Rue Boulard

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14e arrt
Rue Boulard
Situation
Arrondissement 14e
Quartier Petit-Montrouge
Plaisance
Début 11, rue Froidevaux
Fin 28, rue Brézin
Morphologie
Longueur 425 m
Largeur 13 m
Historique
Création 1838
Dénomination Rue Boulard
Géocodification
Ville de Paris 1164
DGI 1158

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Boulard

La rue Boulard est une rue du 14e arrondissement de Paris, en France, qui relie la rue Froidevaux à la rue Brézin.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

La rue Boulard est desservie par la station Denfert-Rochereau et le RER Denfert Rochereau, ainsi que par les lignes de bus RATP 38 68.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Elle tire son nom du tapissier Michel-Jacques Boulard, né en 1761 et placé en hospice à 3 ans, qui, ayant fait fortune en tant que tapissier de Napoléon Ier, est devenu ensuite négociant et philanthrope de l'Assistance publique[1] à qui il légua une partie de sa fortune en 1825[2] afin de faire édifier un hospice dont il avait dressé les plans[3].

Historique[modifier | modifier le code]

La partie comprise entre les rues Charles-Divry et Brézin a été ouverte par l'Assistance publique (ordonnance du 28 octobre 1838). De nombreux artistes y ont résidé au début du XXe siècle.

En 1895, dans la rue Boulard sont installés des cartonniers décorateurs qui ont créé certains chars de carnaval employés par les étudiants parisiens dans le défilé de la Mi-Carême. On lit, à la fin du compte-rendu de la fête, paru dans le Journal des débats[4] :

« […] depuis longtemps déjà les chars ont repris, tristes et vides, le chemin des magasins où ils doivent être remisés, les uns chez les loueurs de voitures, rue de Sèvres et derrière le cimetière Montparnasse ; les autres chez les cartonniers décorateurs qui les ont fabriqués, à la Chapelle et rue Boulard. »

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

  • No 1 : immeuble de rapport du début du XXe siècle. Cet immeuble non daté et non signé relève de la période tardive de l'Art nouveau. Son permis de construire du 13 février 1911 nous indique toutefois son commanditaire, Émile Géroudeau, ainsi que son architecte, Boucher. Ce bâtiment présente de nombreuses originalités comme ses doubles fenêtres et ses balcons arrondis. On peut également noter, le long de la façade, de longues guirlandes de fleurs en grès.

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  • No 29 : Paul Gauguin demeura quelque temps en ces lieux.
  • No 40 : ici se trouvent les ateliers de sculpture de la ville de Paris.
  • No 41 : immeuble Art déco avec une porte centrale en verre et fer forgé[5].

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

  • Victor Bablon (1838-1910)[6] inventeur du régulateur à gaz[7] (brevet no 72.727 du 24 août 1867) a vécu et mis au point son invention dans sa maison du 42, rue Boulard, qui existe encore. Cette invention qui équipait tous les becs de gaz des grandes villes du monde au début du XXe siècle permettait d'éviter les accidents dus aux explosions par suite des différences de pression liées aux irrégularités de consommations de gaz de ville qui n'était pas distribué, comme aujourd'hui, sous pression. Le brevet de Victor Bablon consistait en une application industrialisable d'une invention du facteur d'orgues Cavaillé-Coll, adaptée au fonctionnement des orgues soumis à des contraintes similaires suivant le nombre de jeux et de notes simultanément employés. Victor Bablon a également mis au point un procédé de soudure de l'aluminium[8] en y apposant une pellicule intermédiaire de cuivre par électrolyse. Autre invention de Victor Bablon déposée le 19 août 1895, sous le no 249707, concernant la suppression de l'effet de halo sur les plaques photographiques[9]. Il est également l'inventeur d'un procédé d'harmonisation automatique des orgues[10].
  • Charles Hallé, décorateur, accessoiriste de théâtre et constructeur de chars de fêtes et de carnaval réputé. Dans le compte rendu du grand cortège de la Mi-Carême 1895 à Paris, on apprend que ses ateliers se trouvaient, à l'époque, 7, rue Boulard : « Disons encore que les chars dont on a admiré avec raison la décoration artistique et la richesse ont été conçus par M. Charles Hallé, dont on connaît le goût et l'habileté, et exécutés dans ses ateliers de la rue Boulard, no 7. Fournisseur de l'Opéra et de nombreux théâtres pour les accessoires de scène, M. Hallé construit et décore la plupart des chars des cavalcades historiques qu'organisent les grandes villes de France[11]. ».
  • Émile Savitry (1903-1967), peintre et photographe français a habité dans cette rue au début de sa carrière.
  • Les peintres Émile Schuffenecker (1851-1934), Maria Blanchard (1881-1932) et Kostia Terechkovitch (1902-1978) ont résidé rue Boulard[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Camille Granier, Essai de bibliographie charitable, Ayer Publishing, 1968, 449 p. (ISBN 0833714058 et 9780833714053).
  2. Page du site de l'Assistance publique consacrée à ce legs, www.aphp.fr.
  3. Maurice E. Giard et Pierre Lebeau, Saint-Mandé notre ville (1075-1965), Éditions de la Tourelle, 1966, p. 209-211.
  4. « La Mi-Carême, le retour au Quartier latin », Journal des débats, édition du matin, 22 mars 1895, p. 3, 1re colonne.
  5. « 41, rue Boulard », patryst.com (consulté le 22 février 2016).
  6. On peut voir sur le web la photo de Victor Bablon, bablongenealogie.free.fr.
  7. Description illustrée du régulateur à gaz.
  8. Procédé de soudure de l'aluminium, cnum.cnam.fr.
  9. [1], brevetsphotographiques.fr .
  10. Brevet no 4960 de 1895, bablongenealogie.free.fr.
  11. Le Petit Parisien, 22 mars 1895, p. 2, 2e colonne.
  12. Jean-Pierre Crespelle, Montparnasse vivant, Hachette, 1962, p. 238.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eugène Auguste Aimé Marescot du Thilleul, L'Assistance publique à Paris. Ses bienfaiteurs et sa fortune mobilière, administration générale de l'Assistance publique à Paris, Gustave Émile Mesureur, Nancy, Berger-Levrault et Cie, 1904, p. 564.