Rue de Montmorency

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3e arrt
Rue de Montmorency
La rue de Montmorency en 2010.
La rue de Montmorency en 2010.
Situation
Arrondissement 3e arrondissement
Quartier Sainte-Avoye
Début 103 rue du Temple
Fin 212 rue Saint-Martin
Morphologie
Longueur 363 m
Largeur 10 m
Historique
Création XIVe
Ancien nom Rue du Seigneur de Montmorency
Géocodification
Ville de Paris 6449
DGI 6517

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue de Montmorency
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La rue de Montmorency est une rue du 3e arrondissement de Paris, dans le quartier du Marais.

Histoire et description[modifier | modifier le code]

Cette rue prend naissance rue du Temple et se termine à hauteur du numéro 212 de la rue Saint-Martin.

La rue de Montmorency fut ouverte au XIIIe siècle lors du lotissement des terres du prieuré Saint Martin des Champs (actuel Conservatoire national des arts et métiers).

La rue porte depuis 1768 le nom d’une des plus importantes familles du Marais de la Renaissance, les Montmorency.

La partie située entre les rues Saint-martin et Beaubourg était dénommée, dès le XIVe siècle, rue du Seigneur de Montmorency. La partie située entre les rues Beaubourg et du Temple était, en 1328, la ruelle au Villain. Elle s'est nommée rue Cour-au-Villain[1]

Débaptisée pendant la Révolution française, la rue de Montmorency devient, jusqu’en 1806, la rue de la Réunion [2].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

La rue de Montmorency est assez représentative des rues anciennes du cœur de Paris. Elle y abrite une des plus anciennes maisons de la ville.

  • Au no 5 s'est élevé un hôtel particulier où Marie-Madeleine de Castille et Nicolas Fouquet vécurent de 1651 à 1658. Elle lui avait apporté en dot ce vaste ensemble situé paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, au coin des futurs rues Michel-le-Comte, du Temple et de Montmorency. Cet hôtel particulier a appartenu jusqu'en 1624 à la famille des Montmorency. Nicolas Fouquet a été nommé par Anne d'Autriche surintendant des finances en 1653. Théophile de Viau y séjourna également. Une fontaine néoclassique est encore visible dans le jardin de l’actuel hôtel Thiroux de Lailly ;
  • no 6 : porche Louis Philippe. La chanteuse Lio, Joseph Morder et Robi Morder y ont habité. De 2000 à 2006 y a vécu et travaillé la peintre iranienne Zohreh Eskandari ;
  • no 8 : Madame de Sévigné y habita de 1676 à 1677 ;
  • no 10 : s'y trouvait une imprimerie, La Ruche ouvrière, fondée après la Seconde Guerre mondiale par Yervant Aprahamiant (vers 1900-1972) qui était en étroite relation avec les libertaires espagnols, bulgares, italiens, français et russes, et plus particulièrement avec Nestor Makhno et Voline. L’imprimerie dont il est le gérant adopte la forme d'une coopérative ouvrière. De nombreux tracts, affiches, journaux, brochures et livres édités par les libertaires français, bulgares et espagnols y sont imprimés. Un incendie a détruit l'immeuble en 1980, et il a été reconstruit ensuite.
  • no  16: a vécu la famille Wulfman. Maurice Wulfman échappe à la rafle du 16 juillet 1942 en passant par la cave qui communiquait alors avec la rue Chapon.
  • no  17 bis: porte du jardin de l'hôtel d'Hallwyll.
  • no 40 : s'y trouvait l'atelier de gravure de Charles Brennus (1859-1943), graveur du Bouclier de Brennus, trophée du championnat de France de rugby à XV ;
  • no 51 : maison de Nicolas Flamel, construite par Nicolas Flamel pour accueillir les pauvres, autrefois dite « au grand pignon ». Bâtie en 1407 et classée monument historique, il s'agirait de la plus ancienne maison de Paris. À la fin du XVe siècle on commença à écrire, faussement, que Flamel, libraire-juré de l'Université[3] était un alchimiste qui détenait le secret de la pierre philosophale, permettant de changer les métaux en or.

