Rue Chaptal (Levallois-Perret)

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La rue Chaptal est une voie située à Levallois-Perret, commune française du département des Hauts-de-Seine au nord-ouest de Paris.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Voirie urbaine[modifier | modifier le code]

La rue Chaptal est orientée de sud-est à nord-ouest et perpendiculaire à la Seine. Longue d'environ un kilomètre, elle débute au 52, rue Jacques-Ibert — à proximité de l’avenue de la Porte-de-Champerret à Paris — et se termine au 2, rue Paul-Vaillant-Couturier.

Voies rencontrées[modifier | modifier le code]

La rue Chaptal rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite ; si aucune lettre n'est indiquée, la rue coupe la rue Chaptal) :

  • début : rue Jacques-Ibert ;
  • place du Maréchal de Lattre de Tassigny ; rue Louise-Michel ;
  • rue Louis Rouquier ;
  • rue Aristide-Briand ;
  • rue Voltaire ;
  • rue de l'Aspirant Dargent (g) ;
  • rue Kléber ;
  • fin : rue Paul-Vaillant-Couturier.

Voie de communication[modifier | modifier le code]

Circulation automobile[modifier | modifier le code]

La circulation automobile est à sens unique sur toute la longueur de la voie, dans le sens rue Paul-Vaillant-Couturier vers rue Jacques-Ibert.

Transports en commun[modifier | modifier le code]

La rue Chaptal est desservie par la ligne 3 du métro de Paris avec les deux stations Anatole France et Louise Michel.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

La rue doit son nom au chimiste et homme politique français Jean-Antoine Chaptal (1756-1832).

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

no 11[modifier | modifier le code]

Maison d'artiste au 11, rue Chaptal.

Cette maison d'artiste a été érigée en 1910 par l'architecte L. Cuinat de Bois-le-Roi (Seine-et-Marne). La maison de deux étages dont le second étage entièrement occupé par l'atelier d'artiste, possède une baie à double niveau, est construite en briques rouges. Au rez-de-chaussée, de chaque côté d'une large fenêtre se trouve une porte d'entrée. Les deux portes ainsi que la fenêtre à arc en plein cintre, sont protégées par des grilles en fer forgé. Un bandeau sculpté en pierre, réalisé par le sculpteur bordelais Jules Rispal et représentant des branches de sorbier, situé juste en dessous d'une corniche, sépare le premier étage du second.

L'atelier est équipé d'une monumentale cheminée réalisée par les céramistes Alphonse Gentil et François Eugène Bourdet.

Ce bâtiment est inscrit à l'inventaire général du patrimoine culturel de la France depuis le [1].

no 25 et no 41[modifier | modifier le code]

Ces deux immeubles, ainsi que de nombreux autres à Levallois-Perret, sont l'œuvre de l'architecte Edmond Lamoureux qui occupera le poste de maire de la ville sous l'étiquette radical-socialiste du au . Influencé par le style Art nouveau, mais avec mesure, ses constructions relativement sobres allient courbes et volutes, fer forgé, décors végétaux et animaliers.

Le 25, rue Chaptal est daté de 1899. L'immeuble de cinq étages, est en pierre au rez-de-chaussée, en brique rouge au premier et au dernier étage, tandis que les étages intermédiaires sont en brique ocre. Le premier et le quatrième étage possèdent des fenêtres à arc en anse de panier, surmontées par des corbeaux soutenant, les balcons du second étage et au quatrième étage, au-dessus d'une frise sculptée, un entablement filant sur toute la largeur de l'immeuble. Toutes les fenêtres sont équipées de balustrades en fer forgé, celles du second étage sont de forme galbée. Le centre de la frise du quatrième étage est orné d'une grande fleur de tournesol.

Le 41, rue Chaptal est daté de 1903. La partie la plus remarquable de l'immeuble est l'ensemble formé par les deux fenêtres centrales du second et du troisième étage, en pierres blanches qui se dégage de la masse de l'immeuble en brique rouge. Les fenêtres du rez-de-chaussée ainsi que la porte en bois sculptée sont à arc en anse de panier, tandis que les fenêtres du second sont à arc segmentaires. À mi-hauteur du deuxième étage, une corniche sert d'appui à trois corbeaux sculptés ou modillons, soutenant le balcon central du troisième étage. L'immeuble est signé par l'architecte suivant une calligraphie Art nouveau.

no 31[modifier | modifier le code]

Photographie de la scène de crime du meurtre de M. Grimbal en 1897.

Alphonse Bertillon (1853-1914), criminologiste français, est l'inventeur de l'anthropométrie et un des premiers à prendre des photographies des scènes de crime avant que celles-ci ne soient perturbées pour les besoins de l'enquête.

Le , le charbonnier Grimbal est assassiné au 31, rue Chaptal dans sa chambre à coucher. Les photographies prises à l'époque par la police sont conservées aux archives historiques et musée de la Préfecture de Police de Paris.

no 61[modifier | modifier le code]

L'usine de papeterie (usine de papier de verre) dite « usine de papier de verre Hermes abrasif » a été construite en 1932 au moment de la fondation de la Société des abrasifs Hermes. Les deux étages sur rue servent de logements privés. Les bureaux sont au rez-de-chaussée et les ateliers au fond de la cour sont finalement utilisés comme entrepôts.

