Rue Erlanger

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16e arrt
Rue Erlanger
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La rue Erlanger vue depuis la rue Molitor.
Situation
Arrondissement 16e
Quartier Auteuil
Début 65, rue d'Auteuil
Morphologie
Longueur 495 m
Largeur 12 m
Historique
Création 1862
Dénomination 1864
Géocodification
Ville de Paris 3349
DGI 3320
Géolocalisation sur la carte : 16e arrondissement de Paris
(Voir situation sur carte : 16e arrondissement de Paris)
Rue Erlanger
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Erlanger

La rue Erlanger est une voie du 16e arrondissement de Paris, en France.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Elle est desservie par les lignes 9 et 10 du métro à la station Michel-Ange - Molitor.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Cette voie est nommée d'après le banquier allemand Émile d'Erlanger (Francfort-sur-le-Main, Versailles, ), propriétaire des terrains sur lesquels elle a été ouverte.

Historique[modifier | modifier le code]

La rue a été créée par un décret du à la suite du démembrement du château du Coq, que le banquier allemand Émile Erlanger avait acquis en 1861. Construit par Richelieu qui le légua à la couronne, le château accueillit le jeune Louis XV, qui s'y passionna pour la botanique, puis, plus tard, qui le transforma en garconnière. Le roi fit donc réaliser une décoration luxueuse, tout en continuant à payer pour l'entretien des jardins. Il y vint une dernière fois en 1764, y retrouvant le poète Charles-Pierre Colardeau[1].

Un arrêté du donna son nom à la voie.

Sous l'occupation allemande, cette rue fait partie de celles que le capitaine Paul Sézille, directeur de l'Institut d'étude des questions juives, voulait marquer d'une étoile jaune, en raison de l'origine juive du personnage. Ce projet n'aboutira pas[2].

En 1954, la partie de la rue Erlanger qui était comprise entre le boulevard Exelmans et le boulevard Murat prend le nom de « rue du Général-Delestraint ».

Dans la nuit du 4 au , un incendie volontaire, provoqué par une personne résidente déséquilibrée, se déclare dans l'immeuble no 17 bis de cette rue. Le bilan humain est lourd : dix personnes meurent et 96 sont blessées, dont 8 pompiers[3],[4],[5].

La même année, le romancier Thomas Clerc, qui y a vécu durant son enfance, décrit ainsi cette rue : « belle comme une damnée, avec ses immeubles années 30, son calme et son inquiétude post-bourgeoise »[6].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

École maternelle de la rue Erlanger.
  • No 25 : villa Erlanger, voie privée.
  • No 39 : ancien bâtiment de l'ambassade du Bangladesh en France.
  • No 40 : domicile du résistant Henri Garry, où l'opératrice radio Noor Inayat Khan le rencontre le [8],[9].
  • No 49 : le compositeur Isaac Albéniz y réside de 1897 à 1904 ; une plaque lui rend hommage.
  • No 53 : temple protestant d'Auteuil.
  • No 58 : école maternelle. Datant environ du début des années 1950, elle est l'objet d'un projet immobilier au tournant des années 2010-2020, afin de reconstruire l'établissement, au-dessus duquel seront édifiés des logements, ce qui suscite la colère de la mairie d'arrondissement et de plusieurs associations, qui évoquent notamment une « école-prison » où les enfants « ne verront pratiquement jamais le soleil »[10]. Il est également prévu d'y construire une crèche et une pension de famille. En , le tribunal administratif de Paris annule le permis de construire, le projet étant jugé « inadapté par son architecture et sa densité »[11].
  • No 75 : lieu d'une tragique « souricière », où tombèrent le les résistants responsables de l'OJC Maurice Loebenberg, Henry Pohorylès, André Amar, César Chamay, Ernest Appenzeller et Jacques Lazarus[12].
  • No 81 : demeure de l'auteur d'origine perse Serge Rezvani. « Pendant la guerre, la petite chambre au fond de la cour servit de lieu de rencontre à toutes sortes de gens. Non seulement on venait consulter mon père sur la tournure que pouvaient prendre les événements (combien d'hommes politiques, de résistants, d'Allemands, de trafiquants, combien d'émissaires de tous bords se sont glissés par la porte-fenêtre du 81, rue Erlanger !) mais aussi une fois qu’on avait goûté au charme que dégageait ce lieu hors du commun, on y revenait pour le simple plaisir[13]. »

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  • L'écrivain Jean Echenoz place la rue Erlanger au centre de son roman Vie de Gérard Fulmard (2020) en en faisant le domicile du héros éponyme et en relatant au fil du livre les différents événements majeurs qui s'y sont produits ces dernières années[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Château du Coq », sur parisrues.com (consulté le ).
  2. Lettre de Paul Sézille à Theodor Dannecker, Archives de la Préfecture de police, série BA 1817 (dossier B51), cité par Maurice Rajsfus, Opération Étoile Jaune, Le Cherche Midi, 2002, 269 p. (ISBN 978-2862749563).
  3. « Un incendie à Paris fait au moins 10 morts et 37 blessés, une femme interpellée », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. Dans la conférence de presse qu'il a donné le en fin de journée, le procureur de Paris, Rémy Heitz a fait état de 96 blessés.« EN DIRECT - Incendie mortel à Paris : les opérations des pompiers sont < terminées >, 6 des 10 victimes identifiées - LCI », sur lci.fr, (consulté le ).
  5. « Incendie à Paris : ce que l'on sait des victimes », sur rtl.fr, (consulté le ).
  6. a b c et d Thomas Clerc, « Rue Maudite », Libération, 8 février 2019.
  7. « Dénomination place Mike-Brant », mairie de Paris, direction de l’urbanisme, 2018.
  8. Marcus Binney, The Women Who Lived For Danger, Hachette UK, 2012.
  9. The Sebastopol Project, On Courage: Stories of Victoria Cross and George Cross Holders, Hachette UK, 2018.
  10. Étienne Jacob, « Paris: polémique autour d'un projet d'«école-prison» dans le 16e arrondissement », sur Le Figaro, (consulté le ).
  11. « Paris : une opération coup de poing pour réquisitionner une école du 16e pour les sans-abri », sur CNews, (consulté le ).
  12. Georges Loinger : Organisation juive de combat (1940-1945), Éditions autrement, nouvelle édition, 2006, p. 43.
  13. Serge Rezvani, Le Testament amoureux, Stock, coll. « Points », 1981, p. 41.
  14. Jérôme Garcin, « Echenoz s’explose : comment broyer du noir avec plaisir », Le Nouvel Obs, 2 janvier 2020.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]