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Rue de l'Homme-Armé (Toulouse)

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Rue de l'Homme-Armé
Image illustrative de l’article Rue de l'Homme-Armé (Toulouse)
Le coin ouest de la rue de l'Homme-Armé.
Situation
Coordonnées 43° 35′ 41″ nord, 1° 26′ 34″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Haute-Garonne
Métropole Toulouse Métropole
Ville Toulouse
Quartier(s) Carmes
Début no 5 rue des Moulins
Fin no 25 rue des Moulins
Morphologie
Longueur 116 m
Largeur m
Odonymie
Anciens noms Rue où-sault-l'Ort-des-Minorettes (XVe siècle)
Rue du Sauvage (XVIe – XVIIIe siècle)
Rue de la Roquette (XVIIIe siècle)
Rue Bienfaitrice (1794)
Nom actuel XVIIIe siècle
Nom occitan Carrièra del Salvatge
Histoire et patrimoine
Création avant le XIIIe siècle
Protection Site patrimonial remarquable (1986)
Notice
Archives 315553465614
Chalande 18
Géolocalisation sur la carte : Toulouse
(Voir situation sur carte : Toulouse)
Rue de l'Homme-Armé
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Rue de l'Homme-Armé

La rue de l'Homme-Armé (en occitan : carrièra del Salvatge) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France. Cette rue, particulièrement étroite, est réputée pour sa statuette naïve représentant un « sauvage » d'Amérique, connu comme l'« homme armé », qui lui a donné son nom.

Situation et accès

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Description

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La rue de l'Homme-Armé est une voie publique. Elle se trouve au sud du quartier des Carmes. Elle appartient au site patrimonial remarquable de Toulouse.

Cette rue très étroite, longue de 116 mètres et large de seulement 3 mètres, naît perpendiculairement à la rue des Moulins. Après 30 mètres, elle oblique à droite et se termine en rejoignant la rue des Moulins. Elle s'élargit à ce carrefour, formant une petite place, désignée au XVIe siècle comme la place du Sauvage.

La chaussée ne compte qu'une seule voie de circulation automobile en sens unique. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de bande, ni de piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées

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La rue de l'Homme-Armé rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants :

  1. Rue des Moulins
  2. Rue des Moulins

La rue de l'Homme-Armé n'est pas directement desservie directement par les transports en commun du réseau Tisséo. Elle se trouve cependant à proximité immédiate de la rue des Couteliers, parcourue par la navette Ville. Elle est également proche de la place Auguste-Lafourcade, où se trouve la station Palais-de-Justice de la ligne de métro Ligne B du métro de Toulouse, et des allées Jules-Guesde, où se trouve le terminus de la ligne de tramway Ligne T1 du tramway de Toulouse, et où marquent également l'arrêt les lignes de Linéo L4 et de bus 66. À l'ouest, l'avenue Maurice-Hauriou est desservie par la ligne de bus 44.

Les stations de vélos en libre-service VélôToulouse les plus proches sont les stations no 48 (18 place du Salin) et no 50 (1 avenue Maurice-Hauriou).

La rue de l'Homme-Armé tire son nom d'une auberge du Sauvage, établie dans la rue à la fin du XVe siècle (actuels no 16 et 18, et no 23 rue des Moulins). C'est le propriétaire de l'auberge, Peyronet Delfau, qui fit sculpter, comme enseigne, un « sauvage », c'est-à-dire un Indien, armé d'une massue. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que le nom devint rue de l'Homme-Armé[1].

Au XVe siècle, la rue portait le nom de rue où-sault-l'ort-des-Minorettes, car le jardin du couvent de sœurs clarisses (actuel Institut catholique, no 31 rue de la Fonderie) y était adossé (actuels no 11 à 15)[1],[2]. C'est au XVIe siècle que la rue prit le nom de rue du Sauvage, à cause de l'auberge à l'enseigne du Sauvage, établie depuis la fin du XVe siècle. Désignée au XVIIIe siècle comme la rue de l'Homme-Armé, elle reçut aussi, avec la rue du Château (actuelle rue du Moulin-du-Château), le nom de rue de la Roquette, à cause du port voisin du même nom[1],[3]. En 1794, pendant la Révolution française, la rue est pour quelques mois renommée rue Bienfaitrice[1],[4].

Moyen Âge et période moderne

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Au Moyen Âge, la rue de l'Homme-Armé dépend du capitoulat de la Dalbade. Du côté sud, les maisons ne sont que les issues des maisons de la rue de Comminges (actuelle rue des Moulins). Du côté nord, une partie de la rue (emplacement des actuels no 11 à 15) est occupée par le jardin du couvent des clarisses – l'ort de las minoretas en occitan (actuel Institut catholique, no 31 rue de la Fonderie). Les terrains en sont vendus, au XVIe siècle, à des particuliers qui y élèvent leurs demeures, tel Antoine Lalière, maître chandelier (emplacement de l'actuel no 15)[5].

La rue de l'Homme-Armé forme un quartier original avec les rues de Comminges et de la Hache, qui s'organise autour de la petite place au carrefour de ces trois rues, désigné comme la place de Comminges, la place des Tavernes et, après le XVIe siècle, la place du Sauvage. On trouve effectivement des tavernes et des auberges à chacune des portes qui donnent sur cette place[6], comme l'hôtellerie du Sauvage (actuel no 18, et no 23 rue des Moulins)[1],[7]. Il existe dans la rue une autre auberge, connue comme l'auberge du Tessou, c'est-à-dire du Porcelet (en occitan : tesson, « porcelet », « cochon de lait »), à cause du surnom de son propriétaire (emplacement de l'actuel no 23)[8].

À côté de cette population, les hommes de loi se font plus nombreux, à cause de la proximité du parlement : procureurs, huissiers, greffiers, avocats, notaires[5]. Progressivement, les maisons en corondage disparaissent (actuels no 2 et 16), cédant la place aux immeubles de brique au cours du XVIIe siècle (actuels no 17 et 23) et du XVIIIe siècle (actuels no 1, 13 et 15 ; no 12, 14 et 18). La maison Coutet, intégrée par la suite dans l'hôtel aménagé pour Salomon de Galien, avocat au parlement (actuel no 23), témoigne de ces nouvelles constructions de la première moitié du XVIIe siècle[9].

Époque contemporaine

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Au cours du XIXe siècle, la plupart des maisons sont restaurées et les façades sont réalignées, certaines sont entièrement rebâties (actuels no 5 et 11 ; no 4, 6 et 10) sans que la largeur de la rue s'en voie modifiée. Tout au long du XXe siècle, des opérations immobilières font reculer l'habitat insalubre par la construction de nouveaux immeubles (actuels no 19 et 25)[7].

Patrimoine et lieux d'intérêt

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  • no  18 : immeuble.
    L'immeuble est construit au XVIIIe siècle, à l'emplacement de l'auberge du Sauvage, face au carrefour que la rue de l'Homme-Armé forme avec la rue des Moulins et la rue de la Hache. À l'angle de ce carrefour est conservée la statuette de l'enseigne de l'auberge du Sauvage, sculptée à la fin du XVe siècle[10].
  • no  23 : maison Coutet ; hôtel Galien (ou Margastaud).
    C'est une simple maison en corondage qui est achetée en 1610 par le marchand Michel Coutet, qui possède une maison voisine, dont l'issue se trouve dans la rue de la Fonderie (emplacement de l'actuel no 15). En 1611, il fait rebâtir par le maître-maçon Jean Mespoul la maison sur la rue de l'Homme-Armé. Le rez-de-chaussée est maçonné en brique, tandis que les étages sont en pan de bois. La porte, voûtée en plein cintre, possède une agrafe en pierre sculptée des monogrammes IHS et AM, et qui porte la date 1611. Les deux bâtiments sur les rues de la Fonderie et de l'Homme-Armé sont ensuite acquis par Salomon de Galien, avocat au parlement. Il achète vers 1646 un troisième immeuble sur la rue de la Fonderie. C'est probablement à cette date qu'il fait élever un hôtel particulier sur la rue de la Fonderie et maçonner en brique les étages de la maison de la rue de l'Homme-Armé. L'ensemble passe ensuite à Vincent de Margastaud, avocat au parlement[9],[11].

Notes et références

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  1. a b c d et e Chalande 1913, p. 253-254.
  2. Salies 1989, vol. 1, p. 233.
  3. Salies 1989, vol. 2, p. 378.
  4. Salies 1989, vol. 1, p. 151.
  5. a et b Chalande 1913, p. 254.
  6. Chalande 1913, p. 252.
  7. a et b Salies 1989, vol. 1, p. 575.
  8. Salies 1989, vol. 2, p. 506.
  9. a et b Éclache 2006, p. 133.
  10. Notice no IA31130624, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
  11. Notice no IA31131379, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.

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Bibliographie

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  • Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », Mémoires de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Toulouse, 11e série, tome I, Toulouse, 1913, p. 253-255.
  • Pierre Salies, Dictionnaire des rues de Toulouse, 2 vol., éd. Milan, Toulouse, 1989 (ISBN 978-2-8672-6354-5).
  • Michèle Éclache, Demeures toulousaine du XVIIe siècle : sources d'archives (1600-1630 environs), coll. Méridiennes, CNRS/Université Toulouse-le Mirail, Presses universitaires du Midi, Toulouse, 2006 (lire en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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