Rue des Écoles (Paris)

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5e arrt
Rue des Écoles
Vue de la rue
Vue de la rue
Situation
Arrondissement 5e
Quartier Saint-Victor et Sorbonne
Début 32 rue du Cardinal-Lemoine
Fin 27 boulevard Saint-Michel
Morphologie
Longueur 775 m
Largeur 20 m
Historique
Création
Géocodification
Ville de Paris 3129
DGI 3098

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue des Écoles
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

La rue des Écoles est une voie du 5e arrondissement de Paris.

Situation[modifier | modifier le code]

Parallèle à la Seine, elle commence à l'intersection entre la rue du Cardinal-Lemoine et la rue des Fossés-Saint-Bernard et se termine au boulevard Saint-Michel. Très fréquentée par les étudiants, elle relie le campus de Jussieu au Collège de France et à la Sorbonne.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Ainsi nommée car elle traverse le quartier des écoles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Transformations de Paris sous le Second Empire.

Réalisée entre 1852 et 1868, la rue des Ecoles répond en fait à une demande ancienne des habitants du quartier qu'elle traverse.

Le Quartier latin dans la première moitié du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Entre 1800 et 1850, la population de Paris passe d'un demi-million à un million et demi, engendrant un encombrement sans précédent du centre de la capitale, tant pour le logement que pour la circulation. De plus, il y a une forte disparité économique entre la rive gauche et la rive droite. Aussi, les 11e et 12e arrondissements abritent-ils une population pauvre avec de nombreux inactifs. Par ailleurs, sur la rive gauche se trouvaient de très nombreux établissements religieux dont certains, devenus biens nationaux à la Révolution ont donné lieu plus tard à un lotissement anarchique. C'est ainsi le cas de l'enclos Saint-Jean de Latran, ancienne commanderie des Hospitaliers, devenu un quartier particulièrement misérable. Contrairement au reste de Paris, le 12e arrondissement a connu une épidémie de choléra de 1849 plus meurtrière que celle de 1832. Le versant nord de la Montagne Sainte-Geneviève, cumulant les effets de l'entassement du centre de Paris et ceux de la désaffection de la rive gauche par les classes aisées, est ainsi réputé habité par une population de chiffonniers. C'est dans ce cadre que presque tous les établissements d'enseignement supérieur (Faculté de médecine, Faculté de droit, Faculté des lettres, École polytechnique, Collège de France...) ainsi que de grands collèges, sont implantés. Ces écoles sont par ailleurs mal reliées entre elles et les élèves ont l'habitude, pour aller des unes aux autres, d'emprunter des cours d'immeubles. Face à cet état de fait, de nombreuses voix s'élèvent dans les années 1840-1850 pour demander le percement d'une rue qui serait l'équivalent sur la rive gauche de la rue de Rambuteau (réalisée en 1838 par le préfet de la Seine du même nom), afin de favoriser la circulation de l'air comme celle des véhicules et piétons, permettre l'installation de classes aisées dans les immeubles qui borderont la voie, contribuant ainsi à la dynamisation économique du quartier. Ces voies viennent à la fois des habitants et de leurs représentants (les maires d'arrondissement) et d'universitaires qui jugent l'état du Quartier latin indigne de la grande ville universitaire qu'est et doit demeurer Paris.

Le projet et son cheminement[modifier | modifier le code]

Réalisations précédentes[modifier | modifier le code]

Il est fait état dans la Revue municipale, qui défend notamment le projet, d'une rue Neuve du Puis-Certain qui aurait été demandée dans un mémoire adressé au roi Charles X et dont le tracé correspondrait à peu près à la future rue des Ecoles. On ne sait pas grand-chose de ce premier projet.

C'est dans les années 1830 que commence à se réaliser un ancêtre direct du projet de rue des Ecoles : la rue de l'École-Polytechnique. Elle est d'abord l'oeuvre d'un particulier, D. Mayet, qui achète en 1833 à l'Etat l'ancien Collège des Grassins, lequel recouvrait presque totalement le tracé de la future rue. La percée n'est cependant réalisée qu'en 1846, moyennant un petit nombre d'expropriations et des travaux d'ampleur modeste. C'est à ce moment qu'on conçoit la rue des Ecoles comme une voie reliant en une seule voie la rue de l'Ecole polytechnique à la rue de l'École-de-Médecine, via la rue du Mont-Saint-Hilaire rectifiée et la place de Cambrai (actuelle place du Collège de France).

A compléter[modifier | modifier le code]

La rue des Écoles vue du boulevard Saint-Michel vers 1853-1870 (Charles Marville, photographe).

La rue est ouverte le 24 juillet 1852 entre la rue Jean-de-Beauvais et le boulevard Saint-Michel et le 11 août 1855 entre la rue du Cardinal-Lemoine et la rue Jean-de-Beauvais. Elle doit son nom à sa proximité historique avec les nombreuses écoles et collèges médiévaux qui l'entourent et qu'elle joint[1].

