Royaume d'Araucanie et de Patagonie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d’aide sur l’homonymie « Araucanie-Patagonie » redirige ici.
Royaume d’Araucanie et de Patagonie
Drapeau
Drapeau du royaume d’Araucanie et de Patagonie
Blason

Devise : Indépendance et liberté

Description de cette image, également commentée ci-après
Territoire revendiqué par le royaume d'Araucanie et de Patagonie.
Informations générales
Statut Monarchie constitutionnelle
Capitale Perquenco
Langue Mapudungun, français
Monnaie Peso
Superficie
Superficie 738 500 km2
Histoire et événements
Proclamation du royaume par Antoine de Tounens
Arrestation d'Antoine de Tounens
Présence d'Orélie-Antoine en Araucanie et Patagonie
1860-1862
1869-1870

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Royaume d'Araucanie et de Patagonie, parfois appelé Nouvelle-France, est un royaume éphémère fondé en 1860 en Amérique du Sud par Antoine de Tounens, ancien avoué à Périgueux, à la suite de sa proclamation comme roi faite par les Indiens Mapuche, Antoine de Tounens choisit comme nom de règne Orélie-Antoine Ier et revendiqua pour son royaume des territoires appartenant aujourd'hui à l'Argentine et au Chili. En , Orélie-Antoine est fait prisonnier et n'est libéré qu'après l'intervention de Henri de Cazotte, consul général et chargé d'affaires de France au Chili. Il s'exile alors en France où il reconstitue autour de lui une petite cour et continue à revendiquer son titre de roi. Il retente plusieurs expéditions pour soutenir son peuple qui continue à se battre pour son indépendance, mais sans succès. Après sa mort, son titre s'est transmis jusqu'à nos jours. L'actuel prince et roi d'Araucanie et de Patagonie est Frédéric Luz (Frederic Ier) à la suite du décès, fin 2017, de son prédécesseur Jean-Michel Parasiliti di Para, prétendant au trône sous le nom d’Antoine IV. Quant aux territoires du royaume d'Araucanie et de Patagonie, ils ne sont plus indépendants depuis leur partage, en décembre 1902, entre le Chili et l'Argentine[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mapuches.
Antoine de Tounens et son armée mapuche.

Les Mapuches, ou Araucans, sont un peuple indigène vivant d'agriculture et d'élevage. Ces combattants farouches ont toujours résisté aux tentatives d'invasion des Incas, des Espagnols, et même du gouvernement chilien qui parvient, cependant, à les soumettre en les parquant dans des réserves, après les opérations de « pacification de l'Araucanie » menées jusqu'en 1880. Au début des années 2000, la plupart des Mapuches vivent à Temuco, Santiago du Chili, mais aussi sur leurs terres ancestrales ; ils seraient 600 000 au Chili et 300 000 en Argentine.

Fondation[modifier | modifier le code]

Monument d'Orélie-Antoine de Tounens en centre ville de Tourtoirac.

Antoine de Tounens, ancien avoué à Périgueux, débarque en 1858 au port de Coquimbo au Chili, s'installe d'abord à La Serena, et, après avoir passé quelque temps à Valparaíso et Santiago, il se dirige vers l'Araucanie, à partir du port de Valdivia. Il entre en contact avec le lonco (chef militaire mapuche) Quilapán, qui s'enthousiasme pour son projet de fonder un État pour le peuple mapuche, afin d'être en mesure de résister à l'armée chilienne — la guerre d’Arauco faisant alors rage. Quilapán accorde à Antoine de Tounens un droit de passage sur ses terres, interdites aux huincas (Chiliens). Étant parvenu à obtenir le soutien des indigènes Mapuches, Antoine de Tounens fonde le [2] le royaume d'Araucanie lors d'une assemblée mapuche. Il dote le nouvel État d'une constitution après avoir été élu roi par les chefs mapuches[3],[4] sous le nom d'Orélie-Antoine Ier. Trois jours plus tard, il décrète l'union de l'Araucanie et de la Patagonie[4], fixant comme limites au désormais royaume d'Araucanie et de Patagonie le río Biobío et le rio Negro au nord, l'océan Pacifique à l'ouest, l'océan Atlantique à l'est et le détroit de Magellan au sud.

