Rubus armeniacus

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Rubus armeniacus

La ronce d’Arménie (Rubus armeniacus), est une espèce de ronce originaire d'Arménie et du nord de l'Iran. Elle est aujourd'hui largement naturalisée dans le monde du fait de sa culture pour la récolte des mûres.

Classification et synonymes[modifier | modifier le code]

La taxonomie de R. armeniacus n'est pas stabilisée. Cette espèce et certaines de ses congénères ont une morphologie variable, et les analyses génétiques ne sont pas disponibles pour toutes les régions où l'on retrouve R. armeniacus[1],[2]. Voici quelques taxons utilisés pour désigner R. armeniacus[2],[3]:

  • Rubus discolor
  • Rubus fruticosus L.
  • Rubus grabowskii Weihe ex Gunther et al.
  • Rubus macrostemon (Focke) Sampaio
  • Rubus praecox Bertol.
  • Rubus procerus auct. non P.J. Muell. ex Genev
  • Rubus thyrsanthus (Focke) Foerster.
  • Rubus ulmifolius Schott

Description[modifier | modifier le code]

R. armeniacus est un arbuste mesurant entre 1 et 5 m de hauteur. Ses tiges bisannuelles sont arquées, parfois rampantes. Elles sont vertes ou rougeâtres et portent de robustes épines mesurant de 4 à 10 mm. Les feuilles composées mesurent de 7 à 20 cm de long et portent 5 folioles. Les fleurs apparaissent à la fin du printemps ou au début de l'été. Elles sont organisées en panicule. Elles font environ 2 5 cm de diamètre, avec cinq pétales blancs ou rose pale. Les fruits sont des polydrupes de 1 à 2 cm de diamètre, de couleur noire à pourpre foncé.

Écologie[modifier | modifier le code]

La ronce d'Arménie possède des racines vivaces à partir desquelles se développent des tiges bisannuelles. La première année, des tiges primaires croissent pour atteindre leur hauteur maximale, sans produire de fleurs. La deuxième année, des tiges secondaires se développent à partir des tiges primaires, produisent des fleurs et des fruits, puis meurent à la fin de la saison[1].

Répartition[modifier | modifier le code]

R. armeniacus est originaire de la région eurasienne du Caucase. Contrairement à ce que son vernaculaire anglophone (Himalayan blackberry) laisse croire, il n'y a aucune preuve que cette plante soit indigène à la région de l'Himalaya. L'espèce a été introduite en Allemagne autour de 1835 pour la culture de ses fruits[4]. Plus tard au 19e siècle, la ronce d'Arménie a été délibérément introduite en Amérique de Nord et du Sud, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud. Dans toutes ces régions, elle s'est échappée de culture et est devenue naturalisée[1]. R. armeniacus est donc présent sur tous les continents, à l'exception de l'Antarctique.

Habitat[modifier | modifier le code]

La ronce d'Arménie croît dans un large éventail d'élévation, où les précipitations annuelles sont d'environ 750 mm. Cette espèce affectionne les milieux ouverts, comme les flancs de colline, les bordures de forêts, les ravins, et les berges de cours d'eau. Elle se développe rapidement dans les milieux perturbés comme les bordures de routes, certains parcs et les lignes de pylônes électriques[1].

Reproduction[modifier | modifier le code]

La ronce d'Arménie se reproduit de façon asexuée, par reproduction végétative et par apomixie. Les fleurs sont principalement pollinisées par les abeilles et les bourdons. La pollinisation est nécessaire au développement des graines, mais ne contribue pas à la fertilisation de l'embryon. En effet, les graines contiennent seulement le matériel génétique d'origine maternelle[5].

Les graines sont produites en grand nombre. Une seule tige peut porter 720 fruits pouvant contenir jusqu'à 80 graines[6]. De nombreux animaux, tels les oiseaux, les cerfs, les rongeurs et les ours, se nourrissent des fruits de la ronce d'Arménie et participent à sa dispersion[1]. Les graines sont aussi dispersées par les cours d'eau.

Chez R. armeniacus, la reproduction végétative est très vigoureuse. En fait, les bosquets sont essentiellement le résultat de la reproduction végétative suite à la germination d'une graine(DiTomaso 2010). Les tiges primaires, dans leur première année, peuvent former des racines au contact du sol[1].