Ce bâtiment a été inscrit à l'inventaire général du patrimoine culturel de la France le [2]. Il a été démoli en 2011 et remplacé par un immeuble d'habitation.

no 86[modifier | modifier le code]

L'industriel et scientifique français Armand de Gramont (1879-1962), crée en 1908 au 86, rue Chaptal, dans le jardin d'une maison de retraite appartenant à ses beaux-parents, un laboratoire d'aérodynamique, qu'il transforme pendant la Première Guerre mondiale, sur la demande du ministère de la Guerre, en atelier de fabrication d'optiques, destinées principalement à la construction de collimateurs de visée.

En 1919, il fonde la Société Optique et précision de Levallois (OPL) en remplacement de son atelier d'optique. La société est jusqu'à la Seconde Guerre mondiale spécialisée en appareils et instruments d'optique destinés essentiellement à l'armée. Elle se diversifie par la suite dans le domaine civil, produisant notamment à partir de 1945 des appareils photographiques haut de gamme commercialisés sous la marque Foca. La fabrication est transférée dès 1947 à Châteaudun dans une usine spécialement aménagée pour cette production.

De fusion en absorption, la Société OPL devient successivement la Sopelem en 1965, puis la Sopelem-Sofretec, puis la Sfim-ODS, avant d'être rachetée en 2000 par la Sagem.

Place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny[modifier | modifier le code]

Cette place située à l'intersection de la rue Louise-Michel (anciennement rue Vallier) et de la rue Chaptal, s'appelait auparavant place Chaptal. Un monument commémoratif y avait été érigé en 1908 à la mémoire de deux Levalloisiens, le capitaine Braun et le maréchal des logis Martin, de la mission du lieutenant Bretonnet, anéantie en 1899 par Rabah sur le rocher de Togbao, au bord du Chari. Ce monument comprenait une colonne sur laquelle était placé un coq en bronze de hauteur 1,18 mètre et de largeur 1,50 mètre. Le monument a été démonté et le coq a été réinstallé à l'intérieur du parc de la Planchette.

La place a été réaménagée avec un terre-plein central planté d'arbres, et renommée place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny. La place est ornée d'un Monument au maréchal de Lattre de Tassigny, composé de sa tête en bronze sur un piédestal en béton sur lequel est gravé l'inscription : « JEAN DE LATTRE DE TASSIGNY ; MARECHAL DE FRANCE ; 1889-1952 ».

Villa Chaptal[modifier | modifier le code]

Le terrain situé entre le 74 et le 100, rue Chaptal et entre le 14 et le 26, rue Kléber, fait l'objet dès avant 1885 d'un projet de lotissement concerté. En 1888 est ouverte une voie privée, la villa Chaptal, débouchant entre le 74 et le 76, rue Chaptal et le 24 et le 26, rue Kléber. La voie est fermée des deux côtés par des grilles en fer forgée, portant en leur sommet le nom de la voie.

Sur les deux rues, de part et d'autre des grilles d'accès, des immeubles en brique partiellement revêtu d'enduit. L'immeuble de trois étages du 74, rue Chaptal, tout en brique rose, construit en 1928 par l'entreprise Marcheguet, sous les ordres des architectes Ernest et André Billecocq, possède un large pan arrondi entre la rue et la villa, où sont percées trois larges fenêtres au rez-de-chaussée et au premier étage et six fenêtres étroites aux deux étages supérieurs. Les fenêtres du premier étage, les seules avec balcon, sont à arc en plein cintre, tandis que les fenêtres des autres étages sont rectangulaires. Un décor mosaïque de figures géométriques colorées orne le dernier niveau.

Des maisons d'un ou deux étages avec comble et toit en ardoise ou zinc, sont alignées sur la rue Chaptal, tandis que dans la villa Chaptal, chaque maison de style différent possède son petit jardin clos planté d'arbres.

La villa Chaptal est une voie privée dont l'accès automobile est réglementé et limité aux résidents de la villa.

Ce lotissement est inscrit à l'inventaire général du patrimoine culturel de la France depuis le [3].

Georges Demenÿ (1850-1917), inventeur du phonoscope et du chronophotographe à came excentrique, installe son propre studio en 1894 au 17, villa Chaptal. Après la faillite de sa société, ses appareils seront commercialisés par Léon Gaumont sous les noms de Bioscope et de Biographe. Demenÿ est considéré comme un des précurseurs du cinématographe.

Maison dite « Villa mauresque »[modifier | modifier le code]

La villa mauresque.

Aux 11bis, 13 et 13bis de la villa Chaptal, la villa mauresque est un des édifices les plus remarquables et originaux de Levallois-Perret. Elle est construite en 1892 pour le peintre Albert-Frédéric-Alexandre Mittenhoff, qui la revend la même année à Pedro Gailhard (1848-1918), ténor et directeur de l'Opéra de Paris de 1884 à 1891 et de 1893 à 1907, avec une partie de son aménagement du rez-de-chaussée. Gailhard la fait rehausser d'un étage en y installant l'escalier dans une tourelle extérieure. L'aménagement intérieur provient en grande partie du pavillon espagnol de l'Exposition universelle de Paris de 1889.

La villa mauresque appartient depuis 1935 à ce qui deviendra la Caisse nationale de l'assurance vieillesse des travailleurs salariés, qui la loue à des particuliers.

Le style du bâtiment est inspiré de l'art mauresque et de l'Art nouveau. Les murs sont ajourés de baies en arcs outrepassés, avec décor en céramique à prédominance polychromique verte et bleue en façade. De nombreux auvents et des logettes à moucharabiehs renforcent le caractère orientaliste.

La tour est terminée par un dôme, surmonté d'un croissant islamique en or.

Ce bâtiment est partiellement classé à l'inventaire des monuments historiques depuis le [4],[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]