Rue Michel-le-Comte

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3e arrt
Rue Michel-le-Comte
Paris rue michel le comte1.jpg
Situation
Arrondissement 3e arrondissement
Quartier Sainte-Avoye
Début Rue du Temple, nos  87-89
Fin Rue Beaubourg, no  54
Morphologie
Longueur 204 m
Largeur 12 m
Géocodification
Ville de Paris 6259
DGI 6336

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Michel-le-Comte
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La rue Michel-le-Comte se situe dans le quartier du Marais dans le IIIe arrondissement de Paris. Elle est prolongée vers l'ouest par la rue du Grenier-Saint-Lazare, et vers l'est par la rue des Haudriettes.

Ce site est desservi par les stations de métro Rambuteau et Arts et Métiers.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancien chemin de ronde extérieur à l'enceinte de Philippe Auguste, elle porte depuis la fin du règne de Saint-Louis (1270) son nom actuel. Vraisemblablement celui d'un comte Michel.

En 1250, cette rue était déjà bordée de constructions. À cette époque on l'appelait vicus Micaëlis comitis[1].

De 1793 à 1806, elle s'est appelée rue Michel-Lepeletier en l’honneur de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau (1760-1793).

D'Alembert a passé son enfance dans cette rue.

Sites particuliers[modifier | modifier le code]

La plupart des maisons de cette rue datent de la première moitié du XVIIe siècle.

Au no 5 de la de Montmorency, s'est élevé un hôtel particulier où Marie-Madeleine de Castille et Nicolas Fouquet vivent de 1651 à 1658. Elle lui a apporté en dot ce vaste ensemble situé paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, au coin des futurs rues Michel-le-Comte, du Temple et de Montmorency. Cet hôtel particulier a appartenu jusqu'en 1624 à la famille des Montmorency. Nicolas Fouquet a été nommé par Anne d'Autriche surintendant des finances en 1653. Théophile de Viau y séjourna également. Une magnifique fontaine néoclassique est encore visible dans le jardin de l’actuel hôtel Thiroux de Lailly.

Le no 7 a appartenu à Antoine-Louis Lefebvre de Caumartin, prévôt des marchands de Paris de 1778 à 1784.

Au no 16, les bâtiments sur cour sont un mélange de constructions du XVe siècle au XVIIe siècle. Le cadran solaire à l'intérieur de la cour est probablement le plus ancien cadran de Paris datant de 1623 (la date est gravée sur la partie supérieure du cadran solaire). L'immeuble est l'ancienne auberge de l'ours et du lion datant du XVe siècle. La cour possède aussi un puits ainsi qu'un escalier en fer forgé.

Au no 22 habitait Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé, ministre sous le directoire.

Au no 22 habitaient Pierre Ucciani, bijoutier-joaillier-orfèvre[2], et son épouse Hortense Bégard, également bijoutier-joaillier-orfèvre[3],[4],[5] y avait ses ateliers.

Au no 22 est née Marie-Renée Ucciani (1883-1963), peintre et sculpteur, et y a vécu jusqu'en 1939.

Au no 28, se trouve l'Hôtel d'Hallwyl de l'architecte Claude Nicolas Ledoux. Jacques Necker y habitait, et Madame de Staël naquit dans cet immeuble. En 1790, il appartint au prince d'Esterházy.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Cette rue est à l'origine d'une expression typiquement parisienne : « Ça fait la rue Michel ». Liée directement à une autre expression : « Ça fait le compte », d'où le lien, par un jeu de mots, avec la rue Michel-le-Comte. D'une manière plus explicite, faire la rue Michel veut dire : « c'est bon », « ça suffit », « ça va aller », « ça conviendra », « cela fait mon affaire », « ça va le faire[6] ».

Le général de Gaulle a déjà utilisé cette expression en public, selon Alain Peyrefitte (C'était de Gaulle, T. I) : « Je prendrai l'opinion à témoin que j'avais raison. Bien sûr, je ne le dirai pas comme ça. Mais avec bonhomie, je tirerai les leçons de ces quarante jours d'éructations à mon égard, dont il ne reste maintenant plus rien que le ridicule de tous ceux qui s'y sont livrés, en Angleterre, en Amérique, chez nos partenaires européens et naturellement en France. « Au bout d'un mois, la force multilatérale américaine, personne n'y croit plus ; ça fait la rue Michel. L'entrée de l'Angleterre dans le Marché commun, ça fait la rue Michel » M. Peyrefitte remarque que le général de Gaulle semble employer l'expression à contresens pour dire « Ça fait chou blanc. », et surtout pour la connotation d'une expression populaire (« avec bonhomie »).

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Félix Lazare et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments (1re éd. 1844) (notice BnF no FRBNF32357628, lire en ligne), p. 447
  2. « Pierre Ucciani, bijoutier-joaillier-orfèvre, 71 bd de Sébastopol, Paris (culture.gouv.) »,‎ 1er mai 1879 au 18 octobre 1902
  3. « Hortense Bégard, bijoutier-joaillier-orfèvre, 22 rue Michel-le-Comte, 75 Paris »,‎ 11 novembre 1896 au 23 juin 1905
  4. « Bégard H. (& Cie), bijoutier-joaillier-orfèvre, 22 rue Michel-le-Comte, 75 Paris »,‎ 15 juin 1905 au 8 février 1911
  5. « Hortense Bégard, bijoutier-joaillier-orfèvre, Le Pays d'Auge »,‎
  6. Félix Benoit, A la découverte du pot aux roses, éditions Solar, Paris, 1980, p.244-245 (ISBN 2263003940),
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