Rue de la Pompe

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16e arrt
Rue de la Pompe
Voir la plaque.
Voir la photo.
Croisement avec la rue de Longchamp.
Situation
Arrondissement 16e
Quartier Muette
Porte Dauphine
Début 100, avenue Paul-Doumer
Fin 41, avenue Foch
Morphologie
Longueur 1 690 m
Largeur 15 m
Historique
Ancien nom Route départementale no 10
Géocodification
Ville de Paris 7544
DGI 7587
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Rue de la Pompe
Géolocalisation sur la carte : 16e arrondissement de Paris
(Voir situation sur carte : 16e arrondissement de Paris)
Rue de la Pompe
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La rue de la Pompe est une voie située dans les quartiers de la Muette et de la Porte-Dauphine du 16e arrondissement de Paris.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Constituant l'une des plus longues rues de l'arrondissement, elle croise notamment l’avenue Victor-Hugo et l’avenue Henri-Martin.

La rue est desservie sur toute sa longueur par la ligne de bus RATP 52 et :

  • côté nord, par la ligne (M)(2) à la station Victor Hugo,

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Plaque.

La rue doit son nom à la pompe qui fournissait l'eau au château de la Muette[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Cette voie, qui est présente à l'état de chemin sur le plan de Roussel de 1730, longeait les murs du château de la Muette, puis traversait la plaine de Passy.

Avant l'annexion à Paris de la commune de Passy, et par décret du , cette voie faisait partie de la route départementale no 10.

La partie qui était comprise entre l’avenue Foch et la rue Pergolèse a pris le nom de « rue Duret » en 1868 :

« Napoléon, etc.,
sur le rapport de notre ministre secrétaire d’État au département de l'Intérieur,
vu l'ordonnance du 10 juillet 1816 ;
vu les propositions de M. le préfet de la Seine ;
avons décrété et décrétons ce qui suit :
Article 12. — La partie de la rue de la Pompe comprise entre les avenues de la Grande-Armée et de l'Impératrice, prendra le nom de rue Duret ;
etc.
Article 17. — Notre ministre secrétaire d'État au département de l'Intérieur est chargé de l'exécution du présent décret.
Fait au palais de Fontainebleau, le 10 août 1868[2]. »

La placette devant l'avenue Jules-Janin a été classée par décret du puis incorporée à la rue de la Pompe (no 12). Une autre entrée de cette voie privée se trouve au niveau du no 32 de la rue de la Pompe.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

  • L'écrivain et illustrateur britannique George du Maurier (1834-1896) a passé son enfance dans la rue. Il y fait grandir le personnage principal de son premier roman, Peter Ibbetson.
  • No 7 : l'architecte Georges Debrie est l'auteur de l'immeuble de plus de cinq étages dans le style haussmannien (1898).
  • No 9 : librairie Huret, fondée en 1973, spécialisée en livres anciens, éditions et manuscrits rares ainsi qu'en « plats historiés » (des ouvrages publiés après 1865 avec une couverture en percaline)[3].
  • No 10 : le compositeur Alfred Bruneau y vit entre 1910 et 1924. Une plaque lui rend hommage.
  • No 11 : dans les années 1970 se trouve au rez-de-chaussée un temple baha'i[4].
  • No 25 : ancien fleuriste Orève, ouvert après la construction de l'immeuble (par l'architecte Lecourtois), en 1911. La devanture, trois arcades revêtues de briques vernissées avec des mosaïques représentant des motifs végétaux, est restée identique. Des serres se trouvaient autrefois à l'arrière de la boutique. Orève est fermé en 1987[5] et devient un restaurant, Bon, aménagé par Philippe Starck[6]. La façade sur rue et la devanture sont inscrites MH par arrêté du [7].
  • No 31 : lycée Gerson, établissement d’enseignement catholique.
  • No 34 : le pédiatre Gaston Lévy y ouvre son cabinet en 1932.
  • Nos 51 bis-53 : église du Cœur-Immaculé-de-Marie (Mission catholique espagnole)[1].
  • No 52 : ici s'établit en 1897 l'école de La Providence, dont l'origine remonte à l'établissement fondé en 1816 par Madame Royale et les sœurs de la Providence de Portieux en la paroisse Saint-Roch ; il connaît plusieurs adresse avant d'être de déménager 28, rue des Marronniers en 1886, puis rue de la Pompe. Le nouveau bâtiment construit en deux ans dispose d'une chapelle. En 1907, la loi de séparation des Églises et de l'État oblige les religieuses à quitter leurs fonctions ; elles sont remplacées l'année suivante par l'Association des pères et mères de famille (APMF), des sœurs « sécularisées » assurant la direction et les cours. En 1929, l'artiste-décoratrice Lucie Roisin réalise une frise en Lap pour la nouvelle chapelle. Dans les années 1950 sont construits le bâtiment Saint-Joseph, le préau, le gymnase, le premier étage et la terrasse. En 1955, le pensionnat ferme. En 1966-1967, un accord est conclu avec l'Institut de la Tour voisin (86, rue de la Tour), à qui revient l'enseignement secondaire, tandis que La Providence est désormais chargé des maternelles et des primaires. La dernière religieuse à diriger l'école quitte son poste en 1981, lui succédant depuis des directrices laïques. Des sœurs de la Providence résident cependant toujours dans des bâtiments annexes. En 2005, la tutelle de l'école passe au diocèse. De 200 élèves en 1910, La Providence passe à 400 en 1933, 800 en 1961 et 760 élèves répartis sur 25 classes en 2016[8].
  • No 73, au croisement avec l’avenue Henri-Martin : la mairie de l'arrondissement.
  • No 81 : villa Herran, voie privée.
  • No 83 : la tragédienne Caroline-Eugénie Segond-Weber y vécut. Une plaque lui rend hommage.
  • No 89 : l'écrivain François Mauriac s'installe ici en jusqu'en 1931[9]. Son fils Claude Mauriac, également écrivain, y est né le 25 avril 1914[10]. L'actrice Brigitte Bardot[11], ainsi que Jacques Attali[12], y vécurent également. Le résistant Pierre Brossolette y tint une librairie entre 1940 et 1942.
  • Nos 94 à 116 : la façade ouest du lycée Janson-de-Sailly.
  • No 99-103 : avenue de Montespan, voie privée.
  • No 107 : l'écrivaine Georgie Raoul-Duval (1866-1913) y vécut.
  • No 115 : le maréchal Joseph Joffre y vécut ; une plaque lui rend hommage. La romancière russe Irène Némirovsky y a également habité, après avoir fui la Russie bolchévique en 1919[13].
  • No 118 : librairie Lamartine, fondée en 1926. Elle doit son nom au poète Alphonse de Lamartine, qui vécut dans un chalet aujourd'hui détruit, situé non loin, à hauteur des nos 107-113 de l'avenue Henri-Martin. En collaboration avec Le Livre de poche, la librairie Lamartine organise chaque année un prix des lecteurs[3].
  • No 123 : école primaire de l'École internationale bilingue.
  • No 128 : Charles Baudelaire y loge peu de temps en 1852 (?) chez des amis du général Aupick.
  • No 129 bis : magasin de vêtements masculins Renoma, ouvert par Maurice Renoma en 1963. Dans le contexte des Sixties, où la mode est renouvelée par rapport aux codes stricts qui prévalaient jusque là, la boutique obtient un succès rapide, habillant autant les jeunes gens des quartiers bourgeois que des personnalités, comme Nino Ferrer, Bob Dylan, John Lennon ou encore Serge Gainsbourg[14].
  • No 159 : rue Dosne, voie privée.
  • No 180 : ici s'établit en 1944 un centre de torture de la police allemande ; plus de 300 résistants y ont été torturés[15].
  • No 183 : c’est devant cet immeuble, où se trouve son domicile, que Luchino Revelli-Beaumont, directeur général de Fiat-France, est enlevé le par un « groupuscule prétendument révolutionnaire[16] ».
  • No 184 (et 4, rue de Lasteyrie) : ancien hôtel particulier de la Belle Époque dont l’entrée principale, rue de Lasteyrie, est mise en valeur par une impressionnante marquise[17]. C'est, en 2021, le siège d'un groupe immobilier.
  • Durant l'Occupation, des bureaux de la Résistance sont installés rue de la Pompe, où travaille notamment la secrétaire de Jean Moulin, Laure Diebold. Le 24 septembre 1943, elle est arrêtée par les Nazis. Le lendemain, ignorant tout, Daniel Cordier monte à l'appartement ; il raconte a posteriori : « Après mon coup de sonnette, je n'entends pas Laure quitter son bureau, avec ses semelles en bois qui martèlent le parquet lorsqu'elle marche […]. Aujourd'hui, aucun bruit ». Suspicieux, il ne reste pas[18].

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de minuit, septième édition, 1963, t. 2 (« L-Z »), « Rue de la Pompe », p. 285.
  2. MM. Alphand, A. Deville et Hochereau, Recueil des lettres patentes, ordonnances royales, décrets et arrêtés préfectoraux concernant les voies publiques.
  3. a et b « Nos belles librairies », Paris 16 Le Mag, magazine d'information de la mairie du 16e arrondissement, n°8, septembre 2021, p. 22-23.
  4. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de minuit, troisième édition, 1963, supplément, 1972, « Rue de la Pompe », p. 107.
  5. « Ancien fleuriste Orève », www.patryst.com (consulté le 25 décembre 2017).
  6. Emmanuel Rubin, « Ces trente tables qui ont changé le goût de Paris », Le Figaroscope, semaine du mercredi 20 au 26 décembre 2017, p. 10-11.
  7. Base Mérimée.
  8. « Historique », www.la-providence-passy.com, 17 mai 2016.
  9. Jean-Luc Barré, François Mauriac, biographie intime, t. I : 1885-1940, Éditions Fayard, 2009 (ISBN 978-2-213-62636-9), p. 219 et 450.
  10. Archives de Paris 16e, acte de naissance no 465, année 1914 (page 11/31) (avec mention marginale de décès).
  11. Marie-Dominique Lelièvre, Brigitte Bardot. Plein la vue, Flammarion, 2012, 352 p. (ISBN 978-2081246249), p. 15.
  12. Marie-Dominique Lelièvre, Jacques Attali. Plein la vue, Flammarion, 2012, p. 15.
  13. « 2013 DU 243 Attribution à une voie de la dénomination “allée Irène Némirovsky” (15e) », paris.fr, consulté le 20 juin 2018.
  14. Mathieu Alterman, « Confidentiel », Vanity Fair n°84, novembre 2020, p. 94-99.
  15. Marie-Josèphe Bonnet, Tortionnaires, truands et collabos. La bande de la rue de la Pompe, 1944, Rennes, Éditions Ouest-France, , 189 p. (ISBN 978-2-7373-6042-8).
  16. « Trente ans après : les secrets d’un enlèvement », Le Monde, 28 décembre 2007.
  17. Protections patrimoniales, 16e arrondissement, Ville de Paris, Règlement du PLU, tome 2, annexe VI, p. 340 à 432.
  18. Benoît Hopquin, « Laure Diebold, alias « Mado », secrétaire de Jean Moulin et résistante de la première heure », Le Monde,‎ .