Place Charles II

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Place Charles II
Image illustrative de l’article Place Charles II
La place Charles II - Vue depuis le beffroi le jour du marché.
Situation
Coordonnées 50° 24′ 42″ nord, 4° 26′ 41″ est
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Ville Charleroi
Morphologie
Type Place
Forme Hexagonale
Histoire
Création 1666
Anciens noms Place de la Ville-Haute
Monuments Hôtel de Ville
Église Saint-Christophe

Géolocalisation sur la carte : Charleroi (ville)

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Place Charles II

Géolocalisation sur la carte : Belgique

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Place Charles II

La place Charles II est le cœur historique de la ville de Charleroi, autrefois la place d'Armes de la forteresse fondée en 1666. Charles II était roi d'Espagne et des Pays-Bas lors de cette fondation. Communément appelée Place de la Ville-Haute, elle ne reçut son nom qu'en 1912[1]. Elle est aussi nommée « place des jets d'eau » à la suite de l'installation de fontaines.

Histoire[modifier | modifier le code]

La place garde le tracé hexagonal de la forteresse espagnole, qui s'inspire du modèle idéal de la Renaissance appliqué à Palmanova (1593), actuellement en Italie.

Ce plan avait pour but de permettre un déplacement facile pour les troupes entre le centre et les bastions. Six rues menaient aux six bastions. Des rues parallèles aux côtés de la place délimitent des îlots bâtis. Un îlot sur deux, ceux réservés à l'habitat, est percé d'une rue dont deux menaient à des portes. La porte de Bruxelles au nord, la porte de France au sud-ouest. Le bâti de la place a évolué tout en gardant le tracé du projet initial.

Au XIXe siècle, c'est sur cette place qu'étaient organisées les exécutions de la peine de mort. En 1862, on y décapita notamment certains membres de la Bande Noire, plus de 20 000 personnes assistèrent à l'exécution par la guillotine d'Auguste Leclercq et de Jean-Baptiste Boucher.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, la place est devenue un rond-point et une zone de stationnement. Dans les années 1990, la rénovation de la place a permis de mettre en évidence son tracé hexagonal.

Adresses notables[modifier | modifier le code]

  • A - Hôtel de Ville
    À cet emplacement se trouvait initialement une caserne de cavalerie, puis, au milieu du XIXe siècle, le Palais de Justice, avant que celui-ci ne déménage au boulevard Central (actuellement boulevard Audent) en 1880. Le bâtiment actuel date de 1936.
  • B - Église Saint-Christophe
    Avant l'agrandissement de 1956, deux ruelles étaient contiguës à l'église : ruelle Saint-Jacques[2] et ruelle Saint-Christophe[3].
  • n° 23 : Maison des Huit Heures.
    Construit dans l'îlot sud, à l'emplacement de l'Hôpital militaire, ce café est le symbole des luttes sociales.

Rues adjacentes[modifier | modifier le code]

Neuf rues aboutissent à la place. Le nom de la plupart d'elles fut officiellement attribué par le Conseil communal le . Avant cette date, les habitants donnaient des noms qui leur paraissaient les mieux appropriés, sans tenir compte d'histoire ou d'étymologie[4].

Rue Neuve[modifier | modifier le code]

Le Palais du film, ancien cinéma de la rue Neuve (n° 57) qui en comportait plusieurs autres[n 1],[n 2]. Sgraffite (repeint) signé Adam.

1. Appelée rue de Bruxelles au début du XVIIIe siècle car menant à la porte du même nom. Par la suite, ce nom fut conservé pour la section entre la place et la rue de l'Aigle Noir, le reste, créé lors de la construction de la forteresse hollandaise en 1816, devenant la rue Neuve (dont le nom date de 1860). Plus tard, c'est toute la rue qui reçut ce nom. Dès 1873, un tramway y passe qui relie la Ville-Haute au Faubourg et Gilly. C'est une rue commerciale dès sa création[5]. Elle comporte encore certains ensembles de façades datant du XIXe siècle, mais aux rez-de-chaussée transformés[6].

Rue de la Régence[modifier | modifier le code]

Bâtiment situé à l'angle des rues de la Régence et des Trois Rois qui conserve dans sa façade des pierres antérieures à sa destruction lors du siège de 1693[6].

2. À l'époque du Royaume uni des Pays-Bas, la Régence désignait l'ensemble de magistrats communaux connu aujourd'hui sous le nom de collège communal. C'est à cela que l'on doit la dénomination de cette rue.
En 1668, cette rue s'appelait Rue du Franc Cavalier, nom d'un ouvrage de fortification. C'est encore ce nom qui se trouve sur un plan dressé en 1808[7]. À cette époque, la rue se terminait par un îlot triangulaire qui formait comme un bouchon (voir le plan de la Ville-Haute vers 1865, ci-dessus). De part et d'autre du bouchon, il y avait une ruelle : la Ruelle des Étoiles à l'est, la Ruelle du Puits à l'ouest. Au delà, il y avait ce qui restait des fortifications démantelées depuis 1748. Un temps, elle prit le nom de Rue du Curé.

