Rue Myrha

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rue de Constantine.
18 arrt
Rue Myrha
Partie ouest de la rue
Partie ouest de la rue
Situation
Arrondissement 18e
Quartier Goutte-d'Or
Clignancourt
Début 29, rue Stephenson
Fin 14, rue Christiani et 2, rue Poulet
Morphologie
Longueur 610 m
Largeur Tronçon A : 10 m
tronçon B : 9 m
tronçon C (min.) : 12 m
Historique
Création 1841
1847
Dénomination Arrêté du réunissant la rue de Constantine à la rue Myrha
Géocodification
Ville de Paris 6592
DGI 6654

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Myrha
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La rue Myrha est une rue du 18e arrondissement de Paris. Aujourd'hui, elle s'étend de la rue Christiani à la rue Stephenson.

Histoire[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1841, la portion de l'actuelle rue Myrha située entre la rue Stephenson et la rue des Poissonniers est ouverte en 1841 sur la commune de La Chapelle sous le nom de « rue de Constantine ».

À partir de 1844, une grande partie du parc du Château-Rouge, situé sur la commune de Montmartre, est lotie[1]. Une ordonnance du 31 mars 1847 autorise les différents propriétaires à ouvrir plusieurs voies[2]. Une rue de 12 m de large[2] est tracée entre la rue des Poissonniers et la rue Christiani. Nommée « rue Frédéric » sur le cadastre de 1850, elle prend ensuite[Quand ?] le nom de « rue Myrha », du nom de la fille d'Alexandre Biron, maire de Montmartre de 1843 à 1848. Le nom « Myrha » vient a priori de Myrrha, personnage légendaire de l'Antiquité grecque.

Après le rattachement des communes de Montmartre et la Chapelle à Paris par la loi du 16 juin 1859, les rues Myrha et de Constantine sont officiellement classées le 23 mai 1863 dans la voirie parisienne[3]. Mais une rue de Constantine existant déjà sur l'île de la Cité (aujourd'hui rue de Lutèce), la rue de Constantine est réunie à la rue Myrha le 2 avril 1868[4].

Le , lors de la Semaine sanglante, une barricade est dressée dans la rue Myrha pour défendre Paris contre les troupes versaillaises. Jarosław Dombrowski y meurt le lendemain en fin d'après-midi.

Depuis le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1950, la rue est un centre de l'immigration maghrébine à Paris.

En 1995, l'imam algérien Abdelbaki Sahraoui fut assassiné dans la rue Myrha. Dans les années 2000, plusieurs centaines de musulmans prient dans cette rue chaque vendredi. Celle-ci est alors fermée par des barrières, empêchant la circulation des voitures. Selon Daniel Vaillant, la situation est due à l'absence temporaire de lieux de culte suffisamment grands pour accueillir tous les fidèles. Le maire du 18e arrondissement déclare qu'il tolérera cette situation jusqu'à ce que de nouveaux locaux soient construits. Des associations ou des mouvements politiques d'extrême-droite, tels que le Front National, Riposte laïque et le Bloc identitaire, contestent cette version et affirment qu'accepter ces prières revient à bafouer le principe de laïcité et à permettre l'islamisation du quartier[5],[6],[7].

Le quartier faisait encore récemment régulièrement la une de l'actualité en raison de la saturation des deux mosquées qui attiraient de nombreux fidèles du quartier et de la banlieue parisienne. Cette affluence de plus en plus grande avait été renforcée par l'arrivée des fidèles de l'ancienne mosquée de la rue de Tanger dans le 19e arrondissement, fermée depuis plusieurs années. Devant cette saturation des salles de prière, les fidèles avaient fait le choix de prier dans la rue. Claude Guéant, alors ministre de l'Intérieur, ordonna que cesse cette situation. Une conciliation fut trouvée avec l'ouverture d'une nouvelle mosquée près de la porte de Clignancourt afin de « dé-saturer » celles du quartier de la Goutte-d'Or et de mettre fin aux prières dans la rue. Un projet de la mairie de Paris en cours de réalisation doit permettre l'agrandissement des deux mosquées via l'Institut des cultures d'islam) sur deux sites, rue Stephenson (ouvert en 2013) et rue Polonceau.

Le 2 septembre 2015, un important incendie se produit au no 4 de la rue, provoquant la mort de huit personnes dont deux enfants[8]. L'incendie d'origine criminelle aura endeuillé le quartier entier. L'immeuble n'était pourtant pas sujet à problèmes et était en bon état.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Roland Dubuc (1924-1998), artiste peintre et sculpteur, vécut rue Myrha.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Atlas historique de Paris, « Les grands lotissements de 1820 à 1850 », le lotissement du Château-Rouge.
  2. a et b Ordonnance royale du 31 mars 1847 [lire en ligne].
  3. Adolphe Alphand (dir.), Adrien Deville et Émile Hochereau, Ville de Paris : recueil des lettres patentes, ordonnances royales, décrets et arrêtés préfectoraux concernant les voies publiques, Paris, Imprimerie nouvelle (association ouvrière), (lire en ligne), « Classement de rues dans la zone annexée à Paris », p. 341.
  4. Arrêté du 2 avril 1868 [lire en ligne].
  5. C dans l’air, France 5, 29 octobre 2009.
  6. Daniel Vaillant, « Ces musulmans ne prient pas dans la rue pour le plaisir ! », Le Post.
  7. « “Saucisson et pinard” : un discours laïc lissé pour tacler l'Islam », France-Soir.
  8. « Incendie dans un immeuble à Paris : au moins huit morts », europe1.fr, 2 septembre 2015.
  9. Compte rendu de la séance plénière de la Commission du Vieux Paris du 5 avril 2011 [lire en ligne].
  10. « La Goutte d'Or : trésor caché de Paris-Nord », sur lagouttedor-tresorcachedeparis.
  11. « Les questions posées par les communards sont encore d'actualité », Libération, novembre 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]