Rue des Boulets

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Rue des Boulets (métro de Paris).

11e arrt
Rue des Boulets
Image illustrative de l’article Rue des Boulets
Rue des Boulets vue depuis la rue du Faubourg-Saint-Antoine.
Situation
Arrondissement 11e
Quartier Sainte-Marguerite
Début Rue du Faubourg-Saint-Antoine
Fin Boulevard Voltaire
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Rue des Boulets

La rue des Boulets est une rue de Paris située dans le 11e arrondissement, dans le quartier Sainte-Marguerite.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par la station de métro Rue des Boulets.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Trois origines sont envisageables :

  1. le nom proviendrait d'un lieu-dit « des Boulets » ;
  2. ou bien prendrait son origine dans les guerres de religion du XVIe siècle (boulets de canon) ;
  3. une troisième hypothèse (plus probable) serait le renvoi, par le terme « boulets », à un type de charbon distribué sous forme de palets, d'une taille qui permettait un transport et un stockage plus maniables, dans les quartiers de nombreuses villes, au XIXe et au début du XXe siècles[1].

« Pour cuisiner et se chauffer au début du XXe siècle, les Parisiens utilisaient principalement le charbon comme combustible. […] Le combustible, tel qu'il sort de la mine, c'est-à-dire en morceaux de grosseurs diverses mélangés de poussier, s'appelle “tout-venant”. »

Le tout-venant, dans chaque qualité de charbon, est le combustible dont le prix est le moins élevé.

Le prix augmente ensuite de plus en plus, à mesure que la grosseur diminue, jusqu'aux morceaux de la grosseur d'un œuf de poule, parce qu'ils nécessitent des criblages successifs, c'est-à-dire de la main-d'œuvre.

On appelle « gaillette », ou « gailletins », les combustibles ainsi criblés. La gaillette ou gailletterie comprend des morceaux de la grosseur de la tête ; le gailletin a la grosseur du poing.

Au-dessous de cette grosseur, les gailletins diminuent de prix, parce qu'il faut des grilles ou des foyers spéciaux pour les brûler.

Les morceaux de la grosseur 15/18, c'est-à-dire ceux qui passent par un crible dont les mailles ont 15 à 18 millimètres de largeur, s'appellent « têtes de moineaux » ; ils tendent cependant à augmenter de prix à Paris, surtout pour les charbons maigres et les anthracites, en raison de la quantité considérable de foyers destinés à les utiliser qui ont été construits spécialement pour les appareils de chauffage. Les poussiers et menus, principalement ceux d'anthracite, coûtaient très bon marché, 18 à 20 francs la tonne, il y a dix ou quinze ans. Leur prix tend de plus en plus à augmenter, parce qu'on a construit beaucoup de foyers destinés à les brûler, et parce qu'on les emploie en grandes quantités pour fabriquer des agglomérés (briquettes, charbon de Paris, boulets, etc.)[2].

Historique[modifier | modifier le code]

La rue des Boulets, déjà connue en 1672, est une des sections du chemin de Saint-Denis à Saint-Maur. Au début du XIXe siècle, la rue des Boulets commençait rue de Charonne et finissait rue de Montreuil[3]. Elle était prolongée au nord, jusqu'à la rue de la Roquette, par la rue de la Muette[4], et au sud jusqu'à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, par la rue Saint-Denis-Faubourg-Saint-Antoine (pour ne pas la confondre avec la rue Saint-Denis)[5]. En 1868, la rue de la Muette et la rue Saint-Denis-Faubourg-Saint-Antoine sont incorporées à la rue des Boulets[6]. En 1944, la section au nord du boulevard Voltaire est rebaptisée rue Léon-Frot (ce qui explique la dénomination de la rue Neuve-des-Boulets).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Paris myope. Au charbon », sur parismyope.blogspot.fr (consulté le 30 décembre 2015).
  2. G. Debesson, Le Chauffage des habitations. Étude théorique et pratique des procédés et appareils employés pour le chauffage des édifices, des maisons, des appartements, Éditions Dunod, 1920.
  3. Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, p. 84 [lire en ligne]
  4. Ibid., p. 473 [lire en ligne].
  5. Ibid., p. 180 [lire en ligne].
  6. Adolphe Alphand (dir.), Adrien Deville et Émile Hochereau, Ville de Paris : Recueil des lettres patentes, ordonnances royales, décrets et arrêtés préfectoraux concernant les voies publiques, Paris, Imprimerie nouvelle (association ouvrière), , « Arrêté du 2 avril 1868 », p. 381.