Rozelieures

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Rozelieures
Rozelieures
La mairie.
Blason de Rozelieures
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Lunéville
Intercommunalité Communauté de communes Meurthe, Mortagne, Moselle
Maire
Mandat
Jean-Pierre Jaquat
2020-2026
Code postal 54290
Code commune 54467
Démographie
Population
municipale
191 hab. (2017 en diminution de 1,04 % par rapport à 2012)
Densité 20 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 27′ 04″ nord, 6° 26′ 07″ est
Altitude Min. 263 m
Max. 363 m
Superficie 9,38 km2
Élections
Départementales Canton de Lunéville-2
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Rozelieures

Rozelieures est une commune française de Lorraine, située dans le département de Meurthe-et-Moselle en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village est principalement desservit par la route départementale 22 qui le relie à Vennezey à l'Est et à Bayon à l'Ouest. Il est relié à Saint-Boingt par la départementale 22d. Les autres communes voisines sont accessibles par des routes communales.

La totalité du territoire est compris dans le bassin versant de l'Euron.

Le bâtiment de la mairie est à 300 mètres d'altitude. Le territoire culmine à 360 mètres dans le bois de Réthimont, au Nord et en direction de Remenoville. Le point le plus bas se situe à 261 mètres d'altitude, au Nord-Ouest en direction de Clayeures, là où l'Euron quitte le territoire.

Communes limitrophes de Rozelieures
Clayeures Moriviller Remenoville
Borville Rozelieures Vennezey
Saint-Boingt

Toponymie[modifier | modifier le code]

Anciennes citations :

Ecclesia Roserolis in comitatu Mortisna en 966 dans une chartes de l'abbaye de Vergaville ; Alodium de Roseolis en 1157 dans une charte de l'abbaye de Belchamp ; Roserulœ en 1188 dans une charte de l'abbaye de Beaupré ; Molendinum de Roserules en 1218 ; Molendinum de Rosereules en 1238 ; Rozeruelles en 1291 dans une charte de l'abbaye de St-Léopold ; Rezeruelle en 1352 dans une charte de l'abbaye de Belchamp ; Rozeruelle en 1390 dans une charte de l'abbaye de Rosières ; Ecclesia de Rozeruelles en 1402 ; Reseruelle en 1421 et Rozereules en 1425 dans des chartes du domaine de Châtel ; Rouzeruelles en 1466 dans une charte de l'abbaye de Belchamp ; Rouselueres en 1495 ; Roseillieures et Rozereulles en 1528 ; Roseillieurs en 1529 ; Roseilleurs en 1530 ; Rozereulle en 1551, domaine de Châtel ; Rozierieulles en 1554, domaine de Lunéville ; Rouselleures en 1568, domaine de Bayon ; Rosereulle en 1577 dans une charte de Châtel ; Rozelleures en 1600, domaine de Châtel[1].

Pour Jean Spaite, le toponyme viendrait de roserel, le lieu où vivent belettes et hermines[2]. D'autres y voient un lien avec le lieu où poussent les roseaux.

Dans la langue locale, Rozelieures se prononçait Rozelûres[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans une charte de 1238, l'évêque de Toul renonce à l'alleu de Rosereures (fief de Rozelieures) qu'il possède en héritage au profit de l'abbaye de Beaupré[4].

Au mois d'avril 1283, le duc Ferry de Lorraine donne à Jacques, seigneur de Bayon, tout ce qu'il possède à Rozereulles (Roselieures)[4].

En 1318, Henri de Bayon et Marguerite de Nanteuil son épouse font un accord avec l'abbaye de Beaupré par lequel cette dernière cède ce qu'elle possède à Rosereulles (Rozelieures) excepté les héritages de quartiers, le plaid de justice, ses cens en blé et chapons, son droit de pâturage et d'exemption de passages en contr'échange de 20 réseaux de froment et de 30 d'avoine[4].

Le Henri, comte de Vaudémont donne à Jean de boingnes Saint-Germain une maison sise à Rosereulles[4] (Rozelieures).

Le 20 juillet 1403, Jean de Bousey, seigneur écuyer de Saint-Germain, déclare détenir un affouage dans les bois de son épouse à Rosereulles[4] (Rozelieures).

Dans une délibération de communauté prise le 25 juillet 1428, les habitants décident qu'ils éliront désormais deux hommes pour garder le ban de Rozelieures. Chacun sera affecté à un « seigneuriage »[4]. Ce partage du ban communal en deux seigneuries durera jusqu'à la Révolution.