Des images gravées ont été mises au jour à l'occasion de travaux récents[Quand ?]. Sur la façade de l'édifice on peut encore lire cette inscription : « Nous homes et femes laboureurs demourans ou porche de ceste maison qui fut faite en l'an de grâce mil quatre cens et sept somes tenus chascun en droit soy dire tous les jours une paternostre et un ave maria en priant Dieu que sa grâce face pardon aus povres pescheurs trespasses Amen »[4].

Cette fondation pieuse comportait un mur pignon, aujourd'hui disparu. Les deux premiers étages subsistent et conservent leur décoration originelle : l'inscription gothique mentionnée plus haut, ainsi que les piliers moulurés du soubassement et les décors d'anges et de colonnettes. Sur les deuxième et cinquième piliers sont gravées les initiales « NF » en hommage au fondateur du lieu. Cette décoration semble être l'œuvre d'un tombier du cimetière voisin de Saint-Nicolas-des-Champs[5].

Cette maison a fait l'objet de nouvelles restaurations en juin 2007 et est de nos jours un restaurant. Elle était jadis composée de deux boutiques.

Située dans le quartier Beaubourg, non loin du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, et comptant de nombreux immeubles anciens de style et des hôtels particuliers, la rue de Montmorency accueille aujourd'hui des galeries d'art contemporain.

Galerie[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • Des scènes du film Et soudain, tout le monde me manque (2010) de Jennifer Devoldère ont été tournées aux nos 41 et 43 rue de Montmorency (galerie Anne de Villepoix) ;
  • Le roman Rhum de Blaise Cendrars a pour cadre une fonderie de briques au no 14 rue de Montmorency ;
  • La plupart des films de Joseph Morder ont comporté au moins une scène au no 6, parmi lesquels L'épicier en 1972, avec l'épicier Anser et l'acteur algérien Mohamed Zineh, Casa Morales, La reine de Trinidad.

Accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par les stations de métro Arts et Métiers et Rambuteau.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait de la nomenclature officielle des voies de Paris.
  2. De récents[Quand ?] travaux sur une façade mirent au jour une plaque de pierre portant cette inscription de la période révolutionnaire, elle fut rapidement dérobée[réf. nécessaire].
  3. Juré parce qu'il devait prêter serment à l'université de Paris.
  4. C'est par ces mots que les plus démunis étaient accueillis dans l'établissement charitable instauré par Nicolas Flamel, en 1407, à condition qu’ils récitent au quotidien deux prières pour les morts.
  5. Marcel Aubert, « La maison dite “de Nicolas Flamel” rue de Montmorency à Paris », in Bulletin monumental, t.76, 1912, (ISBN 2869716796)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Aubert, « La Maison dite “de Nicolas Flamel”, rue Montmorency à Paris », in Bulletin monumental, t.76, 1912, p. 305-318.
  • Lucien Lambeau, « La Maison de Nicolas Flamel, située rue Montmorency, 51 », in La Cité, t.17, 1918, p. 126-143.
  • Philippe Plagnieux, Valentine Weiss, « Maison de Nicolas Flamel », in La demeure médiévale à Paris, [répertoire sélectif des principaux hôtels], Paris, Archives nationales, 2012, p. 72-74, et dans La demeure médiévale à Paris, Paris Archives nationales, Somogy, 2012, p. 135-137.
  • Catherine Brut, Valentine Weiss, « La maison de Nicolas Flamel, la plus ancienne demeure conservée de Paris », in Les Dossiers d'archéologie, no 371, septembre-octobre 2015, p. 50-54.
  • Étienne-François Villain, Histoire critique de Nicolas Flamel et de Pernelle sa femme : recueillie d'Actes anciens qui justifient l'origine et la médiocrité de leur fortune contre les imputations des Alchimistes; on y a joint le Testament de Pernelle et plusieurs autres pièces intéressantes, Paris, G. Desprez, 1761, p. 154-157.

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Lansiaux, La Maison de Nicolas Flamel, 1916, photographie, Département d'histoire de l'architecture et de l'archéologie de la Ville de Paris/Commission du vieux Paris

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]