 10 minutes
Dates de composition 1928
Création
Paris, Drapeau de la France France
Interprètes Orchestre symphonique de Paris, Ernest Ansermet (direction)

Rugby ou Mouvement symphonique n° 2 (H. 67) d'Arthur Honegger est une œuvre symphonique composée en 1928, le deuxième des trois Mouvements symphoniques du compositeur après Pacific 231 et avant le Mouvement symphonique n° 3. L'œuvre est créée à Paris le .

Genèse[modifier | modifier le code]

Après l'incomparable succès rencontré par le premier Mouvement symphonique Pacific 231 de 1923, Honegger a composé plusieurs œuvres dont le Chant de joie (1923). La composition de son deuxième symphonique le fait réfléchir quant au titre et au sujet. Il hésite un temps entre Football et Rugby[1] et choisit finalement le thème du rugby. La composition de Rugby relève d'une ode à l'exploit physique. Au lycée, Honegger pratique plusieurs sports dont le football, le tennis et la nage[D 1]. Bien qu'il n'ait pas le profil type d'un sportif émérite[D 1], il est un des joueurs qui concourent à la victoire, à réussir l'essai[M 1]. Dans cette pièce, il souhaite magnifier la beauté de ce sport, son « rythme sauvage, brusque et désordonné »[M 1] selon les mots du biographe Pierre Meylan.

Honegger précise qu'il ne souhaite pas imiter musicalement ce sport mais précise « Il serait faux de considérer mon morceau comme de la musique à programme. Il cherche tout simplement à exprimer, dans ma langue de musicien, les attaques et ripostes du jeu, le rythme et la couleur d'un matche au stade de Colombes[note 1] »[1]. Contrairement au jeu rythmique croissant et décroissant de Pacific 231, il ajoute « Dans Rugby, j'ai été poussé par une idée exactement contraire. À la progression quasi systématique de la machine, j'ai voulu opposer la diversité du mouvement humain : ses brusques élans, ses arrêts, ses envolées, ses fléchissements. »[2].

Description[modifier | modifier le code]

Comme Pacific 231, Rugby est une œuvre en un seul mouvement. Son rythme procède d'un travail exemplaire. En apparence, il n'existe aucune organisation rythmique, mais l'écriture en syncope et la vigueur du tempo choisi inspirent à l'œuvre un dynamisme certain. Composé sous forme d'un rondo[D 2], deux thèmes sont exposés, facilement repérables[1]. Les traits musicaux suivent les phases du match, les instruments se « passent » les thèmes comme les joueurs se passent le ballon et la polyphonie chère au compositeur reflète les mêlées, propre à ce sport[M 1],[D 2]. Les percussions sont absentes de la partition car Honegger a recherché une forme de pureté dans cette pièce[D 3].

Création, réception et postérité[modifier | modifier le code]

L'œuvre est créée à Paris par le chef d'orchestre Ernest Ansermet à la direction de l'orchestre symphonique de Paris, une formation éphémère due à la Princesse de Polignac[2] le . Accueillie chaleureusement, l'œuvre n'atteindra toutefois jamais la postérité et le succès de Pacific 231[2]. M. W. Tappolet compare Rugby à une « Ouverture pour un grand match »[D 3]. L'œuvre sera d'ailleurs jouée plus tard dans le stade de Colombes[D 3].

Influences postérieures[modifier | modifier le code]

Rugby demeure une des premières œuvres symphoniques d'Honegger, après la notable Pacific 231. Il accède davantage à la maîtrise de l'expression d'un rythme complexe, voire caché. Véritable étude de rythmes, l'œuvre permet au compositeur d'étendre sa palette orchestrale[M 1]. Selon Marcel Delannoy, Rugby demeure une œuvre de transition dans le cheminement symphonique d'Honegger entre les premières œuvres « fortement imagées » et l'« absolu musical » des symphonies ultérieures[D 3].

Rugby a aussi inspiré la musique d'Ennio Morricone pour le générique de fin du film Les Incorruptibles

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d p. 52
  1. a et b p. 94
  2. a et b p. 95
  3. a b c et d p. 96

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c François-René Tranchefort, Notice d'Arthur Honegger dans Guide de la musique symphonique, Fayard - Les indispensables de la musique, 1986, (ISBN 978-2-213-01638-2), p. 366
  2. a b et c Jacques Tchamkerten, Arthur Honegger, éditions Papillon, 2005, (ISBN 2-940310-26-2), pp. 106-107