Rue Ballu

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IXe arrt
Rue Ballu
Hôtel Blémont (SACD)
Hôtel Blémont (SACD)
Situation
Arrondissement 9e
Quartier Saint-Georges
Début 55 rue Blanche
Fin 72 rue de Clichy
Morphologie
Longueur 274 m
Largeur 12 m
Historique
Dénomination 1886
Ancien nom Rue de Boulogne
Géocodification
Ville de Paris 0633
DGI 0646

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Ballu
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La rue Ballu est une voie du 9e arrondissement de Paris, en France. S'y trouve entre autres le siège de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques.

Description[modifier | modifier le code]

La rue Ballu est une voie publique située dans le 9e arrondissement de Paris. Elle débute au 55 rue Blanche et se termine au 72 rue de Clichy.

Odonymie[modifier | modifier le code]

Autrefois appelée rue de Boulogne, elle doit sa dénomination actuelle à l'arrêté du , pris dans le but de perpétuer le souvenir de l'architecte Théodore Ballu, qui conduisit (avec son confrère Édouard Deperthes) la reconstruction de l'hôtel de ville de Paris et qui fut l'architecte de l'église de la Trinité toute proche.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le pavillon La Bouëxière[modifier | modifier le code]

Le Fermier général Alexandre Le Riche de La Pouplinière acheta le 2 juillet 1732 auprès de Françoise-Claude Le Poitevin, épouse séparée de François Bachelier, bourgeois de Paris, "une maison court et jardin contenant alors trois arpent et demi environ". Il a agrandi la propriété par des achats en 1733 et 1746. Quand il vendit la propriété, le 30 décembre 1747, au profit de Charles-François Gaillard de la Bouëxière, "écuyer, l'un des fermiers généraux de Sa Majesté, demeurant à Paris place Louis-le-Grand", le terrain couvrait 18 arpents. Son vaste parc était situé entre les actuelles rues de Clichy, Blanche, Moncey et le Boulevard de Clichy.

Le Fermier général, qui disposait d'un hôtel particulier, actuel 28 place Vendôme, avait acheté cette propriété pour disposer d'un petit hôtel aux portes de Paris destinée suivant les propos de Jacques-François Blondel, "au délassement et pour la retraite des personnes aisées et des hommes du monde". Dès 1749, les rapports des inspecteurs de police notaient qu'il y recevait la demoiselle Marlet, danseuse à l'Opéra-comique.

À partir de 1750 il fit apporter des modifications à sa propriété. Son architecte, Jean-Michel Chevotet, dessina les jardins. Chevotet avait déjà dessiné les jardins du parc du château de Gagny pour Jean Gaillard de la Bouëxière, le père de Charles-François. À partir de 1751 va commencer la construction du pavillon La Bouëxière suivant les plans de l'architecte Antoine Matthieu Le Carpentier. L'entrepreneur était Pierre-Denis Menecier qui avait demandé le 30 juin à "Monsieur le Prévost de l'abbaye Royale de Montmartre" l'autorisation de construire un bâtiment d'un seul étage. Les travaux sont surveillés par le jeune architecte Joseph-Abel Couture.

Fin juin 1753, Frederik Sparre écivit à Carl Gustaf Tessin : "J'ai encore été ... deux fois ave Mme de Boisjourdain pour voir la maison et les jardins de M. de La Boissière, fermier général, vis-à-vis de Montmartre. Tout Paris pour ainsi dire y va voir ces jardins par curiosité, comme effectivement aussi, c'est la plus belle chose du monde. Ils sont en petit ce que les Tuilerie sont en grand et la maison qui n'est pas encore achevée est bâtie en forme de Temple d'Apollon."

Gaillard de la Bouëxière continua les acquisitions de terrain et les modifications de sa "folie. À sa mort, le 14 novembre 1773, la surface atteignait 33 arpents, soit plus de dix hectares. La folie était devenue un petit château. En 1762, La Bouëxière fut exclu du nouveau bail de la Ferme générale. Pour réduire ses frais il quitta son hôtel de la place Vendôme pour s'établir dans son petit château. Il entreprit des aménagements pour en faire sa résidence permanente à partir de 1766 sous la surveillance de Guillaume-Martin Couture, le frère de Joseph-Abel, et probablement en suivant les conseils de l'architecte initial qui dirigeait à cette époque la construction du Palais Bourbon et le château de la Ferté-Vidame.

À la mort de Charles-François Gaillard de la Bouëxière, sa propriété revint à son frère et aux enfants de ses deux sœurs. Son neveu, Jean-Hyacinthe-Emmanuel Hocquart, seigneur de Montfermeil et président au parlement de Paris, s'en porta acquéreur pour 181 300 livres. Dès le 15 avril 1775, il revendit la propriété pour 186 700 livres à Guillaume-Elie Lefoullon, architecte-juré expert, entrepreneur de bâtiments à Paris, et à son épouse, Marie-Constance Cucu de Rouville. Quatre ans plus tard, Lefoullon commença à vendre des parcelles de la propriété pour construire des hôtels particuliers le long de la rue de Clichy. En 1780, il ne restait que les 2/5e du domaine acheté. Le domaine était loué en 1785 par Lefoullon au fermier général Pierre de Bouilhac. En 1791, Lefoullon se plaignait de l'état dans lequel se trouvait le jardin et réclamait une indemnité.

Le 8 germinal an III (28 avril 1795), le domaine est acheté par James Monroe , "ambassadeur des États-Unis de l'Amérique près la République française" pour une somme de 350 000 livres. James Monroe et son épouse, Eliza Kortright, conservèrent la maison trois ans et la vendirent le 24 prairial an VI (12 mai 1798) pour 75 000 francs à Jean-Pierre Delmas. De fait il n'en achetait réellement que la moitié, l'autre était acquise par Henriette Knightley, épouse de Jacques Mathis. Jean-Pierre Delams revendit sa part aux époux Mathis le 4 ventôse an VII (23 février 1799).

Le troisième Tivoli[modifier | modifier le code]

Le 1er avril 1806 les époux Mathis vendirent la propriété au comte Jean-Henry-Louis Greffulhe. Les héritiers Greffulhe louèrent la propriété à un entrepreneur de spectacles appelé Robertson qui y installa un parc d'attractions appelé troisième Tivoli car succédant à ceux de la Folie-Boutin et la Folie-Richelieu. Le pavillon La Bouëxière fut démoli en 1840.

Lotissement[modifier | modifier le code]

Le jardin n'avait plus qu'une superficie de 6 ha et 56 ares quand, en 1844, les familles Greffulhe et Ségur entreprirent le lotissement du vaste jardin du Tivoli situé entre les rues d'Amsterdam et Blanche, autour de la place de Vintimille.

Un réseau de rues nouvelles va être construit : rue de Bruxelles, rue de Calais, rue de Vintimille, la plus grande partie de la rue de Boulogne, devenue la rue Ballu, et la rue de l'Aqueduc, aujourd'hui rue de Douai, s'ordonnant autour de la place de Vintimille dont le nom rappelle celui de Marie-Françoise de Vintimille du Luc, l'épouse du comte Jean-Henry-Louis Greffulhe. Précédemment, rue de Boulogne. Cette voie a absorbé l'impasse Rougevin (appelée également impasse de Tivoli). Elle a été ouverte par MM. Greffulhe frères et Paul de Ségur sur leurs terrains

Quelques hôtels particuliers[modifier | modifier le code]

  • Au no 23, dans la villa Ballu, le propriétaire, l'architecte Pigeory, a construit plusieurs demeures qu'il a revendu a une clientèle fortunée : le marquis de Custine, le comte de Feydeau de Brou, le banquier Grenouillet, ...

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vincent Droguet, Le pavillon La Bouëxière, p. 39-40, dans La Nouvelle Athènes Haut lieu du Romantisme, Action artistique de la Ville de Paris, Paris, 2001 (ISBN 2-913246-33-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]