Disparition et vestiges[modifier | modifier le code]

Acte de décès d'Orélie-Antoine Ier, « ex-roi d'Araucanie et de Patagonie ».

Arrêté par les autorités chiliennes, Antoine de Tounens s'exile en France après sa libération. Quant aux Mapuches et aux autres tribus, ils doivent subir la répression argentino-chilienne. Installé à Paris, Tounens crée une véritable cour décernant décorations et titres. Après de nouvelles expéditions malheureuses pour reconquérir son ancien royaume en 1869, 1874 et 1876, il tombe gravement malade et meurt à Tourtoirac (Dordogne), le [5]. Sur son acte de décès le maire de Tourtoirac porte la mention « Antoine de Tounens, ex-roi d’Araucanie et de Patagonie »[6].

Médaillon d'Orélie-Antoine à La Chèze

N'ayant pas d'enfants, il laisse son héritage et son titre à l'un de ses sujets, Achille Laviarde, après que son neveu et héritier, Adrien-Jean de Tounens, eut renoncé à ses droits sur la succession de son oncle.

Les prédicats et titres portés par les membres et proches de la maison royale d'Araucanie et de Patagonie n'ont pas d’existence juridique en France et sont considérés comme des titres de courtoisie. Ils sont attribués par le chef de maison.

S'il existe toujours, depuis cette date, des rois titulaires d'Araucanie et de Patagonie, le royaume n'existe plus en tant que réalité géopolitique mais survit à travers le souvenir public et vivace de son fondateur et la défense des droits fondamentaux des Mapuches[7],[8],[9],[10],[11],[12],[13]. La publication de l'ouvrage de Jean-François Gareyte[4] apporte une multitude de documents historiques inconnus jusqu'alors et jette un regard nouveau sur l'épopée d'Orélie-Antoine[7],[8],[9],[14]. Son souvenir est aussi entretenu dans le domaine littéraire par l'écrivain Jean Raspail, qui s'est même proclamé « consul général de Patagonie » en 1981[15].

En 2016, la commune de Tourtoirac (avec l'ONG Auspice Stella) érige un monument en face de la maison dans laquelle Orélie-Antoine est mort. Ce monument est inauguré par le maire Dominique Durand et le prince Antoine IV, successeur d'Orélie-Antoine.

Le même jour, un médaillon, également offert par Auspice Stella, représentant Orélie-Antoine a été inauguré dans son village natal, à Chourgnac d'Ans au lieu-dit La Chèze par Madame Flageat, maire de Chourgnac d'Ans et par le prince Antoine IV.

Succession des rois d'Araucanie et de Patagonie[modifier | modifier le code]

Roi régnant[modifier | modifier le code]

Image Nombre Règne Blason
OrelieHR.jpg
Orélie Antoine Ier

(1825-1878)

1860-1862
Blason du Royaume d'Araucanie et de Patagonie.svg

Rois titulaires[modifier | modifier le code]

Image Nombre Date de naissance « Règne » Décès
Orélie Antoine de Tounens cropped.jpg
Orélie Antoine Ier 12 mai 1825 1862 - 1878 17 septembre 1878
Gustave Achille La Viarde.png
Achille Ier 7 novembre 1841 1878 - 1902 6 mars 1902
Antoine II.png
Antoine II 10 mai 1833 1902 - 1903 1 novembre 1903
Laura Teresa I.png
Laure Thérèse Ire 22 décembre 1856 1903 - 1916 12 mai 1916
Antonio III.png
Antoine III 11 avril 1880 1916 - 1951 26 octobre 1952
Boiry.jpg
Philippe Ier 19 février 1927 1951 - 2014 5 janvier 2014
Parasiliti di Para.jpg
Antoine IV 26 mars 1942 9 janvier 2014 à son décès 16 décembre 2017
Sheila Rani Parasiliti di Para[16],[17] Régente du Royaume jusqu'à l'élection du successeur par le Conseil de Régence[18],[19],[17] 16 décembre 2017[20],[17] au 24 mars 2018
Prince Frédéric 1er.jpg
Frédéric Ier 9 mars 1964 Depuis le 24 mars 2018

