Royaume de Diarra

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Le Royaume de Diarra (Jaara), aussi appelé Kingui, est un ancien État d'Afrique de l'Ouest, fondé par les Mandingues.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le vaste royaume de Diarra avait sous son autorité plusieurs États vassaux : le Guidimakha, le Diafounou, le Kaarta, le Kaniarémé, le Guidioumé. Le royaume s'est constitué à partir de la ville de Diarra, qui se situe au nord-est de l'actuel Nioro du Sahel, sur une partie du Mali et de la Mauritanie.

Origine[modifier | modifier le code]

D'après la tradition orale mandingue, la fondation du Kingui remonte au VIIe siècle. Mana Maga et Fata Maga sont les deux frères fondateurs de la ville de Diarra. À l'époque, le Kingui était occupé par des Soninkés venus de l'Est. Selon la légende, Mana Maga, après avoir effectué un sacrifice physique pour son petit frère Fata Maga, guérit de sa blessure en un lieu qu'il nomma Diarra (dans la langue soninké, Diarra signifie « guérir »).

Les dynasties[modifier | modifier le code]

Le royaume était dirigé par une dynastie Soninké, les Niakhaté. Les rois portaient le titre de Mana Maga. L'Empire du Ouagadou, ou du Ghana, dominait le Diarra. Vers la fin du XIe siècle, l'Empire du Ouagadou s'affaiblit suite aux attaques des Almoravides. Le Diarra en profita pour s'affranchir de la domination du Ouagadou. À la même époque, le royaume de Diarra réussit la conquête du Tekrour, royaume situé au niveau du fleuve Sénégal.

Mais plus tard, Soumaoro Kanté, venu du Mandé, conquit le Kingi, et passa cet État sous la domination du Royaume de Sosso ou Kaniaga.

À l'époque de l'Empire du Mali, la dynastie des Niakhaté dirigeant le Diarra était jugée par le peuple comme sévère et despote. Pour ces raisons, les Niakhaté furent chassés du Kingui et remplacés par une dynastie venue du Mandé, mais d'origine non-Soninké, les Diawaras. Le dernier roi Niakhaté du Diarra fut Sériba Niakhaté, le premier roi Diawara fut Daman Guilé Diawara. Daman Guilé, qui régna de 1335 à 1385, est considéré comme l'ancêtre des Diawara du Kingui, il était un des compagnons de Soundjata Keïta. Les fils, puis les petits-fils de Daman Guilé, dirigèrent successivement le royaume.

Les Niakhaté, dirigés par Sériba, se réfugièrent plus au sud, où un Soninké du nom de Bamba Sanogo leur offrit l'asile. Bamba Sanogo fut le fondateur de la ville de Bamako, aujourd'hui capitale du Mali. Au niveau de Bamako, les Niakhaté en asile prirent le nom de Niaré, suite à la déformation de leur nom par les Bambaras. C'est ainsi que par la suite, les Niaré devinrent les maîtres de Bamako et de ses alentours, même bien après la colonisation française.

Avec la dynastie des Diawara, le Diarra passa sous la domination de l'Empire du Mali, puis du Songhaï. Ndama Diouma Diawara, qui régna au Diarra de 1831 à 1843, est mentionné dans le livre Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, de Mungo Park, l'explorateur écossais.

Déclin du royaume[modifier | modifier le code]

Le Royaume de Diarra doit sa perte aux attaques du marabout Toucouleur venu du Fouta-Toro, El Hadj Oumar Tall, à partir du milieu du XIXe siècle. Les troupes de Oumar Tall voulaient imposer l'islam au Kingui, où le peuple et les rois pratiquaient la religion traditionnelle.

Biranté Karounga Diawara, un roi du Diarra, lutta avec ténacité contre Omar Tall. Pourtant le fils de Biranté Karounga accepta l'adhésion à l'islam.

Omar Tall imposa l'islam aux divers clans de la région. Mais le peuple refusa d'abandonner la religion traditionnelle.

Après une période de calme, lorsque Omar Tall aperçut la coiffure traditionnelle en tresses de Biranté Karounga Diawara, il prit cela comme un refus de se conformer à l'islam, et il prononça des paroles que Karounga perçut comme des insultes. C'est ainsi que le fils de Karounga, qui avait au départ accepté de collaborer, prit les armes pour lui faire la guerre, et refusa à partir de là tout compromis. Mais désormais, Karounga et ses troupes n'avaient plus le soutien des Diawara. Il se réfugia donc chez les Bambaras Massasis du clan Coulibaly ralliés à sa cause. Les Bambaras et Karounga luttèrent victorieusement contre les armées de Omar Tall, malgré la supériorité de ceux-ci armés de canons. Les Bambaras obligèrent Karounga à s'enfuir dans le but de protéger l'honneur et la lignée de sa dynastie. Karounga fuit donc chez les Camara Kakolo, au village de Bassaka. Les Camara refusaient également d'adhérer à l'islam, et étaient déterminés à protéger Karounga. Les troupes de Omar Tall, et les Camara ainsi que Karounga, entrèrent dans une guerre sanglante, où il y eut de nombreux tués. Biranté Karounga Diawara et les Kakolo furent vaincus. Le , le roi Diawara fut capturé puis exécuté. Cet événement marque la fin du royaume de Diarra.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mamadou Lamine Diawara, « Femmes, servitude, et histoire : les traditions orales historiques des femmes de condition servile dans le royaume de Jaara (Mali) du XVe au milieu du XIXe siècle », in History in Africa (Atlanta), n° 16, 1989, p. 71-95
  • Mamadou Diawara, La graine de la parole : dimension sociale et politique des traditions orales du royaume de Jaara (Mali) du XVe au milieu du XIXe siècle, F. Steiner, Stuttgart,1990, 189 p. (ISBN 3-515-05021-3)
  • Monique Chastanet, « Aux sources de l'histoire du pays soninke : le cas du Kingi (Mali) », in Cahiers d'études africaines (Paris), 30 (2) n° 118, 1990, p. 199-203 (critique de l'ouvrage de Mamadou Diawara, La graine de la parole, 1990)
  • Oumar Kane (en collaboration avec Amadou-Mahtar M'Bow), La première hégémonie peule : le Fuuta Tooro de Koli Tengella à Almaami Abdul, Karthala, 2004, 670 p. (ISBN 9782845865211)

Liens externes[modifier | modifier le code]