En 1539 des contestations ont lieu entre les habitants de Rozelieures et ceux de Saint-Boingt pour « des faicts de vainpasturaige des bois que lesdits de Saint-Boing ont par charte d'un seigneur de Châstel dans les bois de Helz ». Les deux communautés choisissent pour arbitres Gérard d'Haraucourt bailli de Nancy et Antoine Vautrin lieutenant du bailli de Châtel-sur-Moselle[4].

Au mois de décembre 1612, Claude François de Barbas, seigneur d'Herbéviller donne ses « reversales » au duc de Lorraine pour ce qu'il possède à Rousereulles (Rozelieures). A la même période, on trouve dans une charte du domaine de Châtel-sur-Moselle la liste détaillée des droits seigneuriaux que possède le duc de Lorraine à Rozelieures, via la seigneurie dite de Châtel, l'une des deux seigneuries régissant le village. L'autre seigneurie est nommée « seigneurie de Bayon »[4].

Ce document[4] est également intéressant sur le plan philologique car il est écrit avec un vocabulaire contenant des mots typiquement lorrains.

Toujours dans le même document, il est dit que le maire de la seigneurie de Chastel (partie de Rozelieures) « est créé par le bailli ou par son lieutenant ». Il a ensuite la charge de « créer » les autres officiers : un eschevin et un doyen ainsi que des « banwartz » (littéralement gardiens du ban ce qui signifie gardes-champêtres). Le maire et les autres officiers constituent la justice de première instance. Les affaires de « haute justice sont portées au bailliage de Chastel ». Les ressortissants de la seigneurie de Chastel ne sont pas obligés d'utiliser le grand four. Ils peuvent cuire où bon leur semble[4] ce qui les éxonère des taxes habituelles du four banal.

En 1710, on lit dans l'état du temporel des paroisses que Rozelieures a « la mère église » et que Borville est son annexe. Le même document précise qu'il existe deux communautés à Rozelieures, une pour chaque seigneurie. Il est rappelé que le duc de Lorraine est haut, moyen et bas justicier pour la seigneurie de Châtel tandis que Madame de Ludres possède la seigneurie de Bayon moins un sixième qui revient à la maison de Salm. Cette seigneurie possède les droits de haute, moyenne et basse justice. Les appel sont portés au bailliage de Nancy. La seigneurie de Bayon est nettement plus importante puisqu'elle est composée de 50 maisons et de plus de 50 masures tandis que la seigneurie de Chastel ne règne que sur 12 sujets[4].

En 1782, l'ensemble des deux communautés recense 127 feux (ménages) et 380 communiants (personnes se rendant à la communion dominicale)[4].

En l'an VI de la République vivait à Rozelieures un bien curieux personnage nommé Sébastien Maillard. Il était né à Pont-sur-Madon le 16 mai 1749. En l'an VI, il exerçait la profession de maréchal-ferrant. Il ajoutait volontiers à ce titre, celui d'expert. Son activité ne se limitait pas aux seuls remplacement des fers à chevaux et réparations de menus objets. Il soignait aussi les animaux et se livrait parfois à des pratiques divinatoires. Avant cela, il avait eu une vie aventureuse. Il avait d'abord pris un engagement au régiment français de Noailles cavalerie. L'homme étant de forte stature, il fut employé à la forge. Selon ses dires, il fut distingué par ses chefs qui l'auraient envoyé à l'école vétérinaire de Charenton-le-Pont. Cependant, lors de son procès, il sera incapable de citer le nom d'un seul professeur de cette école. Probablement après avoir déserté, ll passe au service du roi de Prusse et « apprend de nouveaux secrets ». Il déserte après 14 ans de service. Travaillant de son métier « et d'autres choses », il vagabonde et passe par la Pologne, la Turquie, la Russie et la Hongrie où, en 1792, il est contraint de s'engager dans l'armée austro-hongroise. En 1793, son régiment est envoyé devant Mayence. Prétextant ne pas vouloir se battre contre des français, il déserte à nouveau et se retrouve à Gênes. Il erre ensuite à Rome, Naples et Turin et fini par obtenir un passeport qui lui permet de rentrer en France. Est-ce par chance ou a -t- il fabulé ? Personne n'a remarqué sa longue absence de France ce qui lui évite d'être inscrit sur les listes d'émigrés pendant la Révolution. De retour en Lorraine, il retrouve sa mère établie à Remenoville. En l'an V, il épouse Marianne Jacquat, habitante de Rozelieures. Sa femme possédant un peu de terres et de vignes, il exploite ce bien tout en reprenant son métier de maréchal-ferrant. Contant ses aventures avec beaucoup de talents et ayant quelques succès dans les soins portés aux animaux, il bénéficie assez rapidement d'un grand prestige local. Il prétend guérir toutes les maladies et ne tarde pas à passer pour « un homme instruit des plus grands secrets ». En réalité, ses pratiques relèvent surtout de la sorcellerie. Il est appelé à Manoncourt-en-Vermois le 13 pluviose de l'an VI où sévit une maladie qui ruine le bétail. Si quelques cultivateurs se laissent convaincre, un propriétaire rural du nom de Charles Nicolas Sigisbert Sonnini ne se laisse pas abuser. Titulaire d'une thèse de philosophie et fervent défenseur des sciences modernes, il dénonce Sébastien Maillard pour pratique de sorcellerie. Celui-ci comparait devant le tribunal d'arrondissement de Nancy. Il est condamné à trois mois de prison, 200 francs d'amende et au remboursement de ses victimes. Il se pourvoit en appel mais les juges confirment le jugement de première instance. Maillard décède à Rozelieures le 16 mars 1807[5].