La Société des médaillés de la Constellation du Sud[modifier | modifier le code]

L'ordre de la Constellation du Sud classé parmi les ordres de chevalerie de fantaisie, créé en 1875 par Antoine de Tounens et modifié par son successeur Achille Laviarde en Ordre des Décorés et des Médaillés de la Constellation du Sud[21] qui le distribue moyennant finance[22], continua sous la forme de L'ordre royal de la Constellation du Sud [23]. jusqu'en 1958.

« Ses trois premiers présidents sont Antoine de Tounens, puis Achille Laviarde et enfin Antoine-Hippolyte Cros, les « rois de Patagonie et d'Araucanie ». Viennent, ensuite, Georges Sénéchal de la Grange, Gaston Dugniolles de Montnoir (1904-1907), Alphonse O'Kelly de Galway, archiviste, mort en 1916), de Gaugler (mort en 1917), Louis Druel (mort en 1933), Isidore-Louis Dulong (jusqu'en 1945), puis Louis-François Girardot. Cette société incarne elle aussi la continuité des institutions en se consacrant au souvenir et à la philanthropie; elle est encore active au lendemain de la Seconde Guerre mondiale »[24].

À la disparition de Louis-François Girardot, le prince Philippe d'Araucanie et de Patagonie (Philippe Boiry) change le nom de la société en la nommant La Légion des Médaillés de la Constellation du Sud[25].

L'association Auspice Stella - Souvenir franco-araucanien[modifier | modifier le code]