C'est Napoléon III qui, avant de confier à Haussmann le soin de percer des artères dans Paris, avait initié la création de la voie. D'une ambition plus modeste, ce percement est finalement rendu inutile par la tracé du boulevard Saint-Germain.

Le donjon de Saint-Jean-de-Latran et l'ancien théâtre du Panthéon (lui-même érigé à l'emplacement de l'église Saint-Benoît-le-Bétourné), qui se trouvaient sur le tracé de la rue des Écoles, furent rasés. Le portail de l'église a été réédifié dans le square de Cluny[2]. Disparurent également lors de l’ouverture de la rue des Écoles et de la rue Monge, toutes les rues, perpendiculaires à la rue Saint-Victor et à la rue Traversine : Rue de Versailles, rue du Bon-Puits, rue du Paon, et rue du Mûrier.

Plan partiel de 1713 de Jaillot ou apparaissent les rues qui seront supprimées lors du percement, à Paris, de la rue des École et de la rue Monge

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

En se déplaçant de son début rue du Cardinal-Lemoine jusqu'au boulevard Saint-Michel.

Square Paul-Langevin et l'arrière du ministère de la Recherche[modifier | modifier le code]

Situé sur le côté gauche de la rue, à l’intersection avec la rue Monge, se trouve le square Paul-Langevin.

Derrière le square, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche est logé dans les anciens bâtiments de l'École polytechnique qui a déménagé à Palaiseau sur les hauts plateaux d'Orsay.

Statue d'Eminescu[modifier | modifier le code]

Cette statue du célèbre poète roumain Mihai Eminescu due au sculpteur roumain Ion Vlad (ro) (1900-1992), est située à droite de la rue, à l’intersection avec la rue Jean-de-Beauvais.

Collège de France[modifier | modifier le code]

L'entrée principale du Collège de France est située au no 11 de la place Marcelin-Berthelot, légèrement en recul de la rue des Écoles derrière le square Michel-Foucault et le square Auguste-Mariette-Pacha, entre la rue Saint-Jacques et l'impasse Chartière. Sur le mur presque au coin avec la rue Saint-Jacques, une plaque commémorative rappelle que Claude Bernard a enseigné au Collège de France de 1847 à 1878.

Devant l'entrée du Collège de France, a été érigée en 1946 la statue en pierre de Claude Bernard par Raymond Couvègnes, et dans le square Auguste-Mariette-Pacha, en 1928 la statue en pierre de Pierre de Ronsard par Aristide Rousaud[3].

La Sorbonne[modifier | modifier le code]

La façade nord de la Sorbonne, dite « nouvelle Sorbonne » donne sur la rue des Écoles entre la rue de la Sorbonne et la rue Saint-Jacques. C'est l'entrée principale dont on se sert pour les cérémonies. Élevée à la fin du XIXe siècle, elle est ornée de deux frontons représentant, à gauche les Sciences par Antonin Mercié, à droite les Lettres par Henri-Michel-Antoine Chapu. La façade également huit statues allégoriques, œuvres de sculpteurs académiques, dont :L'Histoire Naturelle de Émile Joseph Nestor Carlier.

Square Paul-Painlevé et statue de Montaigne[modifier | modifier le code]

Juste en face de la Sorbonne se trouve le square Paul-Painlevé qui relie la rue des Écoles à la rue Du Sommerard où est située l'entrée du Musée national du Moyen Âge dans l'Hôtel de Cluny.

Devant le square et faisant face à la Sorbonne, la statue de Montaigne assis, œuvre du sculpteur Paul Landowski (1896-1961), offerte en 1934 à la ville de Paris par le docteur Armengaud. Cette statue initialement en pierre a été remplacée en 1989 par une copie en bronze, mieux à même de supporter les farces des étudiants ainsi que le vandalisme. Sur le socle de la statue, on peut lire :

« Paris a mon cœur dès mon enfance. Je ne suis français que par cette grande cité. Grande surtout et incomparable en variété. La gloire de la France et l’un des plus nobles ornements du monde. »

Autres[modifier | modifier le code]

  • Au no 2, emplacement de l'ancienne porte Saint-Victor de l'enceinte de Philippe Auguste ; cette porte se trouvait initialement sur la rue Saint-Victor qui a été détruite en partie par l'ouverture de la rue des Écoles au XIXe siècle. Avant la construction vers 1980 de l'immeuble moderne du no 2, des vestiges de l'enceinte étaient encore visibles.
Emplacement de l'ancienne porte Saint-Victor
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Voies rencontrées[modifier | modifier le code]

La rue des Écoles rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire historique des rues de Paris, Jacques Hillairet, éditions de Minuit, p.464
  2. À travers le Quartier Latin, Octave Charpentier, A. Plicque et Cie Éditeurs, p.196
  3. Square Michel-Foucault sur le site de la Ville de Paris.
  4. Louis Braille
  5. Jacques Rougerie, « 1871 : la Commune de Paris », in Christine Fauré (dir.), Encyclopédie politique et historique des femmes, PUF, 1997, pp. 405-431.
  6. a et b Plaque apposée sur l'immeuble.
  7. Notice no PA75050004, base Mérimée, ministère français de la Culture.