Rue de l'Arbre-Sec (Lyon)

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Rue de l'arbre sec
Image illustrative de l'article Rue de l'Arbre-Sec (Lyon)
Situation
Coordonnées 45° 45′ 58″ N 4° 50′ 11″ E / 45.76612, 4.83643145° 45′ 58″ Nord 4° 50′ 11″ Est / 45.76612, 4.836431
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Ville Lyon
Quartier(s) 1er arr.
Tenant Rue Edouard Herriot
Aboutissant Quai Jean Moulin
Morphologie
Type Rue

Géolocalisation sur la carte : Lyon

(Voir situation sur carte : Lyon)
Rue de l'arbre sec

La rue de l'arbre sec est une vieille rue située dans le 1er arrondissement de Lyon, près de la place des Terreaux et de l'Opéra. La rue de l'arbre sec débute perpendiculairement à la rue Edouard Herriot et va jusqu'au quai Jean Moulin en traversant la Rue de la République.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Arbre Sec.
Le Chêne de Mambré, origine probable du nom de la rue.

On dit que la rue porterait ce nom eu égard au mythe de l'Arbre Sec qu'on trouve dans les récits de Marco Polo, qui est parfois assimilé au Chêne de Mambré et représenterait le symbole de la limite entre l'Orient et l'Occident. En réalité, son nom viendrait du XIVe siècle et aurait été probablement choisi parce qu'il y avait un arbre mort dans la rue et aussi parce que celui-ci était représenté sur une enseigne de magasin[1]. L'almanac de Lyon de 1745 justifiait le nom de la rue en affirmant qu'un arbre tout rabougri et très sec se trouvait à l'extrémité de la rue[2].

En 1518, un plan pour le drainage, le nivellement et le croisement de la rue a été décidé par Jean de Paris. Au XIXe siècle, la section comprise entre la rue Garet et le Rhône a été nommé rue Basseville, laquelle comptait alors six ateliers de soie[3] ; elle devint une partie de la rue de l'Arbre-sec en 1855[4].

La rue figurait déjà sur le plan de 1550 et a été habitée presque exclusivement par des ouvriers de la soie, des potiers et tuiliers (en 1828, elle comprenait douze ateliers de soie et 43 maisons)[5]. Quand il restructura le quartier, le préfet Claude-Marius Vaïsse decida de démolir quelques-uns des vieux bâtiment afin de construire la rue de l'Hôtel de Ville et la rue de la République. Le 25 juin 1778, le cordonnier Durant, qui vivait dans la rue, a été reconnu coupable d'exercice illégal de la médecine[6]. En 1831, un lot de parapluies dont le manche contenait un poignard triangulaire ont été découverts au numéro 14[7].

En 1844, l'Hôtel de France se trouvait au numéro 13[8]. En 1847, une chapelle située dans la rue était alors le seul lieu de culte de confession évangélique à Lyon[9].

Parmi les résidents célèbres de la rue figurent la famille de la poétesse Louise Labé[10], le graveur et dessinateur Bernard Salomon en 1561[11] et les architectes Barthélémy Vignon et Prosper Mourand (XIXe siècle)[6]. Plus récemment, la chanteuse Christine and the Queens y a habité pendant ses études et c'est là qu'elle a commencé à créer son personnage ainsi qu'à composer ses premières musiques[12].

Architecture[modifier | modifier le code]

La rue présente un tracé légèrement courbe[13]. Elle est d'abord large et bordée de bâtiments datant de 1870 environ, avec des balcons et des décorations en fer forgé. L'immeuble de la SocGen (Société Générale) présente aussi des arcs en fer forgé. Après la rue Garet, la rue devient plus étroite, avec des façades simples et des arches en pierre. Le nom de la rue est gravé dans la pierre du dernier bâtiment, au numéro 20, lequel est assez récent [14]. Le balcon de fer au numéro 8 date de 1863 ; les maisons aux numéros 10 et 12 présentes des arcades, et au numéro 22 on trouve l'inscription « Le Thuilerie, 1702 »[15]. Au numéro 8, une traboule directe et aujourd'hui fermée commence dans un bâtiment datant de 1863 et se poursuit par une allée voutée sur les bords[16].

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Description[modifier | modifier le code]

La rue de l'Arbre Sec comprend actuellement de nombreux restaurants et des bouchons, notamment Le Petit Damier et Le Connétable[17]. Elle est aussi réputée pour ses nombreux établissement « Gay friendly », et est l'un des hauts lieux de la vie homosexuelle à Lyon.

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Dans son roman Le Voyage du père de l'écrivain Bernard Clavel, Marie-Louise, l'héroïne qu'on ne voit pas et que son père recherche en vain, habite un modeste appartement rue de l'Arbre-Sec où le père se rend plusieurs fois dans l'espoir de rencontrer sa fille.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Les noms de rues ou de places liés à une enseigne » [PDF], Lyon (consulté le 12 décembre 2009)
  2. Albert Champdor, Vieilles chroniques de Lyon, vol. 8,‎ , p. 89
  3. Robert Brun De La Valette, Lyon et ses rues, Paris, Le Fleuve,‎ , p. 118
  4. Maurice Vanario, Rues de Lyon à travers les siècles, Lyon, ELAH,‎ (ISBN 2-84147-126-8), p. 16
  5. Marcel Vincent, Ozanam: une jeunesse romantique, 1813-1833,‎ (ISBN 2-7122-0515-4, lire en ligne), p. 32
  6. a et b Louis Maynard, Dictionnaire des lyonnaiseries — Les hommes. Le sol. Les rues. Histoires et légendes, vol. 1, Lyon, Jean Honoré,‎ , p. 70–72
  7. Gilbert Bouchard, L'histoire des rues de Lyon, Grenoble, Glénat,‎ (ISBN 2-7234-3442-7), p. 8
  8. Girault De Saint Fargeau, Guide pittoresque portatif et complet du voyageur en France, Paris, Firmin Didot,‎ (lire en ligne), p. 448
  9. Georges Fisch, Le méthodisme à Lyon, d'après le rapport du pasteur Fisch. Récits et assertions rectifiés par un ancien vicaire général, Lyon, Gérard & Josserand,‎ (lire en ligne)
  10. Adolphe Vachet, À travers les rues de Lyon, Lyon, Laffitte reprints,‎ (ISBN 2-7348-0062-4)
  11. Dict. hist. L., p. 1201
  12. http://www.20minutes.fr/lyon/1555171-20150305-comment-christine-and-the-queens-nee-lyon
  13. Jean Pelletier, Lyon pas à pas — son histoire à travers ses rues — Presqu'île, rive gauche du Rhône, quais et ponts du Rhône, Roanne / Le Coteau, Horvath,‎ (ISBN 2-7171-0453-4), p. 19
  14. « Rue de l'Arbre-Sec », Rues de Lyon (consulté le 12 décembre 2009)
  15. Louis Maynard, Histoires, légendes et anecdotes à propos des rues de Lyon, avec indication de ce qu'on peut y remarquer en les parcourant, Les Traboules,‎ (ISBN 978-2-911491-57-3), p. 26
  16. René Dejean, Traboules de Lyon — Histoire secrète d'une ville, Le Progrès,‎ (ISBN 2-904899-01-4), p. 109
  17. Jean-Paul Labourdette, Dominique Auzias, Anthony Serex et Matthieu Bonamy, Le Petit Futé Lyon,‎ (lire en ligne), p. 146