Bâtiment situé au n° 19 de la rue de la Régence. Datant de 1818, il fut successivement occupé par les services du génie de l'armée, la police judiciaire de 1927 à 1944 et actuellement par la Province de Hainaut[8].

Lors de la construction de la forteresse hollandaise en 1816, la Ville-Haute fut agrandie vers le nord, et la nouvelle rue après le bouchon prit le nom de rue de l'Arsenal. Après la destruction des fortifications et du bouchon, la rue prit le nom de Rue du Cavalier. Le nom de Rue de la Régence fut adopté en 1922[9].

Rue Vauban[modifier | modifier le code]

3. Elle doit son nom à Sébastien Le Prestre de Vauban qui agrandit la ville après la prise par Louis XIV en 1667[10]. Avant 1860, elle portait le nom de Chemin du Magasin à Poudre[7].

Rue du Gouvernement[modifier | modifier le code]

4. Elle porte ce nom en souvenir de l'ancienne maison du gouverneur de la forteresse qui s'y trouvait[11].

Rue d'Orléans[modifier | modifier le code]

5. Un des bastions de la forteresse construite par Vauban portait ce nom pour honorer la famille d'Orléans. Elle porte ce nom depuis 1860, avant cette date, elle portait le nom de rue du Puits d'Orléans, faisant référence au puits creusé à cet endroit[12].

Rue de la Montagne[modifier | modifier le code]

6. Lien direct entre la Ville-Haute et la Ville-Basse, elle porte ce nom depuis 1860 pour la partie basse. La partie haute, débouchant sur la place, s'appelait rue Charles II jusqu'en 1912[13].

Rue de France[modifier | modifier le code]

7. Dans la forteresse de Vauban, elle conduisait à une porte initialement appelée Porte de Darmey parce qu'elle permettait de se diriger vers Dampremy. Ce nom fut modifié en Porte royale de France. C'est en 1860 que la rue reçut son nom actuel[14].

Rue Turenne[modifier | modifier le code]

Maison du bailli, rue Turenne 2-4.

8. Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne avait pris Charleroi aux Espagnols en 1667. La rue porte son nom depuis 1860. Avant cela, elle s'appelait Grande rue des cavaliers, en référence aux ouvrages de fortification[15]. Aux numéros 2 et 4 de cette rue se trouve la « Maison du bailli », liée à la famille des Desandrouin. De style Louis XVI, cette maison fut bâtie à la fin XVIIIe siècle[16]

Rue du Dauphin[modifier | modifier le code]

9. D'après le nom d'un des bastions de la forteresse, nommé bastion du Dauphin en hommage au fils de Louis XIV[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon les sources :
  2. En 1957, Charleroi compte 17 salles de cinéma pour un total de 9 308 sièges et 2 243 272 entrées. Source : Jean Remy, Charleroi et son agglomération, t. 1 : Unités de vies sociales - Caractéristiques socio-économiques, Bruxelles, Centre de recherches socio-religieuses, Sodegec, 1962 (?), 508 p., p. 111.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Everard 1959, p. 53
  2. Everard 1959, p. 192
  3. Everard 1959, p. 191
  4. Everard 1959, p. 19
  5. Everard 1959, p. 157
  6. a et b Alexandra Vanden Eynde, Anne-Catherine Bioul, Micheline Franc, Marie-Luisa Pazzaglia, Anne-Cécile Ghigny, Martine Soumoy et Marie-Jeanne Ghenne, Balade dans les souvenirs des forteresses, Charleoi, Espace Environnement ASBL, , 2e éd. (1re éd. 1986), 20 p., A4 (lire en ligne), p. 12
  7. a et b Jean Fichefet, Charleroi - Étude de Géographie urbaine, Charleroi, Librairie de la Bourse, , 218 p., p. 87
  8. Everard 1959, p. 185-186
  9. Everard 1959, p. 183
  10. Everard 1959, p. 209
  11. Everard 1959, p. 106
  12. Everard 1959, p. 163
  13. Everard 1959, p. 145
  14. Everard 1959, p. 96
  15. Everard 1959, p. 206
  16. Anne-Catherine Bioul, Alain Dauchot et Jean Alexandre Pouleur, Charleroi, ville d'architectures : Du Temps des Forteresses aux Années Folles 1666-1940, Bruxelles, Atelier Ledoux, Espace Environnement, , p. 18
  17. Everard 1959, p. 74

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jean Everard, Monographie des rues de Charleroi, Charleroi, Collins, , 223 p., In-12. 
  • Philippe Mac Kay, Marianne Bruneau et Denis Gauvain, Charleroi d'hier et d'aujourd'hui : Rue par rue, Charleroi, coll. « Un dossier de La Nouvelle Gazette »,
  • Alexandra Vanden Eynde, Cédric Swennen, Nicolas Rochet et al., Carnet des villes de Charleroi, Liège & Namur, Charleroi, Espace Environnement, coll. « Septentrion, de la ville forte à la ville durable », , 67 p. (lire en ligne), p. 5-26. 

Articles connexes[modifier | modifier le code]