Route des Tamarins

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Route forestière des Tamarins.
Logotype de la route des Tamarins.
Un viaduc de la route des Tamarins en cours de construction à Saint-Paul de La Réunion.

La route des Tamarins est une route express de l'île de La Réunion, département d'outre-mer français dans le sud-ouest de l'océan Indien. Ouverte à la circulation le 23 juin 2009, elle est longue de 34 kilomètres, reliant les communes de Saint-Paul à L'Étang-Salé en longeant le flanc des premières pentes des Hauts de l'Ouest du territoire. Elle permet désormais d'assurer une liaison routière à 2 x 2 voies autour des trois-quarts de l'île depuis Saint-Benoît jusqu'au Tampon, exception faite de l'entrée ouest de Saint-Denis, entre le pont Vinh-San et la route du Littoral.

L'itinéraire est particulièrement remarquable par la densité de ses ouvrages d'art, cent vingt-trois au total, dont quatre de catégorie exceptionnelle. La route franchit en effet un grand nombre de ravines. Elle a été nommée par référence au tamarinier (Tamarindus indica), localement appelé « tamarin pays »[1], arbre régulièrement présent dans les paysages que traverse la route.

Cet axe routier ne doit pas être confondu avec la « route forestière des Tamarins » qui lui est parallèle environ 1 500 m plus haut et qui fut réalisée de 1970 à 1975 pour desservir la forêt de tamarins des Hauts (Acacia heterophylla) entre la route forestière du Maïdo et le Tévelave[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Le projet d'élaborer la route des Tamarins a été imaginé dès le milieu des années 1980.

L'ouvrage, estimé primitivement à 700 millions d'euros, a un coût dépassant actuellement le milliard d'euros[3].


Cet axe de 34 kilomètres de long dont les travaux préliminaires ont été entamés en 2003 permet de réaliser une liaison continue en 2x2 voies entre Saint-Denis au nord et Le Tampon dans le sud.

Au total, la route des Tamarins franchit plus de 120 ravines. Elle compte vingt-six ouvrages d'art non courants et quatre ouvrages d'art exceptionnels.

Un temps annoncé pour courant 2008, la livraison de l'axe a été reportée pour juin 2009. Il préfigure alors une route faisant le tour de l'île par les Hauts voulue en son temps par le gouverneur Louis Henri Hubert Delisle.

Le 14 juin 2009, la route des Tamarins a accueilli une balade officielle à vélo. Cette balade avait pour but d’inciter les communes à aménager des pistes cyclables[4].

Le 21 juin 2009, un spectacle pyrotechnique est venu mettre fin aux festivités qui ont eu lieu pendant un mois avant l'ouverture de la route des Tamarins[5].

Les ouvrages d'art exceptionnels[modifier | modifier le code]

Viaduc de Saint-Paul[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Viaduc de Saint-Paul.

Le viaduc de Saint-Paul est une rampe sur piliers en forme de S, longue de 756 mètres et large de 26,70 mètres, qui crée un lien direct selon une pente régulière de 6 % et un dénivelé de 35 mètres entre la ville de Saint-Paul (au niveau de l'extrémité ouest de l'Étang) et le plateau qui la domine (où se trouve le quartier de Plateau Caillou)[6].

Cet ouvrage, situé sur le territoire communal de Saint-Paul, marque l'entrée nord de la Route des Tamarins et se prolonge par une tranchée couverte de 150 mètres percée dans la falaise. La chaussée est à 2 x 3 voies pour permettre aux véhicules lents de se tenir à droite. Le pilier le plus haut culmine à 35 mètres.

Les travaux ont commencé en novembre 2005 et se sont terminés en mai 2009. Ils ont coûté, tranchée couverte comprise, 85 millions d'euros[6].

Viaduc de la Ravine des Trois-Bassins[modifier | modifier le code]

Le viaduc de la Ravine des Trois-Bassins est un pont à précontrainte extradossé à trois piles, long de 374 mètres et large de 22 mètres, à tablier incliné selon une pente de 3 %, qui permet le franchissement de la ravine des Trois-Bassins[7].

Cet ouvrage, construit de 2005 à 2009, est situé en limite des territoires des communes de Saint-Paul et de Trois-Bassins.

Sa construction a coûté environ 30 millions d'euros[7].

Viaduc de la Grande Ravine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Viaduc de la Grande Ravine.

Le viaduc de la Grande Ravine est un pont à béquilles très tendues. L'ouvrage met en valeur un site exceptionnel, il relie une brèche de 320 mètres de longueur et de 170 mètres de profondeur, une faune et une flore uniques des fonds de ravines quasi inexplorés. La lame est un tablier d'acier de 288 m de long fabriqué par Eiffel et constitué de 24 caissons multi-alvéolaires à dalle orthotrope de 4 m de haut et 20 m de large. La construction à nécessité 62 000 tonnes de déblais, 3 560 tonnes d'acier pour le tablier et 212 tonnes de précontrainte.

Viaduc de la Ravine Fontaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Viaduc de la ravine Fontaine.

Le viaduc de la ravine Fontaine est un pont en arc, ancré au-dessus du gouffre. Depuis Saint-Leu, située en contrebas, seuls deux tiers du pont sont visibles, le troisième tiers disparaissant dans le virage. Les dimensions de la Ravine Fontaine sont de 200 mètres de large et 110 mètres de profondeur. Le viaduc est composé d'un arc métallique de 170 m de portée et d'un tablier mixte acier-béton de 200 m de long. Cet ouvrage est exceptionnel car arc et tablier ont été construits simultanément par encorbellements successifs. Flèche de l'arc 22,5 m, portée de l'arc 170 m, terrassement 21 000 m3.

Les ouvrages d'art non courants[modifier | modifier le code]

Viaduc de Fleurimont[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Viaduc de Fleurimont.

Le viaduc de Fleurimont est un viaduc de Saint-Paul. Cet ouvrage d'art franchit la ravine Fleurimont par la route des Tamarins. Long de 241 mètres, il est constitué de deux ponts parallèles légèrement courbes.

Coûts[modifier | modifier le code]

Touristes sur la route des Tamarins en construction.

Au total, la réalisation de la route des Tamarins aura coûté 1 091 millions d'euros, soit un surcoût de 75 % par rapport au budget prévu en 2000 de 635 millions d’euros. Initialement sous évalué de 10 millions, le montant de l'opération avait déjà augmenté de 127 millions avant le début des travaux en 2005[8],[9].

Le financement a été assuré par la Région Réunion, maître d'ouvrage, à hauteur de 900 millions environ, dont 500 millions en fonds propres grâce au « fonds d'intervention routier de transports », le FIRT, qui est abondé par la perception locale de la taxe sur les produits pétroliers et dont 400 millions par voie d'emprunt. Le complément a été apporté par l'Union européenne, sur ses fonds structurels d'intervention[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Région Réunion, lettre d'information sur la route des Tamarins, Tamarinfo n°4, janvier 2006, p.2
  2. ONF : Révision d'aménagement de la forêt des Hauts-sous-le-Vent, p.67
  3. « Route des Tamarins : un chantier vieux de 6 ans », sur reunion.orange.fr,‎ 2009 (consulté le 25 juin 2009)
  4. « Tous à vélo », Le Quotidien de La Réunion, 7 mai 2009.
  5. « Pleins feux sur la route », Le Quotidien de La Réunion, 22 juin 2009.
  6. a et b Journal de l'île de La Réunion, La « route balcon » vitrine de la Réunion, numéro hors série du 22 juin 2009, p.20
  7. a et b Structurae : Viaduc de la ravine des Trois-Bassins
  8. « Dérapage pharaonique sur la route des Tamarins : + 75 % ! », Journal de l'île de La Réunion, 4 mai 2008.
  9. « Route des Tamarins : les raisons de la flambée des coûts », Journal de l'île de La Réunion, 28 mai 2008.
  10. « La route qui valait un milliard », Journal de l'île de La Réunion, numéro hors-série du 22 juin 2009, p. 6.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Delphine Désveaux, Le pari de l'impossible : La route des Tamarins à La Réunion, Presses Ponts et Chaussées,‎ décembre 2008, 191 p. (ISBN 978-2859784409)
  • Fabienne Jonca (dir.), La route des Tamarins : La Réunion des défis, Saint-André, Océan éditions,‎ mai 2009 (ISBN 978-2916-533-64-3)
  • Le Quotidien de La Réunion, « Le chantier du siècle, la route des Tamarins », supplément spécial à l'édition du 21 juin 2009
  • Journal de l'île de La Réunion, « La route balcon, vitrine de La Réunion », numéro hors-série du 22 juin 2009
  • Visu, « 23 juin 2009 Route des Tamarins », hors-série supplément gratuit à l'édition n° 1318 du 23 juin 2009
  • Revue Travaux : Imed Ben Fredj, Hervé Bertrand, Stéphane Querne, Terrassements sur la route des Tamarins à La Réunion. La pari du minage
  • B. Bescond, P. Azémard, B. Gaudin, Géologie et géotechnique à la Réunion : les particularités du sous-sol de l'île volcanique, revue Travaux n°823,‎ octobre 2005, p. 117-125
  • Gérard Grillaud, Ch. Barré, Michel Kahan, Actions des vents cycloniques de la Route des Tamarins, revue Travaux n°823,‎ octobre 2005, p. 126-133
  • D. Desvaux, Le pari de l'impossible. La Route des Tamarins à la Réunion, Paris, Presses de l'école des Ponts et Chaussées,‎ 2008 (ISBN 978-2-85978-440-9), p. 192
  • Michel Le Bloas, Gilbert Morlet, Michel Kahan, La Rote des Tamarins : un élément fondamental du système de transport et déplacement à La Réunion, Revue Travaux, no 823, octobre 2005, p. 24-30
  • Hélène Oudin-Hograindleur, Franck Lafond, Michel Kahan, Bertrand Folléa, Frédéric Zirk, Pierre-Guillaume Dezeuze, Projet de la section 1 : Saint-Paul / RD10, Revue Travaux, no 823, octobre 2005, p. 33-41
  • Pierre Barbier, Section 2 : Saint-Paul - RD10 / L'Étang-Salé - RD17, Revue Travaux, no 823, octobre 2005, p. 44-51
  • Éric Barlet, Section 2 : Saint-Paul - RD10 / L'Étang-Salé - RD17 - Ouvrages d'art non courants, Revue Travaux, no 823, octobre 2005, p. 52-60

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]