Ruelle (Montréal)

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Ruelle du quartier Petite-Patrie en automne
Ruelle du quartier Mile End en hiver

À Montréal, une ruelle est une voie de desserte parallèle aux rues sur laquelle donne la cour arrière des maisons. Il s'agit d'un élément caractéristique de l'urbanisme montréalais des années 1890-1930. Selon l'auteur du guide Marcher à Montréal et ses environs[1], la ville compterait 450 km de ruelles.

Localisation[modifier | modifier le code]

Les ruelles sont caractéristiques de certains quartiers résidentiels centraux de la ville, lotis à partir de la fin du XIXe siècle[2]. Il s'agit essentiellement des quartiers Plateau Mont-Royal, Mile End, Ghetto McGill, Petite-Patrie, Hochelaga-Maisonneuve, Tétreaultville, Pointe-aux-Trembles et Villeray. Dans les quartiers plus anciens, comme Centre-Sud, les cours arrière sont généralement accessibles par l'intermédiaire de portes cochères. Dans les quartiers plus récents, lotis après le milieu du XXe siècle, les jardins arrière sont contigus et ne disposent pas de voies d'accès.

Origine[modifier | modifier le code]

Le concept de ruelle aurait été importé de Grande-Bretagne à la fin du XIXe siècle. L'augmentation très rapide de la population montréalaise à cette époque forçait les promoteurs à construire des habitations serrées, alignées perpendiculairement aux rues. Pour gagner de l'espace, la porte cochère fut abandonnée et on aménagea une voie parallèle permettant d'accéder à l'arrière des lots.[2]

Description[modifier | modifier le code]

Bien qu'étant assez larges pour permettre le passage de véhicules, les ruelles de Montréal ne sont pas considérées comme des rues et elles ne sont pas nommées. Pour les désigner, on emploie des périphrases comme «la ruelle entre la rue de la Roche et la rue Christophe-Colomb», par exemple. Relevant de l'administration municipale depuis 1960, elles sont asphaltées et entretenues par la Ville de Montréal, mais le déneigement n'y est pas systématique.

La plupart des ruelles de Montréal présentent un aspect très vert, dû à la végétation des jardins privés qui les bordent. Les chats y sont nombreux, de même que les écureuils, et on peut même y rencontrer des mouffettes.

Aux abords des avenues commerciales, elles prennent une apparence plus urbaine.

Utilité[modifier | modifier le code]

Plus intimes et plus calmes que les rues, les ruelles étaient autrefois le cadre des rencontres entre voisins, des jeux d'enfants, du passage de certains marchands, etc. Le très fort taux de natalité dans la première moitié du XXe siècle au Québec en faisait les territoires de jeux par excellence des enfants, qui pratiquaient le hockey l'hiver, le baseball l'été.

Aujourd'hui, les ruelles servent surtout de lieu de promenade (à pied ou à bicyclette) et de voies d'accès aux jardins et aux places de stationnement privées. Dans certains quartiers, les camions chargés du ramassage des ordures ménagères y passent. Ailleurs, c'est le véhicule de l'aiguiseur ambulant ou celui du ramasseur de ferrailles.

Ruelles vertes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ruelle verte.
Exemple d'une ruelle verte

Depuis les années 1990, un mouvement d'aménagement environnemental des ruelles s'est développé, sous le nom de «ruelles vertes». Il s'agit pour les riverains de se réapproprier cet espace public en augmentant la couverture végétale et en aménageant divers éléments qui favorisent le voisinage, la qualité de vie, la sécurité et l'environnement[3]. Il en existe une trentaine dans le Plateau-Mont-Royal[4].

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Carpentier, Ruelles, jours ouvrables, Éditions du Boréal, 2005.