En 1823, il y avait une foire à Rozelieures le jour de la Saint-Jean[6].

Le territoire de Rozelieures fut le théâtre d'une bataille décisive lors de la première guerre mondiale, du 24 au 26 août 1914. Elle est connue sous le nom de « bataille de la trouée de Charmes ». Wikipedia lui consacre un article détaillé.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1962 mars 1977 Jean Grallet   Maire
mars 1977 mars 2008 Hubert Grallet   Maire
mars 2008 En cours
(au 16 avril 2014)
Jean-Pierre Jaquat   Maire

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[8].

En 2017, la commune comptait 191 habitants[Note 1], en diminution de 1,04 % par rapport à 2012 (Meurthe-et-Moselle : +0,03 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
540600615638667668630648637
1856 1861 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
583580544553510532493458396
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
404380279268235235190224189
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016 2017
166147135138139160191191191
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

L'essentiel de l'activité locale est agricole. Rozelieures se situe au cœur de l'un des terroirs favorables à la mirabelle de Lorraine. Une famille s'est spécialisée dans cette production et ses dérivés depuis 3 générations, faisant de cette commune l'une des plus connues pour le fruit symbolique de la région. C'est cette exploitation qui a créée la maison de la mirabelle.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

L'église.
  • Église Saint-Martin XVIe : tour XIXe, portail Renaissance.
  • Chapelle Sainte-Barbe à l'entrée du village.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Mgr Jean-Pierre Grallet, O.F.M. (ordre des frères mineurs, donc franciscain) évêque auxiliaire de Strasbourg depuis 2004, et archevêque de Strasbourg depuis 2007, est né à Rozelieures le .

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Rozelieures Blason
Écartelé : au 1er d'or, à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent ; au 2e d'or, à la croix de gueules, au franc-quartier d'argent chargé d'un lion de sable, armé et lampassé de gueules, couronné d'or ; au 3e de gueules, aux deux saumons adossés d'argent ; au 4e de gueules, à la bande d'argent.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Lepage, Dictionnaire topographique du département de la Meurthe, Paris, Imprimerie impériale, coll. « Dictionnaire topographique de la France », , 213 p. (lire en ligne), p. 121
  2. Jean Spaite, Étude sur le saint patronage et les sobriquets dans l'arrondissement de Lunéville, Nancy, Apache Color, , 246 p., p. 153
  3. Vital Collet, « Blasons populaires de la Lorraine », Le Pays lorrain, Nancy,‎ , p. 505 (lire en ligne)
  4. a b c d e f g h i j k et l Henri Lepage, Les communes de la Meurthe, deuxième volume, Nancy, A. Lepage, imprimeur-libraire-éditeur, , 799 p. (lire en ligne), p. 440-444
  5. Charles Sadoul, La science contre la superstition dans le revue "Le Pays lorrain", Nancy, Éditions Berger-Levrault, , 240 p. (lire en ligne), p. 231-240
  6. Claude Gérard, Foires et marchés en Lorraine centrale au XIXe siècle dans la revue "Le Pays lorrain", Nancy, Berger-Levrault, , 115 p. (lire en ligne), p. 95
  7. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.