Au-delà du royaume, l'association loi de 1901 Auspice Stella défend les indiens mapuches à l’ONU[26]. Créée le 30 septembre 1965 à Paris[27], son siège social est transféré à : La Mairie 24390 Tourtoirac, sous le nom Auspice Stella - Souvenir franco-araucanien, par déclaration du 18 juin 2015 à la préfecture de la Dordogne. Toujours selon la même déclaration, son objet est de: “Soutenir les efforts du peuple Mapuche dans sa lutte pour son autonomie et son autodétermination et de garder vivante la mémoire du royaume d’Araucanie et de Patagonie et de son fondateur Orélie- Antoine”[28]. Le 1er août 2013, l'association Auspice Stella obtient le statut consultatif spécial accordé par le Conseil économique et social des Nations unies aux organisations non gouvernementales[29]. Depuis, Auspice Stella intervient régulièrement pour défendre la cause des Mapuches auprès du Conseil des droits de l'homme à l’ONU[30],[31],[32],[33].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Armando Braun Menéndez, El reino de Aracaunía y Patagonia, Buenos Aires- Santiago de Chile, Editorial Francisco de Aguirre S. A., , 179 pages p., p. 148
  2. Bruno Fuligni L'État c'est moi: histoire des monarchies privées, principautés de fantaisie et autres républiques pirates, Éditions de Paris, 1997
  3. Sergio Zamora, Les Guerriers du Crépuscule, page 182,Yvelinédiotion 2011
  4. a, b et c Jean-François Gareyte, LE RÊVE DU SORCIER Antoine de Tounens Roi d'Araucanie et de Patagonie Tome 1, Périgueux, La Lauze, , 720 p. (ISBN 978-2-35249-052-4)
  5. [1]Marc de Villiers Du Terrage Conquistadores et roitelets: rois sans couronne, Perrin, 1906, page 351.
  6. Jacques Lagrange Le roi français d'Araucanie, Éditions PLB, 1990, page 44.
  7. a et b « 19/20 : Journal national Édition du dimanche 27 août 2017 », (consulté le 1er septembre 2017)
  8. a et b « Les JT du week-end de France 3 », sur www.facebook.com (consulté le 1er septembre 2017)
  9. a et b « Le royaume d’Araucanie en fête », sur SudOuest.fr (consulté le 1er septembre 2017)
  10. Marie-Amélie Carpio, « Patagonie, bout du monde, mode d'emploi », National Geographic,‎ , p. 53 (ISSN 1297-1715)
  11. Hervé Brunaux, « Le secret du roi d'Araucanie », Le Festin,‎ , p. 43-87
  12. (en) Mat Youkee, « Why the lost kingdom of Patagonia is a live issue for Chile's Mapuche people », sur the Guardian, (consulté le 29 mars 2018)
  13. (es) « Cancillería ignoró tres denuncias de los mapuches contra Argentina en Naciones Unidas », sur Infobae (consulté le 30 mars 2018)
  14. « "Sa vie est un western" : l'incroyable histoire du roi français d'Araucanie et de Patagonie », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  15. Jean Raspail "Moi, Consul Général de Patagonie", Le Figaro 6 novembre 1981
  16. « Communiqué du service de presse du Royaume d'Araucanie-Patagonie », sur araucanie.com, (consulté le 29 décembre 2017)
  17. a, b et c « Dordogne : qui sera prince d’Araucanie ? », SudOuest.fr,‎ (lire en ligne)
  18. Article 6 de l'Acte additionnel du 18 août 2016 à la Constitution du Royaume : « La Régence est exercée par un Conseil de Régence composé d'un Régent, qui est le conjoint du Souverain décédé, ainsi que de la totalité des membres du Conseil du Royaume et du conseil d'Etat. A défaut de conjoint, c'est le Président du Conseil du Royaume qui prend automatiquement la fonction. Il ne peut entrer en fonction qu'à la vacance du Trône. »
  19. « Communiqué du service de presse du Royaume d'Araucanie-Patagonie », sur araucanie.com, (consulté le 29 décembre 2017)
  20. Article 5 de l'Acte additionnel à la Constitution du Royaume : « La Régence est instaurée pour assurer l'intérim entre la cessation d’un Règne et le début d’un autre. La Régence s'ouvre avec la constatation de la vacance du trône, proclamée par le Ministre d'Etat ou celui qui en fait fonction. Cette vacance résulte soit du décès du Souverain régnant, soit de son abdication libre et volontaire. »
  21. François Caradec, Noël Arnaud Encyclopédie des farces et attrapes et des mystifications, J. J. Pauvert, 1964, page 72.
  22. Joseph Bollery Correspondance générale de Villiers de L'Isle-Adam, Mercure de France, 1962, page 58.
  23. Voir Léo Magne : appendice intitulé « L'Ordre de la Constellation du Sud » in L'Extraordinaire aventure d'Antoine de Tounens.
  24. Collectif, Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette Patagonie, Éditions Petit Futé 2011, page 38.
  25. Symboles et traditions No 66 (1973) page 19.
  26. Mathias Fournier Sud-Ouest du 25.8.2014 L’ONG Auspice Stella, l’autre visage du Royaume d’Araucanie.
  27. Publication au Journal officiel du 24 octobre 1965, page 9440.
  28. Annonce n° 315 page 3449 de l'annexe au Journal officiel de la République française, Lois et Décrets du 18 juin 2015 sur legifrance.fr
  29. (en) Attribution du statut consultatif spécial par le Conseil économique et social des Nations unies aux organisations non gouvernementales
  30. (en) Intervention de Auspice Stella au Conseil des droits de l'homme le 16 septembre 2014 à Genève (chapitre 17) sur UN web TV
  31. [2] Intervention à la 26e session, juin 2014
  32. [3] Intervention à la 25e session, mars 2014
  33. [4] Rapport écrit du 30 juin 2013
  34. L’Académie dévoile son palmarès 2016
  35. 1&1 TopSite Express, « Palmarès 2017 - Académie des Jeux floraux », sur jeuxfloraux.fr (consulté le 21 juillet 2017)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :