Rouelle (Antiquité)

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Du point de vue archéologique, les rouelles sont de petites roues pourvues de rayons et sont connues depuis la plus haute Antiquité.

Présentation[modifier | modifier le code]

Rouelles votives, supposées associées au culte de Taranis. Des milliers de telles roues ont été retrouvées dans des sanctuaires en Gaule belgique. Elles sont datées entre -50 et 50. Musée d'archéologie nationale.

Il en existait déjà à l'Âge du bronze. Elles étaient des éléments de décoration, portées en pendentif ou sur des bijoux. La religion et les croyances de l'époque étant fort peu connues, on ne peut qu'émettre des hypothèses pour leur signification (symbole solaire vraisemblablement).

Les rouelles de l'époque celtique et gallo-romaines sont les plus connues. Ce sont des petites roues pourvues de rayons droits qui peuvent être faites de différents métaux (plomb, bronze, argent ou or). Celles en métaux de peu de valeur étaient coulées pour être réalisées en grande quantité, alors que celles en or ou argent étaient mieux travaillées. Ces rouelles étaient soit cousues sur un vêtement, soit portées en pendentif.

Rouelle en or à 8 rayons

La roue comme la swastika ou le triskèle étaient un même symbole, celui du dieu Taranis, divinité céleste du tonnerre. Avec la romanisation, ce dieu fut assimilé à Jupiter qui était souvent représenté tenant un foudre. Il devint un Jupiter-Taranis dont les représentations le montrent arborant un foudre et une roue. Il existe aussi des autels qui lui furent consacrés avec pour seule dédicace l'un de ces symboles. D'autre part, certaines divinités apparentées à Jupiter (Dioscures, Apollon, Junon, par exemple) sont parfois représentées avec une rouelle sur elles pour rappeler cette parenté (voir par exemple les litra de Marseille avec la tête d'Apollon casquée arborant un rouelle à quatre rayons).

Porter sur soi une rouelle dans l'Antiquité devait être un acte religieux qui témoignait de son attachement à cette divinité et était également censé attirer sur soi sa protection. C'est sans doute pour cette raison qu'on a parfois trouvé des rouelles dans des trésors de l'époque. Leur présence devait certainement être censée protéger le bien et attirer la malédiction de la divinité sur les éventuels voleurs. De la même façon, des trésors semblables ont été trouvés avec des invocations faites à d'autres divinités (Neptune par exemple).

Les rouelles de l'époque mérovingienne sont différentes. Elles sont des imitations des rouelles gallo-romaines et perdent leur signification religieuse. Ce ne sont plus que des éléments décoratifs et parfois les rayons sont remplacés par d'autres motifs.

Voir aussi[modifier | modifier le code]