R. armeniacus peut s'hybrider avec R. ursinus pour engendrer une des graines viables par apomixie et fécondation[7].

Espèce envahissante[modifier | modifier le code]

R. armeniacus est considéré comme une espèce envahissante dans plusieurs régions où elle a ét introduite, comme en Colombie-Britannique[8], la côte ouest des États-Unis[9] et en Europe[10],[11].

La ronce d'Arménie forme des bosquets denses qui peuvent étouffer les plantes indigènes en les privant de lumière et d'eau [12],[13]. De plus, la colonisation par des espèces indigènes est inhibée. Bien que les fruits de R. armeniacus soient consommés par certains oiseaux, la diversité de ces derniers tend à être plus basse dans les sous-bois dominés par les ronces par rapport à ceux où dominent les espèces indigènes[14].

Galerie[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) R. Gaire, C. Astley, M. K. Upadhyaya, D. R. Clements et M. Bargen, « The Biology of Canadian Weeds . 154 . Himalayan blackberry », Canadian Journal of Plant Science, vol. 95,‎ , p. 557-570 (lire en ligne)
  2. a et b (en) Lawrence A. Alice, Douglas H. Goldman, James A. Macklin et Gerry Moore, « 4. Rubus bifrons Vest, Steyermärk. Z. 3: 163. 1821. », sur Flora of North America (consulté le 8 janvier 2017).
  3. (en) K. Hummer, « Alien invaders? », sur United States Department of Agriculture,‎ (consulté le 8 janvier 2017).
  4. (en) Adolf Ceska, « Rubus armeniacus - A correct name for Himalayan Blackberries », sur Botanical Electronic News,‎ (consulté le 8 janvier 2017).
  5. (en) K.J. Evans, D.E. Symon et R.T. Roush, « Taxonomy and genotypes of the Rubus fruticosus L. aggregate in Australia », Plant Protection Quarterly, vol. 13, no 4,‎ , p. 152-156 (lire en ligne)
  6. (en) S.C.L. McDowell et D.P. Turner, « Reproductive effort in invasive and noninvasive Rubus », Oecologia, vol. 133,‎ , p. 102-111 (lire en ligne)
  7. (en) L.V. Clark et M. Jasieniuk, « Spontaneous hybrids between native and exotic Rubus in the Western United States produce offspring both by apomixis and by sexual recombination », Heredity, vol. 109,‎ , p. 320-328 (lire en ligne)
  8. (en) « Himalayan Blackberry », sur Invasive Species Council of British Columbia (consulté le 8 janvier 2017)
  9. (en) « Himalayan Blackberry », sur Washington Invasive Species Council (consulté le 8 janvier 2017)
  10. (en) G. Király, B. Trávnícek et V. Žíla, « Rubus armeniacus Focke, an unnoticed invader in the Hungarian flora. (Észrevétlen özönfaj a magyar flórában, az örmény szeder (Rubus armeniacus Focke).) », Kitaibelia, vol. 19, no 2,‎ , p. 220-228 (lire en ligne)
  11. (en) T. Tyler, T. Karlsson, M. Rapp et U. Sahlin, « Invasive plant species in the Swedish flora: Developing criteria and definitions, and assessing the invasiveness of individual taxa », Nordic Journal of Botany, vol. 33, no 1,‎ , p. 1-18 (lire en ligne)
  12. (en) J.S. Caplan et J.A. Yeakley, « Water relations advantages for invasive Rubus armeniacus over two native ruderal congeners », Plant Ecology, vol. 210,‎ , p. 169-179 (lire en ligne)
  13. (en) J.S. Caplan et J.A. Yeakley, « Rubus armeniacus (Himalayan blackberry) occurrence and growth in relation to soil and light conditions in western Oregon », Northwest Science, vol. 80, no 1,‎ , p. 9-17 (lire en ligne)
  14. (en) Caroline Astley, How does Himalayan Blackberry (Rubus armeniacus) impact breeding dird diversity? A case study of the lower mainland of British Columbia (Thèse), Colwood, Royal Roads University, , 56 p. (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références externes[modifier | modifier le code]

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